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E P U. E 17.

grand de la chose qu'o n veut construire , par exemple, on doit faireune épure du profit de la colomne pour la bien construire. Quandl'ouvrage est fort grand, on fait des épures particulières dç chaquepatrie íeparéc. II est absolument nécdlaiie de lé préparer a faire Ionouvrage réel en là perfection, en íe donnant le loisir par ces épuresdéiudrer toutes les proportions & propriétés des diverses sottes de«rnstfuctions qu’on peut entreprendte.

É Çf U,

[ÉQUARISSAGE, Voyez Bois.]

f Q^U E S T R E. Terme d’Aichitecture Statuaire. Qn dit unestatue équestre, une figure équestre. Dans ce mot íé prononce, & lasyllabe ques, comme le mot Latin eques. La plupart des Princes íefont représenter en statués équestres. Cette attitude d’un homme àcheval grollit l’idée de leur personne dans leur ptopre imagination, oudans l’itnagination d’un Peuple, qui par estime & vénération pour sonPrince , ou par flatterie .tâche de contribuer a fa Grandeur & Majesté.

[ÉQUINOXE. Pour trouver Ie point montant db l’équinoxe.Voyez a la fin du mot Potagsr, au titre , pour fi.ire venir toutessortes de plantes fort grosses. ]

ÉQUIPOLLENT. Çe qui est égal à une autre chose à laquelle ssest comparé, ce mot vient de etque ( equaluer pollere , ) valoirégalement- On dit à Féquipollent, pour dire a la même proportion ,ou selon la même & précise valcur.ce qui fait deux sens dilièrçnspour deux sortes d’égalités; car il y a égalité toute iìmple, entre deuxfois quatre Sc huit ; mais dans un partage il y a une autre sorted'égalité, qu'on appelle partage à proportion & à l’équipollent , se-lon que les associés ont fourni, les uns le double ou triple defautre.Les associés doivent partager le profit à Féquipollent de ce qu’ils ontdans la société, quoique le motéquipollent par son étymologie ligni-fie simplement égal en valeur. Ce n’est pourtant pas en ce premiersens qu’on peut entendre Sc prendre les phrases suivantes ; mnì dansle second sens; par exemple, un tel Marchand a mis cent écus pourcette affaire > & ses associés à l’équipollent. Ce créancier a touchémille francs dans çetre répartition, L les autres à l’équipollent. CeGentilhomme fait une dépense de Prince : il a chiens , chevaux ,Pages, Sc tout le reste a Féquipollent. Voici quelques phrases dans lepremier sens. Sa dépense équipolie son gain. Ii faut que dans leséchanges une terre donnée équipolie á celle qu’on re^o t. Ici équi-pés signifie simplement être d’un prix égal > être exactement égalçn valeur , à une chose à laquelle on en compare une autre. II y ena qui pensent comme Mr. de Furctiere, que dans l’uíâge de la lan-gue équivalent est plus en usage que équipollent. Mais il me sembleque le mot équipollent ayant deux lignifications sort différentes, com-me il a paru ci-deílus, & équivalent n’en ayant qu’unç íeule , il estclair que le motéquipollent ne peut ctte suppléé par l’autre, parcequ’il a moins détendue. l’on peut préférer parlant des mots parfaite-ment synonimes l’tin à Faune > mais équipollent n’est pas parfaite-ment fynonime avec l’équivalent. Voyez Équivalent.

É QJU I T É. Terme de Jurisprudence d’une fixe idée qu’il estutile de comparer avec la justice. La justice c’est comme li on di-seur jus stabilis , f ms status fy Constantin. C’est l’état stable dudroit 5f du juste , ou comme dit Justinien est constant fy perpétua■voluntas , c’est une constance & perpétuelle volonté du juste, d'adhé-rxr à la Loi & à la régie ; mais l’équité n’est pas toujours d.mscette stabilité , rigueur Sc infléxibiljté , tantôt elle lé prend pour unejustice mitigée & addoucic par la considération des circonstancesparticulières, tantôt comme un tempérament qui modéré la sevaitç& la rigidité de la Loi. L’équité n’est point pourtant opposée à jajustice , au contraire elle en donne l’explication en manifeíte. &en détaille Ie but. Lcquité applique la justice aux cas particuliers ,& descend des Régies générales & universelles aux cas décaissés &diversement revêtus de qualifications particulières. L’équité dansl'ef-prit, & le cœur des Juges est absolument nécelîàirc pour indivi-dualiser ( s’il est permis de parler ainsi ) la Loi, La Loi & la justiceest d’une nature simple quoique générale > mais l’équité regarde desobjets & des cas complexes, où l’on doit écouter plusieurs Loix à lafois, & en voir un commun résultat 8c une décision mixte. L’équi-té est Fesprit de la justice, sans elle on pourroit dire que la rigueurdu Droit seroit souvent contraire à la justice. Summum jus jummainjuria , la justice & F équité forment la statué de la Déesse Thé-mis ; la justice Fébeauche , l’équité la polit, & y met la dernieremain. Dans les Statués commencées Sc ébauchées on n’a pû éviterde laisser des inégalités rebutantes. L’équité qui vient de equitas ,égalité ou squaèilitas , réduit toutes ces premières inégalités appa-rentes à une parfaite égalité. C’est par cet esprit d équité, & pourainsi dire équabilitc & égalisation , que les savans Jurisconsultes óntconcilié fortj adroitement les anomalies du Droit, &ont fait voir laconcordance des Loix. Celui qui aime Féquité & qui en a Fesprit,est appelle homme équitable ; Prince & Juge équitable , qui peutconsidérer plusieurs choses » Loix , devoirs tout à 1a fois , & déter-miner leur éxigence commune , ou comme on dit qui peut juger,comme il est requis. Pourtant il faut avouer que l’équité a une ef-pecc d’idée de douceur favorable à la faiblesse humaine, qui est sensmalice, Par exemple, c’est du fond de l’équité que sont émanées cesRégies , favores funt amphandi, tdta reftringenda. On doit étendrece qui est favorable, Sc il faut restraindre & diminuer ce qui estodieux autant qu’il sc peut , sens blesser l’amour de l’ordre : pafl’équité on présume toujours favorablement jusqu’à ce que l’éviden-cç du bien & du mal nous oblige à récompenser & louer ce qui estbien, Sc punir & détruire le mal, surtout quand les médians se ren-dent rebelles , indociles Sc incorrigibles,

ÉQUIVALENT en Droit se dit des deux choses qui ont uneégale valeur ,aquevalmttt > d’nn même prix, & qui sont également

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I utiles, importantes. Dans les échange* qu’pn faíç à bus, oulans retour > il faut que les choses soient équivalentes, Offrir des; équívalens, c’est lorsque l’on propose une chose pour en remplacesune autre, Sc^our en tenir place: le Roi, dst-on, a demandé les ter-res de la Flandre qui appartiennent à la Reine, pu du moins {'équiva-lent. Voyez Équipqlent.

ÉQUIVOQUE. Lc fort de la chicane consiste à user de paroleséquivoques Sc ambiguës. Les Notaires s’ils ne sont point habilesdans|la langue commune, Sc n’entendenc pas les termes du Droit, Scleurs définitions , font des actes qui fourmillent cn occasions infinúsde chicanes Sc de procès. II y a uans 1e Corps du Droit un Traitéexcellent de verborum fy vocabtdorum fignificationtbus , qu’un hommçde bon sens Sc Praticien doit íè rendre propre; il y a plus de rapportentre les Jurisconsultes Sc les Grammairiens qu’on ne pense, car rou-les les conventions, contrats Sc actes privés Sc publics dépendent des’exprimer exactement Sc nettement. Les équivoques font des trom-peries déguisées , elles font des expédiens pour ne point dise lavérité, Sc ne point mentir en même tems ; ce sont des expressionsdouteuses & ambiguës qui peuvent avoir deux sens, l’unvrai, l'autrefaux : ce mot vient de m feu vocabulum, parole ou vocable » quiseule répond á deux idées différences , c’est un son humain, uni-que , répondant également à deux idées ; il faut éviter l’usege deces sons, Sc s'exprimcr avec des mots qui ne soient unis qu’à uneseule idée selon la convenjion générale. Les Allemands sont aussibons Logiciens que Juristes, Sc c’est par cette exactitude gramma*cicale, & par l’exactitude à définir Sc distinguer qu’ils onç excellédans la doctrine du Droit , que plusieurs ont traité én tables analy*tiques & méthodiques- Grenus a fait de même des tables du DroicHollandois, qui sont des chefs d’œuvres d’exactitude , & qui empê-chent les équivoques & ambiguïtés ; elles sont écrites en Latin &j enFlamand. C’est dommage qu’ellcs n'ont pas été traduites en Fran-çois , pour Futilité des François qui habitent dans ces Provinces , Scpour la curiosité des amateurs de la Jurisprudence ; â parler sincère-ment les équivoques sont des mensonges palliés, 8c des subtilitésinventées exprès pour mentir cn bonne conscience. La langue Fran-çoise est ennemie de toute ambiguïté; mais dans le style du Pa Tlais & du Barreau , Sc dans les études des Notaires , des Procureurs& des Avocats. Mr. Ménage qui a écrit un trés-beau livre intituléde amxnitatibus juris, a remarqué que cçlui qui dit autre chose quece qu’ll veut dite, nc dit pas ce qu’il dit, parce qu’il ne le veut pasdire, Sc il ne dit pas non plus ce qu’il veut dire , parce qu'il nc ledit pas ; en effet le Pete Bouhours qui loue fort Mr. Ménage danscette rencontre, allure qu’on nc peut rien penser de plus juste ni deplus joli fur l’Article des équivoques. Quelques personnes pensentque les équivoques ne sont point des maux (ans rcmede , Sc que lalecture attentive d’une ou de plusieurs périodes fait d'oraitnire en-tendre le sens, & ôte lieu de douter ; mais il vaudroit mieux entoute occasion que cela n'arrivât point du tout, car c’est aux paro-les à faire entendre lc sens » Sc non pas au sens à fasse entendre «sparoles, surtout dans Tissage & pratique du Droit,

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ERRATA. Terme d’imprimeric, Mot purement Latin quisignifie au plurier les fautes; ar erratum signifie une faute , méprise,erreur, Sc faute d'ignorance ou inadvertance, mais ce mot ainsi misau plutier dans Fulagc de la langue Sc des Imprimeurs, signifie recueilde toutes les fautes d’impression qui font survenues dans le coursde l’ouvrage. L’errata se met au commencement ou à la fin d’unlivre, à la volonté de l’Auteur ou de l’Imprimeur. On doit y mettrenon seulement les fautes, mais leurs corrections, afin de remettrapromptement les Lecteurs en état de lite Sc comprendre aisément lqpensée de l’Auteur.

ERREMENTS* Terme de Droit, ce sont les procédures. On pro,cède suivant les derniers errements , quand on veut continuer despoursuites qui ont été commencées, pourvu que l’instance ne soitpoint petie, c’est continuer à agir fur le pied où les choses ou pro-cédure se trouve, fans qu’il. soit besoin de recommencer > on prononcetrmmt , mais on écrit errement. Mr. Ménage fait venir ce mot erre-ment du,mot erre, train, allure, disant que erre vient du mot LatinAura, allure, maniéré d'aller Sc d’agir , pour conclusion ou selon cet-te étymologie ou selon d’autres. maïs surtout selon l’usage du Palais;errement c’est la derniere procédure d’un procès, lc dernier état d’uneaffaire, c’est la reprendre sor le même pied où elle étoit. Les héri-tiers , dit-on, d’un tel défunt ont repris son procès, pour y procédersuivant les derniers errements. II est moins en usage au singulier qu’auplurier.

ERREUR cnJDioss est tout ce qui se fait contre l’intention Jecelui qui erre, soit que Ferrent donne occasion Sc ouverture au dom-mage d’autrui ou au dommage propre, le droit proprement parlant,ne peut donner de la force à Terreur, parce qu’il ne peut donner dela réalité Sc vérité à ce qui est faux, Ce qui est faux n’est riçn, Sc çequi n’est rien n’a aucune propriété ni dans la Physique, ni dans laMorale, ni fous les Loix divines ou humaines. Le premier fondementde toute action, la psemiere source de la bonté Sc valeur des actes hu-mains Sc civils c’est la vérité, non seulement de la chose, mais la vérité& réalité d’une telle intention, soit bonne soit mauvaise. La bonnepeut souvent être excusée quand elle ne vient pas d’une ignorancegrossière, la mauvaise doit être punie quand elle a produit se? mau-vais effets fubsistens. L’erreur est ou de fait ou de droit; par exemple,on tire en ligne de compte une somme pour une autre, pu bien onse trompe dans un calcul. C’est une erreur de fait, dont Ie tort peutêtre réparé par l’cxamcn Sc revision attentive, mais on pe fait patinsinuer une donation, cette donation n’a point de fprcc , on ne sejjpjs publier une substitution , on a ômis une çhese essentielle, ft

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