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émettant cette publication. On n'a point fait enregistrer une saisieréelle, ou enfin on manque, ou on a manqué à quclqu’aucre formalitéprescrite par la sagesse des Loix, qui ont voulu prévenir par la des grandsabus, c’est une erreur de Droit qui ne se couvre point*» & il est del'ordre Sc de l'interêt public, qu’onn'excuse point cette erreur & igno-rance dans une pareille émission . qui ne peut rester impunie fansrendre incertaine la procédure de justice dans les matières les plus im-portances. Les Citoyens doivent être instruits de toutes ces formalitésSi régies si eífentielles à l’ordre public, á l’ordre des jugemens. Au-trefois les parties ctoienc reçues en obtenant des lettres á proposerdes erreurs de fait & de droit contre les jugemens , mais depuis cetems la l’Ordonnance de 1667. Tit. 3. Art. 42. a abrogé les proposi-tions d’erreur. Le morif de ces lettres étoient de réparer les juge-mens fondés fur des matières qui n’étoient pas bien exposées ; maisces lettres qui sembloient n’être établies que dans l’esptit d’équité, pa-rurent amener des grands abus & des négligences, qui retardoienr lecours des jugemens, donc la majesté doit être conservée contre la té-mérité Si la négligence de ceux qui seuls font obligés à veiller àleurs intérêts, & qui négligent de donner aux Juges Tes connoistan-ces exactes des choses. Cependant quoiqu’il semble par l’abrogationde ces lettres > que les parties fort trop endommagées > & puniestrop sévèrement de leurs etreurs , il y a encore une voie & ressour-ce , qiu est le rcmede dc l’appel contre les sentences > qui nousfour dommageable ou nous les paraissent telles , 6c la voie de larequête civile contre un jugement souverain, si ce n’est que les Ju-ges mêmes ayant contrevenu directement aux Ordonnances & auxCoutumes ,il est permis de se pourvoir an Conseil privé en cassa-tion d’Arrêt. Dans un premier jugement si la saute vienc de la né-gligence £c cireur des parties, if y est pourvu par l’appe! contreia tencence portée dans ce jugement, & si la faute vient des Juges ,il y est pourvu au Conseil privé en cassation d’Arrw. Si quelqu'unpar u e crr .ur de fait a payé ce qu’il ne devoít pas , il le peut répé-ter. Voyez Théophile libr. 3. tit. ts. instit. & si quelqu'un s’tst en-lacé de la mime maniéré à donner ou à taire quelque chose, il estrestituable, & ne doit donner ni faire que ce à quoi i. est réelle-ment obligé; car il ne peut être obligé véritablement en conséquen-ce d’uae erreur innocente ; c’est-à-dire , qu’il n’a commise à mau-vais dessein, puisque personne ne peut être sensé avoir commis vo-lontairement des erreurs pour se nuire à soi-même. A l'égard dc Ter-reur de droit, il n’y a personne qui soir reçu à la proposer, les fem-mes mêmes , les mineurs. les soldats & les gens rustiques n'ontpas plus de piivilége que les autres > quoique, par le Droit Romainil y eût certains cas où on les regardoit plus favorablement. Ce quel’on vient de dire ne regarde que les contrats Si les jugemens, cardans les dispositions testamentaires ,1’errcur de quelque nature que cesoit,ne sc couvre point, quia trrmtis nullus est conjenfut, dans l’écatd’erreur on ne peut, ni vouloir, nj consentir ; car dans l’trreur iln’y a point d’objet réel & véritablement existant qu’o n puisse vou-loir , & auquel on puisse donner l’on consentement : le consente-ment cependant est de l’csséncc de la disposition de shomme , &sa volonté ne peut être constante quand elle est fondée sur le riende l’etreur. II saur ici joindre deux maximes > donc la premicre estrapportée par Mr. U Prêtre 4. cent. error communit facit jus , quandl’erreur Sc la prévention est devenue commune & générale , elle esttenue pour droit. La raison tn est qu’il est impossible dc corrigerun préjugé 6c prévention populaire, lotsqu’il a servi durant song-eons à régler ce peuple sons la moindre contradiction ; il est évi-dent que le zélé des personnes éclairées ne pourrait réduire 6c re-monter au vrai qu’en tombant dans des grands ínconveníens. L’au-tre maxime est citée par Marnas , livre g. An digeste , error in nommenon nocet citm de corpore constat. L’erreur dans 1e nom ne peut pré-judiciet lotsqu’il conítedu corps dc la chose même 6c de la personne.Voilà 1e mot erreur traité par npport à la Jurisprudence > mais iln’est pas mauvais de considérer la nature & l’origine dc l’errcuren général. L’erreur est une fausse opinion , c’est iin faux juge-ment , c’cst une méprise de l’entendcment, qui donne son consen-tement avant qu’il y ai: été obligé par l'évidence & certitude, nousnarrerions jamais si nous suspendions toujours nos jugemens 8cconscntemens, jusques à la douce conviction de l’évidencc.j L’erreur,disent les Logiciens , ne vient jamais dc l’entendement pur Sc li-bte > mais de î’imagination , qui lorsqu’ellc se trompe > regarde com-me différentes des choses qui sont les mêmes, ou comme les mê-mes celles qui soflt différentes. Erreur signifie souvent une saute ,méprise ; en matière d’Arithmctiquc on ne peut errer quand onsuit fidèlement Sc attentivement les régies dc cette belle science jelle nous rend infaillibles dans nos jugemens fur les nombres > furles mesures, &c. Sc fi on vouloir traiter les afsoires humaines Sc ci-viles avec la même exactitude 8c attention , faisant plusieurs revuesfur ce que nous nous proposons de dire 6c de faire dans le moral& le civil , nous serions autant en état d’éviter l’errcur dans nosagenda , que nous sommes en état d’éviter toute erreur dans noscalculs. A l’égard de Terreur en Arithmétique, on s’en sert dans cesfaçons dc parler , commettre une erreur de calcul. Les faux 6c dou-bles emplois ni les erreurs de calcul ne se couvrept pois r par lesArrêts ni les transactions.
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E S B A U C H E ou Ébauche. Les premiers traits d’un tableau ,le premier detlein d'un bâtiment, Sc d’aurres choses qui se finissent Scse polissent avec le tems, après avoir été d’abord grossièrement tra-cées ; c’est-à-dire , après avoir posé les premiers Sc principaux linéa-mens , qui servent de direction à tous les autres traits particuliers ,6c qui établissent Sc déterminent les lieux Sc le fond du reste de l’ou-vra^e. Uae Jégere ébauche d’un grand Peintre. yaut souvent mieuy
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que les ouvrages finis d’un Peintre ordinaire. II y a des Peintres Sc desOuvriers en rouie sorte d’Arts, qui sont tellement habitués à ce qui estde mieux, que ce qu’iis entreprennent quelquefois par maniere d’dsoise trouve être un chef-d’œuvre par rapport aux connoitkurs, 6ceux-mêmes jugent nonobstant leur modestie , que leur estai prétendu estun ouvrage fini. On applique le mot u ébauche dans un sens figuré ádes ouvrages d’cfprit , ainsi on doit faire une ébauche d'un poèmedramatique . 6c cn distribuer le íú et avant que d’en faire les vers. Lemot d’ébauche est comme si on diíoit ébauchemenf qui n’est pointen usage, je veux feulement dire que le mot ébauche vient du ver-be ébaucher , comme qui dirait préparer au beau, dégrossir , avoifi-net du beau, acheminer au beau. On dit ébaucher une staiuë , uqtableau, une image , une figure. Nicod tient que ce mot signifioitautrefois déniaiser de bauch , qui cn Languedoc signifie for Sc grossie:6c niais i mais il y a bien soin du mot & signification déniaijer , aébaucher un ouvrage, j’osc donc choisir Sc préférer l’autre précédenteétymosogie , damant plus que le mot d 'ébauche pourrait aussi avoirun sens fort raisonnable > s’il étoit permis d’imaginer qu’cbaucherc’est décheoir du bien $c du beau. Le mot ébaucher pour prépattrà la perfection de plusieurs Arts & Métiers , te trouve établi par Vida-ge. Ainsi le Ménuisier ébauche Sc dégrossit le bois à coups de ci-seaux Sc de maillets , ou avec le fermoir avant que de l’aplanir avecla varlope. Ainsi le Cordier ébauche le chanvre , lorsqu il le soitpasser par l'ébauchoir, par le gros scran ; c’est-à-dire , par le grespeigne a pointes droites. Ces artisans appellent ébauchoir les outilsquiseur servent pour ébaucher leur besogne 011 préparer leurs matiè-res , comme sont les ciseaux des Charpentiers Sc Ménuisicrs Sc autresoutils qu’employenc les Sculpteurs & ceux qui travaillent aux ouvra-ges de stuc.
ESBOULEMENT ou Éboulement. Termed’Aichitecture.Chute des terres 6c des murailles ; quand on creuse bien avant des fon-demens, if faut éviter l’éboulcmcnt des terres, Sc soutenir les côtésdes terres creusées avec des arcs boutans & sortes planches posées per-pendiculairement les unes vis-à-vis des autres. Ébouler c’cst tomberen ruine, fondre, cheoír en bas pu son propre poids Sc soute dc bon-ne liaison ou d’appuis. II ne se dit que des terres Sc des murailles quisc démissent , se renversent, dont les matériaux se dérangent & dé-sunissent. Les bastions faits de terre sobloneisse sont sujets a s’cbou-let, & quoique les révêtemens de pierre de taille qu’on fait en dehorssemblent devoir soutenir ces ouvrages sobloneux, cependant il arriv»très-souvent que ces fables en grande masse coulent & pressent si for-tement contre le mur, & batiste extérieure de pierre, que des grandspans de murailles son r ébranlés & déplacés, 8c ensuite arrive un ébou-lement total ou tout l’ouvrage crosse en bas. La raison decesébou-lemens vienc de ce que les artisans grossiers ne considérant pointassez les figures quasi rondes dç toutes les parties d’un fable mouvant,la malle de ces fables a le même effet que les liquides, de qui Aristotea dit quod humtdnm ò> liquidum non facile continetur propriis terminisJed ahenis ; les niasses de (able sont quasi comme des massés des corpsliqu.des. Les grains de fable qui sont dessous , ne peuvent soûtenitses sables dc dessus, car des parties à peu prés rondes ne peuvent queglisser les unes loin des autres en tout sens. De plus on ne prend pasgarde que les massés & terrassés sobloneuscs, quand elles sont très-pe-íantes, ne peuvent rester en équil bre avec la pesanteur des muraillesextérieures, qui ne p. se pas tant que ces massés Sc terres faciles ás’ébouler. Letymologie de ce moc fait quasi «ne expresse mentionde la raison de l’éboiilcment ; car s’ébouler exprime comme la faci-le désunion d’un us de bouses ; ce qui n’arriveroit pas à un tas dequarrés, qui perpendiculairement poses se soutiendraient par seur seu-le pesanteur sons autre liaison , je dis sons apt're liaison pour faiteallusion à ces anciens monumens & pièces anciennes d’Aich,rectum,où des édifices d’une grande massé subsistent jusques à présent, quoi-que ses pierres soient posées les unes sor les autres, sons aucune liaisondc mortier ni de ciment, relies sont l’Amphítéarre dç Nîmes appellesles Arenes, L’étymologie d’ébouler, que je tire du mot boule, m»fait souvenir de I étymologie comme parlante da mot crouler dc rou-ler ou de currere, aller vire, qui formerait le mot fréquentatif cur-rulare crouh r > quoiqu’on puiise dire que crouler vienne de tentu-re qui a k même sens en Latin.
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ESCACHER ou Écacher l’or & i’argenr, c’est le battre Scmettre en lame, ils passent pour synonimes; mais il y a de la différen-ce , car battre c'est user de marteau, pour étendre la surface d'un or so-lide & en cylindre, quarté ou rond; mais écacher l’or &l’argent, c’cstlc comprimer tout á la fois dc tous côtés, afin qu'il s’étende par cettecompression simultanée en avant & d’un seul côté, requise fait ainsi,on le réduit prémierement en fil trait de la grosseur d’un cheveu, onlc fait ensuite passer encre deux petits rouleaux d’acier très serrés i’uncontre l’autre fur leur épaisseur, pour l’applatir de telle forte qu’il puissefacilement sc filer fur la soie, & la couvrir de façon qu’on la puisse plusappercevoir. Voyez. O R où feront décrites les différentes manières dctirer l’or & l’argent tant fin que faqx, pour 1e disposer a être em-ployé en trait, en l’ame ou en filé, A l’égard de 1 étymologie de cemoc, personne que je sache n’cn fait mention, j'bazarderai donc cel-le-ci , disant qu 'écacher vient de excutere , qui signifie exprimer les partiesd’un tout parla compression, ce qui est la propre signification d’éca-cher un métal : car dans cette compression routes les parties se dé-sunissent e-'glissant les unes sor les autres, c-ommc une especede liqui-de sous la force de la compression, d’où vient l’cxtension des palliesécachées ou comprimées vers fendrait qui est libre & ouvert. Ceglissement des parties du métal fait la différence entre l’écachcmcntdu métal , l’écrasemenc des parties d’une pierre , k grugemenc dessels composés de parties anguleuses, qui les empêchent dc pouvoir