Band 
Supplementband
JPEG-Download
 

iéo "" EVE.'

» droit de faire toutes fortes de peintures » fans choquer pourtant lesbonnes moeurs, Sc il peut les faire fur toute forte de lujet, papier, toi-le > taffetas , cuir, bois, &c. mais il n'a pas droit dc faire Sc de com-mercer ou vendre les acccflòires des peintuies » comme quadres debois > montures d'éventail. autrement les peintres fortiroitnt dc leurdistrict, porteroient dommages à ces autres métiers qui ont pour ob-jet elíenciel Sc direct, ce qui n’est que l’acccslbirc Sc accident étrangerau peintre & a la peinture j c’est pourquoi comme le Prince & Ma-giiLrat de Police autorise les dilferentes professions, par lesquelles lesdivers artiians gagnent leur vie à l’avantage méme du public , il s’cn-fuit que toutes les professions, pour si voisins que parodient leurs ou-vrages , doivent le contenir dans les bornes de chaque art , tant mé*chanmues que libéraux, lesquelles bornes íont fondées comme nousvenons de dire fur l’objet & lujet direct, c’cít a la íagcíle des Magi-strats dc Police & a leur vigilante de prendre garde a rendre ces bor-nes saintes , c’est-à-dire , inviolables Sc c’est aux Princes & sages deson conseil de régler & déterminer quels doivent écte les objets di-rects des arts & métiers , qu’ils veulent souffrir ou même autoriser,a quoi un peu de Philosophie ne feroit pas du mal > faute dequoi onfair souvent des incorporations, qui lont des occasions d’iucerricudepour décider ce qui cit licite de ce qui ne l est pas ; souvent ces in-corporations sont des fuites nécessaires & des remèdes à de plusgrands mconvénicns , tels qu’étoicnt depuis long-tems & depuisplusieurs siécles des établiffemens des premiers métiers , qui avoientdes privilèges tr<« étendus, à quoi on a dû remédier ensuite en deuxmaniérés, ou en incorporant des métiers trop Maigres & fossiles àdes plus forts, ou a diviser une profession en plusieurs, parce que laprécédente étant chargée de plusieurs objets, sujets & fins, ne pou-voir nt les faire parfaitement ; tour ce qui sc fait dans les affaires hu-maines , fur tout dans la police, fe fait plûtôt par occasion, par hazardSc par le grand & pressant besoin, que fur des plans & théories préala-ble s, or tour te à quoi le hazard a quelque part a toûjoursbeaucoupdc ce qu’on appelle arbitraire. casuel & occasionnel, dont voyant Scéprouvant les inconvéniens on fe porte à en faire une prudente rc-formation , en quclqu’unes des maniérés susdites. A l’égard du droitde visite chez les Peintres, il est très-conforme a l’équité que les Pein-tres s’occupant de leur objet direct irréprochablement, ne doiventpoint être soumis à une chose si onéreuse Sc odieuse . telle qu’est lavisite des Jurés d’un autre métier chez celui qui ne fait que son de-voir j sor touc si les Peintres disputent de la prééminence contre lesÉvcnraissittes. Ces taisonnemens de Politique Sc de Police sont fortutiles a lavoir à un (Econome ; car il n’y a personne ou chef de fa-mille , qui n’ait quelque profession ou métier, & ne soit souvent em-barrastè pat des pareilles concurrences ; car quoique ce qui est dit soità l’occiiion dune profession particulière , néanmoins les oblèrvationsdéja faites peuvent être appliquées dans la plupart des autres pro-fessions , dont on doit bien connoitre & observer, même étudier avecattention les Réglemens; on verra au mot Règlement une cer-taine méthode, pour en comprendre l’esprit Sc en conserver sa mé-moire chacun par rapport á son besoin.

ÉVENTA 1 LLISTE. Les Maîtres Éventaìllistes composentune des Communautés des arts & métiers de la Ville & Faux bourgde Pâtis. Leur création en Corps dc Jurande est peu ancienne, Scils n’ont des Statuts que depuis la Déclaration de 167). pat laquelleLouis XIV. ajouta plusieurs nouvelles Communautés á celles quiétoient déja établies dans cette Capitale du Roïaume. Votez l’Articleprécédent qui conviennent ensemble & vont au même but ; il estbesoin d’y ajouter ce qu’on a pu dite parlant des Doreurs f.r cu.r ,tat ils ont prétendu avoir le droit des Éventaìllistes. ^« Mer-cier, avec lesquels les Doreurs fur cuir ont eu de grandes contesta-tions, de plus Peintre & Tablettiers. Environ l’an 1714 laCommunauté des Éventaìllistes re,ût ses Réglemens, lesquels roulentcomme par tout ailleurs sor ce qui regarde les Jurés. les apprentis &Papprcntiffagc > le soin de leurs veuves St les privilèges de leurs fils &filles , &c. Quant aux Jurés ils sont quatre en nombre , dont deuxfe renouvellent tous les ans, ils ont soin des affaites du Coips , desavantages de la profession, Sc de la fidclle observation des Régle-mens; tous les Maîtres peuvent assister à leut aít mblée fans distinc-tion d’anciens, de modernes ou nouveaux. L’apprcntiffage est fixéa quatre ans. après lesquels fans autre service chez les Maîtres en qua-lité de compagnons l’on peut demander le chef-d’œuvre Sc ensuite

être reçus à la Maîtrise. , , - . ,

Les fils de Mairrc ne font pas tenus de ce chet-di œuvre Sc les veu-ves Sc filles de soirs Maîtres en affranchissent aussi les compagnonsqui les épousent; la raison pour laquelle l’on favorise les apprentifsou compagnons pour l’amour des veuves & filles est, afin dc facili-ter les érabliflèmens Sc leur repos, ce qui feroit plus difficile si l’onfaisoit un examen trop rigoureux ; de plus quelquefois il peut arri-ver des accidens domestiques qui fcroitsnt d’une fâcheuse conséquen-ce, si on rendoit les remèdes palliatifs trop d-fficilcs.

De plus les veuves jouissent de tous les privilèges de la maîtrisede leur défunt mari, tant quelles restent en viduité , pouvant tenirboutique, faire peindre, monter & vendre toutes forces d’éventails.Elles ne peuvent néanmoins obliger dc nouvel apprentis qui se pre-senteroit a cette veuve pour apprendre le métier, puisqu’il n’y a au-cun sujet d’esperer ni de présumer qu’unc femme puiíle instruire Scdresser 1 tout de nouveau des jeunes gens, qui n’ont pris aucune con-noissance ou teinture de la profession ; cependant nonobstant ellespeuvent continuer celui qui a été commencé’ par son mari. Etant áprésumer que le mari en honnête homme avoir déja fort avancé cetapprenti, lui avoir appris le principal de fa profession. & l’on présu-me toûjours avantageusement du bon sens Sc de l’assiduité d’tin ap-prenti, qui fans cette présomption favorable rcsteroit exposé auxdom-mages-de la rupture d’un, contrat. Avant de finir cet article il faut re-marquer qu’avant U Déclaration de 167). los Maîtres Doreurs fur cuir

EVE-

avoient à la vérité tâché de s’approprier la qualité & toutes les fonc-tions des Éventaìllistes . mais après de longues contestations entreeux Doreurs lut cuir, contre les Marchands Merciers , Sc les Pein-tres pour & au sujet de la peinture » fabrique, monture Sc ventedes éventails , il leur fut fait deftènses en 1L74. de prendre d’aucrequalité que celle de Doreur fur edir , ni dc troubler les MarchandsMerciers dans la possession de faire peindre & dorer les éventailspar les Peintres & Doreurs, & dc les raire monter par qui bon leurlembleroit, avec permission néanmoins atusoics Doreurs sor cuir devendre les éventails qu’ils feroient eux & leurs domestiques ob leursmaisons. fans potfvoir pourtant se servir du peinceau ni les garnird’autres otnemens que de fa dorure qu’il leur tst permis de-fairepar leurs Statuts.

A l’égard du commerce des Éventaìllistes & des éventails , il estpresque incroyable combien il est grand. II semble que les Euro-péens ou ÉvcBtaillistcs ont entrepris dc rafraîchir tous les habiransdes quatres parties du monde avec leurs éventails. Car le débit &consomption tant pour Paris Sc les Provinces passe la croyance. yaiant tels Éventaìllistes ou Marchands Merciers, qui outre 1 c détailde leurs boutiques & les factures pour les Provinces , en envoyeurtous les ans au dehors pour plus de 10000 livres.

L’Efpagne, l’Angle terre & la Hollande sont les Pais étrangers,pour lesquels il s’en fait les envois ks plus considérables, dent pour-tant la moindre partie reste pour l’usege du Pais, presque toutétant destiné pour l’Amérique ou pour le Négoce du Nord Sc dela Mer Baltique, bien qu’il se faste en France Sc particulièrementà Paris un lr grand nombre d’éventails, il en vient néanmoinsquantité dc dehors; mais ce ne sont gueres que des ouvrages deprix, ou du moins qui font estimés & ont de la réparation , àcause de l’éloignement des lieux d’où on les apporte Sc cm’ilssont faits par des étrangers. Les éventails d’Angleterre imitentparfaitement ceux de la Chine, & ces deux especcs sont les plusen vogue, Sc il faut avouer que les uns ont un si beau laque& que les autres sont si bien moulés , que quoiqu’cn touc Ic tes-te ils cedent aux beaux éventails dc France ils leur sont au moinspréférables par ces deux qualités. II en venoit autrefois de Rome Scd’Elpagne couverts de peaux de senteur ; mais le commerce en estprelque tombé, tant parce que les parfums ne sont plus guere demode en France, que parce qu’il s’en faut bien que les peintures &les bois aient U délicatesse , la beauté & la légèreté des éventailsFrançois.

Les éventails dont il sc fait la plus grande consomption, sont lesmédiocres ; ils sc peignent ordinairement fur des fonds argentés avecdes feuilles d’argent tìn battu Sc préparé par les Batteurs d’or. Cesont ses Éventaìllistes eux mémes, leur femme, leurs filles ou leursouvriers qui appliquent l’argent fur le papier; on en fait peu fur desfonds dotés, L'or fin étant trop cher & le faux trop vilain. Lesautres fonds qu’on appelle des pluies sc font avec de la poudre d’orou d’argent faux. Ce sont les moindres. Pour appliquer les feuillesd’argent Cul le papier aussi bitn que pour faire des pluies, on fe sertde ce que les Éventaìllistes appellent simplement U drogue de Ucomposition, de laquelle ils font un grand mystère , quoiqu’il semblenéanmoins qu’ellc ne soit composée que de Gomme Arabique , duSu re Candi Sc d’un peu de Miel fondu dans dc l’eau commune,mêlée d’un peu d’eau de vie. La drogue se met avec une petiteéponge, Sc lorsque les feuilles d’argent sont placées dessus, on lesappuyé légèrement avec le pressoir, qui n'est qu’une pelote de lin-ge fin. remplie"de coton. Si l'on emploie des feuilles d’or on lesapplique dc même.

Lorsque la drogue est bien sèche, on porte ses feuilles aux Bat-teurs , qui sont ou des Relieurs ou des Papetiers, qui ks battent furla pierre avec le marteau de la même maniéré que leurs livres & pa-piers, ce qui brunit l’or & l’argent Sc leur donne autant d’édat quelì se brunissoir y avoir passé.

Pour battre ces papiers & pour ne ses point gâter en ses battant,non seulement on en met quelque douzaine ensemble, mais on lesenferme encore entre deux forts parchemins ; parce que les partiesdes surfaces du parchemin restant toûjours unies , ne souffrent au-cune solution de leur continuité, & ainsi conservent & appuyent lacontinuité des feuilles que le parchemin couvre Sc garantit. Ainsiles feuilles des éventails ne soutirent point de plus grande extension,mais leurs parties par le battement qui les -comprime Rapprochent deplus près, perdent de leut profondeur, & deviennent très-minces,très-fines Sc trcs-polics; la polisture ne venant que de l’égalité despoints ou grains des surfaces,qui réfléchissent également la lumière,sens en absorber dans des potes vuides & caverneux la moindre par-tie. En France les éventails enrichis des bâtons d’hyvoire , & d’écail*le de tortue, de peintures, d’étosses de soie , des peaux de semeur& valant au dessus de dix livrespiece, paient 3 0 sols la douzaine desdroits de (ortie ; ceux qui (ont au dessous & les plus communs nepaient que comme mercerie trois livres 1e cent pèsent.

EYENTAIRE. Panier plat presque quarté , sur lequel les pe-tites Marchandes de fruits, de poisson, & autres menues denrées éta-lent devant elles la marchandise qu’clles portent vendre par les ruesde Paris.

E VENT S. Les Fondeurs appellent de la sorte certains tuyaux decire qu’ils attachent aux ouvrages aussi de cire , qu’ils mettent dansleurs moules entre la chape & le noyau. Les évents fervent à don-ner paísege à l’air pour sortir du moule, à mesure que le métal y en-tre. Voyez. Fondeur.

E VEQU E. Du Latin Epifcopus qui vient du Grec, qui signifie sur-veillant, surintendant, inspecteur, pour montrer qu’il est chargé detout le soin du troupeau, qu’il doit veiller à leur bien spirituel, jugerde ce même état Sc se charger de l’instruction Sc de la direction deceux qui sont commis à se vigilance, non seulement I« ouailles des Pas-teur»