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L FER*
La vertu du sel vitriolé de Mars l’cinpotte fur celle de son safran,c’eit pourquoi la dose en eíl plus petite.
Observation sur les différentes préparations du fer.
Les préparations qui se font en liqueur , íont préférables à toutescelles où on le prend en substance ; & parmi celles-là il n’y en apoint de plus propre ni de plus salutaire que le vin où l'on a faitinfuser la limaille de fer , & qu’on appelle a cause de cela , vin cha-libé. La dose en est de quatre onces , qu'rl faut prendre le matin àjeun dans quelque apofcme apéritif, & réitérer la même prise lesoir , trois ou quatre heures après le repas. On peut aussi faire infu-ser cette limaille dans l’eau commune , laquelle on fait boire enluiteSU malade. Ces deux liqueurs chalibées sent très-propres contre lasuppression des régies > & contre toutes fortes d'obíìructions. Ceuxqui ont des ïoiblesses d’estomac , mettent une cuillerée de vin chaly-bé dans chaque verre de boisson. On connoit un Chimiste célébréqui préféré ce vin à la teinture de Mars qui sc fait avec le tartre ;mais il préféré la teinture antiphtiírque des Anglois au vin chalibé,pour les crachemens de sang > & les ulcères du poumon & de la ves-sie. Cette teinture se fait avec la terre foliée de tartre, Sc le vitriol deMars broyez ensemble , Sc digérez dans l’cíprir de vin, qui en prend«ne belle teinture de rouge.
Pour faire le fer-blane.
II faut prendre du son de seigle à discrétion , le faite bouillir unbouillon ou deux dans du vinaigre, y ajoutant un peu d eau, & mét-rant aussi-tôt les feuilles de fer noir. Puis ayant ôté le vaisseau dedessus le feu , on le bouche bien, & on y lailìe tremper le fer pen-dant trois jours St trois nuits, au bout de ce tems-làon tire les feuil-les de têt, & on les écurc bien avec le l'on dans lequel elles ont, trempé , & enluite on passe encore par dclîus un peu de grais, aprèsquoi on les met tremper dans l’eau où l'on a fair dissoudre du selammoniac , Sc les ayant retirées on les trempe dans leraim fondu ,dcù les ayant aussi retirées on les mec égoutter; Sc enfin on les frot-te avec du son de seigle.
Pour rompre dans cinq ou fìx heures une larre de fergrojfe comme le bras .
Frottez bien le milieu de la barre avec du savon fondu , puis avecun fil nettoyez l'endroît ou vous voulez la rompre , ensuite prenezune éponge imbibée d’eau ardente de crois cuites > & mettez-en toutautour de la barre.
Fbr-chaud. Sorte de maladie causée pat une chaleur insuppor-table que l'on se sent monter de 1 estomac le long de l’œíbphage jus-qu’à la gorge. Pour éteindre cette ardeur il suffit de prendre des yeuxd'écrevisses en poudre , fans aucune autre préparation.
Fer, Pour lui donner couleur. Voyez. Acier. Pour le dorer. VoyezOr. Pour le graver. Voyez Graver. Pour le souder. Voyez Sou-der. Pour le garentir de la rouille. Voyez Rouille. Pour en ôterles taches. Voyez Taches. Pour le tremper. Voyez Trempe.]
FER par rapport à l’Architccture. Le fer en général est un mé-tal qui se fond Sc sc forge , tic dont on se sert dans les bâcimens. II adissérens noms suivant les grosseurs , ses façons , ses usages Sc ses dé-fauts.
i. Par rapport à fa grosseur Sc forme. 11 est nommé quarté ou grosfer , quai ré bâtard, quairé commun , fer carillon , fer plat, méplat,aplati, fer en lame , fer rond , fer en feuilles, fer en botte.
Fer quarté ou gros fer , est celui qui a deux ou trois pouces degros. On le nomme aussi fer de f ourson.
Fer quarté íátard , est celui qui a quinze à dix-huit lignes de gros.Fer quarré commun , celui d‘un pouce. Fer carillon > celui de huit àdix lienes de gros. Fer plat , qu’on nomme aussi cornette , celui detrois pouces de large fur cinq a íix lignes d'épaisseur. Fer méplat ,celui qui a de largeur le double de ion épaisseur. Fer aplati ou fer dla mode , celui qui n’a que trois à quatre lignes d’épaisseur fur vingt àvingt-quaire de largeur > St sert pour les appuis des rampes & balconsSc pour ies batremens des portes , &c. Fer en lame , ce'ui qui a deux átrois lignes d'épaisseur sor différentes largeurs, & ícrc pour les enrou-lemens, en Latin ferrum planum. Fer rond, celui de neuf lignes dediamètre , qui sort a faire des tringles Sc verges de rideaux. Fer enfeuilles, qu’on nomme aussi tôle , est celui d’cnviron une ligne d’épais-seur, sor lequel on crible Sc amboutit des ornemens , en Latin ferrttmbraïleatum. Fer en botte ou menu fer , celui qui sert pour les vergesdes vitres, en Latin ferrum tenue.
t. Le fer considéré selon ses façons reçoit les noms fuivans. Ferétiré , fer corroyé , fer coudé , fer enroulé , fer ambouti , fer acéré.
Fer étiré, en Latin ferrum ducíile , c'est le menu fer qu’on allongeen le battant à chaud.
Fer corroyé , est celui qui après avoir été forgé est enfuire battu àfroid pour devenir plus difficile a casser Sc être employé dans les ma-ch nés mouvantes , comme aux balanciers , manivelles , pistons despompes, &c. Fer coudé , celui qui est plié fur son épaiffeur > comme unécrié pour retenir une poutre éclatée, ou pour accoller une encoignu-re de menuiserie , ou qui est retourné en angle droit , comme leséquerres de porte cochcrc. F.r enroulé , se dit du fer plat ou quarté,contourné en spirale, dont on fait les enroulemens des arcs boucans ,panneaux , couronnemens & ouvrages de serrurerie , en Latin ferrummolutum. Fer ambouti, c est de la tôle relevée en bosie avec des ou-tils, pour faire des feuillages , des roses & autres ornemens. VaPacc-ré, en Latin ferrum folidatum. fez fondu , se dit non-leulement du setdont on moule des conduits, poêles, contre-cccurs & autres ouvrages,mais a ussi dc celui qui étant fondu peut ctre répare avec des outils,
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tels que la lime & le ciseau, ce qui est un secret particulier, qui ayantété perdu a cté recouvert depuis quelques années , & dont on fait desbalcons , rampes d’escaliers . clôtures de chaut d’Égiiscs Sc plusieursutenciles» II sc volt au Château de Meudon quelques travées de balus-trade de cette sorte de fer , & entt’autre* ouvrages à Paris la rampede í’escalier de la maison de M. l’Intcndant Pelletier rué de la Coutu-re Sainte Catherine, du dessein d’n sieur Bullec.
j. Considéré suivant ses usages est nommé de divers noms > fer depieu , fer maillé , fer de cuvette, fer d’amortillëmenc, fer de pique,fer de menus ouvrages.
Fer de pieu , c’est un morceau de fer pointu à quatre branches donton arme la pointe d’un pieu asile. Fer matUé , sc dit d’un treillis dor-mant de barreaux^ de fer dont les mailles sont de quatre pouces enquarré félon la Coutume de Paris, Art. iox. tout le ter maillé quarré-ment ou à lozange, se dit en Latin ferrum rettculatum. Fer de cuvette,morceaux de sex plat forgé en rond, qui scellé dans un mur sert àsoutenir ou accoler une cuvette de tuyeau de descente, en Latin ferrumarcuatum. Fer d' amortissement, se dit de toute aiguille de fer entée surun poinçon pour tenir une pyramide, un vase, une girouette ou toutautre ornement de plomb ou de poterie qui termine un comble, enLatin ferrum acummatum. Fer de pique, ornement de serrurerie enmaniéré de dard,qu’on mer au lieu des chardons fur les grilles de fer,comme il s’en voir au Château de Versatile,en Latin fpiculum ferreumou ferrum spiculatum. Fer de menus ouvrages , fe dit en général desserrures , targettes , fiches & autres pieces des garnitures des portesSc des croisées.
4- Hr considéré scion ses défauts, est appelle fer aigre , rouveiin ,tendre , cendreux > pailleux,
Fair aigre, est celui qui se casse facilement à froid , en Latin ferrumajperum , c’est celui dont les petites parties-ou brins sont tordes , secsSc destituez de souplesse pour ployer; le fer aigre est opposé au setdoux & ployant.
Fer rouverm, est celui qui se casse à chaud à cause de ses gersures.Fer tendre , telui qui sc brûle trop vite au feu , en Latin ferrum frtabi-
k. Fer cendreux , est celui qui a cause de ses taches guses de couleurde cendre , ne peut recevoir le poli. Fer pailleux, celui qui a des pail-les ou filamens qui le rendent callànt lorsqu on lc veut couder ou plier,en Latin ferrum paleatum.
FER en Jurisprudence Civile , Criminelle & Canonique. C’est I,fer ardent ou fer chaud donc on entend ici parler : c’étoit ancienne-ment une preuve qq’on fàifoic en Justice pour prouver son innocen-ce par le moyen d’ùn fer chaud. On apélloit cette épreuve jugementde Dieu ou jugement du feu. Les Auteurs rapportent une infinité doces jugemens, comme on voie dans Pasquier. En Latin on appel,loir cette épreuve & jugement de Dieu Sc du feu : fudiaum ferri ca-lidi, ferri candentìs , chalybis examen . f udicìum ignis ou ignitum , igni-sérum judicium , ferreum juttícmm , ferrum judiciale . Cette épreuvese faiseur particulièrement par ceux qui ne pouvoient plus sc battreen duel , Sc fur tout par ceux qui étoient de condition libre, Scmême par les Moines & les Éclésiastiques ; car pour les Paifans onleur falloir faire l’épreuve de l’eau froide ; Sc pour les personnesqualifiées, elles mettoient des hommes à leur place qui touchoientle fer chaud. Pn faitòic plus ou moins rougir le fer selon 1 énormitédu crime , ou selon les présomptions qu’il y avoir contre l’accufé.Ce fer étoit béni Sc gardé très soigneusement par des Ecclésiastiquesqui en avoient un : car tous n’avoient pas ce droit » c’étoit une dis-tinction honorable & profitable > car avant que de toucher ce fer onpiyoir une somme à l’Église à laquelle il appartenoir. La preuve parle fer le faisoit aussi bien pour les procès civils que pour les crimi-nels , Sc cela avec plusieurs cérémonies Ecclésiastiques ordonnées palles Loix & Coutumes de plusieurs Nations, Sc même par ies Con-ciles. Trois jours avant de faire cette épreuve l’accuíc jeunoit au painSc à l’eau avec des vétemens de laine , & le jour quelle devoir sc fai-re il en:endoic la Mclse . & avant que d’y communier il protestoir àhaute voix qu’il étoit innocent du crime donc on l’accufoit. La Messefinie les Prêtres chamans d’un ton lugubre le conduiíoienr fort lente-ment à l'endroît de l’Églisc destiné a faire ces épreuves : l’accufé en yarrivant baisoic le livre des Éva’-gilcs , buvoit de l’eau bénite Sc onlui cn jectoit sor le visage , sur la tctc , sur ies habits , & plus encorefur la main dont il devoir coucher le set. Ce fer étoit un ganteletordinairement , dans lequel on fourroit la main ou une ha te plus oamoins grosse- L’accufé soulcvoic cette barre une, deux ou trois foi . íe-lon que portoit i’Arrét, puis mettoit fa main dans un lac que Port fer-moir exactement & c.u hcttoit afin qu’on n’y mi: point d’onguent ni deremèdes ;on l’ôroit trois jours après, Sc l’accuíe étoit purgeu qand ilne s’y trouvoit point de marque de brûlure ; mais s’il s’en trouvoicl’accufé éroir puni comme parjure de peine corporelle , quelque-fois par la perte de la main, à moins que le coupable ne la rachetâtpar une somme d’argenr. Cette coûtume est si ancienne que l’un desarticles de la Loi Salique porte parmi autres choses un td titte de ma-nu ab meo redimenda. Elle éroir très commune dans le dixième Scl’onziéme siécle. Mais ces jugemens ont étc deffendus par les Pa-pes , les Conciles & les Princes. Comme par les Papes Étienne , Ce-lcstln III. Alexandre III. Innocent III. Honoré III. par le Conçuede Latran , par celui de Bayeux en 1500. par Frédéric > Empereur,Jacques I. Roi d’Arragon , Alexandre II. Roi d’Écosse , un peu avantle régne de S. Louis.
L’usage de la Clef de S. Pierre pour préserver de la rage ne mé-rïteroit pas moins d’êcre interdit > on amène dans l’Église des hom-mes & des femmes, & à la porte de l’Église des bestiaux,afin de lesfaire toucher par le Prêtre avec un fer chaud , qu’on nomme la Clefde Saint Pserre. La Clef de Saint Hubert n’est pas quelque chose dcmoins superstitieux : on appelle ainsi un fer qu’on applique en 1 hon-neur