FER,
scar de ce Saint pour préserver de la rage. T.es animaux mordus !par des Chiens enragés. Ce fer appeílé la Clef de St. Hubert n’eit Ipas fait par tout en forme dc clet. A Liege c’est un anneau, a Utrecht j(’étoic une croix de fer. Ce fer est appliqué fur la plaie quand eílc jp, toi t, ou à la tête quand la plaie né patois pas, pour les hommes jon leur fait une petite incision au front, pour enfermer fous la peau jun brin de Vctole dc ce Saint, après quoi ceux qui font ainsi tailles,
{ c’est le mot dont on fe fer t) peu ven t, dir-on, guérir d’autres pet fon-ces. Voter s Histoire Critique des pratiques juperjtiaeujes qui ont Jéduitíes Peuples & embarrassé les Savans , par le Pere le Brun. Cette dcrniis-je pratique est fort rare & supposé une idée dans ceux qui font in-ventée ou qui lui donnent vogue, que la vertu d’opeier des mira-cles fe transplante: car f étole de Saine Hubert primitivement , opé-ré guérisons miraculeuses par la relation que ce vêtement sacerdotala avec St. Hubert; dc là l’Étolc dc St. Hubert , palianc dans la chair& perfoiTne d’un autre homme, & portant par un petit fragment làpropre vertu, la communique à la personne, en qui fe fragment ScJa vertu (ont coin me entées. II y a ici occasion d’admirer la force de}a persuasion , Sc de lïniaginition , fous le feu Si faction de la su-perstition. Tout est regarde, non seulement comme possible , maiscomme réel, qu'on peut imaginer. L’imaginarion feule jointe avec ledésir, détermine & cansc tous ces effets merveilleux. II ne faut quedeux ou trois personnes d’unc forte imagination dans ce genre & ef-pece, pour produire concagieufement une infinité d’autres personnesaffectées dt même , qui mettront lé comble à la persuasion universel-le. Le Pere Maiebranche a expliqué fort bien dans son livre de larecherche de la vérité, comment se fait cette communication conta-gieuse des imaginations dominantes & fortes. Avant de finir cet articleil faut ajouter à ce que les Étymologistes disent de f origine dumocfer àe ferrum Latin, que l’on peut concevoir & imaginer allez à pro-pos , l’oríginc mime du mot ferrum par rapport à l’ufage du fer, cnsupposant que ce mot ferrum vient du verbe ferre porter, parce quecette matière est celle par laquelle tous les ouvrages de fart fe font& subsistent. C’est le fer qui donne de V appui a faction de f homme,car f instrument naturel qui est la main de l’homme, n’a pas la fer-meté nécessaire pour figurer, former Sc façonner les autres divers su-jcis dc son action, mais la mai» armée de certe matière dure appet-lée fer, force toute autre matière à lui céder , Sc a prendre les jnou-vemens , impressions & modifications (impies ou composées quefhotninelui veut donner, en suivant certains plans Sc modelés qu’ila concu & dont il a fixé l’idée dans son imagination. Je veux direBi entends par ce discours ( qu’on pourra peut-être regarder commetrep vague, abstraie & précis. ) J’eareads dis je montrer > comme parle fer on façonne la pierre, le bois pour taire des bâtimens > com-me a la faveur du feu L à la saveur d’autres matières naturelles du-res , on fait les premiers estais & rudimeas des insirumens de routeforte d’efoecc destinés à routes sortes de fins méchaniques. On fait deplus parfaits instrumens par ces premiers qui sont imparfaits. On pro-cédé ensuite à former des machines pour faciliter le mouvement,pour multiplier les forces mouvantes, & pour porter, transporter Sesupporter toutes choies.
FERALES. Nom d’unc Fcte que les anciens Romains célébraientle aï Fevrier à l’honneur & au soulagement des morts. Cette fêteétoit fondée fur des sentimens qui méritent nos réflexions, & son:deconséquence. Ces fêtes supposent qu’ils avoient la persuasion queles aines furvivoient à leurs corps, & c’est pour cela qu’ils appellentles âmes séparées manès , les manès , comme qui diroit fomentesemims., les âmes permanentes,à la diffcrence des bétès dont les âmesti’ont rien de permanent Sc périssent avec leurs corps. Ces fêtesétaient établies dans la supposition que toute relation & rapport en-tic ks amis & païens ne dévoie point cesser à la mort , c’écoit toutau moins une marque de la persévérance de leur tendresse , recon-roillance Sc bienveillance envers ces amis défunts ; mot qui ne signi-fie rien de funeste , mais feulement marque i’acquec fideíîe des hom-mes en leur vie Sc mort à leur devoir. Ces têtes non feulementm arquaient que les âmes survivaient à leur vie corporelle , maisétoient ks bases fur lesquelles on peut bien augurer en faveur de lamorale naturelle des Anciens qu’ils n croient pas opposés à fopinionde l’immonalitc des anses. Voilà ce que l’on peut conjecturer Sc dé-duire de la pratique ( quoique superstitieuse en bien des points ) desfêtes appellécs Ferales en Latin feralia . Cc mot de ferales ou feraliaqui suppose fefla les fêtes ferales, est diversement tourné par les Éty-mologistes. Varron dérive se mot feralia de infert les enfers, docilesâmes étoient Évoquées pour prendre quelque ratraichiísement, soulage-ment & joye aux fêtes qu’on célébrait à leur honneur ; ainsi feraliafesta ctoit comme si l’on disoie : Pesta infernalia feu pro animabusm mftrne degentibus , mais se mot de Infère ne signifiant pas seule-ment les enfers, mais auífi les lieux bas & 1e scpulchrc. Les fêtesferales ont eu aussi chez d’autros Étymologistes 1e même sens &signification que ses fêtes sepulchrales; car il lembloit que dans cesfêtes l’on imagínoit comme une tacite convention, que l'on regarde-rait 1c tombeau comme le rendez-vous commun des hommes Sc desmanès, pour y renouveller une espace de commerce de la précéden-te amitié, humanité & civilité. 11 n’y a point d’excès dans mes ex-pressions, peu de gens ont parlé de ces fêtes en les accompagnantde ces interprétations ; mais les cérémonies pratiquées dans ces fêtesn’ont pû provenir que des dispositions intérieures , fort semblables àcelles que je décris assez sensiblement & fort naïvement ; & certaine-ment mes interprétations occasionnées par les cérémonies de cettefête, n'ont rien qui ne sc trouve dans la sensibilité naturelle du cœurhumain, & ainsi ma peinture des fêtes ferales est d’après nature. J’aiencore à ajouter deux étymologies de mon cru aux précédentes.La premiere que le mot festa feralia font allusion au mot feretrum ,où on posoit les funérailles ou corps mort, Sc ce mot feretrum vientde ferre porter, instrument à porter, à supporter. La seconde érymo-
F E R. r-r
logie ou illusion est dé supposer que le mot de cérémonies ferales fe»roient ainsi dites ferales du mot férus , qoi signifie non seulement ta»touche, mais effroyable & effrayant : cn effet ceux qui célébraientces fêtes ne pouvoicnt qu’étte dans un état d’éconnement, en sïtnigi»nant que ses âmes de ces personnes li chéries étaient la présentés,quoi que deja mortes. Ce qui ne peut causer qu’une idée affreuse »que ce qui nous est si cher soit si prés Sc si éloigné dc nous, L’idéede cette incompatibilité de deux choses, ce semble si opposées, con-fondait leur esprit Sc leur cœur : Sc peut être jusques a tel point quece religieux effroi compose de la Religion Sc de f amour Sc gratitu-de, leur saison porter á tous un visage hagard & tout effaré > esteras asacres ester a/us vultus ; je ne crois pas que personne en lisant cettemienne étymologie ne la trouve plus que plausible, & comme parlan-te avec la derniere énergie. Ferales cérémonie quia esteras» vultu este-runtur & exercentur. L’on tient que cette fête instituée pour r encreaux défunts les detnires devoirs St tranquilliser leurs manès, fut éta-blie par Enée, qui en fut 1c premier Auteur, Sc que Numa y ajoutatoutes les cérémonies qu’on y pratiquoit. Elle duroit onze jours ; lesparens Sc les amis des dessunts alloient fur leurs tombeaux, à f entourdcíquels ils tournoient faisant leurs prières ; ils dressoient ensuite unfestin sur un gros caillou . qu’on appeiloit Silictmium du mot silexcaillou, dans lequel festin on ne servait que du miel, du vin Sc du lait :du miel Sc du úit pour les adoucir Sc appaiser, & du vin pour lesconsoler & fortifier; on le jonchoit aussi de fleurs & on y brûloir def encens & d’autres parfums précieux selon la quantité des personnesmottes Sc vivantes. Et selon ce degré d’estime & de respect qu’onconservait pour eux, les Anciens étaient persuadés que les âmes desdéfunts n’a voient aucunes peines dans les enfers , pendant ks onzejours qu’on prioit ks Dieux Infernaux pour elles , car ces fêtes ne er-gatdoient pas seulement les morts comme f unique objet de leur reli-gion, mais. encore les puissances infernales, qui avoient un empire furles morts Sc pouvaient exercer envers eux des effets de clémence ou.de sévérité. L’ancienne crédulité Païenne leur faisoit imaginer qu’ilétoit permis aux Manès pendant tout ce rems là de venir se prome-ner a f entour de leurs scpulchres, que j’ai appeílé ci-dessus le rendez-vous des amis morts & vivans; l’idée d’un tel rendez vous nonobstantquelle est lugubre Sc effrayante, ne reste pas d’avoir quelque chosede consolant Sc de tendre, il n’y manque que la vérité. La même opi-nion portoic aussi que les âmes des dessunts parricipoienc au festinqu’on leur dressoir, cependant durant tout cc teins de la célébrationdes Ferales, on ne faisoit aucun mariage, soitparcc les cœurs affligésdes vivans n'étoíent pas susceptibles d’amour & des douces passion»alors, soit parcc que l’on ne voulut point rafraîchir la mémoire desplus grands plaisirs de la vie sensible > en la présence de ceux qui nepouvaient plus y avoir de part. Les Temples même des autres Divini-tés étaient fermés , on ne leur offrait aucun sacrifice pour réuniedavantage tout le culte dont les célébrans étaient capables , à fhon-neur des Divinités scveres qu’on vouloir fléchit & rendre propices auxmorts. Les autres personnes indifférentes, qui n'étoíent ni parens niamis, regardaient les manès comme des esprits inquiets & mécon-tens, Sc que ces ombres qui sc promenaient alors par tout rendaienttouc profane. Mr. LÉvéquc d’Avranches ( ou l’Abbé Huer ) a autre-fois écrit un Livre três-curicux, intitulé qutstienes Alnetana, quïl dédiaau Pere la Chaise Confesseur du Roi, dont le dessein est dc taire voirque la Religion Catholique Sc Romaine n’a point de dogme ni depoint de morale qui soit contraire aux instincts & sentimens de lanature humaine universelle, il est vraisemblable que ce que l’on vientde dite fous ce mot ferales autoit été de ion goût. Pffeitcrus a eu lemême but daas son Livre intitulé jystema theoTogú gentilis purioris. Cesdeux ouvrages sont d'autant plus curieux, que ces deux Auteurs nepeuvent passer poui plagiaires, quoiqu’ils aïent écrit fur un sujetfort semblable,
FERIES. Ce mot s’est dit chez les anciens Romains, Sc se dit àprésent en langage Sc matière Éccléíiastique. Les anciens Romainsavoient deux fortes de fériés , les publiques & les particulieies. Lespubliques étaient communes â tout se peuple en général > & ses par-ticulières regardoienc certaines familles particulières. Les Fériés publi-ques étaient de quatre fortes, les statiyes, les votives, les impéra-tives & les nondines.
Les statives en Latin stative, éìoient les fériés ou Fêtes fixes, im-mobiles marquées dans le Calendrier, qui arrivaient toujours au mê-me jour, dont les trois principales croient ses Agonaks, ksCarnien-taies & les Lupereales. i. Les votives cn Latin conceptiva , c’ctoíencdes Fêtes ordonnées tous les ans á un jour incertain selon la volon-té des Pontifes, telles écoicnt les séries latines, les paganales > lesí'ementines & les compitales. $, Les impératives ou extraordinaires ,en Latin impsrativt, cetoient celles que se Magistrat ordonnoit sclcnles occasions & les besoins de la République ; il faut rapporter àces sortes de Fêtes les processions, les jeux, le lectistcr-e ou la cou-che des Dieux. 4- Les nondines, en Latin nundina ,cetoient les joursdes foires & marchés extraordinaires.
Le nom de fériés, particulières ou propres ,étoicnt celles que cha-que famille avoir en particulier.
Le nom de ferle a paílc des Gentils aux Chrétiens. Chez lespremiers il signifioit ses jours où l’on s'abstenoit de travail. LesChrétiens s’en servirent d’abord pour marquer les Dimanches. Quel-que teins après ils le donnèrent a tous les jours de la semaine. S.Augustin a cru que Fufage du nom de ferle > au lieu de celui desnoms profanes, fervoit » distinguer le langage dc l’Église de celuidu Paganisme. Cependant k* jours de l’Antiquité Païenne font res-tés , & l’Église a donné à plusieurs Ferses le nom des Saints doncon célébré la fête. Les fériés chez ses Romains étoient des joursou l’on s’abstenoit de travailler. Ces jours étoient particulièrementmarqués & caractérisés par 1e repos , au lieu que ses jours de Fêteí étoient célébrés par ses sacrifices , par des jeux , aussi bien queI par