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I

5°° FIL.

jpteudre garde que leur filleuls n’encrent point dans les mauvaises voies,mais dans les bonnes, de peur áe ne rester responsables de leur peude vigilance á ratifier & faire ratifier le commun engagement deJeur fi.leul & de lui-même partein; mais comme 1 eeduation spiri-tuelle est fort souvent annexée & liée avec l’éducation temporelle, delà vient que quelques Docteurs ont etc d’opinion que les parreins &marreines étoient obligés de fournir à leurs filleuls & filleules lessecours temporels ou pour le moins journaliers, pour faire succéderl’cducarion, vû que fi un filleul abandonné, fans bien Sc fans éducationn’a pas dequoisubsister, il fera très exposé par cette oppression de mi-sère & de pauvreté à bien de fâcheuses occasions & tentations, pourquitter la vertu & s’adonner au vice qui semble offrir un prompt se-cours. Faber in lib. i. cod. de altndis leberis. Cependant notre ufapcest contraire , Sc on ne peut point cn Droit contraindre un payein ouune marreine à nourrir son filleul ou fa filleule : c’eíl la disposition detous les Arrêts qui font soudés fur deux taisons, l'une de politique,l’autte de Religion; en ester ( disent les uns ) est-il juste qu un actede pieté soit nuisible à celui qui l’exexcc ?Si cela étoit, dir-on,il n’ya petlonne qui n’aimât mieux ménager ses intérêts en refusant de te-nir un enfant furies fonds , que s’engager par Cette œuvre de chari-té dans une efpece d’adoption ; mais on pourroit bien absolument ré-pondre à cet inconvénient que trouve l'avarice; car si un homme &chrétien & commode entreprend une œuvre de pieté, il ne doit pasfeindre de s’engager à cette œuvre de pieté > quoique dans le fondsil ne le salle pas, ne touche que la surface, l’apparencc Sc la cérémo-nie extérieure lans vouloir subir l'obligation eílentielle de lacté dcpietc. A l’égard de ce qu’on dit que si cela étoit , il ne se ttouvetoicpersonne qui n’aimât mieux de refuser cette bonne œuvre > que defe charger d’un devoir, qui lui r-viendroit à dommage ; car c’est avoirdes sentimens bien désavantageux, de dire qu’on ne trouveroit querarement des parreins 8c des marreines chrétiennes & prêtes à une œu-vre subséquente de charité , puisque l’on trouve bien des personnes,qui renonçant a l’interêtd'une cupidité insatiable, veulent bien des au-mônes ipirituelles Se corporelles considérables ; on peur de plus avouerque la plupart des œuvres de pieté se trouvent onéreuses à l’hommcmondain, Sc que cependant ces œuvres ne restent pas d être louables &recommandables. Les Capitulaires de Charlemagne font une com- .paraifon des filleuls avec les enfans , qui semble marquer que les obli-gations des parreins Sc des peres ont beaucoup de reísemblance,/>,»>-«>;-tes fihqs fuos & pair mi quos de fonte lavacri jujcipiunt crudirt fummope-re jludere debtnt : ili quia eos genuere ifii 'vero quia pro bis fidejufforesexijiunt. capit. Caroli mag. libro zz. 39 . A'46. Remarqués ausli quesi les parreins & marreines par des lënímcns de générosité font desdispositions au profit de leurs filleuls ou filleules, elles font toujoursfavorables & en beaucoup de cas exemptes de la rigueur des Loix.Monsieur Banquier, let. a. nombre 1 .

FII.S. Derme de Droit, est proprement un enfant mâle au pre-mier dégré ; cependant par une juste interprétation comme on rt-«onnoit que les pères ont la même tuidrellc pour leurs petits fil-,& que ce mot qui vient du Grec signifie ampur, Jes Jurisconsultes ontestimé que le nom de fils devoir auiîì convenir au petit fils, al’effetde re réíentcr son pere ; c’est pourquoi dai s la concession des fiefs,avant qu'ils fuílënr perpétuels, si le titre pottoit que ce fur pourjouir des héritages par le vallàl & ses fils » on éctndoir cette d.í-poíi'ion à tous les deseendans cn ligne airecte , jusques à l’infini.Fdiormn appellatiene in fendit ventant omnts dejeendentes ufqtte in infi-nit'um ita in Lexico furtdico ScharJ. in verh. jilii. La raison oe cc senti-ment des Jurisconsultes , est déja touchée dans k remarque quona faite Sc qu’on peut faire tous les jours du grand amour que leshommes ont autant pour leurs petits fils, que p»m leurs pi optefils, qui vient apparemment de ce qu’un pere volt dans son fils unautre Ibi-même , en qui il se voie reprendre vie & vigueur . pourcontinuer fonétie aa-àc -Jâ du terme qu’il présume lui appartenir par& en la propre personne caduque , 011 qui doit finir bien tôt ; prcette raison qui le fait aimer son fils, est autant & plus forte dansson petit fils , dans lequel il voir comme un nouveau surcroît decette même vigueur & persévérance dans k durée , & comme ungage nouveau d immortalité , même un petit fils nous touche d’unsentiment d'autant plus tendre, que ce second fils est plus foibk & abesoin dette plus favorisé Sc plus chéri par conséquent, que s’ii étoitfort. Voila ce me iembie pourquoi les Jurisconsultes regardent tou-te la fuite des fils comme un seul fils , qui s‘étend plus Sc plus cnavant à proportion du nombre Sc de la multiplication de ces indi-vidus,, qui postent notre être plus Sc plus loin dans les siécles fu-turs, cette fuite de fils fait un seul fils moral & civil, qui représenteun fleuve de générations, qui est unique, quoique dès son oiigine,jusques a se fin ils sont composé de plusieurs portions toutes sem-blab'cs; c’est fur ce fleuve de génération que lé lent porté un pere,qui par ses enfans nés successivement, se trouve atteindre bien avantá une longue suite de rems à venir. Je m’imagine même que latendresse de ce pere pour son petit fils ( & plus loin ) s'il est le té-moin vivant Sc occukire d une telle sienne fécondité, vient non-feu-Icnient de ces petits fils fossiles ; mais aussi du sentiment de k foi-blclïc dc tout ce qui part de lui. I! «'attendrit ainsi Sc fur kfbiblessede ses petits fils 8c lur 'a propre foiblcllë, & sor k labilité' commune.& générale de k nature humaine. L’origine de ce mot, dit-on, vientdu Grec qui signifie amour, parce que les enfans sont les fruits del’amour réciproque des deux conjoints > & fortifient le nœud de cemême amour, car l’un & l’autre des parens sont agréablement surprisdc se trouver par leurs élisons plus unis qu auparavant & commeconfondus, mais après ces réflexions d’une douce Philosophie, quiexplique Sc raisonne l’esprit des Loix de la Jurisprudence, continuonsà parler fur ce qu’on aá dire sor cet article par rapport au Droit, Ondistingue ce mot dc fils en naturel simplement, qui est celui qui n'eítInconnu que de lit a«U.re feulement, qu’on nomme d’un terme odieux

FIL. FIN.

dans la société. appellant ce fils naturel bâtard. II y a le fils naturel& légitime qui est celui qui est né en loyal ou légitime mariage. Voi-ci quelques vérités Sc maximes. Le fils est tenu dc nourrir son pereSc la femme son mari, s’il est pauvre. A l’égard de k premicre maxi-me , elle paroìt si conforme au sentiment de k nature, qu’il est inu-tile ce semble de k justifier par k raison ; cependant comme ce sen-timent paroîr très-obícur dans plusieurs enfans ingrats, il est bon derenouveller en eux cette impression de nature, en faisant prendre gar-de , que celui qui n aime pas ses progéniteurs , fe hait soi-meme ; carun fils & un pere sont dans le sens ci-destus dit une même chose, vou-loir laisser périr Ion pere par l’abandon , c’est prononcer par l'actemême de cette ingratitude qu’on s’eítime foi-méme [indigne d’avoirreçu l'être , en haïssent ceux qui nous l’ont donné. Celui qui aimese propre vie Sc se propre personne , doit regarder du même œil ce-lui par qui il tient la vie, Sc celui qui doit rendre grâces à Dieu, pre-mier auteur de cette sienne vie , doit honorer son pere comme celuidont k divine segesle Sc bonté s’est servie comme d’un instrumentde cette même bonté a notre égard. On joint plusieurs épícetes acemot fils outre fils légitime Sc bâtard. Par exemple, fils adultérin , celuidont le pere ou k mere étoient déja mariés ailleurs Sc non ensemble.Fils émancipé , est celui qui est sorti de k puiílance paternelle, á k dif-férence de celui qui est appellé fils de famille , qui est encore fous kp instance paternelle. Fils postume , est celui qui est nc après k moredu pere, pofihumatum patrem. Fils amé, est celui qui devance un au-tre par lk naàfance, ou qui devance tous les frétés par le dio.t Scqualité de se primogéniture. Amé quasi ante natus. Fils adopttf , estcelui qu’on a adopté comme on faiíoít autrefois a Rome , Sc commeon fait encore en quelques endroits d’Allemagne Sc de Lorraine. Voyez.Adoption, qui vient de ad Sc optare . qu’on aime 8c qu’on souhaiteavoir toujours avec soi. Si le mot de fils vient de l’amour, c’estune chose fort naturelle de vouloir tenir pour fils Sc fille , ce quel’on aime autant qu’un fils 8c une fille. Le fondement de l’adop-tion n’eít pas hors de la bienícancc. II est na urel que l’on sou-haite que la Loi Civile nous donne une saveur que la nature nenous a pas donné. II est naturel qu’il nous soit permis d’aimer 8cchérit comme enfant , celui qui par un heureux instinct Sc sympa-thie nous aime comme son pere; cependant cet usage est rate apié-s.nt, Sc étoit fréquent chez les Romains ; toutes ces distinctions defils ont du rapport au droit aussi-bien que les suivantes. Commepar exemple , fils du premier lit ou du second , pour dire ceuxqui sont nés d’un premier ou d’un second mariage , Scc, on ap-pelle beau-fils, celui qui n’clt fils que d’ailiance , c’eit#c lui dontune femme étrangère a époulé le pere propre , ou celui dont unhomme étranger a époulé k mere propre. Petit fils est celui com-me nous avons dit, qui est né du fils ou dc k fille. II est appel lépetit fils par rapport a l’aycul ou a i’ayeule , Sec. Fis p'is absolumentlignifie pat excellence un enfant mâle. II n’a eu qu’un fils de cq ma*liage & trois filles.

liis de F ance ou fille de France, ce sont les enfans du Roi, onr aire les fils de Fiance d’Alo de Royale. Ils ont Chambre des Comp-tes , Chancelier , Conseil > Compagnie de Gardes. Les petits fils deFrance sont ies petits fils des Rois; Monlieur le Ducd’Oikans Rcgcntdu Royaume , est le seul & premier qui ait porté le titre de petit filsde France. Les fille-, de F.ance iortt a. pcllées Mesdames , Sc les pé-ri es filles de France Mepdetnotjellcs.

On appelle fils de Mairie, celui qui étant fils d’un Maître en quel-que Alton Métier, a de certains droits ou privilèges par rappoit à lamaîtrise.

FILLE, est celle qui est dans l'état opposé au mariage ; c’est 1 étatde e lle qui n’a point été mariée, ainli on dit. Cette Demoiselle estencore fille. On appelle ausli filles les personnes qui le sont con-sacrées à Dieu, qui ont fait vœu de virginité , soir quelles soientenfermées dans un Couvent, soit qu’ejles vivent sous la conduite dcquelque pere spirituel.

FIN.

FIN. Ancien terme de Coutume. Petit territoire qui avoir sonchef-lieu. Le fin ou territoire d’Issy , il falloir un certain nombrede fins pour former un ancien Comté ou Pays , Sc un certainnombre de Comtés pour former un Duché. Les fins avoienr plusou moins d’étsnduë, aussi bien que les Pays ou Provinces ; on dicaujourd'hui sinage-au lieu de fin. Les Chartes ou vieux instrumenspar écrit, íont pleines de cette expression, Sc prouvent que les fi-nages étoient les territoires subordonnés aux Comtés Sc Pays. Lc fi-nage est l'étendue d’une Jurisdiction , c’est l’étenduë d’une Parroiílëou"territoire, juíques aux confins d'un autre. Cette maison, dit-on,cette Seigneurie est dans le finage de cette Élection > de ce Prélï-dial, de cette Parroiflë. Le mot de fin vient du mot finis ou finesau pluricr, signifiant bornes, limites ou un Pays borné Sc limité, Scle mot de finage est comme qui diroit fimtio , détermination des bor-nes. Finage signifie aussi un droit qui fé leve fur les bornes , furieslimites.

FINANCE. Terme de Finance ou de Domaine du Roi. Cemot lé d.t principalement, Sc s'entend des deniers Royaux qui íontà l’épargne , pour servir dans les nécessités les plus pressentes del État, & dans les besoins du Royaume , soit qu'ils proviennent desrevenus du Domaine, qu’on appelle Finances ordinaires , ou des ai-des, tailles , taillon, équivalent , greniers à sel , traites Sc imposi-tions foraines , parties case,elles , amendes , décimes, emprunts, deplus gabelles , capitation , dixième Sc autres subsides 8c subventions.On s’imagine que ce mot de finance a lignifié d'abord tout ai-ent comptant > puis un payement tout-a-la fois , un payementna! Sc total lans aucun reliqua de compte , payement qui finitune dette, voulant que finance vkíic «k finir Sc payer jusques au