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de cette conscience erronée, contre laquelle nous proposons des pré.lervatits. Le grand préservatif contre ces fausses consciences , c’estde considérer ii le bien public dans l’État & dans l’Église, s’y trouveen feutré : car il y a des consciences d’amour propre, qui n’ont de lasensibilité & délicatesse que pour leur intérêt propre. Ce font des con-sciences iniques, & un prétendu for intérieur où toute justice publi-que servir sacrifice â l’ainour propre, soit sensible ou facilement pré-tendu spirituel. J’ai lu quelque part qu’un Prince infortuné avoir tâ-ché d’excuscr les fautes contre se bien public, dont on l’accuíoit, endisant, qu'cn tout ce qu’il avoir fait il avoir agi selon fa conscience.Ceux devant qui il parloir, ne trouvèrent point cette excuse légiti-me , patte que ses Loix fondamantales d’une Nation sont la conscien-ce publique, que la conscience d’un homme seul ne doit point mépri-ser ni négliger. Le salut du peuple est l’objet Sc 1e but où tend laconscience d’un bon Prince > touc comme le salut & bon état d'unefamille est le but unique d’un perc de famille. Les pcríonnes privéesn’ont pas des devoirs si marqués, que les chefs de famille, ses bonsPrinces 8c les particuliers cherchent souvent des régies fixes & souventils n'en trouvent point, Sc sont réduits a fume de bonne foi la vrai-semblance & la probabilité: les Princes ont ce grand avantage , queleur devoir est tout marque, tout le peuj se 8c ses sage» d’un Pais,d’un Roïaume, d’une Nation en font certains, & peuvent soulagerla mémoire & la conscience du bon Prince, c’est la constitution 8c laLoi fondamantale, c’est l’objet certain 8c déterminé de son serment8c de fâ promesse , d’autant plus respectable & siurce , qu’elle a étéfaite avec plus de lbíemnitc ; un tel Prince est heureux dont la bon-ne volonté & la conscience a autant détendue que la Loi publique ,établie par la permission Sc sage providence de Dieu nacme. Au «.ou-trait e lorsque la volonté du Prince 8c l’éxigence de la Loi sont oppo-ses, on ne peut s’artendre qu'à des grands désordres , comparables àce qui arrivuroic dans un corps méchamque ou deux rouës, qui dé-voient être concentriques & avoir ainsi un mouvement commun > uni-forme 8c paisible , viendtoient a le désunir 8c désenclaver , pour scheurter Sc s’entredétruire p* des mouvemens directement opposés 8cconséquemment destructifs.

F O R en terme de Droit signifie aussi Coûtume , c’est ainsi queMr. De Marca le prend souvent en ce sens dans son Histoire de Béarn.Le Pais de Bcarn, dit-il, a été depuis quelques siécles régi 8c gouver-ne par fors & Coutumes, Ce mot vient au Latin forum , qui étoitune place publique ou on rendoit la justice, d’où vient qu’on appellele for l’Évêque, le lieu ou s’cxerce la justice de la temporalité del’At-chcvêché de Paris, en Latin forum tfijcofi-, cependant quoique ce quiest dit ci dessus de for l’Évcque, justifie pleinement, la susdite étymo-logie , on voit avec surprise que Mr. Ménage pense qu’en place de forl’Évéque, il faut dire four l’Evéquc, pareequec’ctoit, di.t-il, la quan-cíennement lívéque de Paris avoir son souri ce n’est pas bien no»plus de dire 8c écrire le fort-l’Évêque, comme si l’Évêque avoir eu laun fort ou forteresse, quand on a une manière d’intcrprêter 1e sens& l’origine d'un mot si juste naturelle, 8c a propos du sujet qu’ontraite, on est bien surpris de voir des esprits raisonnables penser 8copiner si obliquement 8c bizarrement; ce sont ces abus 6c ente éru-dition irrégultere, qui décrient quasi entièrement le métier 8c le ren-dent ridicule.

F GRAINS, s'entendent non seulement des Marchands de dehorsqui viennent aux foi.es , mais aussi des débiteurs qui demeurent dansd’autres Villes ou Provinces, Bailliages, ou Juridictions. II y a desVilles en France où les habicans ont se privilège d’arrétet les meublesde leurs débiteurs forains; ces Villes sont appellées Villes d'arrêt. C’estla Coutume qui régie la maniéré d'aitéter, 8c les clausespoutlesquel-les on arrête. Votez Coûtume de Paris Art. 17 S. Ce root a deux origi-nes différentes ou de foras ou àeforum , mais nous en avons palé ailleurs.

FORAGE terme de Coutumes ; c’est un Droit Seigneuiial queleve le Seigneur fur ses lujcis vendant vin en troc ou en détail, 8cen gros. De ce mot vient forare percer, c'est l'opinion de Ménage,mais Botel n’est pas de cette'opinion, il prétend que forage est unimpôt fur le vin qui vient de dehors, 8c il insinue par la que fora-ge vient du Latin foras.

“FORBAN. Voleur de 111 er ou fur mer, pirate qui attaque in-différemment amis 8c ennemis , ceux de fa Nation comme ceuxd’une Nation différence. Ils sont fur met cc que ses voleurs fontfur terre , 8c fur ses grands chemins. Les forbans sont justiciables8c punissables par les Juges de toutes les Nations , pat ce quils fontdans l’einploi 8c k dessein de faire injure Sc injustice a quelquesujet que ce soit de toute Nation. Ce n’est pas l’ennemi da Fran-çois feulement, mais l’enncmi de l’EspagnoJ, 8cc. C'est un hommeo» une compagnie à qui la vie est onéreuse , 8c qui ne peut sub-sister sous ausun Maître ni Gouverneur ; il n’est soumis á aucuneLoi humaine, il n’est sous aucun droit civil. Son droit est aussiétendu 6c aussi restraint que fa force & sa Société est grande oupetite. C’est une famille ambulante qui crie fur ses mers com-me une bête féroce , ou plusieurs ensemble crient dans ses so-rtis 8c dans ses campagnes pour dévorer touc ce qui est foible.C’est ainsi que Thomas Hobbes a défini f homme naturel 8c libre,dont le dr a. t s'étend aussi loin que son pouvoir. Machiavel pse-tend que son Prince doit être tel > ou qu’il peut l’être s’il lui «nprend fantaisie. De forte que selon ces deux Auteurs , l’idée del’équité Sc du droit est une idée arbitraire & non fondamantale.Cette morale massiiavelliste éteint toute la force Sc détruit toutela beauté de futilité des sociétés humaines ; 8c si ses citoyens du-ne Ville étoienc nourris 8c élevés dans ces sencimens , par là mê-me ils deviendroienc tous ennemis secrets ses uns des autres , Scn’obfervcroicnt point ses Loix , pat l’ainour Sc f estime de la Loi,mais ou pat force, parce qu’ils craignent la puillànce publique ar-mée, ou parce que f par un simple dictamen de l’amour propre )A, ont opinion qu’il leur est plus utile dc se soumettre aux Loix

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civiles » que de s’y opposer va nemenr. Mais Aristote a pensé toutautrement de la nature humaine, 8c a cru que f hom me 8c toute l'ef.pece de l’homme, dans son tout 8c dans ses pat ries, est naturellementsociable, 8c panche a l’amitié. Ce qui cil confirmé parce qui sc paf.se parmi les bêtes d'une méme elpece, qui font la guerre naturelle-ment à ceux d’une autre elpece seulement. L’on devroit ctre surprisde ce que ces hommes habiles n’ont pas mieux connu la nature 8c lespropriétés de l’homme qu’ils font fait : mais ordinairement ceux quisuivent Machiavel ne font pas les plus éclairés dans la connoiílanccde foi-même; mais ils ont des paillons promptes 8c violentes, quicherchent a satisfaire leur amour pi opte, 8c celui d’un Prince a qujils se sont dévoués, en suivant la voie la plus courre, qui est la Vio-lence, 8c profiter d’une favorable occasion. Ils trouvent un Poncegrand ou petit, dc qui ils eljiercnt leur fortune, Sc sont furs de làprotection; ils s’cn approchent, se dévouent a .ui, Sc par route fortede si nèfles, de ruses & de stratagèmes, ils 1e fortifient par leurs con-seils dans f état ou iis le trouvent, 8c veillent a trouver tous les moïensqui peuvent 1e rendre grand : parce que ce Machiaveliste est com-me le Lierre qui n’a point d'autre force que celle dc l'aibre ou dumur fur lequel il s’appuye. Aristote donc est incontestablement pré-férable dans fa moule a la morale des voleurs, des forbans & Ma-chiaVelistcs. Pour Hobbes. on peut prendre en bonne part les faitsqu’il allure : car son de Île n n’est pas déteindre la lociabilité , ni delaper ses fondemens du droit civil Sc de l'équité naturelle; mais ilaselure que ses hommes ordinaires sc conduisent presque toujours dansleur pratique, comme s'ils approuvoient ia théor.e Je l'amour projne,& de cette fausse prudence qui sc dessie de tous ses autres hommes.Le remede a cette maladie epidémique qui infecte les hommes faus-sement politiques, c’est 1 . La bonne éducation raisonnable, z. Lagénérosité, la bémficence & la bonté. }. La mutuelle complaiiancedccette civilité Sc urbanité, par laquelle on se forme une habitude de seprévenir en bienfaits, 8c de le ceder à fenvi ses uns aux autres*,toucce qui peut se ceder fans un notable dommage ; mais fur touc ses Gou-verneurs des peuples, par leur propre exemple, 8c ses Ministres de laReligion, doivent instruite les peuples & démontrer l’excellcncc Scla lureminencc de la Morale Sc de la Justice Chrétienne ; par la onteveillcta dans l'eiprit 8c 1e cœur des hommes, les idées innées del’é-quité Sc de la bieníeance, qui s’éteindroient si on laisse se cœur 8cl'eiprit de l’homme dans cette férocité 8c cette ignorance , qui foncse double Sc d.stinctif caractère de Forban & Machiaveliste : car leMachiaveliste peut-être apptllé forban de Vtlle , Sc le forban un Ma-chiavehjte de mer. Finitions cet Article par cette régie , qu’un Capt-ta ne qui porte diftêrcns pavillons, Sc qui le trouve chargé de com-mission dc partis contraires, doit palier pour forban. Sc duic-êitepen-du comme un voleur, suivant J'Ordonnance. La prise de forban àforban est bonne Sc sans répétition, c’est a-dire, qu’il n’y a point dePrince qui protégé un forban volé Sc vaincu par un autre fo; ban; carse foible sotoun n’est fous la protection d’auctin Prince comme lestun fidèle sujet d’un Prince, qui peut efpcrer fous la tutelle de sonPrince, d’être remis en possession de ce qui lui a étc volé Sc enlevéinjustement sur mer ou sur teire, en tout endroit ou le Prince dc cesujet a junfdiction ou crédit.

FORÇAT, en Jurisprudence c’est un homme privé de la liberté,•réduit en esclavage; 8c en France condamné aux Gaietés, pour cri-mes dont il a cté convaincu juridiquement; il est dit forçat parce qu’ilt re a la rame par force Sc en vertu de fa condamnation ; forçat a lamême lig ification que homme forcé & qui n'est plus libre, Le se>r-çat est amii appelle a ia difteunce dc ceux qui fervent vo ontaireincntfur les Gaietés , que ses FtaLens appellent btnevogles ou gens qui fer-vent de bonne volonté Sc volontairement.

FORCE, en Jurisprudence lignifie acte violent Sc injurieux. Cecrime de force ou violence consiste daus un mauvais usage de sonpouvoir , soit corporel ou spirituel. La violence injurieuse cor-porele consiste à battre, Sc faire tout atftre tort ouvertement Sc,sàns ménagement Sc fans respect pour les Loix civiles. La vio-lence 8c force spirituelle est lorsque fou.fait du tort par les chica-nes , les procès injustes , 8c sous de prétextes spécieux , pat l’abusde la faville éloquence, de la suggestion . par obroprion 8c subrep-tion, Sc cela au dommage des petfonnes innocentes Sc qui agissentdans la bonne foi; on distingue le crime de force publique 8c lecrime de force privée. Le premier se commet en excitant 1e peu-ple à la sédition Sc en prenant les armes coure le Souverain , lesJuge-. Roïaux eu font seuls Juges compétans. Le second se'com-met lans armes 6c par un homme seul, ou en extorquant une det-te par force ou en entrant dans une maison par force , 8cc. 1e raptest une force privée. Force se dit aussi d’une puissance supérieure,à laquelle il est évident á tous qu’on ne peut résister. Dans ce senspersonne ne peut-être garent ou fait d’un Prince. I. Parce-qu’ilest plus fort que toute garentie d’un particulier. 1 . Parce qu’un su-jet d’un Prince s’est obligé a lui ceder Sc presque toujours à luiobéît, méme fans examiner Sc contredite > il est obligé à cette sou-mission pat un engagement tacite de lui Sc de ses peres > autrementla société ne pourroit subl.ster s’il fuffisoit d fuser des prétextes pouts’opposcr au Souverain; il est dc l’intcrét public que tous ceux quivivent sous se méme gouvernement . soient dans une telle généra-le soumission > un particulier n’a point de droit de vouloir remé-dier aux inconvcniens vrais ou imaginaires dc fa propre Sc privéevolonté Sc autorise. On appelle aussi maison de force , des mai-sons ou l’on enferme des gens indiseiplinables, de mauvaises mœurs& qu’on veut corriger. Bicécre est à Par.s une maison dc force.La force palìoit pout une Divinité chez ses Païens , elle étoit fil-le de la justice Sc sœur de la tempérance 8c modération , elle por-ta d’abotd 1e nom de ’virtus , vertu , force > courage. Les An-ciens ont dit que la force étoit fille de la justice > pour nous M insi.Huer de l’hptreux pour la Machiavélisme, qui ne «ensuite que la