Band 
Supplementband
JPEG-Download
 

F R O.

les soldats présentent ses armes, & font face vers un même côté. Cestroupes rangées en bataille faisoient un grand front. Lc front de cctrearmée écoit composé de tant de bataillons Sc de tant cfescadrons. Ltsévolutions militantes enseignent l'art de faire front dc tous côtés, deprésenter les armes à l’enneitii de quelque côté qu’il attaque. Cctcí-eadron a cinquante hommes de front Sc crois de hauteur. On a prisles ennemis en front & en liane; mais toutes ces façons de parler fontfigurées & viennent dc front , part.e antérieure 8c supérieure du visa-ge, qui vient du mot front X frontis, ) le front que l’on'fait venir.defronein fenlire de phrenment , esprit, pensée. Martinius pour expliquercette étymologie, dit que l’on voie fut ie front des personnes ce qu’ellcssont, & à quoi elles pensent; d'autres lc dérivent d c ferre, parce quel’homme porte fur son front en c*radtéres manifestes les qualités deson esprit & dc son coeur. En Architecture ce mot vient.

FRONCLES. [Toutes ces duretés (e guérissent par les arrechesviu bonnes-dames, ouorvales, ou horminons sauvages.]

FRONT AUX. Voyez, cet Article dans le Dictionnaire Economi-que . & y ajoutez ce qui fuit.

Frontal sec propre à fortifier le cerveau .

[ Prenez poudres de lofes sèches, de bois dc sassafras , & de santalcirrin, de chacune deux dragmes; fleurs de sureau, de stoéchas, demuguet, de becoinc, de chacune une dragme, & autant de girofle.Ayant arroíé le tout d’eau rose, & bien mêlé ensemble, vous le met-trez entre deux linges déliés, & vous Rappliquerez fur le front. ■

IroíHal liquide- propre peur calmer les grandes douleurs de tête.

Prenez un dragpe de sel marin, pulvérisé subtilement, pilez dansun mortier une poignée de feuilles de laitue, mclez-les aveedemi-on-fe de conserve de roses, & autant de celle de nenufar, avecdemi-drág-bc d'extrait liquide d’opium , le sel ci dellus, & trois dragmes d'on-guent populeum. Faircs-cn un frontal, & appliquez-le fur le front &lut les temples. ]

FRONTIERES, l’extrémité d’un Royaume, d’une Province queles ennemis trouvent dc front quand ils y veulent entrer. Ce mot vientde frohturia ( pay regio terra, ) c’est la partie du Pays qui fait front.Ce m ot n'est pas seulement substantif, mais auffi adjectif, qWnd onI applique à Province Sc Ville. Par exemple, la Picardie est une Pro-vince frontière : on dic auíli une Ville frontière, celle qui'est située pro-che les ennemis.

En Tannée i y ; y. fut un Édit du Roi, portant que les deniers pro-venans des confiscations, rachats, relief & amendes, &c. provenansdu Domaine de la Couronne, ferort employés aux réparations des Vil-les & Places frontières, donné le ig. Sepccmbre r y; y.En Tannée 1 6y 8.fut une Déclaration duRoi, portant que les Habitans& Communautésdes Provinces de Picardie,Champagne & autres fronticies, ne paye-ront à leurs créanciers, que la moitié de Tannée courante des tentesSc intérêts qu’ils leur doivent, Lc continueront le payement de laditemoitié les années suivantes, jusqu’à la paix générale , donnée à Parisle trentième Mars I6y8.

FRONTISPICE. Décoracion d’Arekitecturqde la façade d’uneÉglise. Il y en a de gothique &d'Archi ecture antique, on ledit ausside la face & dc la principale entrée d’un bâtiment, qui fe présente defront aux yeux. Les connoisséurslònta’avisquese frontispice du Lou-vre est le plus beau morceau d’Architecture qui soit en France. Ce motvient du Latin ports front, partie antérieure d’une chose Sc de afpicere,voir, regarder, parce que la face d’un bâtiment est ce que Ton voitdevant nos yeux cn approchant d'un édifice. On dit aussi le frontispiced’un livre > la premiere page où est le titre gravé.

FRONTON du Latin frens. Le front cest une efpece de pignonbas, qui couronne les ordonnances, termine les façades, & fer: d’or-nement fur les portes, fenêtres, niches, autels ; & la plus belle pro-portion de son exhaussement est d’avoir près du cinquième de la lon-gueur de fa base; il faut en cela suivis lc goût des plus habiles parmiles modernes ; car comme ces habiles ne lont venus à bout de cettegrande réputation & perfection . qu’après avoir consulté le public fur.ce qui lui plaît davantage, les Candidats & Apprentifs d’Architcctu-re ne peuvent mieux faire, que d'imiter & suivre en taus ces modèlesde Tarr. La réputation qu'ils ont, est la preuve de leur mérite & sa-voir distingué. C’est lavoye la plus courte pour apprendre, &fe con-sommer dans la science, & loi est dispensé de faire routes ces expé-riences que cís grands Maîtres ont tait pour trouver en eflàyant cequi étoit lc mieux, pour le plaisir , Tornemenr 'Sc futilité. Ce goûtn’est pas tout-à-fait arbitraire; car les lâvans Théoriciens, qui saventlc grand art de la proportion Sc des combinaisons , instruisent ceuxqu, ont plus de penteIpour la Pratique; & ceux-ci enchérisseur quel-quefois fur ces théories par un genie & instinct propre. Les Poètesthéoriques servent beaucoup à donner de Tordre & dc la régularitéaux Poètes de genie & d’instinct , comme aussi ceux-ci didgenc cesspéculatifs, en ìeur communiquant & faisant sentir ce qui est le plusnaturel, le plus naïf & le plus pur. Dans l’art de parler , les favansGrammairiens règlent Tufage ; mais Tufage apprend aux Grammai-riens les faits ou façons de parler , qui onr le bonheur dc plaire aumonde & à la plus faine partie des hommes qui sont dans les Coursdes grands Princes. Si les Grammairiens Philosophiques exerçoient leurPhilosophie fur d’autres sujets, que fur ces faits, je veux dire, ces ma-niérés de parler heureuses, que font déja du bel Sc agréable usage ; ilspourroient fe complaire en eux-même, s'applaudir & fe charmer ;mais ils deviendroient inutiles à ceux dont nous parlons , qui sontpourtant très-estimables & très-considérables. Le devoir donc de cesGrammairiens Logiciens , c’est de rendre précieux Tufage de la paro-le , cn en découvrant Torigine Sc les cauícs, Sc raisonnant fur toutesces façons de parler que Tufage a consacré. Tout leur esprit doit pa-roître à faire voir que ce bon goût du bel usage est fondé en rai-son, puisque la même nature qui dirige la raison de* uns, dirige aussi

F R O- F R U. 11?

le goût Sc le génie des autres. Ces personnes si bien nées Sc S poliesqui nous plaisent tant dans lents maniérés, ne peuvvnt avoir le goût dé-pravé dans le choix qu’ils font des mots Sc façons de parler. Tout ce quipart de ces personnes distinguées leur est également inspiré par un sen-timent très délicat dc la bienséance , & par une habitude confirméedans la justesse, Revenons au fondement qui a donné occasion a notredigression, elle est utile & applicable á colites les pièces de TArchitec-tutc, applicable a la Peinture, Sc ainsi elle est pardonnable. J’ajoûtcíaiici en parlant directement du sujet particulier de cet article, qu’il y a di-verses efpece. Sc dénominations des frontons, qu’on peut réduire à ccsdouze; savoir, fronton surmonté, triangulaire, sphérique, circulaire,fronton a pans, fronton brisé, fronton par enroulement, ftonton fansretour, fronton lans base, fronton double, fronton à jour, frontongothique.

Fronton surmonté, c’est celui qui étant au-deslus de la bonne pio-portion tient du pignon, comme au Temple a la Toscane deVirruve,& fronton surbaisté, est celui qui est plus basque cette proportion.

Fronton triangulaire , est celui qui e-stformé d’un triangle isoèllé. non:l’angle oppose a Thypothénusc ou base est obtus. On le nomme aussifronton pointu ou quarté, en Latin fastigium triangulare. Fronton jphéri -que, cil celui qui est fait d’un arc de cercle, il est aussi apy.clli frowoncintré ou rond. Fronton circulaire , celui qui diffère du fronton ceintré,en ce que fa base est le diamettredu demi-cercle, qui le forme commeau portail de THôtel Royal des Invalides à Paris. Fronton à pans, celuidonr la corniche de dessus a troiiparties, comme ii s’en voit un au por-tail de i'Église des Religieuses du Calvaire près Luxembourg a Paris.

Fronton brisé, celui donc les corniche, sont coupées comme a laporte du Couvent des Grands Augustins à Pars, ou redonnés par re-dens Sc reliants, comme au Portail de St. Charles du Cours à Rome.Fronton par enroulemens, celui qui est formé de deux enroulcmers ,en maniéré de consoles qui fe joignent, ou qui étant brisé a ses cor-niches rampantes , contournées en enroulement, ou enfin qui étantcirculaire, termine en bas par deux enroulemens.

Fronton jans retour, celui dont la corniche de niveau n’est pointprofilée au bas des corniches rampantes, comme à la fontaine dc$.Saints Innocent; a Paris. Fronton fans base , celui dont la corniche deniveau est coupée & retournée fur tseux colonnes ou pilastres poutTexhauílement d’un arc à la place de Temabsement, comme,i! a étéheureusement pratiqué aux ailes de la nef de I'Église de St. Pierre àRome. On appelle aussi fronton sans base , route petite corniche cin-trée qui forme au-dclliis d’une porte d’une croisée, ou d’une table unpetit ftonton rond, pointu ou d’autre figure porté par des consoles.

Fronton double, on appelle ainsi un fronton qui en couvre un pluspetit dans son tympan, à cause de quelque avant corps au milieu ,comme au portail de I’Église du Grand Jí'lus à Rome. Cette répéti-tion est un abus en Architecture, quoiqu’dle se trouve à des ottíragosde considération, comme au gros pavillon du Louvre, où ses carya-tides portent trois frontons T un dans Vautre. Frodton à jour , est celuidont íe tympan est évidé pour donner de la lumière, comme il s’cavoit sous lc portique du Capitole. Fronton gothique , c’est dans TAr-chicecture moderne ou gothique, une efpece de pignon à jour en trian-gle équilatéral ou ifollé avec sculpture ât roses en trèfles , comme ils’en voit en la plupart dc. Église, gothiques.

FRONTON. C’est un morceau d’Architecture, qui dans son ori-gine n’écoit autre chose que. le pignon d’un édifice avec les deux cô-tés du toît qui tombent de part & d’autre. L’on en fait un ornementqu’on met au-dessus des portes Sc des fenêtres, & en quelques autresendroits des bâtimens pour couronner une ordonnance , ou terminerune façade , c’est une petite saillie en forme de corniche couverte enforme triangulaire, & quelquefois arrondie par-dessus. Le champ oupanneau du milieu s’appcl e tympan. Virruve appelle les frontons sustigia, le mot fastigium signifie un toît élevé parle milieu ; ceqifichezles Romains étoit particulier aux Temples; cax les maisons ordinairesétoient couvertes en platte-forme, Sc César fur le premier à qui on per-mit d’élévcr le toît de fa maison en pente à la maniéré des Temples.Cette figure angulaire des frontons uses Temples & de leur toît, n’étoicpas fans mystère non plus que la figure des pyramides > qui semblenttendre vers le Ciel. & ce ne fut peut-être fans orgueil que César aftectude vouloir donner au toîtdc íâ maison la figure convenable aux Tem-ples, & ce ne fpt peut-être pas fans lâche fiateric St complaisance, quecette figure sut accordée á sa maison, comme si c’étoit le Tempsed'uneDivinité : dans les antiques on ne voit des frontons ronds que ceux q, lîsont aux Chapelles de la Rotonde. Pline dit que les frontons furentfaits pour élever les statués, Sc les rendre plus remarquables. Frontonest aussi un quadre ou cartouche de menuiserie placé fur la voûte à bar-rière d’un vaisseau, lequel fronton est chargé ou des armes du Princequi Ta fait bâtit, ou de la figure dont 1e vaisseau porte 1c nom ; onTapoellc aussi 1e miroir.

F R U.

FRUGALITÉ. Vertu (Economique, qui consiste fur tout dan,Tufage des alimens louables, sains & communs . par opposition auxalimens voluptueux opposes à la santé, tares & somptueux; ainsi lafrugalité est une marque d’un homme sage, qui ménage fa santé ,comme étant se premier des biens sensibles, qui n’est point prodigueSc dissipateur, 8c bon Philosophe; puisque selon les Philosophes, nansunt multiplicandeentia sine necejsitate, Sc selon uneautre maxime équi-valente , non débet fier 't per multa quod peteft fieri per pauciora .._ 11 nefaut rien faire fans besoin Sc fans utilité , & si par un aliment simple '& très-salutaire on peut entretenir sa santé & fa vie, ce siroit doublefolie que dc faire des dépenses extraordinaires pour fe faire mourirplûtôr. Cornar® Vénitien a été urmgrand exemple de frugalité , a faicdes belles leçons de frugalité. Cette frugalité sage & raisonnable don:je vtens de parler,est bien différente de ce dictum ou 'proverbe, quiporta que souvent la frugalité, dc bien des gens n’est qil’avartce oupauvreté. Les hommes adonnés à la débauche du boite Sc du man-

S s ii; ger,