F R U. FUI. F U L.
víne. qui sait tout, s’il garde ic silence & fie découvre point at» Juge,vu pour le moins à 1k partie adverse, une vérité & un fait qui lui íe-roit avantageux, & quoique dans cette réticence on lui ait ajugé gainJe cause, Sc qu’rl reste pollesieur du bien qu'il fait appartenir à autrui,il leste devant Dieu ce qu'il est, c’est-à-dire, un injuste détenteur.
' Comme on a rapporté ci-devant la division ou diversité de lignifi-cations de fruits, pour une plus grande clarté dans une matière si iubti-le , il est bon d’ajoûter plusieurs exemples de ces diverses eípeccs defruits.
A l’égatd des fruits naturels, il y en a que la nature produit d’clle-ir.êmc fuis aucun soin & fans aucune culture . par exemple , le fou-lage, les fruits des arbres, les bois taillis, les matières des mines, lespierres des carrières, Sec. mais il y en a d’autres que la nature ne pro-duit qu’après avoir été dilpofée, aidée ou rendue féconde par un tra-vail Sc des foins plus ou moins pénibles, plus ou moins industrieux &ingénieux, comme les bleds & les autres grains, Sec. d’oú vient qu’onles appelle des fruits de notre industrie > les uns & les autres , tantqu’ils |ne sont pas séparez de la choie d’où ils proviennent , sont feu-ler en Étire partie. C'est ainsi que , selon les Jurisconsultes Romains,les fruits pendans pat les racines font partie du fonds ; mais dès lorsqu’ils en ont été détachez on les regarde comme ayant une existencepropre , distincte Sc indépendante.
A 1 égard des fruits civils , ce sont, par exemple , les intéréts d'unargent prêté ; car l’argent par foi ne produit pas comme un fruit natu-rel : ces petites sommes , qu’on appelle intérêts , comme fait un ar-bre qui produit des semences , qui sont tout autant de petits arbres ,tfícts du grand arbre dont elles naistent physiquement. Les intérétsd’un argent prété sont donc des fruits & effets civils , qui naissent ,non de la somme piétée , mais à l’occalìon de ladite somme,laquel-le comme ou argent prété étant rrás-ucile dans la vie civile Sc le com-merce pour l’emprunteur , & en meme-tems causant au préteur unecdiátion d’avantages considérables ,. exige de ^emprunteur envers lepréteur quelque avantage équivalent, en quelque maniéré que ce soito , en argent ou autrement; cet avantage, dédommagement Si indem-nité contre le lucre restant, s appelle les fruits Sc effets de la cause ci-vile, qui est la somme précée, laquelle par les deux proprietez quiIVcompagnent, a la force civile légitime & équitable de produire deseffets & fruits civils en faveur du préteur. Le prix d’un louage ou d’u-De terre est encore un fruit civil & non naturel j car ce fond de terrelabourable ne porte point physiquement, ni or, ni argent en métalen forme de monnoye > mais ce fonds de terre qtic le propriétaire céde a futilité d’un fermier, exige civilement dudit fermier & de touteautre sorte de locataire un dédommagement » en faveur du proprié-taire du fonds qu’il a cédé. C’est le même du prix dune rente, ce quise donne pour le port ou la voiture des marchandises Se autres chosessemblables sont ainsi des fruits civils.
A l’égard de l’étymologie , ce mot fruit vient du Latin frutîus , quisignifie au propre tout ce que les arbres , les plantes, Sc même (avecquelque extension d’applicarion ) les animaux portent & produisent,pour la propagation de leur cspece, & dans le sens figuré rous les ef-fets émanez de quelques causes que ce soit » naturelles ou morales imais si nous considérons plus avant l’étymologie du mot Latin firuc-lHs,nous découvrirons un sens non différent de celui que nous venonsd’examintr , mais beaucoup plus étendu : car le mot frulbts vient duverbe fruor jotfif , posséder > de sorte que fruftus fruit signifiera tout«e que la nature, l’art Sc les Loix civiles produisent, ou physiquement,cu moralement à l’avantage de l’homme ou du citoyen. FruSìus estgénéralement tout bien & tout effet dont l’homme & le citoyen > &tout (Econome , peuvent jouir agréablement , heureusement & paisi-blement par le bénéfice de la nature , de l’art & de la Loi ; Sc pourrous airéter encore un moment fur le bénéfice de la Loi, tous lesavantages qui nous reviennent pour avoir sagement &r justement con-tracté par troc, échange, achat Sc vente,sont des fruits, c’est-à dire,effets utiles , produits par ces contrats, troc, échange, achat, chacure de ces causes, comme arbres civils, portent des fruits civils , doncl’usage & fruition est naturellement Sc civilement doux & avantageux.
FRUIT par rapport à l’Agriculture. Voyez, Sec.
FRUITERIE. C’est au rez de chaussée ou au premier étagei’ure maison une serre ou une chambre bien close, arec tablettes &châssis doubles, où l’on conserve les fruits pour l’hyver > c’est aussidans un Palais ou un Hôtel une place près de l’Office , où l’on tient& l’on dresté si s fruits de la saison pour le service de la table , en La-Latin cella pomaria. L’étymologie de ce mot vient d e fruftuccrius locus ,leu qui a du rapport aux fruits, où l’on conserve les fruits.
F U I.
FUITE. Voyez cet Article dans le Dictionnaire (Economique, &y ajoutez ce qui fuit.
I Cc terme se dit aussi d’un oiseau de proye qui s’écartc. On dir :Ce fructm est sujet à faire de grandes fuites , c’est-à-dire , à s’écarterbeaucoup.
F U L.
FULMINANT. Ors Voyez. Or.
FULMINATION dans un Itquide. Prenez trois onces d’huilede vitriol , & douze onces d’eau commune 3 mettez le tout dans unMarras de moyenne grandeur, & dont le cou soit médiocrement long;faites chauffer un peu ce mélange, & jeteez y à plusieurs reprises uneonce ou une once & demie de limaille de fer. Lebullition qui sc ferad’abord , & la dissolution du fer , pousletont jufqu’au haut du cou dumatras , des vapeurs blanches qui s’enflámcront a l’instant si on leurapproche une bougie allumée , & il sc fera un bruit violent & écla-tant , & enfuit* elles s’cceindxont. On peut réitérer la même expérieH-
F U L. F U M. F U N* ìU
ce douze ou quinze fois ; on pourra remarquer que le matras sera sou-vent rempli d’une lumière qui circulera Sc pénétrera jufqu’au fond dela liqueur, & qu’elle sc tiendra même quelquefois au haut du matrascomme un flambeau pendant un quart d’heure. Pour l’éteindre íl n’ya qu’à boucher le cou du matras ; & pour recommencer la Élimina-tion il faut y jettet de nouvelle limaille.
Cette préparcion peut servir pour commencer la préparation du vi-triol de Mars. On fait bouillir cc qui reste après la f élimination : &après savoir filtré on fair évapora jusqu’a diminution des deux tiers,ou même des trois quarts ; enluite on mec cette liqueur dans un lienfrais , où elle se change en cristal. C’est ce qu’on appelle vitriol deMars.,
F U M.
FUMAGE. Voyez Amandement.-
FUMETERRE. Voyez cet Article dans Ic Dictionnaire (Econo-mique, & y ajoutez ce qui fuit.
íropriétez.
On en fait du sirop simple ou composé ; on le fait aussi sécher Sc onen donne en poudre. Toutes ces préparations sont excellentes pourdéboucher les viscères, pour ouvrir le ventre, & pour calmer & adou-cir les vapeurs mélancoliques Sc hypocondriaques. ElLs sont utilesaussi dans la cachexie, la jaunisse & les maladies chroniques. On peurdonner son suc depuis deux onces jusqu'â six. On la tait bouillir unbouillon dans l’eau commune, on y peut ajouter un petit morc.au deveau ; mais la préparation la plus ordinaire sc fait avec íe petit lait. Onmet une poignée de fumeterre bouillir dans une chopine de liqueur.
On fait une conserve de fumeterre pour les maladies de la peau $on en fait aussi un onguent pour les mêmes ma'adies, en voici la com-position. Prenez pairies égales des sucs de fumeterre, d’aunée Sc depatience sauvage; épaississez-Ies & les incorporez dans du sain-doux.
FUMETERRE. DìJUUatton de la fumeterre. Voyez Distilla-tion.
FUMIER. Voyez cer Article dans le Dictionnaire (Economique,Sc y ajoutez ce qui fuit. '
Fumier. On entend ordinairement par ce terme, les excrémensou la paille fur laquelle les animaux domestiques ont fait sents excré-mens. Nous donnerons ici une signification plus étendue à ce mot,en appellant du nom de fumier tout ce qui peut contribuer à échauf-fer ou engraisser les terres.
F U MIG E R. Terme de Chimie. C’est faire recevoir à un corps lafumée d’un autre. ]
F U N.
FUNAMBULE. Terme dedivertissement.de jeu & de spectaclechez les Anciens. Funambules signifie celui qui marche fur une corde,qui amlulat insulte ou supra funem , c’écoícnt les danseurs de corde.L’art de danseur de corde est un art fort ancien ; les hommes par unesotte vanité ont mis en tout rems, & chez toutes les Nations, un cer-tain point d’honneur à faire des choses difficiles Sc périlleuses, quoi-que fort inutiles ; il semble que la source d’une passion aussi frivolea quelque chose pointant de spécieux dans son principe , car il sem-ble qu’i's veulent donner dans ces actions & exercices hardis , adroitsSc périlleux , que les choses les plus terribles , comme le danger dcmort, ne fait point en eux d’irnprcssion de crainte , Sc qu’il font au»dessus de tout ce que les lâches appréhendent ; lavoir, la mort ou lcpéril de mort, Sc de plus ils prétendent donner des preuves d’habili-té i de l’autre côté , par une passion aussi bizarre > ceux qu: sont spec-tateurs se complaisent Sc divertissent en voyant ces foux en péiil pen-dant qu’ils sont en fût été > cette compa-ailon dc leur état fur & (ansdanger avec le péril d’un autre, lui cause une elpcccde chatouillementqui consiste à voir son semblable ( Sc par conséquent un autre lui-mê-mc) t n péril pendant qu’il n’y est pas . la prcmkre considération letouche & affecte de tristesse efpece de douli ur imaginée , Sc la secon-de considération l'affecte de la passion contraire; savoir , du plaisir& de la joyc de la sûreté ou il est , Sc c’est en quoi corsste le senti-ment mixte du chatouillement, selon Dekart s. Ce ilutouilkmensqui réside particulièrement dans la faculté Imaginative se trouve dansles spectacles des pieces tragiques jouées & représentées fur un théâ-tre , ou dans la lecture d« ces Tortes de pieces de tragédie , la sourcede ce plaisir composé des passions astligentes , & des sentimens dctranquillité & d’assurance. Voilà ce qui nous attire à ces spectacles ,pour y sentir d’une part la tristesse des événemens où notre commu-ne nature humaine est exposée , & de l’autre part nous féliciter & ré-jouir de nous voir réellement à couvert de ces malheurs , comme sinous étions privilégiez, & sous une particulière protection & faveur deFauteur de tous les événemens 3 Fhomme a une si forte passion pour leplaisir , la joyc , la félicité, qu’il s’occupe toute fa vie ou à se pro-curer des biens réels ou des félicitez imaginaires , quoique ces consi-dérations ne conviennent pas tout-à-fait directement á l’article quenous couchons , & qu’rl auroic été aussi à propos de les faire ailleursfur quelque sujet plus noble ; cependant ce cas particulier quoiquetrivial rend fort sensible Sc intelligible ces réflexions pathologiques .qui nous découvrent les fantaisies & foiblesses du cœur & de ì’imagi-nation des hemunes vains & oiseux. Nous continueront à présent no-tre article fans moralité, Sc seulement historiquement. Capitolin dansU vie de Marc Aurelc, dit que le. Empereurs Mate Aurelc & LudusVerus , vêtus d’habics magnifiques, en la manière de ceux qui triom-phoíent, furent spectateurs des jeux que l’oil avait décernez pour leurtriomphe, Sc qu’entrc les marques de la bonté de Marc Aurelc, il curcette considération pour les funambules d’ordonrer que l’on mit desmatelas dessous la corde des danseurs j dc là vient, ajoûce-c’il, que jus-qu'â