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«Ju’à prisent , c’est-à dire , jusqu’aDiocler'en , auqael rems écrîvoirOpicolin, l’on rend dessous la corde des filets. Ces jeux se firent pen-dant que Marc Aurele fut Empereur sous la dix-huitième année deIon trrbunat : une chose surprenante est ce que rapporte Suetone dansla vie de Galba , qui fait voir que non-seulcment les hommes , maisaussi les animaux, font capables de s'instruire en cet art. L’an 19 de Ti-bère , Galba étant Prêteur & donnant les ordres pour les jeux & fêtesappellées fioralia, fit voir une nouvelle invention des spectacles ; savoir,des cléphans qui marchoient fur la corde. L’on en vit ensuite fous Né-ron dans les grands jeux instituez pout l’cternité de l’Empire, au rap-port de Suetone , où plusieurs personnes de l’mí Sc de I autre sexe fi-rent paroître leur adrelle par différentes lottes de jeux, 8 c entr’autresun Chevalier Romain courut assis fur un éléphant, fer enta dromum ,c’est-à dire , fur une corde tendue , comme l’interpréte Cafaubon.tline liv. 8 . tbaf. 2 . dit que Germanicus donna des jeux publics degladiateurs, où l’on vit des éléphans qui firent quantité de tours desouplesse , lançant des épées en l'air , & qui íe batïoient même com-me des gladiateurs ; ils dansèrent la pyrique 8 c marchèrent sur la cor-de ; & dans le Chapitre suivant , en parlant de leur docilité , il estétonnant , dit-il, qu’il y en ait de si adroits qu’ils montent des cordestendues f 8 c ce qui est plus incroyable , qu’ils ayent encore moins depeine à descendre à reculons : 8 c pour remonter plus haut dans les pre-miers ïìecles , Pétrone , Juvénal & Quintilien parlent des danseurs decorde. Horace » dans fa première Épître, livre 2 . fait une allusion auxfunambules. Meílàla est le premier qui a traduit le mot Jchœnobatespar celui de funambulus en Latin , comme le rapporte Acron dans sesHôtes fur Horace. II est à la vérité difficile de marquer précisément leteins auquel on a vû des funambules pour la premiere fois ; il est àcroire qu’ils font venus peu de tems après les jeux de théâtre, 8 e aprèsla Comédie > qui fut inventée dans les divertissemens de la vendangeà 1 occasion des outres de cuir fur lesquels l’on dan soir & l’on sautoir.J’ai dît ci-deíì'us la véritable origine de ces danses fur la corde > 8 e deí’oftentation que les hommes du commun ont toûjours fait de leuresprit , de leur adresse 8 e de leur hardielle dans des choses sensibles 8 eCorporelles , quoique frivoles ; ne pouvant íe rendre remarquables pardes bons endroits du côté du bon esprit Se du côté des talens solide-ment utiles , ils onc laillè évaporer en des bagatelles la passion vaineLe le vain délit d’une fausse gloire; Le comme il s’est trouve des hom-Ines greffiers 8 e de peu d’esprit (comme est quasi toûjours Ie peuple),qui le uélectoient fort à la passion d’étre admirez > les premiers prenantgarde qu’ils croient pat leurs jeux devenus l’objet de l’attention, se sonttrouvez encouragez à faite une totale profession de ces amusantes occu-pations. Les spectacles des danlèuts de corde n’ont jamais été comprisparmi les Jeux publics, & cette profession fut plutôt considérée com-me une adrelle 8 c un jeu des particuliers,que comme une dépendancedu théâtre ; en effet, nous ne lisons pas qu’ils ayent reçu dis récom-penses publiques comme les acteurs de la Comédie , ni qu’ils cuisent

3 uelque régie qui leur fut affectée. Ce n’est pas qu’on ne leur fit aussies préscns , mais c’étoit plutôt par une libéralité qui se faisoit parmile peuple que par des prix publics ordonnez, commue on le pratiquoit àl’égard des Comédiens ; il y a apparence que les Magistrats ne voulu-rent point honorerer de leur attention ce métier de gens sain é,ms, niétablit des prix pour encourager une profession aussi inutile ; ils craigni-rent quëfpéranr des récompenses de leur adroite fainéantise, beaucoupplus de citoyens prendroient goût à cette profession qui leur appotte-roit du profit , outre la vaine gloire qu’ils y avoient mis 8 c imaginé.Ils protégèrent cependant les Comédiens , parce que !a comédie estp’ûtôt un exercice de l’esprit que du corps , 8 c que c’est comme unepréparation 8 c un modèle des actions 8 c des passions humaines , donton peut tirer de futilité morale dans la conversation humaine. D’ail-leurs peut-être le Magistrat voulut marquer par cette privation dc ré-compense pour les funambules, le désaveu qu’il faisoit tacitement detout ce qui expose la vie des citoyens fans aucun retour «futilité pour]e bien public , 8 c quoiqu’on peut m’objectet l’usage des gladiateurs .néanmoins il y a cette différence, que ces derniers accoutument lepeuple aux actions militaires , 8 c les rendent plus courageux contreles ennemis de la patrie dans le besoin , ce qu’rls ne feroient pas s'ilsne s'étoicnt un peu accoutumez à l’cffusion du sang; ces jeux des gla-diateurs étoient, selon ccs Magistrats anciens, des occupations de bonexemple, qui apprenoient au peuple à estimer médiocrement la vie ,& a ne pas avoir horreur 8 c être épouvenré des combats même sen-«vlans. Lipsc met les spectacles des danseurs de corde parmi les jeuxparticuliers > 8 c on peut dire que les danseurs de corde fervoient plûtôtaux intermèdes dans des jeux publics, qu’ils n’étoicntune partie essen-tielle de ces jeux jusqn’au tems de l’Empercur Carinus.

Les Cyziceniens avoient une adreflè particulière à danser fur lâ cor-de . comme le dit un Auteur anonyme de Géographie, qui vivoit dutems de Conslans & de Constantius, 8 c dont le manuscrit se trouva dansJa Bibliothèque du Roi. On lit dans ce manuscrit que les Cyziceniens& leurs voisins étoient si adroits aux sauts 8 c à la danse, 8 c même fur lacorde > qu’ils furpassoient en cela les toutes autres Nations, 8 c qu’ils seventoient d’en être !es invenreurs 8 c les premiers maîtres.

Les Grecs eurent des funambules dès l’institution de leurs jeux scé-riques , qui furent inventez vers le tems d'Icarius fils d’Érigon, ou dcDénis , surnommé Liber fater , que Thésée introduisit le premier dansAthènes. Les funambules commencèrent à paroître à Rome fous leConsul tt de Snlptius Peticus, 8 c de Licíníus Stolon , qui introduisirentles premiers dans Rome les jeux feeniques , qu’on nt prémiercmentdans rifle du Tibre, 8 c que M, íîàla & Cassius , Censeurs, firent repré-senter 1 níiiite sur le théâtre. Les Grecs donnoicnc aussi divers nomsaux danseurs de cordes, 8 c nous lisons dans le premier Livre du Théâ-tre de Boulanger, qu’il y avoir quarte sortes de danseur de corde. Lespremiers étoienr ceux qui volrigeoienr autour d’une corde commeune rouë autour de ton essieu, & qui se suspendoient par les pieds ouj*aí ic cou, Nicephore Çìregoias, dit que de son terni on vit a Cons-

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tantinoplc de ces danseurs voltigeai» autour d’une corde. La secondesorte étoient ceux qui voioient de haut en bas fur une corde appuyezfur l’eítomac , les bras 8c les jambes étendus ; cëst de ccux-là doncparle Manilius Ticetas 8c Vopilcus dans la vie de Carinus , qui dit ,neuvobatetn qui <velut iwventis Cotburnatus ferrttur exhibuit. La troisiè-me espece, sont ceux dont le même Manilius fait mention Qui cou-’roienc fur une corde tendue horizontalement; mais ceux qui fuioientquantité de tours 8c de sauts fur cette corde , comme auroic fait undanseur sur terre au son d’une flûte , sont ceux-là donc parle Sympa-sius > quand il fait mention des danses des funambules.

LUNÉE RE, adjectif qui appartient aux funérailles. Ce mot vientdu Latin fsmus & funebritas , d’ou on a dit aussi funeralia ; ce mots'applique particulièrement à deux mots substantifs ; savoir, Oraisonsunebre 8c cérémonies funèbres. Nous traiterons ici çes deux articles ,non à la moderne , mais a la maniéré des Anciens.

Oraison funèbre. Les Romains avoient coutume d’accompagner lesfunérailles des grands de Rome d’harangues funèbres qui sc pronon-çoietat dans la grande place de Rome fur la tribune aux harangues oús’atrêtoit le convoi. Celui donc qu’on avoir choisi pour ce sujet pu-blioit les louanges du mort. II les commençoit par la grandeur de fesancêtres, par l’antiquité dc fa race ; il venoit eníi.ite a parler de sebonne vie , de la douceur de ícs mœurs , de se libéralité & des servi-ces qu’il avoir rendus à la République , tant en paix qu’cn gucrie.Souvent les parens ou les enfans s’acquittoienc de ce devoir, ou bienle Sénat chosiliòit quelque Orateur éloquent. Auguste à l’âge de ixans loua publiquement íbn ayeule 8c son neveu Germanicus étant Em.percur ; Tibcre, comme dit Suetone, en fit autant à neuf ans en "hon-neur de son pere, 8c quelques années aptes qu’il fut parvenu à l'Em-pire , il prononça l’oraifon funèbre de son fils. Caligula n’ayant pasencore pris la robbe virile, loua Livia se bis ayeule à se mort, 8c Né-ron fit la même chose á l’Empereur Claude son prédécesseur.

Le premier qui harangua a Rome aux funérailles fut Valciius Pti-blicola. Car Polybe raconte qu’après la mort de Junius Erutus soncompagnon dans le Consulat, qui fut tué à 1a bataille contre les He-trusques ; il fit apporter dans un lit son corps en 1a place publique ,Sc qu’il monta fut la tribune où il expose au peuple les belles actionsde ce grand homme. Nous lisons dans Plutarque que cette coùiumefut suivie , Sc que Quintus Fabius Maximus fit l’oraison funèbre deScipion, comme aussi celle de ses propres enfans. Les Dames Romai-nes ne furent pas exclues de cet honneur à leur mort > car Tite Lìvenous apprend qu’on leur accorda ce privilège > parce qu’tlles avoientautrefois offert leurs colliers 8c leurs pierreries dans un besoin pressantde la République , & pour reconnoître leur pieté on ordonna qn’onpourroít faire pour elfes des harangues funèbres après leur mort. Lapremiere Dame Romaine qui reçut cet honneur fut Popilia, dont Crasefus son fils fit l’oraison funèbre. Suetone rapporte que Jules César étantQuesteur loua publiquement en la place des Rostres se tante Julia 8c sefemme Corne!ia. Cette coutume de louer les grands hommes, particu-lièrement après leur mort, nous donne à connoítre que tous les peuplesont comme une persuasion implicite 8c obscure , qu’ils sont existen#après leurs morts, que les vivans leur font sidcles dans lëxhibition d’undevoir Sc d’un honneur pour lequel mériter ils avoient travaillé toursleur vii. Car ces personnes illustres avoient effectivement tout fait poufiposséder non-feulement pendant leur vie une place honorable dans l’eseprit 8c le cœur de leurs contemporains;mais encore dans l’csprit 8c locœur des hommes qui feroient mis dans la plus reculée postérité. II*ont fait toutes leurs belles actions pour se consecrer un temple animédans la mémoire des hommes; il faut donc que ceux qui survivent S£qui ont reçu tant davantages de ces belles actions, remplissent de leutpart ce qui manqueroit à la convention tacite dont on parle , si ellen’étoit réciproque. D’ailleurs les âmes naturellement généreuses quirestent 8c succèdent à ces illustres défunts, voyant que l’on honore Siaime si fort les Héros qui ont rempli dignement leur carrière pourfutilité publique » sont excitez à suivre leurs traces , Sc ne craignentplus la mort elpcrant de survivre par leurs belles actions dans la pré-cieuse 8c douce mémoire que conservera dëux la postérité.

A l’égard des cérémonies funèbres,qui est le second article que nousavons proposé de traiter ici , je ne parlerai de ces rites funèbres qusselon ses anciens ; voici donc cn abrégé cc qui se pratiquoit dans cestems-là. Le huitième jour depuis la mort étant expiré , on avertisseurle peuple de l’heure des funérailles par un cii public cn ces termes.N. quiris lethe datus eft ; ad cxcquias ; quibus est commodum ire jamttmfus est ; ollus ex tdtbus ejfertur. Un tel citoyen est mort. II est temspour ceux qui ont le loisir d’assister à fes funérailles, on va rempor-ter hors du logis. Ces funérailles ainsi publiées par Ie Crieur publics’appeîloient indiíh'ves , & «'croient que pour les Empereur, Sc autrespersonnes de qualité , Sc pour les honorer on donnoit des jeux Sc dc*spectacles au peuple , comme des gladiateurs 8c de courses des che-vaux. De nos jours on convoque encore aujourd’hui aux funéraillesde nos Rois 8c des Princes les Cours Souveraines Sc ses autres corpsde l’État , par les vingt-quatre Jurez Crieurs accompagnez du GrandMaître des cérémonies. Les Anciens avoient encore d’áutres siré-railles ou cérémonies funèbres, ausquelles on n’invitoic point 8c qu’oilnommoit fimfliludiaria fanera , où il n’y avoir que de simples sau-teurs 8c autres bouffons qui accompagnoient Ie convoi, qui s’appel-loient Ludii. On louoit fur tout pour de l'argent de certaines femmesnommées fruste*, préfices , qui Ce plcuroient & Ce lamentoicnt ,chantans des chansons tristes 8c lugubres , parmi lesquelles elles mé-loienc les louanges du défunt & excitoienr les autres femmes à lesimiter. Cela n’empêchoit pas qu’on n’y vit cependant des pantomi-mes & autres bouffons qui contiefaiíoient les gestes Sc les actionsdu mort , imitant |ufqu’à se parole. Suetone raconte fur cela un plai-sant trait d’un bouffon , nommé Favo. Ce bouffon invité à des fu-nérailles y vint déguise 8c masqué d’un faux visage à la ressemblant»de l’Empereur Velpasien , qu'on taxoic fort d'avarice , 8c s'étant mis