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d;6 G E N-

«nais la générosité va au delà de ce premier & indispensable dégré dubien. Elle a dessein de combler de bien autant qu’il est en elle tou-tes les personnes qui le méritent, lors rqpme que les Loix Civiles n’au-roient pas allez pourvu au bien être de ces dignes personnes. La gé-nérosité s’attachc particulièrement á contribuer à la consolation desgens de bien abandonnés ou inconnus. Elle est comme un argus àcent yeux, qui recherche & trouve ceux que le monde néglige ; furtout elle tend au bien public plus qu’au lien propre; cet hommequ’onappelle généreux , croiroit dégrader fa suréminente vocation , s’il secomporcoit comme un particulier, comme un simple individu (dansle langage de la Philosophie) il tient plus du genre humain entier &cn l’on tout, que de l'homme singulier (appelle des Grecs idiot Sc so-litaire, )& c’est delà que se rendant comme le procurateur du genrehumain, autant qu’il est en lui, il a pris la qualité de généreux gene-rosus, comme qui diroit un homme qui a épousé l'intérêt général detout le genre humain > comme le Procureur & Avocat du Roi fontceux qui recherchent Sc soutiennent les intetêts & le bien du Prince& chef du peuple; ainsi l’homme généreux est le Procureur & Avo-cat du bien public. & même de tout le genre humain. De tout ceciil reíúltc que le généreux & la générosité sont ordinairement & consi-stent dans la simple préparation du cœur, & dans le deflein des âmes.nobles & élevées ; Sc que la générosité actuelle réelle & efficace , nejicut se trouver que dans les grands Princes qui sc rendent les pères& tuteurs de leur peuple & de leurs sujets. Enfin il est évident queJe plus haut point de la générosité n’est autre chose que la vertu &charité chrétienne : que la générosité des Anciens n’étoit qu'un nobleeffort rrès-souvent impuissant pour pouvoir atteindre au souverain dé-gre, qui n’étoit destiné que pour les Chrétiens, dont le propre dil-linctif est de renoncer à (amour propre, de diriger tout à la gloire deDieu, & à la glorification de son saint Nom.

La générosité de ((Econome consiste en plusieurs points , c’est d’ê-íre le protecteur & tuteur de toute fa famille, de faire quelque cho-se au dessus de la justice, à l’égard de ses domestiques sor tout quiservent & font leur devoir avec affection & de bon cœur, de les éle-ver au dessus de leur humble condition, cn leur donnant des preuvesde son affabilité Sc humanité: ce qui pourtant doit être pratiqué avecbien de la prudence » à l’cgaid de ceux qui en pourroient abuser parignorance & grossièreté : ceux-ci ont besoin d’étrc soutenus dans lenrdevoir, (obéïllánce & la subordination par la demostration d’un airorave, digne Sc modérément impérieux. La générosité de ((Eco-nome paroît à (égard des enfans en leur procurant une digne &belle éducation, leur faisant apprendre de bonne heure & les cle-mens du Christianisme, & les Loix du Pais, qu’ils doivent leur ren-dre aimables & estimables, comme concernant le bien public , dontils doivent leur inspirer l’amour & le zélé pat son propre exemple.& ses bons avis & documens. Ils doivent aussi les rendre sensibles àla pieté & à la compassion pour les pauvres, & par rapport à la con-versation humaine les former à la civilité, laquelle est une branchede la générosité; cat par la civilité les hommes se préviennent les unsles autres en complaisance & bénéficence. pafiant au dessus de justefans considérer trop scrupuleusement & fièrement ce qui nous est dûà la rigueur; par cette maniéré Sc cession généreuse & libérale, on aintroduit parmi les peuples polis, une heureuse & commode habitu-de & coutume, non de disputer toujours fur un vain point d'hon-neur, mais de se prévenir en honnêteté: cette civilité, politesse & ur-banité a si heureusement réussi dans des Roïaumes entiers , que parune heureuse métamorphose le point d’honneur s’est trouvé généra-lement établi & consister à se ceder a l’envi les uns des autres, ce quiest le plus honorable Sc commode en toute occasion ; íì bien que parce stratagème de Paix, qu’on appelle la civilité, on a banni la rigidi-té des personnes supérieures, (indocilité des inferieures, & (indifféren-ce entre les personnes égale*.

Mais si le pere est généreux en quelque manière a (égard de sesenfans 5c domestiques, il est fans doute qu’un époux & mari doit par-ticulièrement faite connoîtrc cette belle & noble disposition d’esprir,de cœur & de conduite á (égard dc sa femme, 5c ainsi il ne faut pasqu’un honnête homme sc relâche jamais à l’égard dc fa femme.dans (estime & la considération qu’il a eû pour elle avant la familía-titc'du mariage : c’est une elpéce d’ingratitude 6c de brutalité , quede diminuer cette précédente honnêteté , précisément depuis qu'unecelle personne a voulu sc donner 5c s’attacher fans réservé à un hom-me, en qualité de son époux Sc compagnie inséparable. Au tontrai-re ,’c’est après ce lien formé Sc établi - que l’on doit sc témoignermutuellement par cette persévérance d’estilne Sc de respect, que tou-tes les précédentes démonstrations d amitié, d’amour & de bienveil-lance ont été sincères 5c fans dcguisemenc.*Les personnes délicates Scsensibles à (honneur 5c à la bienséance, auroienc dc la honte de fairedes changemens sor ce sujet, & de vouloir paroître aux yeux Sc auiuoement dune personne si fort estimée Sc aimée auparavant, com-me un homme faux ou chancelant dans l’amijié , comme un cœurdissimulé 5c trompeur, qui abuse indignement de (avantage modéréSc juste que les Loix attribuent à (homme dans la societc œconomi-que: nul homme de probité Sc d’honneur ne voudroit sc peindre dansDcsprit de sa chere moitié avec un si indigne Sc odieux caractère : aucontraire il aura soin de faire par une conduite toute differente deplus douces impressions. II (assolera dans toute occasion autant pardes effets que par des paroles quelle peut se féliciter d’avoir choisiun ficielle époux, Sc un ami iincere: quelle peut en cela sc féliciterelle même dans son discernement*, son choix Sc son espérance. Voilà(exercice Sc la pratique dc la générosité dans la famille, àlégardd'u-ne femme, je (appelle générosité-, parce que le mari tempere (avanta-ge que les Loix Civiles lui donnent, pat rapport à la facilité du gou-vernement domestique. Sc certainement la femme a marqué aussi âl’éeard de son mari une fort généreuse confiance dé vouloir s’cngagerlibrement dans un état, dont il semble que les conditions lui pouvoientdevenir onéreuses: ce qu’ellen’a point considéré dans la persuasion &

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assurance parfaite sur (honneur, U probité Sc la bonne conscience deson époux.

II est utile pour sentir mieux la force de ce mot générosité , appli-qué à (homme 5c sur tout à l’œconomc Sc au politique, de voir le»usages qu’on fait du mot générosité Sc généreux cn d’auues sujets diffé-rons ; voici une phraséologie choisie pour en pouvoir plus facilementcolliger la nature & Ics propriétés de cette sine expression ; en géné-ral on appelle généreux le Magnanime, généreux est (homme qui aune a me grande 5c noble, qui prèfete (honneur à tout autre interécbas Sc commun. On appelle auili généreux tous les sentimens où ilparoît quelque grandeur dame, comme de mépriser la faveur , quipourroir débaucher ce cœur de sa droiture & le faire décheoir dc sonélévation. Quelqu'un a dit que la gloire que (on acquiert par un pro-cédé généreux, est plus douce que la vengeance; j’aimerois bien qu’oaeût aussi fait mention du grand prix de cette douceur , car il n’y apoint de générosité à se laisser déterminer par la seule douceur. Cha-cun est emporté par cette douceur, trahit sua quemque voluptas ; maisla générosité sc trouve à sc laisser uniquement déterminer par la rai-son du mieux, pat (amour dominant de (ordre immuable, qui exigeles choses les plus éminentes Sc les plus essentielles dans la nature hu-maine , dans (intérêt humain : un orgueilleux qui affecte un faux pointd’honneur, peut mépriser son ennemi, mais la générosité ne ietrou-ve pas à vaincre une passion lâche, telle qu’est la vengeance par unepassion aussi peu raisonnable, comme est un orgueilleux mépris poursi doux qu’il paroisse à un goût dépravé. La générosité est toute pu-re Sc n’a rien de ces qualités équivoques, qui peut provenir dc sour-ces corrompues, telle est la douceur dc (orgueil. Cependant il faut(avouer , que s’il est jamais permis de goûter la douceur Sc le plaisir,on ne peut pas en goûter un plus légitime que celui qui sc trouve àfaite ce qui est le mieux ; ot il est mieux de pardonner â son en-nemi Sc lui aider à rentrer dans (ordre, que dc le détruire par unzélé, même d’unc juste vengeance. La destruction de quelque êtreque ce soit. n’est pas un objet digne dc la contemplation d'une amegénéreuse, elle ne tend qu’à conserves (être dans les personnes furtout & dans les choses, ou bien à les réparer. La Philosophie peutnous élever, quoi qu’avec de grands efforts , à ce point de générosité ,qui consiste à supporter les vicieux & les fossiles, & à pardonner àícs injustes ennemis; mais la Religion & la morale de Jésus-Christtriomphe en ce point par dessus toute (indolence, insensibilité5capa-’thie des Philosophes Païens. Voiture a une phrase & expression fortbrillante, mais elle est un peu énigmatique & équivoque , la voici.Çe ne suis pas moins généreux à ressentir cette faveur, que veut avis étéà me la faire. Est-ce que Voiture veut diminuer le prix de la faveurqu’il confesse avoir recû'é ? Je ne pense pas au contraire > je crois queVoiture s'élevant ah dessus de (amour propre & de (orgueil , prendplaisir à publier par tout la générosité de son ami ou de son Mœcc-nas, qui secrètement lui avoir rendu quelque scrviced’imporrancc, cnquoi certes il égaloit la générosité du bienfaiteur secret, par una li-bérale & publique confession de fa gratitude pour un tel bienfait: maisn’est ce point, dira-c-on, un trait de vanité á un homme de se vanterd'avoir autant de vertu qu’un autre ? Ne feroit-il pas mieux de faservir de quelque autre façon d’exprimer fa reconnoifiàstce , qui futplus modeste ? Je crois devoir opiner pour la négative, Sc qu’iì siedtres-bien à deux hommes bien nés, & qui sont véritablement géné-reux, de sc déclarer également zélés Sc partisans des vertus héroïques,&’rlest vrai qu’ils aient le bonheur d'êtretels. Cette confiance & louablehardie fie dût faire plaisir à cc Mœcenas ou à cet ami , de voir quilavoir dans Mr. de Voiture un ami d’autant plus digne & fidelle, qu’ilparoissoit avoir de (émulation; k précieux de ce commerce, c’est la, vérisé de ces belles qualités égales Sc réciproques. L’amour & (ami-tié ou trouvent légalité toute formée ou la procurent, il n’y a pointde beauté Sc de véritable plaisir dans le jeu ou commerce des partiesinégales: je vous estime autant que vous m’estímés; je vous aime au-tant que vous m’aimés. Ne sont point des effets de vanité Sc d’ot-gueil, mais d’exacte justice.

GENhVRE& Genevrier. Voyez cet Article dans le Diction-naire (Economique, & y ajoûtez cc qui fuit.

Usage.

[Le bois de genievre est presque aussi sudorisique que le sassafc;,On en fait bouillir une once coupée par petits morceaux, dans croischopines d’eau, jusqu’à la consomption d’un tiers de la liqueur, Sc onla fait boite au malade pat vetrécs. II est bon, quand on fait cettetifanne , d’y ajouter une petite poignée de baies bien mûres, Sc bienconcassées. On prépare aussi avec la décoction du bois de genievre ,un demi-bain qui soulage beaucoup les gomeux. Le vin où (on faicbouillir les sommités de ses bramh.s, est fort diurétique, & soulagebeaucoup (hidropisie.

Teinture de baies de genievre.

Après avoir concassé des baies Je genievre, les plus belles & lesplus mûres que vous pourrez trouver, vous les mettrez dans un ma-rras qui n’en doit être rempli qu’à moitié. Puis aiant versé pat desssus de (esprit dc vin, jusqu’à la hauteur de cinq ou six doigts , vousle mettrez en digestion pendant cinq ou six jours dans un lieu chaud;

& auffi-tôt que Ta menstruë aura pus une couleur rouge brune,vousfiltrerez cette teinture, & la conserverez dans une bouteille bouchéeexactement. La dose en est depuis vingt goûtes, jusqu’à deux dog-mes. Elle est propre contre la léthargie, (apoplexie & la paraisse.contre les humeurs froides, & les loupes naifiantes. On s en sert in-térieurement Sc extérieurement.

Extrait de genievre.

En Latin Theriaca Germanorum , parce que les Allemands s’cn fer*yent comme de 4 therjaque, Voyez Extrait.