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G E N.

ncraux pour deux armées séparées,’lesquels ne font point subordon-nes ni dependans l’un de l'autre. II y a l'armée de la Couronne [&Tannée de Lithuanie, chaque armée a un grand & petit Général ;k nom que Ton donne à celui a qui le Pape donne le commande-ment de ses troupes, c’est le Général des armées de la Sainte ÉgliseRomaine.

On dir à 1 égard des Compagnies & Sociétés Religieuses, le Géné-ral de TOrdre, celui qui est le Chef de tout un Ordre, 8t qui a droitde visiter toutes les Maisons établies fous la méme Régie dans touteTEuropc. On dit même parlant des Religieuses : Générale de TOrdre,TAbbcíîé de Foncevrauld est Chef & Gcnéraíe de TOrdre de Fonre-vrauld, qui observe la Régie de Sr. Benoit, elle commande auxReli-gieux & aux Religieuses de cet Ordre, institué par Robert d’Arbri-ielle en i xoo , c’est la feule Abbesse qui porte ce titre de Généralede son Ordre.

Général comme mot adjectif supplique', comme nous avons vâci-dcllus, a plusieurs substantifs, à quoi joignés ces applications auxmots substantifs, réglemens, principes. Règlement Général fur les tail-les Sc íur les inonnoies; cette Coutume est générale pat toute la Fran-ce : la Jurisprudence & la Politique ont ses principes généraux.

GÉNÉRALITÉ. Terme de Jurisprudence Sc de Police. C'estuneétendue de Pais, dans lequel le Receveur Général fait fa fonction. IIy a nans chaque Généralité un bureau des Trésoriers Généraux deFrance, établi pour cn avoir la direction ; c’est ce qui fait qu'on lesappelle Généralités. II y a vingt quaue Généralités en France; sa-voir, dix-huic dans le Pais d Élection, St six dans les Pais d’États ;parmi ces Généralités il y enad’ancienncs, & il y en a de modernesdepuis Tan 1691 , jusques à 1716. Sous Louis XIV ont été faits troisÉdits en differens rems, portant création de trois plus recentes Géné-ralités ; savoir, celle de i’Ile en Flandres, celle de la Rochelle & celled’Auch. La derniere pour connoitre de toutes les matières dont con-noiflènt les Bureaux des finances de Bourdeaux & deMonrauban. Voi-ci Tordre des rems de la création de ces trois Généralités. La Géné-ralité de File en Flandre, a été établie par l’Édic du Roi en 1691 ,portant création de ladite Généralité, lequel Édit fut donné au moisde Septembre i6ai, regitré le zi Novembre âudit an.

La Généralité de la Rpchelle fut établie en 1694 , trois ans aptescelle de l’IIe par un Édit du Roi, portant création de ladite Généra-lité, donné au mois d’Avril 1694 & regìtréc le 18 dudic mois.

La Généralité d’Auch fut établie en 1716 par un Édit du Roi,portant création dune Généralité & Bureau des finances en laditeVille d’A«cli, & pour T étendue de son ressort 8c juridiction > lequelressort Sc juridiction comprend la Ville de Bayonne, le Pais de Labour,le Pais de Goule, l’Élection de Langres , le Païs de Marsan & la Bi-gorre ( qui dépendoient de la Généralité de Bourdeaux) &. les quatreVallées, le Nebousan, les Élections d'Astarac, d’Armagnac, de Conr-núngc, lesquelles Villes, Pais & Élections Sa Majesté a désunis d’au-fres Généralités, Sc ensuite réunis ensemble pour composer ladite Gé-néralité d’Auch; lequel Bureau des Finances Sa Majesté, pat le mêmeÉdit fut faite création des Offices , dont ledit Bureau des Financesdoit erre composé, avec attribution de gages Sc droits. En meme-tems création en titre d’Office de deux Coníeillers Receveurs Géné-raux des Finances de ladite Généralité d’Auch, dont T un fera ancien 5cl’autre alternatif, avec attribution de gages Sc droits; en outre créa-tion de deux autres Conseillers Receveurs Généraux à l’égard des Do-maines & bois, ancien & alternatif > avec attribution de gages Sc droits ;enfin création de deux Conseillers-Concrolleurs-Généraux des Finan-ces & Domaine de ladite Généralité, aussi ancien & alternatif, avecattribution de gages & droits > portant Règlement; donné a Paris aumois d’Avril 1716, regicré le 6 Mai suivant. Par Généralité off en-tend donc une certaine division de la France, faite pour la réglé desFinances du Roi, en chacune desquelles il y a un Bureau des Tréso-riers Généraux de France établi pour en avoir la direction, Sc c’est delà qu’on les appelle Généralités. U y a vingt cinq Généralités en Fran-ce, c’est-à-dire, dix-neuf dans les Païs d’ÉIectio'h, Sc lìx dans les Paisd’Éuts. II y a aussi un Receveur Général des Finances, écabli en cha-

S e Généralité, & pareillement un Intendant de Justice ouCommil-re départi dans chaque Généralité, c’est lui qui reçoit de la CourJetât de ce qui doit être impôts íur chaque Election. II n’y avoir au-trefois qu’un Trésorier Général des Finances , qui, étoit appelle leGrand Trésorier. On réunit ensuite aux charges des Trésoriers cellesdes Généraux des Finances , & après cette union ils en prirent la qua-lité > & leurs départemens ont été appelles Généralités. Le mot Gé-néralité en Hollande se ditHe la Jurisdiction Souveraine , des septProvinces Unies confédérées ensemble.

GÉNÉRATION. Terme de Droir. Se dit de la Généalogie& de la fuite des enfans nés d’une même tige. Le livre de la généra-tion de Jefus-Christ , c’est ainsi que commence TEvangile de St. Ma-thieu. Les Traducteurs du Nouveau Testament de Mons , onr jugéce mot impropre en cet endroit & dans ce sens, c’est pourquoi ils onctraduit ce titre ainsi, Généalogie de Jefus-Christ, c’est-a-dire, Thistoirede la naissance & de la vie de Jefus-Christ. Les Juifs ont une maxi-me qui porte, que quand on trouve dans TEcriture ces paroles , lelivre des générations > cela se rapporte & à la naiílànce & aux événe-mens de la, vie de celui dont il s’agit : comme si toutes les actionsqui doivent être produites par un homme, composoienrTétre total deia vie, depuis fa génération & naissance > jusques à fa mort ; ce quiest une pensée & concept bien singulier, & c’est cette vie toute entiè-re depuis le commencement jusques à la fin qui est designé Sc appellébumanus dits. Laquelle façon de parler se trouve dans TEvangile,lorsque le Sauveur parlant de soi a dit : Abraham a vu mon jour Sc ils’e’n est réjoui. Génération se dit aussi de l’âge ou delavied’un hom-me, par exemple. On fait des baux emphitéotiques à trois généra-tions ou trois âges d'homme, & en ce sens Ton compte trente anspour une génération, mais quand ce mot signifie une succession deteins de générations en générations » cela signifie fie siécle en siécle.

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Daïls la pratique du droit oh dissout les mariages quand Tune ou Tau*tre des parties est inhabile à la génération; alors on entend pat géné*ration , Tactíon par laquelle «oute forte d’animaux, & fur tout Thom-me, dans le cas présent, produisent ou peuvent produire leur sembla-ble ; autrefois pour connoitte de la part de qui des deux conjointsTimpuissance dengendrer dépendoit, on ordonnoit le congrès, ce quin’est plus en usage ; c’étoic un mote n aster certain pour juger & dis-cerner à qui la cause de la stérilité devoir être attribuée, mais ce moïennetoit point irréfragable : ces sortes d’occasions des dissolutions de maria-ge embarrassent bien quelquefois les parens de deux illustres familles.Sc les Juges mêmes qui doivent en décider. II est certain que les Mé-decins peuvent beaucoup soulager les interressés, comme font les par-ties complaignantes & les Juges; en préparant & méliorant ses tem*péramens des corps ou personnes indilposces à faction Sc aux fins ditmariage, qui est sens doute la génération des enfans 3clamultiplica-tion du genre humain, laquelle génération & multiplication étant leseul & unique dessein de T auteur de la nature humaine, il estevidencque l’étac d’un mariage dans lequel on ne peut remplir cette fin & cebut. est un état qui n’est ni naturel, ni civil » ni légitime, & que parconséquent celui qui reproche avec fondement à sa partie cette indiseposition essentielle & dirimente, a juste raison de demander la ruptu-re d’un lien qui n’est plus légitime » à moins que ( ce qui est bien ra-re ) les personnes déja engagées par ce contrat ne formassent tous le*deux unanimement un detìein de changer cette société conjugale,qui ne peut plus être telle, en une société purement 6c sinceremertOfraternelle & amicale. C'est ainsi que dans les anciens ceins les Ca-nons & les Papes même onc décide ou plûtôc conseillé , ceux quicroient ou pouvoíenc être dans les cas & circonstances délicates dontnous parlons. Les Pcres de famille, les Avocats Sc Juges doivent en-tendre ces matières plus que superficiellement , on peut s’y ttouverembarrassé ou pour foi ou en la personne de ceux qui appartiennentaux chefs de famille, & c’est ici un des points où notre (Economeabesoin de se rendre habile Sc capable à donner aux autres, & prendrepour soi des sages mesures Sc conseils ; car dans la rupture des ma-riages des personnes considérables , il y a des suites trcs-facheuscs, em-barrassantes 8c de ttès-grande conséquence. Les Catholiques Romainsonc des taisons bien plus pressantes que les autres Communions Chré-tiennes , qui ne regardent point le mariage comme un Sacrement. Lespremiers font en danger de profaner un Sacrement, s’ils ne lònrpasen état de pouvoir atteindre & prétendre à la fin de l’insticution du-dic Sacrement, pendant que les autres Communions font seulementen danger de choquer, ( mais dans un point essentiel ) la bienseanc«de cet état, comme état naturel Sc civil destiné par fauteur de la na-ture , pour une fin digne de se sage providence en faveur du genre hu-main. Au commencemear de ce siécle fur agitée une pareille difficultéau Parlement de Paris, entre deux personnes mariées de très-illustresfamil es. La Dame demandoíc á la Cour fie Parlement, la rupture dumariage, Sc le Seigneur s'en fieffendoit ; TAvocac de la première prasesoit fort ces deux considérations > Timpuissance du mari & la sainte-té du Sacrement de mariage, qui ctoit dans une occasion Sc péril mo-ralement inévitable dans la supposition de Timpuissance. L'Avocat dumari précendoic pat la considération même du Sacrement, que le ma-riage étoit indissoluble de se nature , après avoir été une fois adminis-tré, & que ce se toit deshonnorer un Sacrement (qui represcnee Tin-dissoluble union de Jefus-Christ avec TEglise son épouse) que de lerompre 8 c le dissoudre. Les plaidoyers pour Sc contre font très-fub-tbemenc traités de parc Sc d’autre, & méritent que les gens de Justi-ce 6 c de Pratique de Palais, en prennent connoiflance ; cependant cesplaidoyers n’ont du rapport qu’a l'cgard des personnes de la Commu-nion Romaine. Cependant je crois avoir assez indiqué dans le cour*de cet article lts principes & vérités qui peuvent éclaircir 8c déciderces so tes de cas parmi les autres Communions differentes de la Ro-maine. Le recueil très-curieux de toutes les pièces contenues dans cefameux procès a été imprimé à Roterdam , chez Reinier Leecs en

1714.

L'étymologie de ce mot est claire , génération est un pot Latinfrancité, gemratio de gignere , gigno ou gmo » du quel vienncnê*beaiU'oupde mots considérables, 8 c d’une difquilition philosophiquetrès-difficí-le & très curieuse. Les mors dérivés de ce mot Lmn gigno 6 c geno soncgenus, genre, race; gemus esprit ou principe agislànr, qui est lacausode la génération 8c conformation roéchaniquc du fœtus ou enfant dansle sein de la mere, Sc qui chez les Anciens étoit un principe vital »interne ou assistant, source de routes les facultés communes Sc parti-culières ; du même mot gigno ou geno, vient le mot gens , genus, na-tion , peuple : tous lesquels mots on peut consulter en leut rang al-phabétique, & dont les idées recueillies fous leur mot radical, appelleracine, apporteroient dans tous ces mors subtils des grandes clartésà nôtre intelligence & satisfaction sor ces mots analogues Sc relatifs.

GÉNÉROSITÉ. Terme relatif à la justice, en ce sens qu’ellcest plus excellente que la justice; car la justice n’abandonne point lesintérêts de l’amour propre bien réglé, mais les procure également àcous, commeaceanc par soi-mêmt* Sc ensuite à Tégardde ses confortsde même nature égaux ou inférieurs; mais la générosité n’est pasune vertu commune Sc putem-nt humaine, elle est d’un genre supé-rieur, d’une espece héroïque Sc surhumaine ; elle est , dis-je , d’unordre Sc d’un genre héroïque Sc sorérainent, Sc c’est de ce genre hé-roïque genus bero'tcum, que vient son nom de générosité; de forte quetout ce qui peut découler d’une natjjre éminente, noble, bienseiían-,te, libérale, desinteressce, dévouée au bien de tout le genre humain jce sont là les effets propres de cette vertu angélique 8c quasi divine ;ces hommes généreux n’onr point de réservé dans lent bénésicence ,bonté, bénignité, comme fait la justice qui a un soin égal de soute-nu également (éique , cum tqilitate) autant le meum que le tuum , gcqui rend & distribue à chacun ce qui lui appartient, raidit micuiqutfuum. La générosité n’est pas fi bornée dans k bien, que la justice;elle se contente quelquefois de ne pas faire injure, tort ou dommage,