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«ìe Soldats destines pour la deffense de la patrie & pour son service.Les Philosophes que j'ai cité pour autoriser la modestie dans l’œco-xiomie ordinaire, ne lont pas toujours fidelles dans la pratique à leurthéorie; on trouve des Platon! fastueux, des Senequcs riches 8c ma-gnifiques ; mais le faste est fur tout moins excusable dans les person-nes qui ont l’honneur d’être dans un état par foi modeste, simple Schumble, tel que l'état Ecclésiastique dans toutes les CommunionsChrétiennes: ce font pourtant ces personnes qui font les véritables Phi-losophes, amateurs & professeurs de la sagellc celeste & toute divine.On a de la peine, Se même de la honte quand on les entend parlerde certaines vertus; la modestie, la pauvreté, la charité envers lespauvies. La conclusion de cet article doit être par un avts qui me ser-ve de refrain ; que l’OEconome soit modeste, humble Sc pauvre d'es-prit, c’est á-ditc, qu’il ne íbil point attaché par affection aux richeíks >mais par railon pour iemplir T obligation indispensable d’avoir loinde Pitre Sc du bien être de íà famille sans avarice ni prodigalité, qu’ilsoit le Pere, le Docteur, le Curé, le Tuteur, Sc Procurateurdctou-tes les perlónnes de fa famille, dont tous les membres doivent êtretoujours occupés Sc jamais oilcux. Gentil hommerie est un mot, qui,quoique du bas style, ne reste pas de devoir être ici mentionné, pourmarquer tout c. qu’il y a d’odieux, de ridicule Sc de vam dans Taffe-tas on en géné.al de qualité, Sc de noblesse. On pourroit dire a plu-sieurs personnes Se familles fur tout de certaines Provinces , portéesnaturellement à la vaine affectation , ces paroles comiques Sc brulef-ques de Molière. Mettez un peu nôtre gentil-hommsrie 4 , part. Monta-gne a été autrefois fort affecté fur la gentil-hommcrie, íur quoi lePcre Malcbrancbe parlant contre l’abus Sc la force de Pimaginatton, l’araillé son agréablement touchant la multitude des Pages Sc autres Offi-ciers, dont Montagne avoir lui-tnêmefait mention, Se qui croient desOfficiers fort inutiles cher un Centil-homme dc tres-modrques reve-nus. Ce inot dc gentil-bommerie dans le même style signifie une petitemaison de campagne, ou loge un paiejl Gentil-hbmme.
GEO.
GÉOGRAPHIE, science qui n’est pas essentielle & nécessairepour Pintelligence de l'occonomie, mais qui est pourtant utile à 1É-conome, lur tout quant a l’une dc ses parties, qu’on appelle Tepogra-pbie , description des lieux particuliers, Sc par rapport a l'éducauondes enfans qu’un Pere de famille doit procurer Sc rendre capable, depouvoir voiager avec fruit, ce qui ne fc fait pas iàns lavoir la Géo-graphie. Pour la lecture des histoires anciennes & modernes , il estabsolument nécessaire de connoître la nomination ancienne Sc nouve-le de l’une Sc l’autre Géographie ancienne St moderne. La Géogra-phie Sc l’histoire lans cela (ont comme un récit d histoires íabul.u-fes, qui font arrivées en des Pais fonts Sc imaginés. Le P. Br;e: afait une comparaison méthodique entre la Géographie ancienne &moderne, qui est fort utile pour savoir les lieux nommés à la moder-ne , dans lelquels fc sont palier les histoires Sc actions des anciens;ontrouve l’une Sc l’autte expliquée dans le Dictionnaire de Baudranu,3cencore mieux dans le grand Dictionnaire Géographique, le plus mo-derne dc la Martiniere. La Géographie moderne a étc traitée parplusieurs, yoiez Saníbn Robbe, Ozanatn, Àudifret, Bion, la Croix,Mallet, le P.Jâuffier, Scráuon, Pomponins Mêla , Denis l’Afficain,Étienne de Bisance, Pline Sc Ptoiomées sont d’anciens Géographes.Entre les modernes, Ouvrer traite de la Géographie ancienne parrapport a l’Allemagne Sc à l'ítaiie : Cambden & Buchanam par rap-port a la Grande-Bretagne. Vaíizus Sc Mariana par rapport i TEfpa-gne. Palmerius pat rapport a la Grecc, Sc Adrien de Valdis par rap-port á la France. Sans la connoiílànce de la Géographie moderne unepersonne de famille ne peut s’ingércr à parler & a juger des vérita-bles intercts des Princes, lesquels intérêts sont en partie fondés furla situation respective des terres & domaines occupes par les diversPrinces Sc puissances dc TEuropc; la Géographie fe divise en Chorogra-phie, qui est la description d’un grand lieu , comme est un Roiaumc,une Province, Sc en Topographie , c’est-à-dire, ladescription dune Ville ,dnn Châ'eau, d’une Bourgade. On comprend encore sous le nom ocGéographie tHidrographie , c'est-à-dire, la description de Peau, à cau-se de l’union que la terre Sc la mer ont ensemble , ne striant qu’unmême goble, dont la terre fait la plus «onsidérable partie. La Géo-graphie apprend non seulement á connoitre sur les cartes déjafait-slasituation des parties du globe de terre-aquée, la connnoiílincc dc lasurface, la situation de fes Provinces, Villes, Rivières Sc Mers, maisencore elle apprend à en faire la composition Sc description artificiel-le. Elle compte id aussi la connaissance des cercles de la Sphcre , quiont rapport avec la terre des Zones, climats Sc des fuites de ces Zo-nes St climats par rapport a la diversité des faisons & des divers ter-reurs de dtfferentc qualité ; considérations utiles au ménage des champs& de Tagrichkure. L’étymologic du mot Géographie est toute Grec-que , gé terre St graphe , je décris, au lieu que la Géométrie signifie feu-lement mesure de la terre, qui comprend des parties fort utiles auménage des champs, de la campagne Sc meme de La Ville , commeest Tarpentage, Sc pat quoi on désigne la contenance & les constantsdes sols, fonds, domaines, Sc terres qti’on possède, Sc on les distin-gue en tous tems des terres adjaceantes, appartenantes à nos voisins,avec lesquels il pourroit s’éleyec fans cela des contestations touchantla propriété, servitudes, Scc. Le mot de Géométrie est composé dege terre, Sc du verbe mttrein melurer ; Or il y a cette différence en-tre Géométrie mesure, Sc Géographie description, que la mesure neregarde que la quantité ou étendue, soit de la terre ou de seau , oudestjuelqffautre matière mesurable, soit immédiatement avec la régieh le cordeau, soit mcd'atcment par des instrumens optiques Sc visuelsauxiliaires ; mais la description de la terre supposant tout ce qui estdu ressort de la Géométrie, décrit outre cela ce qui fe réduit auxualités de la terre, lesquelles elle acquiert par le rapport quelle aans fa situation, cu égard aux poinrs cardinaux du monde par rapportau Soleil, a la Lune Si autres Flâneries : ce qui cause à la terre les divçiy
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ses altérations & qualités plus ou moins stables Sc permanentes,qu’il importe à T (Econome de connoître pour divers fins, pour ì’agri-culture, Sc pour situer à propos les édifices civils Sc rustiques avecavantage. L’tEconomc outre ce que nous venons de dire a à étudierune autre sotte de Géographie & Topographie, qui est la Topogra-phie occonomique, c’est a-dire, connoître tous les êtres de fa maison,connoître la situation, contenance Sc capacité defesfonds, héritages,fermes Sc autres possessions pour prendre là dessus ses mesures. Ceuxqui font mal leurs affaires dans le monde, qui font des faillites, ban-queroutes , soit malheureuses ou frauduleuses, ne viennent à tomberdans ces inconvéniens que parce qu’ils ont ignoré cette Géographieocconomique, Sc la science de bien mesurer, c’est-à-dire, dc bien pren-dre leurs mesures.
GÉOLIER, qu’il faut prononcer jotier. C’est celui qui garde lesprisonniers dans les prisons, qui tient la géole ou prison. Dans leDroit un Geôlier est responsable dc tous les prisonniers qui s’évadenr.II y * un droit que les prisonniers doivent aux Geôliers » on TappelleGéolage, il fe pa;e aufdics Geôliers pour Tentrée 8c !a sot rie de priions.St pour les gîtes des prisonniers; il est deffendu aux Geôliers de rete-nir les prisonniers pour leurs gîtes 8c géolages ; c’est ce qui est portépar [‘Ordonnance ce 1670. un Geôlier a action pour les géolages con-tre k créancier , qui a constitué son débiteur prisonnier, parce qu'ence cas le Gécticr est comme un dépositaire Sc un séquestre , mais lecréancier a son recours contre son débiteur. Le mot de Geôlier Scgéole, selon Ménage, viennent de gabiota diminutif degahia , du Latincavea. Nlcod tient qu’il vient de Caveola, du Gange dit que dans laballe latinité on a dit geola Sc gaola. Les Anglois emploient ces motsencore dans le même sens, mais avec une prononciation différente.Les Picards appellent encore gayolle une cage où on enferme des oiseaux.Le Geôlier a été appelié eaiulknus. Scaligcr dit que Géolicr vient dcjanicularius , comme qui diroit gardien de la porte d’une prison , ja-est au diminutif de j/twci», 8c comnfc dc janua vient janitor,ainsi de janicula vient janiculator ou janitularis. Cette étymologie deScaliger est fort plausible, Sc Ton en conclut que le Geôlier est le Por-tier ou Suisse dc la prison. En Picardie on appelle encore géole , unecage, d’ou sont venus les mots engeoler ou enjôler , Sc cageoltr ou ca-joler. On a dit au sens propre engéoler un oiseau, le cajoler ou met-tre en cage, soit fans façon, soit avec adreík par k ploiement Sc ctide les semblables : on ne fc lcrc de ce mot aujourd'hui qu’aufiguié Scdans un sens métaphorique; enjôler c’est tromper 8t prendre par fines-se; cajoler c’est armer une personne douce Sc innocente dans un piè-ge par des fréquentes Sc trompeuses caresses > en fini fiant il semblequ’on pourroit proposer la premiere étymologie d’une maniéré plusplausible; faisant prendre garde que du mot adjectif cavus creux,voûté, vient cavea , lieu creux Sc voûté premièrement pour Icsbcte 1 »ensuite pour les oiseaux, de cavea, s’est formé le diminutif Latin ca-veola, qui écrit avec un g a fait gaveola , geola , Sc ensuite 1e mat geô-le & ne geôlier.
GÉOMÉTRAL. Terme d'Architecture. On dit le plan géomé-tral d’une maison ou autre chose, Sc Ton entend par là k dessein oula figure de la place de cette maison avec toutes les mesures des lon-gueurs Sc des largeurs. C’est un adjectif qui a 1e même sens que géo-métrique: ces deux mots viennent de géométrie science, qui a pourobjets la mesure d.s superficies Sc la mesure des corps, dont elle don-ne lis dimensions par des figures & ■ émonstrations indubitables ; elleconsiste en quarte parties, la plannnetrie, Taltimetrie, la iongitnetrieSc la stéréométrie; elle est très nécessaire à TArcliitecte Sc méchanif-te. fille prend son nom du Grec géometria , qui est devenu un motLatin lignifiant mesure de fa terre.
G E R.
[GÉRANIUM. Voyez B E c de Cigogne. ]
GERBE d’eau. C’est 00 faisseau de plusieurs petics jets d’eau,qui tous ensemble forment une girande de peu de hauteur , commela gerbe de Chantils, au bas du grand perron ; il y en a qui s’cléventpar étages en pyramide , par 1e rnoien d’autant de conduits, qui for-ment plusieurs rangs de tuyaux á Tentour du gros Sc du milieu.
[GERBER le vin. Terme de Tonnelier. C’est mettre les piècesde vin les unes fur les autres, pour les arranger fur les chantiers. IIne faut gerber 1e vin que dans la nécessité, parce qu’il y a du risque. ]
GERMAIN. Terme de Palais. Pitres germains, frères d’un mc-me Pere 8c d’unc même Mere; il 1e dit à la différence des fret es uté-rins, qui ne font frétés que par la même mere, aiant chacun son pe-re propre ; on appelle les freres germains, ces frétés qui font nés dumême gfcrme ou géniteur; Sc freres utérins, ces frétés qui font nésdu sein ou matrice (uterut ) dc la même mere. Ils sont tous deux fre-res Sc confrères, parce qu’fs ont une choie commune; Sc l’on appel-le germains les frétés qui outre la qualitc commune ont encore unseul & même germe ou géniteur 8c utérins > ces frétés qui outre lacommune qualité ont cette autre qualité d’étrc issus 8c sortis du memeventre Sc mere. Remarqués que germmms vient dc germon ou genimtnde geno pour gigno , j’engendre & produis, ce qu’on a attribué à l’hom-mc jusques ici, Sc non a la me e, qu’on désigne par utérus ; cepen-dant le mot germain signifie datas une autre façon de parler en Droit ,une chose Sc un sens un peu diffèrent: ce qui arrive lorsqu’on le ditdes proches pareils collatéraux, non feulement des cousins > qui sontles enfans de deux freres, mais aussi des cousins qui font les enfansde deux sœurs. II semble que confins germains fie devroit, en vertu deTorigine déja mentionné du mot germen , signifier que ces cousins quisont enfans dc deux freres; mais Tu sage passe au delà de la force dcTétyurologie. Sc signifie aussi bien les cousins qui sont enfans dedeux soeurs, que les cousins qui sont enfans de deux frétés. Ceux q 1font nés de ces deux fortes dc cousins germains font appeUcs ijstts desgermains ; parmi les Romains il n'y a aucun exemple de mariages en-tre cousins germains, jusques au tems de TEmpereur Claude, où ilsfissent ttès-véqucnts ; Théodoie les deffendit fous des peines très-ri-
goureuses,