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«n droit de la justice & de la nature : il doit les ôter deî occasionsd'une vie molle Sc effeminée , & les habituer & faire instruire danstout ce qui regarde l’art de la guerre, ou le grand art de se défendreSc de défendre le public. Le plus excellent de tous les moyens pourparvenir au but, c est de les mettre dès leur jeunesse dans cet exerci-ce , & dans la profession militaire, dans les académies, dans les gar-nisons , dans les armées. Mais revenons à nos gladiateurs , chez lesAnciens ils combattaient dans les jeux du cirque > & aux funéraillesdes grands de Rome, les uns contre les autres , jusqu’à s’cnttecuer >pour donner ce cruel plaisir au Peuple Romain, ou appaiser les manèsde leurs parens. L'origine de ces íanglans combats est venue des an-ciens Asiatiques, qui croyoient faire un grand honneur à leurs pa-rens, en répandant ainsi le sang des hommes, par un plaisir plus quebrutal ; cette superstition fut si grande parmi les Troyens, que lesfemmes méme se découpoient les membres pour en tirer du sang »dont ils attosoient les sepulchrcs ou les bûchers des morrs. JumasBrutus fut le premier des Romains, qui rendit à son pere ces cruelsdevoirs ; ce qui portoit Brutus à imaginer dans son action quelquethoso de pieux s Sc qui 1 excitât à user de cette extraordinaire maniè-re de marquer sa reconnoissance à l’cgard d’une personne si chere ,qu’il ne verrait plus t c’étoic qu’il devoir faire tout ce qui pouvoirexprimer le désir qu’il avoir de pouvoir ranimer ce cher pere mort I& comme l’ame sensitive consiste dans le sang , par cette action ilvouloir montrer le désir qu’avoit son ame de se tenir unie à son pe-re , source de ce sang & de cette vie. íl y avoir encore quelques au-tres íentimens plus oûscurs & plus difficiles à énoncer, je veux dire,quelque confuse idée & sentiment que l’ame du défunt pouvoir pren-dre part a ce sang tqut fumant, comme à une espece d’aliment & dcsoutient. Toutes les opérations qui ont pour principe Sc pour causeles opinions, préventions Sc superstitions dc l’imagination sont toutesd’une pareille obscurité; mais elles ne restent pas d’ctre d’une grandeforce Sc efficace > car il faut bien que de pareils scntimens sc passentdans leur esprit Sc dans leur cœur : car comment autrement Brutus Scses semblables sc scroient-ils pû aviser de ces forces de Pratiques! Nuleffet sensible Sc certain, fans cause. J’ai peine à croire qu’on me puis-se expliquer ces uistes phénomènes hors de ces tristes suppositions.Quelques visionaires qu’elles soient, les anciens Payens ont pû tomberdans ces scntimens confus, dont les hommes d’aujoutd’hui ne fontp’tis susceptibles pat le bonheur d’une éducation plus spirituelle, pluspure Sc plus raisonnable ; fur quoi on pourroit se récrier & dire t^êdeant bine nati. Heureux font ceux qui sont sous la Loi Chrétien-ne.• Loi la plus pure Sc la plus raisonnable. Voyez Air. Loke dans unImité particulier fur ce sujet. Outre junius, Brutus, Tacite nous ap-prend que Tibère, pour honorer la mémoire de ses ayeuls , donnadeux combats de gladiateurs s l’un dans la grande place publique. Scl’autre dans l’amphkeâtre» Qnoique plusieurs ayent regardé ces cho-ses comme des marques de générosité , de grandeur dame. & d’unevertu héroïque; il y a eu des personnes qui ont été dans un sentimenttouc opposé. & nous font remarquer que ceux qui furent gladiateursdc profession, passiérenr pour infâmes : car outre que les commence-ínens vinrent par des esclaves, qui étoient des misérables abandon-nés à leur mauvais destin, ceux qu’on éleva & qu’on instruisit à cemétier, n’y acquirent pas plus de gloire ; mais ce qui fut k comble del’infamie , fut que les plus coèpabks étoient compris parmi eux , com-me des victimes destinées aux plaisirs du peuple , Sc immolées à fata«e comme à celle.des bêtes : dans une infamie égale, le bonheur futfort différent ; car les esclaves faits en guerre, n’avoienc ni espérances,ni ressources, les coupables croient encore plus mal traités. Ils étoientexposés aux bêtes, & même quelquefois liés à des potaux pour ré-galer plus tranquillement les lions, Sc pour assurer leur supplice con-tre les hazards d’une forte défense. Ceux qui étoient élevés & choi-sis pour leur bonne mine & pour leur force, non-sculemenc étoientbien traités , mais encore bien instruits en Tait de sc défendre, &l’on n’épargnoic rien pour en conserver l’enbonpoinc Sc la vigueur,pour pouvoir contribuer d’avantage au plaisir du Peuple. Pline nousA voulu dire qu’on ne les nourrífloit que de pain d’órge, ce qui les afait appeller par dérision Horde aru , Sc leur boisson d’eau dans laquel-le on méloit de la cendre. Ce qui est hors d’apparencc, on faifoitplusieurs familles de ces gladiateurs.

I On appelloit les uns Sequawes , ils avoient pour armes une épée &Une masse à bout plombé. Les seconds portoìent un filet & une fus-cine ou trident, dont ils tâchoìent d’enveloppet leur adversaire , ils«’appelloient à cause de cela Rettarii dc rete , filet; les troisièmes âroient«ne espece de cimeterre ou de coutelas, & sc nommaient Tbreces > por-tant le nom de leur Pays; les quatrièmes furent appellés Mtrmillionespour Mirmidotm , qui étoient les braves d'Achille, & que les Romainsestimoient être Gaulois, ayant un poisson fur le haut de leur casque.Le gladiateur Retiaire ou perte filets, lui crioit en le poursuivant, non tefeto galle fed pificem peto , je ne vous poursuis pas Gaulois, je tâche deprendre du poisson, ce n’est pas à vous à qui j'en veux, je ne veuxque vous embarrasser la tête dans mon filet; dans des jeux où ils scjouoient de la vie & de la mort, ces gladiateurs étoient capables detaillerie, & sc piquoient de belle humeur. Les cinquièmes étoient ar-més de toutes picces, comme porte le mot Grec hoplemacbi. Les sixiè-mes reçurent se nom dc Samnices, ce nom leur fut donné en hainedes Samnites, armant ces gladiateurs à leur maniéré. Les septièmescombattissent fur des charriots , ce qui les fit appeller Ej (fedarii. Leshuitièmes combattissent à cheval & les yeux bandés, se nommoientJlndolats ,, ayant pris ce nom de cette façon de combattre. Les neuviè-mes sc battissent tenant deux épées en main, & de cela on les a appel-lés Himachsri , mot Grec, qui signifie deux épées. Les dixièmes étoientappellés Meridiani, c’étoient les testes des bêtes farouches , où ilsavoient été exposés, & qu’on faifoit s’entretucrl’un l’autre, après serreéchapés dc la gueule des bêtes, pour divertir le Peuple. Les onziè-mes appellés Fiscales, prenoient leur nom de ce qu’ils étoient entrete-nus au dépens du fisc public. Les douzièmes, comme ils étoient les

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plus braves & destinés aux plaisirs des Empereurs, !e Peuple les deman-doit souvent pour combattre, Sc à cause dc cela s'appelloient Postulatii.

Tous ces gladiateurs s’essorçoient de tuer leut adversaire, ou demourir de bonne grâce en défendant bien leur vie. Après serre bienacquittés de leur devoir , ils obtcnoienc des Empereurs Sc dc ceuxqui donnoient des jeux , ou leur congé ou la liberté » ou quelque ré-compense considérable, Leut congé, qui n’étoit qu’une dispense decombattre & de servir, ( à moins qii'ils ne le fissent de leur bon gré oupar complaisance ) leur étoit accordé, Sc pour marque, on leur don-noit une baguette, qu’on appelloit rués. Rude denabantur, on leur don-noit la baguette, ils étoient devenus leurs propres Maîtres, &n’"étoiencplus soumis & commandés à baguette ; mais avoient pris possessionde la baguette pour ne plus y être soumis» On leur donnoit encorepsleatio, qui étoit une espece de chapeau en signe de la liberré qu'onleur accordoit. Constantin abolit les gladiateurs, & depuis lui les Em-pereurs Arcadiits & Honorius. On appelle en France gladiateurs, ceuxqui font prompts à tirer l’épée en toute forte de querelles Sc d’occa-fions, Sc qui provoquent de gayetc dc cœur les autres au combat.Gladiateur s’employe aussi dans le style plaisant, Sc en parlant de ceuxqui combattent de la plume. Voila, dit Maucroix, une belle matièrequi sc présentent aux gladiateurs de plume. Les Écrivains critiques, cen-seurs $c í'atyriques, ne prennent pas bien garde souvent au ridiculequi sc trouve dans les deux dernieres especcs dc gladiateurs, dont onvient de parler tout présentement. A ségard des derniers, s’ils trou-vent bon qu’on les critique , comme ils critiquent les autres, je neses veux pas rendre odieux , il semble méme que l’on peut présumerqu’ils aiment la vérité, qu’ils en font curieux, qu’ils la recherchent eneux-mêines, & dans les autres ; & qu’ils souhaitent de conuoître kserreurs & les défauts en eux-mêmes Sc dans les autres , pour contri-buer en commun à l’amandemcnc & perfection des hommes. Maisles gladiateurs qui attaquent & portent des coups dangereux à la ré-putation, â l’honncur Sc à la Religion d'autrui, fans vouloir qu’onusede représailles & de rétorsion, de juste vindicte, & dc juste défense ,ceux-ci donnent des marques trop manifestes d’un malin orgueuil, ousi vous voulés de malignité orgueilleuse, pour pouvoir les excuser;c’cst pourquoi on les abandonne à la merci des intéressés, pourvu queces intéressés n'excédent point les bornes, inculpait tuteU. Cependantje crois avoir apperçû que l’on pourroit éviter toutes ces dígladiasionspirituelles, ou du moins en grande partie, par cette considération ,celui que vous voulés critiquer , a vû ce qu’il a écrit avec ses lunet-tes, & non pas avec les vôtres ; prenés les siennes , vous verres l’objettout comme il l’a vû, & en la méme maniéré : ces trois Peintres quiont peint & imité d’après nature un même objet ; mais vû de troisendroits dïfférens, ont fait trois peintures vraies & parfaites , quoi-qu’elles soient fort différences. supposé qu’ils soient d’ailleurs bons Pein-tres peignant selon les régies de l’art : si par amour pour la seule vé-rité vous voulés critiquer, renés cette méthode ; voyez cc que vousrcconnoissés de commun, & estimcs-le autant en autrui qu’en'vous-mcrne, vous dim nuerés par là d’autant la matière dc la déclamationSc digladiation ; voyez en second lieu ce qu’il a de moins que vousfur ce sujet. Ce qu’il a de moins, n’est pas un sujet de lui contredire,ni de l’accuscr dc contradiction ; car on ne peut contredire à celui quin’a rien dit, & il ne peut pas s’y ccrc contredit lui-même. Jufqu’iciil n’y a pas d’occasion d’exercer la fonction de gladiateur ; mais celled’un lionnête-homme qui supplée, & veut bien dire ce que l’autre n’apas dit. II doit seulement prouver que ce qu i! ajoure est fondé en rai-sons valables, s’il vous paroît avoir avancé plus que vous n’auriczfaicfur ce sujet; entreprenés ce surplus par un examen réglé, je veux diregéométriquement, fi vous démontrés un défaut de calcul, il en con-viendra : si vous ne pouvez démontrer son prétendu défaut d’esprit oade cœur géométriquement, votre devoir n’est pas de recourir auxprésomptions, aux jugemens précipités ; car de là naissent les juge-mens téméraires si fort condamnés par la Philosophie Chrétienne ;mais suspendés votre jugement, proposés vos doutes & vos difficul-tés , Sc à Fauteur particulier, & rncme à touc le Sénat des Lettres ;mais cela avec modération , fans vous servit de mauvaises maniérésalogiques, pour rendre odieux ceux que vous n’aimés pas , ou pourvous exhiber vous-niême, ( tour nouveau venu que vous étés) com-me un homme éminent qui voit les défauts des plus habiles, & quiest le seul esprit régnant & dominant dans son siécle.

GLAISE. Terre grasse dont on fait les ouvrages de poterie, Scc.dont on sc sert pour retenir l’eau des réservoirs Sc des bâtardeaux»Glaifer , c’est faire un corroi de glaise bien paierie & bâtuë au pilon ,en Latin argiUa. Le mot glaise vient i mon avis de argillacea ( fubau-ditur terra , J ou comme qui diroit terre glissante fous le pouce, oula main du Potier, pour prendre toute forte de figure, à cause de lasouplesse de ses parties naturellement imbibées d’une humidité gluan-te Sc glissante.

[GLANDAGE. Voyez Usage.

GLANDES 1 . Voyez Animaux & Empl. Manus Dei.]

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GLEBE en terme de Jurisprudence & dc Coutume, cest le solde l’héritage que l’on possède. Les esclaves étoient autrefois attachésà la glebe , on les vendoic avec le fonds, comme si ces personnesétoient des accessoires & appendices d’une pièce de terre. Quelqu’undevant qui j’étalois cetre considération, avec quelque surprise & compas-sion pour des créatures raisonnables, asservies comme des appendices& appartenances matérielles, qui íùivestt la nature d’un fonds Sc d’unterrein, me causa une nouvelle surprise, en me disant que la condi-tion de ces esclaves qui font attaché à un fonds dc terre, est un peuplus douce, peuc-étre pour des esprits abbaissés, & à des couragesabbatus » que si on les en retiroient : parce qu’accoûtumés á culti-ver cette glebe & fol, ils sc trouveroient violemment dépaysés, 8c.comme désorienté, nc voyant plus ces objets avec lesquels ils sc se-

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