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ces de France & particulièrement dans le Lyonnois; le moi de grangese prend pour une Ferme ou Maiterie; c'est, dit Mr. de Furetierc,la plus ancienne & premiere signification du mot de grange ; surquoije dis que Tétymologie signifiant directement le grenier ou lieu dugrain, le mot de grange n’a dû d’abord lignifier que ce lieu du grain,& conséquemment & en second lieu la Ferme ou Maiterie qui enfer-me la grange, laquelle n’est pas la Maiterie toute entiere, mais unepartie ; savoir, celle ou on ferre ou bat le grain : mais fans y penser-c insensiblement, je me faux file avec les Savans, tant cette érudi-tion est contagieuse; cependant j’ajoûtcrai sur le compte de Minage quegrange vient de grangia , mot de la balle latinité ; Sc sùr le compte de duLange qu’il vient de granica , mot Latin de la rnéme étage , c’est-a-dire , de la rnéme balle latinité.
GRANIT pat rapport à l’Atchitectute. Cette sorte de pierre esttrès-dure, rude & mal polie, tachetée de noir & de blanc, Sc quel-quefois de rouge, comme celle qu'on nommoit syemtes , a cauie deSjenis de Thébaïde, ou bien comme d'autres lisent dans Pline fiignì-tes , à cause des petits points noirs dont elle est tachée ; les Italiensl’appellent graníto. II s'en trouve en Egypte dune grandeur prodigieu-se. C'est de cette pierre que sont les obélisques , les aiguilles Sc uneinfinité de colomnes & d’autres ouvrages qu'on voit encore a Rome,dont la dureté a résisté au feu & aux injures du rems; & c’est pourcela que les Egyptiens fe fervoient de ces fortes de pierres pour éter-niser la mémoire des grands hommes, marquant leuts actions par descaractères qu’ils gravoient fur les aiguilles Sc fut les pyramides dor.tils ornoient leurs tombeaux. Plusieurs ont «û que ces grandes mallesavoient étc faites par un artifice admirable de plusieurs éclats de mar-bre , fondus & mêlés ensemble , ne pouvant comprendre commentn’aiant point été taillées dans les montagnes d’Italie ( ou ils nc s’enCrouve pas de cette nature) on avoir pu les amener, & transporter parmer des Provinces éloignées, fur quoi il faut voir te que Pline en aécrit au long au livre trente jeptiéme chapitre neuf. II venoit encored'Egypte une autre forte de granit grisâtre, tirant en peu fut le vert,& tacheté de petites marques noires & blanchâtres & fort dur ; decette efpece de granit il s’en trouve aulli en plusieurs lieux d’Italie ;mais les plus grandes pieces qui se voient ont été prises dans l’Iled’Elbe, ou les Romains avoient continuellement un grand nombrede gens à travailler dans ses carrières, c'est de la qu’on a tiré les co-lomnes du portique de la Rotonde, qui lont trés-belles Lc dune gran-deur extraordinaire ; quand ou travaille cette pierre dans la carrureclic est beaucoup plus tendre & plus aisée a tailler, que iorlqu’elleenest dehors, ce qui vient de ce que l'humidité qui est la lource pri-mitive de la liaison de cette matière en sa substance, n'eít point en-core évaporée & dsskchée pat l air environnant de tous coté:, > tandisque la malle de cette pierre tient au fonds, ou résidé cette humiditéradicale dans le fol de la carrière; il arrive id comme dans i’entamu-re d'une piece d’un grand pain mollet ou la petite piece f. parée deson tout se deiseche Sc durci à Pair. II est pourrant presque toujoursnécessaire de se s.rvir de la marteline, dont la pointe lou de mêmeque pour travailler le porphyre, & de la gradine dont les dents íoientbien taillantes; nous avons parlé ci-devant de la gradine ; a l'cguiddc la marteline, c’est un instrument dont 1e Sculptent se sert , csi.itun petit marteau dom un bout est en pointe & l’autre a des dentsfaites de bon acier de carme, & lotgée, quartément pour avoir plusde force. Elle sert â gruger le marbre, & l’on s’en sert dans les en-droits où l’on ne peut 1e servir de deux mains pour travailler avec leciseau & la malle; il faut ici obstrver lur 1e granit, ce qu’un Sculptai,observe q iand il trava Ile fut le marbre 2c aurres fortes de pierre ,dures, qu’on do t le servir d’o. ri!s de bon acier trempés & forts pourrompre Si vaincre la dureté de la ma iere. Si vous voulés donc taireune statue ou autre figure fur le granit , vous devés retrancher dugrand bloc un bloc particulier de la grandeur suflisente à vôtre deiiein,cc qu’étant fat l’on dégtolïìra le granit, on en ôteta le superflu avecla pointe & la masse ; aptes ce premi.r dégroflîliement on approche<se plus près avec une pointe plus de'iée cjuc !a précédente, c’est âprescela qu’on use de la gradine qui n'est pas si sotte que la pointe ; i!proccde ensuite à procurer de la douceur & de la tendre Ile a (â figurepar les instmmens & moiens convenables. On trouve aussi une autresorte de pierre fort dure dans les montagnes de Vérone , de Carrare& en plusieurs endroits de l’État du Grand Duc. Les Italiens rappel-lent mijchio, à cause du mélange de divers pierres, qui lont commecongelées ensemble, & dont le tems & les eaux extrêmement crues& froides n’en ont fait qu’unc seule malle. Cette pierre prend un beausostte & il s’en trouve de grandes pieces ; fa couleur tire un peu Litk pourpre avec des veines blanches & jaunâtres , Sc rnéme il s'enrencontre d’une infinité de couleurs; car il semble que la nature pien-nc plaisir á varier la matjcre de cette efpece de pierre en d ffe entesmaniérés, dans tous les lieux où l’on en trouve , Sc même dans unemême caniere; celles qui viennent d’Egypte font encore plus dmvsLcde couleurs plus vives, que celles qui fe trouvent en Italie; ce fut deces fortes de pierres dont ceux de l'Ile de Chio firent les murailles deleur Ville, dont il faifoient admirer l’édat & la beauté à tout lemonde, mais ce netoit pas une grande merveille & bien distraiequ’ils bâtissent avec des pierres qui ion t naturellement & abondam-ment dans leur pais. Boot prétend que toutes les pierres dures com-me marbre, porphyre, serpentin, &c. étoient comprises lous le motephites, signifiant alors toute pierre dure qui a des taches comme lcserpent, de quelque couleur que les pierres soient. II y a une sort . depierre que les Italiens nomment cipollatio , à cause de fa couleur verrequi tire fur lc vert de ciboule, elle n’est pas si dure que le serpentinSc 1e granit, & se trouve en plusieurs lieux. II s’en voit de grandiscolomnes & plusieurs sortes d’otivrages , mais nulles statues ; cettepierre fe scie & se travaille comme le granit, le porphyre & le ser-pentin Sc se polit de même. L'on voit a Rome dans le jardin du Va-tican une niche du dessein de Michel-Ange, ornée de cette sorte depierre ; il y a apparence que c’ccoit de ces pierres qui aìant été trou-
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vies en Egypte du tems d’Auguste Sc de Tibete, furent à cause decela disteretnincnc appellées du nom de ces deux Empereurs Auguf-tum & hberium marmot. Dans les grands édifices l'on doit fe lervirdes plus grandes pierres & des plus dures, pour les rendre plus beaux& plus solides; les Grecs & les Romains, qui travailloient autant pourla durée que pour la beauté & la magnificence , etnploioient dansleurs ouvrages publics les pierres les plus dures & en grandes pieces.Ils employoient les plus dures qui sont moins sujettes a la carie Lc ré-solution de leurs parties; & les plus grandes parce quelles sont envi-ronnées de moins d’air, & que leur grand volume met a couvert con-tre faction de l air, presque toutes les pairies de leur malle rainasièeSc continue fans interruption. Il se voit encore cn Grece & en Italiedes restes des bácimcns qui étoient ou de marbre ou d’autres piètresaussi solides & aulli précieuses. Voila ce que les A chitectes anciensSc les modernes qui les veulent imiter, font a l'égard des pierres &d’une grandeur considérable; mais les petites piètres tiès-dures<Sc tropégales nc sont pas propres à bâtir, parce qu’elìes ne lont pas propresa le bien unir au mortier, qui ne peut y adhérer, faute de pouvoiry avoir prise, a cause de ía dureté & égalité, ou luttâtes trop poliesSc ainsi impénétrables; par cette raison de la dureté lc gter est laplus mauvaise pierre, c’est même pour cela qu’il est delf.ndu auxMaçons de s’en lervir, c’est-a-dhe , en caillouuge Si façon de mouël-lon , car pour les groscaireaux Scquartiersde grvz , nousvoionsquan-tité de bâtimen^ faits de graiiìèrie : voiez Gkais Sc G ra i ssbrib, Scmeme nous volons ties bâti mens tort beaux & bons , mais il faut que lcgrés soit piqué & rustique, car autrement le grés grille , Lests Vieux oa-tnnens, torique le mortier par caducité s’estdelleçhé Sc résolu en pou-dre , sont sujets a crouler Lc le démolir deux mêmes ; tanquam matinesfine calce. La maniéré dont on sert pour tirer ces pierres dures & dunegrandeur conítdcraoíe ue la caniere Sc les détacher de la montagne,c’est de tracer les piétés tout ?. senteur avec des outils d’aaet , faitsen pointe, Lc a for e de coups de malle. Cectc maniéré est celle donton s’eít toujours leivi en Iulie, mais aujourd’hui on a trouvé enFrance l’mvention de faire scier ces fortes de pierres dans la caniere& lui le rocher de la rnéme grandeur, dont on veut avoir le mor-ceaux , ce qui se fait avec des ícies de fer sens dents. I, y a de cesscies qui ont jutques àvingc-trois pieds de long : c'est pat cemoicnque le Sieur Millon qui a le seern de ni.r les pierres ks plus duresdans le roc avec des grandes icies, qui tournent comme l’on veut, aaulli trouvé l'industric de tiret les marbres de sc runcolin par grandespieces telles qu’on veut , au lreu qu’auparavanr on ne pouvoir enavoir que par morceaux, a cauie de la délicatesse de ce marbre, Lc qusilest difficile de les tirer des montagnes. La manière dont les amicnsEgyptiens ont formé les surprenantes pieces íúr ton t de granite, contlis ont fait leurs obélisques & pyramides, a dû avoir quelquerclìcm-blance à la méthode de Mulon, ou pour mieux di.e a la méthodedes Architectes François. Us ont caillé ces grandes jùeces dans la carrièreLc on peut sts scier & tiret du roc, j ou reste de la malle foncière) &à lcgard de les enlever Lc transporter, c’est ignorer la force- de lamessianique & de ses machines que d’en douter , Lc ceitaincmenr letraniporc effectif de ces malles surprenantes en Italie au travers dc ’a-net, Lc lair érection lur des bases dans Rome, ne nous permettentpoint de douter de leur grande industrie nrechanique. Les Arstlansingénieux Lc messianiques se sont faits en tous tems un point d’hon-n:ur de faite des chosts non seulement surprenantes, mais très-diffi-cists Lc comme impossibles. L e granito dont on parle ici plus pa.t cu-licrcmcnt est tort dur, mais le porphyre que les Grecs appellentporf/hjrites , est encore plus dur, puilque c’est la plus dure de toutesles pi rr.s: cependant les hommes ont voulu faire épreuve dc leurf i.ee contre cette dureté i.npcnéttaole Lc invincible avec des bras dechair; Si s'y sont pris cn tant Je manières & avec tant d'adreflc Sc depatience, qu’ils n’ont point eu le démenti dans leuts entreprises. L'onvoit a Rome plusieurs morceaux de porphyre (la pierre la plus dure)qui ont cédé a l’Artilan, au Sculpteur Lc à l'Archiiecte, qui ont atta-qué Sc vaincu la matière, les uns avec le cileau > les autres avec la scie,d’autres avec des roues, & d’autres qui ont usé peu-à-peu ces pierresdates avec sémcril. Uni ri.- ces pieces les plus considérables, est letombeau dc Constance, fille ue i’Empereur Constantin , qui est dansl'Éghle de St. Agnes hors sts murs dc Rome, 8c qui écoit autrefoisle Temple dc Bacchus. Iì y a dans le Palais des Tailleries parmi lesantiques du Roi une Pallas & les bustes des douze Empereurs Romains.Ces ouvrages sont des anciens & non pas des modernes; i! y alon^-tens qu’on ne travaille plus avec cette perfection & facilité des an-ciens, parce que ks ouvriers ont perdu !e secret de tremper leurs ou-tils, Sc ne savent point quels étoient ceux dont on sc fervost autrefoisdans un travail si difficile. Lorsque les Sculpteurs d’Itaiíe veulent em-ployer quelques vieux morceaux de colonnes, qu’on y trouve enco-re aujourd'hui, ils onr une scie de cuivre qui n’a point de dents > Scavec de l’émeril réduit en poudre & dc l’eau qu’ils versent dellus, lesusent & les coupent enfin avec une grande patience. Ce n’est pas quede teins a autre il n’y ait eû dVxceilcnc hommes, qui ont tâché dedécouvrit la maniéré dont (e fervoient les anciens, mais ç’u été pres-que inutilement. Léon Baptiste Albert a été un de ceux qui a seitdavantage d’épreuves , Sc qui a recherché plus soigneusement unebonne trempe pour les outils: & quoiqu’il eût rccorrut (a ce qu’ildi-soit) que le sang de bouc eût quelque propriété, & fût la meilleurechose dc toutes celles qu’il avoir expérimentées, cette trempe n’étoitpas néanmoins de longue durée : car bien qu’en travaillant on enle-vât quelque chose de ces matières dures, cette dureté étoic quelque-fois li force, qu’il en sorcoic plûtôc hes écin.ehes fe leu que deséclats; d’autres ouvriers ont essayé i leur tour differens moiens detravailler; les uns avec des roues' Sc l’émenl, d’autre avarie gros m it-teaux en pointe de diamant & forgés de bon acier trempé dans le sangj de bouc, mais inutilement, a !'égard du porphyre. Car frappant dellus! â petits coups avec ces marteaux, ils le diminuoient á la vérité peu-a-peu, & lui donnoienc enfin avec beaucoup de tems-íeds peine une torme
ronde