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ont toujours fait tine foible impression , sans ces reliefs extérieurs Scleníibks. Ce n’esl pas seulement dans la police civile Sc politique, quel’on met en usage ccs stratagèmes , mais encore dans la police reli-gieuse ; dans la Religion des anciens Grecs & Romains, il a fallu dubrillant de l’or, & toute forte d’ornemens dans la Religion de l’AncienTestament. Les habits & ornemens somptueux étoienr aussi en usage,& dans l’Église Chrétienne,tant dans la Grecque que la Romaine, ona trouvé à propos de donner ces appuis à la pieté des Fidclei. Toutce qui peut contribuer à des fins aussi justes & légitimes . tel que lerespect envers Dieu & envers les choses saintes, tel que le respect en-vers les Rois > comme Lieutenans de Dieu & les Ministres de fa sa-gesse & de sa justice, tout cela est digne dette observé & approuvé.Mais il est souvent trcs-pernicieux de toleret le luxa parmi les persannés vulgaires, & fur tout du bas peuple > car comme ils ont la foi-blesse commune de vouloir s’embelhr & briller,ils employent pour sa-tisfaire leur vanité, les moyens qui leurs sont absolument nécessairespour une autre destination ; savoir, pour la nourriture de leurs enfans,leur éducation & le reste des besoins œconomiques. On peut voir dansle Dictionnaire de M. Savary , l’article Habillement, où l’on ver-ra Tétai présent des droits d’cntrée & sortie de toute sorte d’habits ,par rapport à la France, soit habits d’étoffe, de laine, foie, que bro-derie plus ou moins riche : si l’on avoir à la main un tarif général desdivers Royaumes & Pais fur chaque matière du commerce , ce seroitun ouvr ge bien utile & bien commode ; cette comparaison se pour-loit aiíément faire, lorsque chaque Nation posant son propre tarif ,comme fondement,mettroient en tout autant de colomnes les usages& réglera, ns des autres Nations fur le méme article. Cette comparai-son toute préparée quelle stroit par un tarif harmonique & univer-sel , épargneroic bien des pénibles oppérations Sc réductions t car toutce qui concetnetoit un article, se trouveroit tout sous une simple vûë,ce qui facilitcroit les mesures qu’on auroit à prendre. On pourroitnon feulement suivre Tordre d’alpbaber> qui est toujours le plus com-mode & le plus expéditif > mais aussi un autre ordre plus savant &plus instructif. On sera peut-être bien aise de voir ici pour le moinsles titres de plusieurs Réglera Sns de nos Rois fur le luxe & la réfor-mation des habit, pour les justes motifs dont j'ai déja fait' mention ,on pourra voir le détail de ces Réglcmens dans les Auteurs que je ci-rerai , pour y aller voit la íagtste & bonté paternelle des Rois , qui yparaissent non-seulcmtnt comme Rois , mais comme (Economes decette grande famille’, qu’on appelle Ville & Royaume. |e considére-rai que ce qui est arrivé fous deux Charles , VIII. & IX. sous troisHenris > II. III. Sc IV. & íòus Louis XIII. & XIV. dfcpuis Tan 148 s.juíqu’al’an 1661. depuis lequel cems julqu'à préfet on a laissé la li-Teitc à chacun fur l’usage des habits ; de sorte qu’il est permis à pré-sent a chaque pauvre orgueilleux de goûter le plaisir de la vanité au-tant de tems ^u’il lui plait&qu’il le peut. Ces flux brillans passagersfont comme des Comètes ,qui vont s’éteindre dans la pauvreté & dansl’obscurité des faillîtes & banqueroutes, pour servir de leçons & des-tructions aussi utiles aux hommes prudens Sc (âges, que le (croient lesmeilleurs Réglemcns de Polce. D’ailleurs plusieurs personnes qui nesont point occupées au travail de la terre,ni dans les emplois civils &politiques, mourraient de faim , si la vanité & le luxe des hommesvains & superbes ne leur donnoient un travail 'lucratif. II me vient enmémoire un problème fort particulier , proposé par, un homme éclai-ré, & qui jettoit sa vûë assez loin ; (1 les Ib éducateurs & Mor .listes neferaient point mieux, par rapport au bien civil, s’ils parloicnt un peumoins contre le luxet.es habits, & beaucoup plus fur la réformation desmauvaises affections d’avarice, de dissolution & d’impicté. Venons àétaler une espece d’éruditíon de police sur le fait des habits : fous leRoi Charles VIII. fut un Édit du Roi, portant règlement fur la réfor-mation des habits ; donné â Mtlun le 17 Décembre 1485-. VoyezFsmtan.tom. 1. pag. çso. Sous Henri II. en 1545. fut donné un Éditfut le mime sujet ; donné á Fontainebleau le S Décembre dudit an ,registré le 18 dudit mois : voyez le mcme Auteur au méme endroit.Sous François II. en Tan r 561. !ut un Édit du Roi, portant Règlementpour les habits en 17 articles; chez Vontan. tom. 1. pag. çsi. SousCharles IX. fut une Déclaration du Roi > portant Règlement pourl’exécution de l’Édit du n Avril 1581. ciré ci-devant, mais qui estplus ample ; savoir en 10 articles , donné a Paris trais ans après. Leméme Charles IX. porta une Ordonnartfce bien remarquable, touchantla réformation des habits , par laquelle il soit deffensc à tous Gentils-hommes , Seigneurs , Présidons , Mairies des Requêtes , Conse 11 ersdes Cours Souveraines -8c Grand Conlcil , Gens des Comptes, Tré-soriers de France , Généraux de Finances, Notaires & Sécrétasses de laMaison & Couronne de France , d le servir & por er enrichissementni soie en bonnets, souliers & fourreaux d’épée, excepté les Maîtresdes Requêtes, Trésoriers de France , Généraux des Finances, Notai-res & Sécrétasses suivans la Cour ; faite le 17-Janvier I f 63. Dans larncme année , le 10. Février -1363. fut une Ordonnance du mémeRoi, en interpréta ion de cd.e du 17 Janvier précédent, par laquelleil est dit que par ('Ordonnance du 17 Janvier audit an , portée poutôter tous sujets de dépensés superflues dans les hahillcmens , il avoirété pourtant permis aux femmes & filles des Officiers , qui feront De-moiselles, Tu íage du tafetas & autres ouvrages de soie en robbe : nousavons entendu dès lors que hurs maris,de la splendeur desquels elles«luisenteussent le même privilège & la gnême permission ; mais par-er qu’il n’en a été fait autune mention en ladite Ordonnance, laquel-le semble plutôt ôter le pouvoir de porter le raseras en robbe que dele permettre; ainsi en interprétant ladite Ordonnance, nous déclaronsque les Officiers de la qualité qui fm'vent , pourront porter le tafetas,& fe servir de soie cn robbes : ces Officiers sont les mémes que ci-des-sus mentionnez dans l’Édit même précédent, dont cette Ordonnanceest tine pure interprétation & même ampliation , y étant fait de plusmention après les Sécrétasses de Sa Majesté , des Trésoriers de sonépargne, de Tordínaire Sc extraordinaire des guerres & maison du Roi,suivans la Cour. En 1373. suc un nouvel Édit,portant Règlement gé-

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ncraT pout les habits ; il fut donné àlParis le îf Février du mêmean : Voyez Fontan. tom. t. pag. sç.

Sous Henri III. en Tan 1374. furent données Lettres Patentes dtlRoi, portant Mandement au Parlement pour faire observer l’Édic pré-cédent , touchant‘la soperfmité des habits. En r 376. fut une Déclara*tion du Roi pour Texécution des Ordonnances touchant la résonna*tion des habits, portant en outre deffensc s aux Roturiers d’uíutper letitre de Noblesse , & à leurs femmes de porter l’habit des Demoisel-les : cette Déclaration fut donnée à Paris au mois de Juillet 1376. Jene puis supprimer la réflexion qu’on peut faite sur la (implicite & mo-destie de ces siécles lì peu éloignez du nôtre , & la souplesse Si docili-té de$ François, sous cette belle ccconomie Royale > qui entrait quasidans Tœconomie de chaque famille particulière. Henri III. en 1383*fit un Édit le 2.4 Mats,pour le méme retranchement de la soperfluicédes habits. Henri IV. en sit de méme; Louis XIII. en 163 9. fit un Éditau méme but , pout la réformation des habits ; cet Édit fut donné àS. Germain en Laye le 14. Novembre : le méme esprit de modeltia& de distinction, parmi les divers ordres & condition des Citoyens,aduré jufqu’à Louis XIV. comme il paraît par Sa Déclamation , portantRèglement concernant la parure des vétemens ; donné le 27 Novem--bre 1660.-registrée le 13 Décembre suivant; & par une autre Décla-ration , en interprétation de la précédente , pour les habillemens ;donnée à Paris le 17 Mai 1661. registrée le 30 Juin suivant : Voyezk sixième Volume des Ordonnances de Louis XIV. fol. 33 s.

HABITS de deuil sont comptis dans les frais funéraires. Arrêt duz7 Août 1681. rapporté au quatrième tùme du journal des Audiences ,liv. 8. chap. 14-, C'est pourquoi ils sont dûs par les héritiers loriqu’iln’y a point Se gardien noble ou bourgeois. Le gardien .confond cettedette par Tacceptation de la garde, puiíqu’il est tenu des dettes mobï-liaites.

HABITUDE. Par rapport à la science œconomique & morale,est la facilité que tous les membres d'une famille ont à faire leur de-voir , & remplir leur fonction pour le bien du chef. L’habitude d’o-béïssance dans les enfans fe forme par la bonne éducation ; car natu-rellement Thomtne fe porte à obéir à celui de qui il n’a reçu que dubien , & dont il a épouvé la sagesse & les essors d’un amour sincère.Il ne faut pour former Thabitude de respect & d’obcíssancc, qu’écar-ter les suggestions étrangères des jeunes gens ou domestiques corrom-pus , & que les parens soient pour eux des modèles de toute vertu jcette habitude de devoir filial nc coure point de peine & ^effort , lacontinuation de leur vie forme cette habitude Sc facilité. L’habitude defidélité & de diligence dans les domestiques, ne s’acquicrt point parTinstìnct de nature, mais par Tamour propre , éclairé de leur« vérita-bles intérécs : s’ils n'ont pas Tefprit de comprendre ces intéréts,il fautmettre en péril cet amoW propre grossier par des menaces, par desprivations , Sc enfin par l’expulsion ; mais il n’y a tien qui tienne plusdans Tordre & le devoir,à Tégard du chef de famille ceux qui ne luisont point unis pat le íang ou autre lien naturel > que d’avoir dans famaison quelque bon domestique, qui serve de modèle, & qui soit vété-ran dans le service domestique ; car le maître peut aisément gagner àson service par cet appeau les domestiques négligens. Les menaces &Témulation sont les deux stratagèmes pat lesquels l’œconome , non-seulement sans coup férir, mais aussi avec facilité contiendra les servi-teurs dans leur devoir. Les bons domestiques se trouveront confirmezpar Tapprobation de leurs marnes, Sc deviepdront des íurveillans quitiendront en baleine ceux qui ne sont point encore parvenus a la sen-sibilité pour Témulation : Thabitude de justice Se d’humanité dans lesmaîtres a Tégard de leurs valets & gens de service, c’est de se convain-cre qu’un bon payement est le premier mobile du bon & fidèle service,que les domestiques par nature sont nos égaux, & que par conséquentil saut qu’ils conservent la dignité que la société civile & la providen-ce divine leur a donné , de peur que ces domestiques ne s’apperçoi-vent trop de cette vérité dans la familiarité des maîtres, donc infailli-blement ils abuseront. Alors les maîtres qui ont relâché de leur auto-rité , auront de la peine à tirer le juste service qu’ils méritent parleurs salaires, & seront obligez à chasser des malheureux , qui fautede moyens pour vivre , fe porteront à toute sorte de vûë & mauvai-ses actions. Voilà des méthodes différentes pour former & produiredes bonnes habitudes en nous méme & dans les autres ; mais de rou-tes les maniérés la plus propre est celle de la conviction , car qui quece soit qui verra évidemment qu’une telle conduite est juste devantDieu & devant les hommes, qu’elle est la voye la plus sûre pour évi-ter la pauvreté , la misère & la peine. Qui que ce soit, dis je > quifera dans eerre persuasion , ne manquera point de se conformer à cequ’exige de lui son amgur propre,éclairé dans ses solides & véritablesintérêts : on dit que les habitudes se forment par la réïtéraûon desactes , je Ta voue, dans les habitudes purement machinales. Chanter ,danser , faire des armes , jouer sor un chvessn ou sor un lut ; maisdans les mœurs la réitération des actes , qu’on appelle bons , ne pro-duira pas fi vite une habitude véritable & constante < que le seroitune parfaite conviction dans ce qui concerne nos devoirs , (ì la con-viction ne précédé ou n’accompagne : on ne peut pas dire queces habitudes {Jurement fondées sor des actes machinaux , soient deshabitudes vertueuses Sc raisonnabl s. J’appelle une habitude' raisonna-ble , la facilité qu’on a d’agir , conformément a ce qu’cx ge de nousce dictamen de la raison > qui nous porte à ; référer le bien spirituelau bien sensible , lorsqu’ils sont en opposition. Cette facilité d’agirainsi est íèule capable de nous rendre heureux constamment , une na-ture spirituelle & raisonnable ne pouvant être heureuse que par ce quilui est conforme , ne pouvant , dis-je , être heureuse que par c quii la perfectionne , qui doit lui être semblable Sc de méme g.nie. J'ap-! pelle une habitude vertueuse, cette constante & ferme volonté de sui-vre ce que la raison découvre être le mieux pour la perfection , &conséquemment pour le bonheur réel , véritable & immuable. Touc, ce que je dis ici n’est pas pout exclure Tamour , le soin 8c la pour-suite des biens sensibles, puisque Tordre de Dieu Sc le dictamen de

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