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enlever i.'tcc quelque violence ce qu’il n'est pas capable <îe montres:évidemment lui appartenir. La hardiesse est une voye abrégée , quine veut point attendre la procédure lente du droit démontré. L estune impatience de ['amour propre excessif, qui veut jouir un peiipar avance des fruits d’un mérite qui n’est point encore mur, ou quin’est pas encore connu. Tout de même le timide a l’air d’uh usurpa-teur , qui a le deílein de prétendre à ce qui ne lui est pas dû , & quisent les reproches d’unc droite conscience , qui condamne Sc mortifieson injuste préteníìop. La timidité naît du combat de l’orgueui! & dela justice dans le cœur de i’homme , la timidité est la trille & péni-ble situation dune ame , en qui la lumière du vrai & du juste acca»ble & confond la vanité & l’injustice de l’amour propre > que fera-t-on donc 1 il ne saur qu’une feule'belle qualité , la modestie accom-pagnée d’une fidèle attention à nos devoirs. Si dans cette belle difpo -litron on le lent de la force & de la vertu, la fidélité l’employera touteentiere ; Sf si l’on n’a pas encore ce bonheur , la modestie nous em-pêchera dc rien prétendre au dellus de nos forces , suspendra les gran-des entreprises a quoi notre petit mérite n’a point de droit > & nousoccupera a des objets qui nous soient proportionnez. Je crois avoirallez décrié la susdite maxime, audaces fortuna juvat , & avoir raisonde prononcer oc dire que la félicité'est le prix & l’effec infaillible de lamodestie Sc de la fidélité à nos devoirs. Nous avons dit ailleurs l'éty-jnologie dc ce mor.
HARMONIE. Terme d’Architectúrc. Ce terme est usité parcomparaison avec la musique , pour signifier surdon Sc le rapportqu’ont- entr’elles les parties d’un bâtiment. En peinture l’harmoniedu tout ensemble est un accord des couleurs Sc de lumières qui doi-vent concourir à rendre le principal objet plus sensible ; dans le senspropre , c’est-à-dire , dans la musique , l’harmonie est le mélange depiuhcurs voix ou sons d’instruinens , qui font ensemble un accordagréable à l’oreille : quand ces sons ne sont pas suivis par d’autres ,liiarmonie est simple ou unie, e'elì ce qu’on appelle accord ; mais uneharmonie multipliée Sc va iée est une luire bien rangée de plusieursaccords > qu’on appelle symphonie. L’étymologie de ce mot nous dé-trompera des applications particulières que nous venons de faire dc cemot, loir à l’ar.hitecture, soie à la musique , &c. J’ai dit que le íenspropre d’harmonie appartenoit à la musique > mais !c mot d’harmonie,à raison de son mot original , ne doit pas être soumis á cette restric-tion , mais signifie toute sorte dc convenance , tout rapport qui plaît.Ainsi l’harmonie doit être premièrement conçûë dans les nombres > &puis dans les sons comparez eutr’eux sous l'idée & en guise des nom-bres > des sombres vous pouvez transporter les idées universelles deraison > de proportion , d’harmonie , fur les lignes & fur les figuresplanes ou superficielles , Sc fur les solides. On pourroic imaginer uneharmonie dans les objers de tous les serre , dans les objets du goût,de l’odorat & de l’atcouchement. Car la douceur & le charme quecause le mélange des diverses odeurs , choisies dans les parfums , nepeur il pas être appelle musique , c’eit-à dire , proportion 8c harmo-nie, & les divers mélanges Sc combinaisons des diverses choses quiont une agréable saveur , ne peuvent i's pas être regardez comme lamusique ou l’harmonie dans l’objet composé du goût > qu’on appellegrossièrement rageât. Car harmonie , qui vient visiblement du Grec ,a pour fa racine ou mot radical , harmozem convenire ; voici une lé-gère introduction à ['intelligence des mots dont je me luis servi dansc ct article de l’harmonie. Je les considérerai dans les objets les plussimples qui font les nombres. Si je compare, par exemple, i à i, jetrouve le rapport d'égalité ; si je compare i a 4 , je trouve un rappoitt’.’inégalité , mais exact ; savoir, du soudouble ( comparant i à 4 ) &dn double (comparant 4 à i) son exprime ces deux sottes de rapportd’égalíté parfaite , ou d’inégalité exactement & nommément connue,pat le mot raison , qui est, comme l’on voir, de deux sortes , raisond’égalité Sc raison d’inégalité > je continué ( pour découvrir la nais-sance d’autres termes ) de comparer la raison de 1 à 1 avec la raisonde 4 à 4 > Sc je trouvé que ces deux raisons sont égales , Sc j’appel epour abréger l’expression de ces deux raisons égales , une proportion.Si présentement je compare avec ordre ce que j’ai déja considéréavec ce que je puis considérer encore , en continuant fur le même
pied , je pourrai ainsi écrire Sc je trouverai un troisième
44 8 8 16 16 nouveau terme de fart > qui
m’est nécessaire pour urie ex-
pression plus aisée du progrèsdc mes idées. De cela il estfacile de savoir dans un exem-ple aisé , tel que celui que je
proportion.
—— *
proportion.
- J
harmonie,viens de marquer.
1. Que ïharmonie est dite dans l’éxemple susdit > légalité de deuxproportions.
1. Que la proportion est l'égalité de deux raisons.
j. Que la raison est la comparaison de deux nombres , qui fontégaux ou qui sont dans la même idée.
Cet exemple a pour fondement une raison d’égalité. II cn seroit demême dans un autre exemple, qui auroit pour fondement une raisond'inégalité distinctement & nommément connue.
Tout ce que j’ai prétendu faire dans cette considération fur lesnombres , n’aboutir qu’à donner ridée juste de ces trois termes-, rap-port ou raison , proportion ou raison composée : harmonie ou proportioncomposée.
Dans toute comparaison de nombre à nombre vous avez besoindc ces trois termes , si on continué long-tems la comparaison. J’aidit que l’on peut comparer les sons aux sons dans la musique ; maisc’est en les réduisant à l’exacte connoissiance qui se trouve dans lesnombres, ce qui est difficile ou impossible dans les objets de nos sens:car ces qualicez des objets, couleurs, sons, odeurs, qualitez tactilesne peuvent être que confusément connues. On excepte la propriétéde l’étenduc des corps , qui imite toute [exactitude des idéesnumeri-Tome I.
ques , car les lignes sont aux lignes , comme ìes BoífibfeS sont àuJÉnombres, & comme 1 architecture a des sujets & parties géométriques!l’architecture feule a l’avantage d erre susceptible de toutes les beau»tez qui se trouvent dans les proportions Sc harmonies arithmétiques& géométriques. Vitruve parle dc la musique harmonique d’Anstoxe-ne , Disciple d'Aristote , Sc il paroît que ce Grand Maître de [‘Archi-tecture a senti beaucoup de choses j qui paroissien: avoir du rapportà ce qui a été dit ci dessus, Vitruve , dis-je , dit que cette musiquéharmonique d’Aristoxene étoit opposée à celle des Pythagoriciens, encc que ceux-ci pour juger des tons, n’avoieht égard qu’aux rai-sons des proportions exactes qui patoissent parfaitement dans lesnombres , qui étoient l’idolc de Pytljagore ; Sc ceux-là croyoiencqu’il y falloir joindre le jugement de l’oreille , à laquelle . selonleur oppmion > il appartient principalement dc régler ce qui concerneles qualitez sensibles , tels que sont les sons : cette considération quime vient á la main actuellement dans une lecture de pur hazard , mefair voir que je n’ai pas parlé en l’air. Câr voilà Pythagore qui méjustifie d’unc parc , qui ctant appuyé fur les propriété? des nombres »dans lesquels seuls & originairement se trouvent les idées ex .ctes dela proportion Sc harmonie > Sc de sature les Sectateurs d’Aristoxenesont de mon avis , que dans la musique Sc les aucres sciences quicherchent I harmonie, la beauté Sc la proportion dans les qualitez sen-sibles , il faut appeller au jugement dc l’oreille & du sentiment. Onpeut cependant conclure dc là, qu’il faut embrasser les deux opinions,c’est-a-dire, de tâcher avec Pythagore , de réduite autant qu’on peut,tous les sujets que nous traitons à Ion exactitude numérique, & là oùelle ne peut se trouver, se contenter des jugemens sensibles Sc confusdes organes de nos sensations. Les Platoniciens ont cru que le mou-vement des corps célestes -faisoit une harmonie effective j en cela ilsdevenoient Pythagoriciens , mais il y a apparence que les Historiensdes lentimens des anciens Philosophes ont été trop hyperboliques, cnvoulant donner du merveilleux aux opinions de ces Anciens. La mu-sique Sc les tons musicaux dc cette prétenduë céleste harmonie, ncsont autre chose que les proportions que nos Savans Astronomes ( parexemple, Keppler ) ont trouvé dans les mesures Sc quanticez du mou-vement de ces corps célestes, Sc que le mot ion tonus doit ctre pris dansle sens de ténor Sc valor , loir dans le mouvement, soit dans les dis-tances Sc grandeurs.
HARO. Est la clameur du Sergent ou de quelqu’autre personneque ce soit à qui on veut faire violence Sc qui implore le secoursdu public. Les Normands se fervent de ce terme haro , qui se dit parcorruption de Rou ou Raoul, premier Duc de Normandie , auquelils avoient autrefois coûtumc de se plaindre hautement quand ostvouloir les opprimer : la clameur de haro est donc proprement en laProvince dc Normandie, ce qu’on appelle ailleurs clameur publique*Voyez Raguau , en son Indice sur le mot haro. La clameur de haros’éléve auffi contre celui que l’on poursuit, & qu’on veut obliger àreprésenter une chose dont il est saisi , Sc qu’un autre prétend lui ap-partenir. On fait cc cri pour réclamer le secours de la Justice lorsqu’on trouve sa partie & qu’on la veut mener devant le Juge ; caralois elle est obligée de suivre celui qui a crié haro sur elle, Sc sun Scsature demeurent en prison, ou sont tenus de bailler caution. Les Let-tres dc Chancelerie portent ordinairement ces mots: nonobstant cla-meur de haro , Charrrc Normande Sc autres privilèges à cc contraire.Ce haro est interjecré > non-seulement pour crime , mais encore pourl'intróduction de tout procès , même en matière bénéficiale , tanrpour meuble que pour héritage, 8c les parties sont tenues de donnerrespectivement caution, l’une donne caution de poursuivre Sc sautrede deffendre le haro, après quoi la chose est séquestrée,Sc le jugementemporte l'amende , comme il tst porté dans la Coutume de Norman-die , Art. Í4. & suivant. Ce haro avoir autrefois tant de pouvoir ,q ’un pauvre homme de la Ville de Caën, nommé Aíïèlin , a'réta envertu du haro > la pompe funèbre de Guillaume le Conquérant, jusqu’a ce que Henri son fils lui eut payé la raseur des héritages qui luiappartenoient, fur lesquels il avoir fait bâtir la Chappelle ou il sut en-terré , comme on voit dans la Chronique de Normandie. Godefroi 8eEaton,us en font aussi mention. A l'égard de l’étymologie de ce mot,la commune opinion est que ce mot ou cri signifie ha Raoul , commeétant une invocation du nom de ce Prince , qui se rendit si recom-mandable 8c vénérable à ses sujets par fa sévérité à rendre justice versfan 911. qu’encore après fa mort on le réclamait quand quelqu'unsouffroir quelque oppression. M. de Caseneuve prétend que cette origineost faulle,Sc que le mot haro signisioit cri Sc clameur long-tems avantle Duc Raoul, qui vivoir du rems de Charles le simple. En Angle-terre , cn cas de larcin, vol ou meurtre dans un Bourg ou Village, sile criminel prend la fuite le Connétable en étant averti peut obligerla Parroifle de le poursuivre avec lui,c’est ce qu’on appelle en Anglaishue en cry , Sc en Normandie !e haro. Haro signifie aussi un droit quiappartient au Seigneur Haut Justicier, de faire payer l’amcnde à ceuxqui ne sc saisissent pas de la personne du mal faiteur fur lequel on acrié le haro, auquel cri tous les voisins doivent sortir pour prêter mainforce à la Justice.
HARPES. En Massonnerie sont les pierres que l’on laisse sortirhors du mur pour servir de liaison lorsqu’on veut les joindres à uneautre muraille ; on les appelle naissance lorfqu’elles sont laissées pourfo mer une voûte , il y en a aussi qui les nomment pierres d’akten e.L’étymologie de ce mot doit ctre prise du mor harpon , qui signifieun fer ou autre matière pour accrocher ou joindre , Sc celui ci vientdu Latin ou du Grec latinisé harpago croc ; car ces pierres qui sortentdu mur , pour devenir parties d’un mur nouveau qu’on le proposed’y joindre en son rems , font le même essor , pour unir comme lesharpons dc fer, ou comme les tenons de bois dans les mortaises pourassembler de grandes ou petites pièces, Sc membres de charpenterieou de menuiserie.
HARPIE. Terme d’Árchitecture. Oiseau monstrueux & fabu-
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