H A R. H A S>
semble convenir, qui a attribué à des intelligences les mouvemEns cé-lestes ; au reítc ces Basilidicns s’cxpliquoienc loti positivement, Sc nom-maient les noms de ces Anges, qui s’étoient communiquez à ces hé-rétiques par une révélation angélique , qui n’étoit pas opposée , quoi-qu’inféiieure , à la révélation divine qui leur manquoit j 1c inémeAlexandre Hales, dit que ces hérétiques appelloient Saturne Cafiìel ,Jupiter Sachiel, Mars Samuel, le Soleil Sc la Lune Mtchaél, Vénus Ana-iicl, Mercure Raphaël, comme le nom de Dieu cl se trouve dans cousles mots d'Anges Planétaires, ils philosophoienc beaucoup dans ces no-minations , à peu près comme les Docteurs Hébreux, qu’on appelleCabalifies ; mais cette Philosophie aboutir à dire que ces Anges sontrevêtus de la vertu divine. pour servir de Ministres aux volohtez d’unseul Dieu tout puissent ; ils ne restent pas d’être téméraires . deposer d’autres révélations que la feule révélation divine dans l’Écriture& par la feule Écriture ; mais voici une bien fantasque figure d'unHarpocrate , assis fur une tête d ane renversée avec des lettres Grec-ques au revers , qui signifient fort & invincible, que les Bafilidiensdonnoient à leur Jao ou 'Jéhova , pour leur servir dc préservatif dansles dangers, Sc d’allurance contre leurs ennemis. Le mime Harpocrateest encore gravé avec léS sept voyelles Grecqueí , qui íignifîoient lemot Jéhova.
Voilà ses différentes figures antiques d’Harpocrate, tirées des gravuresSc des médailles. Voici celles qui sont copices d’après des petites sta-tuts antiques dc bronze, qui se trouvent dans ses cabinets des curieux.Les statues antiques d’Harpocra r e avoient toutes le doigt fur la bou-che ; mais les unes nous sont représentées avec une corne d’abondance& un panier fur la tête (ornement ordinaire de Serapis, qui au senti-ment de quelques-uns, est le même qu’Osiris pere d’Harpocrate) lesautres le font voir avec une tête rayonnante , quelques-uns le repré-sentent vêtu d’une longue robbe jusques fur les talons » ayant fur latête une branche de pêcher , qui étoit un arbre dédié à Harpocrate ,paice que son fruit ressemble au cœur & ses feuilles á la langue; ainsique Plutarque l’a remarqué , par où les Anciens onr voulu lignifier leparfait accord qui devoir être entre la langue Sc îe cœur. En d'autreslieux on fait voir Harpocrate avec un ornement de tête particulier ,ayant, outre les marques d’un Harpocrate, celles d’un Cupidon 8e d’unEsculape , puifqu’il met le doigt fur fa bouche , qu’il a des ailes, unetrousse de flèches & le serpent entortillé à un bâton. Un Auteur d’en-tre les médiocres explique cette grouppe dc figures mystiques & my-thologiques d’une maniéré p astable , mais qui n’a pas assez d’unifor-mité Sc d’unité; car il dit d’une part que l’union d’Harpocrate avecCupidon , veut dire que l’amour a besoin du secret, & celle d’Haipo-•crate avec Esculape marque la discrétion qu’un Médecin doit à son ma-lade sur la confidence qu’il lui a faite. Quelle apparence qu’un sym-bole composé pour faire un seul tout myérieux, signifie deux chosesqui n’ont point de rapport : la considération profane du sectct enamour, & de la fidélité d’un Médecin à cacher les maladies secrettes deson malade,un particulier peut bien concevoir de pareilles idées pourson propre divertissement ; mais comme ces choses sont d’une prati-que triviale & commune , fondée fur f intérêt , il ne faut pas croi eue des peuples si sages ayent voulu établir des symboles pour figui-er ce que tout le monde fait. J’aimerois donc mieux me taire pourla seconde fois avec Harpocrate, que d’apporter dc telles minuties, ouil faut avouer qu’on n’en fait rien , ou faire effort pou t trouver quel-que chose dans la sublime Théologie, ou dans la Philosophie secrettc,qui puisle être dignement attribué á des symboles si graves. Le savant& sublime Kirker a fait des gros volumes pour expliquer les figuresgc symboles des Égyptiens, on peut le consulter ; niais jc rapporteraiici la belle imagination d’un Philosophe quia passé pour adepte, c’cst-à-dire , pour avoir eu parc à la connoislance de la Médecine univer-selle. II dit que ce secret marqué par Esculape > est un pur don deDieu, qu’il donne quelquefois & librement à ceux qui l’aiment Sc quicachent ses bienfaits fous l’hu milité , la modestie Sc le silence, ce motest tout Grec Sc signifie la feinte divinité des Égyptiens dont nousavons parlé > ou un symbole & hiéroglyphe de quelque grande & im-portante vérité.
HARPON. C’estunepiece deferquicientlcspans de bois d’un bâ-timent. Il y en a de droits Sc dc crochus, on s’en sert aussi dans la maçon-nerie. Ce font des morceaux de fer droits ou coudez pour retenir lescloisons & pans de bois ; les Anciens en faifoient de cuivre, qu’ils cou-doient en plomb pour lier les pierres: eij Latin on nomme les harponsretinacula ferrea. Le mot harpon vient de harpax ou harpago croc , &ce mot harpago vient de raptrt accrocher , emporter, Sc tramer Sc rete-nir avec un croc ou avec quelque chose d’équrvalcnt, avec les ongles ,avee des griffes. Le mot harpon signifie aussi un dard attaché à unecorde, avec lequel on prend les baleines; ce harpon est un grand javelotforgé de fer battu, long de cinq à six pieds, ayant la pointe accrée, tran-chante & triangulaire en forme de flèche, au bout d’enhauc est un an-neau où est attachée une corde , qu’on laisse filer ou couler preste-ment après avoir bleslé la bête, car comme d’abord elle se tapit Sccale à fond , elle pourroit entraîner tout-à-coup la corde fi elle n’é-toit libre & bien longue ; on se lert aussi de harpons à la pêche destongs, des marsouins & autres gros poissons.
HART , dit Ragueau en son Indice des droits Royaux , est la cordeau col, par laquelle on livre la mort au criminel condamné; ainsi quandon prononce à peine de la hart, c’est-à-dire , d’être pendu Sc étranglé :cette peine fuit particulièrement ceux qui nc gardent pas & qui enfrei-gnent leur ban. Le mot dc hart a signifié d’abord le lien d’un fagot ,& ensuite on a appliqué ce mot à la corde dont on étrangle un cri-minel , parce qu’on attachoit autrefois les criminels au gibet avec cesfortes de liens de bois pliant.
H A S.
HASARD, fortune , cas fortuit. Ce qui arrive, non sens cause ,mais fans qu’on en connoiflè les causes & les principes , quoiqu’il ycn ait constamment. C’est un effet du hasard, c’est un effet qui arrive
H A & M A U*
às qùê nous puissions donner la raison de son existence & de softévénement » des pauvres Sauvages & des en fans f croient égalementsurpris, s'iís entendoient tout à coup & pour la premiere fois la son-nerie d’une montre dc poche cachée dans un bois ; mais le propriétai-re dc cette ingénieuse machine ne sera point dans la surprise de cesignorans, sachant bien que ce font des effets des causes réglées. Si desimpies grossiers considèrent le monde, ils pourraient dc mcine croi-re comme des Sauvages & des enfans. que le jeu du monde , aussibien que fa naissance, est un effet (ans cause réglée, ou comme ils di-sent , un effet du hasard j mais les Physiciens messianiques, Deílartes iNewton & autres qui ont remarqué la régularité des nfouvemens cé-lestes , & qui en ont découvert le système Sc l'œvonomie, seront biertéloignez de ce sentiment. Les ignorans veulent passer pour être éclai-rez , quoiqu’ils ne comprennent rien aux véritables & positives causesdes choses. C'est ce mot dc hasard qu'ils ont employé dans ces occa-sions, pour paroitre assigner quelque cause , quoique ce mot ne signi-fie rien Sc qu'ils n’en ayent point d'idée, ou bien le hazard est un mot& note d’artente , une note expectative pour signifier ces choses donÊles causes font encore inconnues , qu’on a deflein dc rechercher , acdont on présume qu’on pourra trouver ut) joui la raison. Ceux-ci se-roienc plus supportables dans l’usage de ce mot en ce sens, mais ìl*font coupables dc vanité , de vouloir cependant p aster pour ce qu’ilsne font pas, & donner crédit à un mot dangereux : mais appliquonsce mot dans bt conduite de l'CEconome ; voici des façons de parler quisemblent être' des belles maximes, quoiqu’elles ne soient que galima-tias ; un homme sage, dit S. Evremond , n’abandonnc pas une feuleaction au hasard ou â l’emportemenc de l’humeur ; il se toit mieux dedite qnson homme fige délibéré fur tout, considère fixement fa fin Scson but, choisit parmi un grand nombre de moyens , ceux qui ont lerappott 1e plus exact à cette fin ou but. il ne se détermine à rien qu’a-vec évidence,ou s’il est prestë d’agir, il ne se détermine que par pru-dence, c’est-à-dire, pour le parti le plus honnête, le plus sûr , le plusvraisemblable ; enferre que personne nc peut lui reprocher , ni préci-pitation, ni présomption de ses forces . ni légèreté, L’étymologie dece mot hasard est plus obscure que le mot casas Latin, qui lui répond,c’est-à-dire, qui a un méme usege darts les deux langues í commen-çons à nous essayer & éprouver fur le mot casas ; il vient de cadere ,cheoir , écheoir, c’est la chute du dez diversement marqué fur ses cô-tez, lorfqu’il sort Sc tombe hors du cornet à jouer : le mot de cafussignifie ici quelque chose de positif ; savoir , la situation pafticulicrcdu dez dans íà chute, de forte que l’on peut désigner par quels dc seschiffres & nombres il répond aux six parties fixes de l’univets, le haut,le bas Sc les quatre cotez. La signification de ce mot Latin est toutepositive & assignable > mais le mot hasard en François ne signifie pasfeulement cet événement, ce cas , cette chute des choses , cette con-joncture , mais on prétend faussement 8c frauduleusement nous fairecroire qu’on assigne la cause dc cet événement, pendant qu’on ne dé-signe réellement que le seul événement commode ou incommode *utile ou dommageable ; comme son idée est chimérique, jc crois qu’onn’a point choisi ce son avec quelque dessein & analogie , mais que c*mot a été le premier qui est tombé dans la fantaisie de celui qui lepremier s’en est avisé fans aucun motif ou raison, ce son est si lâche& si fâde qu’il exprime la lâcheté & l’oisiveté de la personne oiseuse& endormie qui l’a proposé; cependant on pourroit bien dire que ha-sard est coin me cajuahs res, une chose casuelle , qui arrive telle qn’onla voie par l’expérience. Si l’on s’imagine que c’est une trop grandelicence de changer l cn r, qui font pourtant toutes deux lettres liqui-des , on peut mettre en place res cafuaria ; SC si l’on veut tendre odieuxles esprits qui s’occupent à inventer des mots aussi bizarres & fans ju-gement ni signification , disons qu’il vient de otiari , niaifer & s’occu-per des riens & des bagatelles. Telle est l’étymologie de M.,.,, citépar M. de Furctierc , qui plutôt que de se taire , dit que le mot ha-sard vient de l’Efpagnol aj'ar > qui signifie un as au jeu des cartes imais si 1e François soutient que aser Espagnol vient de hasard François,qui décidera ce différend ì Sc quelle utilité nous reviendra d’une telledécision}
H A U,
HAUBAN. C’est le cordige qu’on attache à un engin âfin de Ietenir en état & empêcher que le fais ne l’emportc Iorfqu’on met unepierre íur le tas ou qu’on léve quelqu’autrc fardeau ; ces cordages Rap-pellent antariì fttnes. Haubaner , c’est arrêter à un piquet ou à unegrosse pierre le hauban d’un engin ou d’un gruau , pour le tenir fer-me lorsqu’on monte quelque fardeau ; car alors si le haut de la machi-ne , ou cap. n etoit tenu ferme par la corde , il inclineroit vers lepoids & se romproit ; de là je pense qu’on a appellé la corde de l’en-gin hauban, parce qu’elle bande le haut de la machine, Sc la tient fer-me à l’opposite de l'essort que fait le poids pour entraîner l’tngin. 11y a ici une balance à imaginer » toute la hauteur de la machine fercdhypomochlium , ou poids de suspension & de soutient, le fardeau estfeníc un des poids de la balence, & la corde qui attache I’engin au cô-té opposé à un lieu immobile , est le poids qui peut faire équilibre àquelque poids que soit. Alois I» machine ferme 8c balancée met àcouvert l’inconvénient qui étoit à craindre ; il n’y a qu’à considérerensuite l’effet du jeu des poulies , pour concevoir l’élévacion du poidsue l’on élèvera facilement à la hauteur requise. Hauban signifie aussians un vaisseau les gros cordages à trois lourons, amarrez ou atta-chez aux barres des hunes pour affermir les mats ; ils font attachezpar bas aux vibords à droite & à gauche. Les grands haubans foneceux des grands mats, & ses petits haubans font ceux des mats de hu-nes ou de perroquets. Les cordes qui servent d’cchellons pour monteraux hunes le longs des haubans > s’appellcm figures ,figules ou enjlechu -res. Celles qui fervent à faire bander ou roidir les cordes des haubansRappellent vides , à ta réserve du beaupré il n’y a point de mât quin’ait ses haubans. En défaut dctimologie on peut fe servit de l’idécprécédente, elle satisfait aux deux usages & significations de hauban,
Eee iij Cependant