Band 
Supplementband
JPEG-Download
 

H E R.

mes de velours violet, cramoisi , chargées devant & derriere de troisfleurs de lis dor, Se autant fur chaque manche, où le nom de leurProvince est écrit; ils portent une toque de velours noir ornée d’uncordon d’or. & ont des brodequins pour les cérémonies de Paix, Scdes bottes pour celles de guerre. Aux pompes funèbres ils portentune longue robe de deuil tramante, & tiennent un bâton nommé ca-ducée , couvert de velours violer & semé de fleurs de lis dor en broderie.Le Roi barifoic les Hérauts avec une coupe d’or pleine de vin , qu’illeur versoit sur la tête, en leur donnant le nom de leur héraulderie ,«ù ils ne pouvoient obtenir la charge de Héraut, qu’après sept an-nées d’excrcice de poursuivant d’armes, & ils ne pouvoient quitterleur charge, que pour monter à celle de Roi d’armes ou à la dignitéde Chevalier ; il y a aussi un Héraut des Ordres du Roi , qui porteune cotte d’armes de velours violet, semé de fleurs de lis St des fiâ-mes en broderie, avec les armes & colliers devant & derrière, ils por-toient aussi la croix de l’Ordre pendue á un cordon dc soyc noir enécharpe. Les Hérauts ont comme les Rois d’armes leur cotte de veloursviolet à la réservé que la broderie n’en est pas si riche, Sc ils portoientsor les manches le nom & les armes de la Province donc ils portoientle titre. On appelloit flaques ces cottes d’armes qui étoient particu-lières aux Hérauts ; & tuniques , celles qui apparcenoient aux Rois d’ar-mes; ds portent encore un bâton appelle caducée , qui n’a ni fleurdc lis, ni couronne au bouc , & qui est seulement de velours violet,semé de fleur de lis d’or. L’originc de Hérauts est fort ancienne, lesRomains avoient institué un college de Hérauts/ecrà, dontl’cmploiétoit d’examiner si la guerre étoit juste ou injuste , Se dempécherque l’on n’en vint à une guerre ouverte, jusques à ce que l’on euttenté de terminer le différend par la voye dela justice. Ce mot Hérautvient dit on du moc Allemand heraU, qui veut dite gens derme. D’au-tres le tirent du vieux mot François haro , dont on se feryoir pour undeflà, pour marquer un bruit de guerre, une semence publique Se unban, où tout le monde accouroit, pour savoir des nouvelles de laplus grande importance. Borel dérive Héraut dc herus Latin, qui si-niíic Maître, ou qui represente le Maître; dans la langue des Gallesit Mr. Ltibnits, herod signifie envoié. F.n Flamand on dit herhalenpour dire répéter, raconter , réciter, representer : cette étymologie estaussi bonne que les précédentes, puisque le Héraut repère ce que sonMarne lui a dit, raconte des victoires, récite des faits de guerre considé-rables, retentit comme un écho, Sc represente en plulieurs occasionsla majesté de son Prince Sc la majesté' de son État Sc dc fa Cour. Carce Héraut dans les rems passés a «té comme un trophée animée Scambulante, qui parloir par tout de la gloire dc son Roi, Sc de íâ Na-tion. II serveur quasi d’atcelier chargé de routas les pieces d’écalage, quimarquo.ent, noblesse, fierté, haut courage du Prince qu’il represcn-toit, en fait d’ostentation, de grandeur ; l'imagination des Princes &Cours d’aujourd’hui est déchue, Sc est devenue trop modeste , pourrepresenter la gloire Se le grand nom des Maîtres du monde & desdemi Dieux, quoique mortels, qui dominent fur des grands peuples.Tout ce que faisoient les Hérauts autrefois avec emphase, se sait ce mesemble trop modestement dans lés derniers siécles, Sc les seuls Romainsfur tour d’Amadis sont les seuls monumens de ce vieux heroismeguo-deronné, qui enfloit le cœur » Sc donnoit un agréable Si sublimespectacle à l’imagination des Grands du vieux tems. Ce point enparticulier & cette fonction particulière des Hérauts, qui alloienc furtoutes les frontières du Roïaume, pour y publier á la face du Ciel,de l’air & de la terre, les victoires & les batailles les plus mémora-bles, me paroit d’un tour d’imagination bien singulier Sc bienextaor-naire; à cela joignés l’hyperbole d’Homere qui déçoit Stentor, le Hé-raut des Grecs au siégé de Troye, noo seulement avec 1 équipage or-dinaire aux Hérauts de ce tems là, mais aussi avec une voix plus sor-te que cinquante hommes ensemble : que dirons nous de ces exorbi-tantes imaginations, qu’elle est la cause de cette exaltation Sc especede fureur, qui désire Ja gloire lans mesure au lieu de donner ungiand essor à nôtre esprit > pour pouvoir atteindre a des causes quisemblent devoir être soit cachées ; jc dirai tout simplement & com-me de sang froid, que ce qui parole dans le caractère des OrateursSc Rhetoriciens, qui poussent les prosopopées aussi loin , qu’il fautpour nous faire croire que les arbres, les forêts, les rochers St lescavernes sont capables de commerce , & d’entretien avec les Ora-teurs St les Po'étes. Je dirai, dis-je, que ce qui paroîc dans ce carac-tère si ordinaire à ceux-ci, est la vraye clef pour expliquer le carac-tère qui paroit dans les traits particuliers hyperboliques que j'ai rap-porté des autres. La différence n’est pas grande entre ces deux carac-tères ; ils viennent également de ces dispositions d’esprit , que lecœur des hommes qu’on appelle Grands ou en éloquence, ou en faitsd’armes, donnent trop de vigeur à leurs désirs , & supposent quetout doit obéir à leurs volontés, 8e conséquemment que toutes cho-ses doivent entendre leurs voix & leurs ordres. Peur-étre que les Hé-rauts outre cette disposition d’où je viens de parler, s’imaginent qu’enparlant fur la frontière les genies assistans de l’air d’une main à fau-ne, portent le bruit dc la renommée jusques au centre du Roïaumevoiltn, & à toute fa Cour, que ce Prince voisin en reste touchéd’ad-mitation, Sc toute fa Cour d’étonncment. Mr. Huer qui a parlé dcl’origine des Romans, n’a pas couché à cette origine ; le Pere Malebran-che étoit bien plus en état d’expliquer ce phénomène de la force ,ou pour mieux dire dc la foiblôssè de lïmagination ; voiez l’endroitde la recherche de la vérité > où il parle en commun de l'imaginationde Scnequc, de Tertulien, de Montagne , des Sorciers , car il nefait de tout cela qu’une seule question, Sc n’a dessus pour expliquertoutes ces choses que ces clefs & principes > que lorsque les hommesabandonnent la culture solide de l’cspriu, & de la pure intelligence,l’imagination, faculté sourde mais vigoureuse , emploie toutes lesforces de l’ame, pour faire des ouvrages de fa façon ; le désir déré-glé & la volonté plus ou moins dépravée & abandannéc au caprice Sc4 la fantaisie bizarre, f rodait touc cc que nous venoas de remarquer.Ttrm I,

H E R. 4 u

Tout cela en tas vient du même principe, négligence dc U culture,de la raison & de l’intclligence, I’exaltation& le faux sublime de l’ima-gination, 8c l’exorbicance de nos passions, du délit de la fauilè gloire :a la vérité il y a quelque chose dc grand dans tous ces égarements,il y a un fond qui est capable sinon d'idées sublimes, du moins de su-blimes & énergiques fentimens. Magni faffus jed txtra r vìam , ce soncdes grands efforts des esprits Poétiques, Oratoires, Héraldiques ! faus-se grandeur, fausse Sc vaine ostentation. Le fonds est véritablementgrand, mais corrompu, pervers Sc dépravé par l’imagination déré-glée , Sc on fait que la corruption du bien & du mieux est la pire cor-r upt w optimi peffima. Revenons après une longue mais importantedigression, à dire encore un mot de nos Hérauts antiques, & des ves-tiges qui s’en trouvent encore dc nôtre tems, & qui y resteront en-core apparemment long-tems. Les Généraux d'armée se fervent au-jourd’hui de trompettes & de tambours, qui ont succédé à la fonc-tion des Hérauts; c’est pourquoi ils jouissent de leurs droits & privi-lèges , par rapport au droit des gens. Ils doivent jouir de toute sortede fureté, pourvu qu’ils portent publiquement les marques de leurfonction, c’esl-à-dire, le trompette fa trompette , Sc le tambour facaisse, comme le héraut fa cotte d’armes.

II y a en Angleterre le College des Hérauts, qui est dépendant duGrand Maréchal. II y en a de trois Ordres , les uns qu’on appelleRois d’armes, les autres Hérauts & les troisièmes poursuivant. Voiez,Rois D’armes St Poursuivans; a leur place ceux qu’on ap-pelle Hérauts sont six en nombre, distingués par les nomsdeRiche-mond, Lancaster, Chester, Windsor, Sommerfcc & Jork, leur officeest daller à la Cour, pour en recevoir les ordres, d’allisteraux solen-nités publiques, de proclamer la paix Sc la guerre.

HERBE. Voyez cec Article dans le Dictionnaire (Economique , Scy ajoutez ce qui fuit.

Des Bettes - Cardes.

[ Si vous voulez qu’elles abondent en belles cardes, vous aurez soinde les bien biner, larder Sc arroser, quand vous reconnoìírez qu’e!->les en auront besoin.

Pour les cueillir, vous ne les couperez pas, mais vous les arrache-rez de leur plante, en les tirant un peu de côté ; cela n’off'ensera enaucune maniéré la souche, au contraire elle grossira les restantes , Scréparera fa ruine en fort peu de tems; vous ne replanterez pas pouravoir des cardes celles que vous trouverez vertes; car celles dégénè-rent.

L’on en semera pendant tout l’Eré , pour en avoir de tendres àmettre au potage, ou pour la farce.

Vous en semerez aussi à la fin d’Aoûc, aufquelles vous laisserez pas-se r l’hyvcr en forme de pépinière, Sc au renouveau vous les replan-rcerei pour avoir des cardes routes des premieres.

tour f dire croître Us herbes qu on mange en salade,

& autres en très-peu de tems.

Faites des cendres de mousse d’arbre, mélez-y du fumier bien ter-roté, arrosez ensuite ce mélange avec du jus de fumier, Iaiflez-lc sé-cher au soleil, réitérez plusieurs fois la même chose. Quand vôtreterre sera bien préparée, vous la garderez dans un vaisseau de terrede Bauvais. Lorsque vous voudrez vous en servir, vous la mettrez furun ré chaut. Sc vous lui donnerez le dégré de chaleur, que le soleillui donne au mois de Juin, ou dc Juillet. Ensuite vous prendrez vôtregraine que vous aurez fait infuser pendant vingt-quatre heures dansdu jus de fumier > à ùne chaleu* doute , Sc l’aiant semée en pleineterre préparée à Fordinaire, vous la couvrirez légèrement du mélan-ge ci dessus, Sc vous aurez loin de l’humecter d’eau dc pluye tiede,a mesure qu’on verra la terre se secher. On prétend que l’on peut parce moyen faire croître des salades de pourpier Sc de laitue en moinsde deux heures, il est aisé d’en faire l’expcrienre.

HERBE aux Cuilliers. Voyez, cet Article dans le Dictionnaire W-conomique, Sc y ajoutez ce qui fuit.

Froprietez.

Elle est très-utile aussi dans l'hydropisie, St dans le* obstructionsdes viscères. On en met une poignée dans un bouillon dc veau, maisil est mieux de la faire infuser légèrement dans l’eau bouillante, fans1a faire cuire, parce que la coction en dissipe les principes volatils,en quoi consiste principalement la vertu de cette plante. Son eaudistillée » Sc repassée plusieurs fois fur de nouvelles feuilles, est spéci-fique pour ces sortes de maladies. L’eíprit qu’on tire par la distilla-tion de toute la plante pilée grossièrement , Sc mêlée avec du mielfermenté dans l’eau, est la plus efficace de routes les préparationsqu’on puisse faire de cette plante. II en saur prendre vingt-cinq , outrente goûtes dans le petit lait, ou dans quelque liqueur appropriée.Son extrait a les mêmes propriétés que les autres préparations, maisdans un degré fort inferieur, ses feuilles sont résolutives ; après lesavoir pilées, on les arrose d’eau de vie , Sc on les applique sur lesabscès, ou fur les contusions. On en fait une décoction legere, Sc ony ajoute souvent le camphre , ou l’eau de vie camphrée pour garga-riser les malades dans le fcorbùt, Sc la vérole, Sc pour leur nettoyerles gencives.

Herbe aux gueux. C’est la Viorne; les gueux s’en frottent quel-quefois la peau pour sc faire de petites player, Sc de petits ulcérés ,afin d’cxciter la compassion des riches, Sc faire une ample récolté,lisse guet.fient aisément ensuite, en appliquant fur leurs écorchures ,des feuilles de bouillon blanc.

Herbe de sainte Barbe. On en compose un baume spécifique pourles blessures, en la pilant légèrement, Se la faisant macérer dans l’huiied’oliyc pendant un mois de l’Eté.

Fff

Hsr-