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tendez-vousqu’on appelle Fêtes & jeux de' Chevalerie, ces marquesfastueuses dc ieui noblesse & distinction, ils mettent ces petites histoi-res symboliques fur leurs anneaux , sceaux Sc cachets, & prétendentpat là d’avoir ilias in nuu, toute leur iliade dans une noix. Chacunfait ostentation à l’envi de leurs écus & armes, qu’ils portent avecemphase & avec un port majestueux à pied ou a cheval, dans cesfoires d’honneur & de gloire. Si quelqu’un ayant remarqué qu’il y aquelque choie de commun entre les emblèmes, divises, hiérogly-phes , &c. souhaitoit d’en connottte la différence ; j'ellayerai de satis-faite cette curiosité par ces petits estais. Il me semble en comparant1c blason & les lymboles héraldiques avec les symboles hiéroglyphi-ques, que les symboles qu’on appelle hiéroglyphiques , ne représententque la personne dis Dieux, leurs propriétés & attributs sublimes, Sciesmystères ou vérités cachées relevées par ces Dieux, pour élever leshommes à des sentimens divins , & ks avoisiner & approcher desDieux, par ces belles connoilîances & participations à ces rates mys-tères. En un mot, les hiéroglyphes font le blason des Dieux, Sc sorthéraldique ou armoirie sont les hiéroglyphes des hommes : je dishiéroglyphes, parce que nos Héros sensibles Sc mortels ne font pas unmoinurc cas de l'arcumulation Sc antastement de leurs blasons, quesi c’étoient offafur pelian , & tout autant de degrés d'clcvarion pourleur apothéose. Si nous comparons les emblèmes avec les blasons ouexpressions héraldiques, nous trouverons que les emblèmes ne sontque des comparaisons réelles & naturelles; par exemple, on exprimeia h..élire par le chien, la profonde attention Sc vigilance par unechouette : si nous peignons ces choies, pour exprimer les belles qua-lités des hommes en général , ou ks quaktés d’elptit ou de coeur dequelque personne vertueuse, c’est un emblème; mais le blason a plusd'étenduë , car outre qu'il peut enfermer des emblèmes , pour re-présenter les bell.-S qualités d’un homme ou famille noble , le blasonmentionne les concessions Sc faveurs desPrincts, leprésenfe ks signesSc les inrtrumens de leurs belles actions. La devise ne diffère pointdei’cmbléme, Sc va aux mémes buts; savoir, de signifier ce que l’on adans fa pensée, à la faveur d’une comparaison Sc métaphore courte Scsort simple ; par exemple, une veuve veut exprimer fa tristesse &deuil dans la privation de son cher époux, que la mort lui a enlevé,Sc veut marquer son renoncement à tout plaisir dans la fuite. Elle prendpour devisé Ictrbre /ie reglifli , qui n’a rien de doux que la racinecachée sous terre. Sc anime le corps dc cette devise par ces parolesqui en font l’amc, duke meum tir r a tegit. La devise comme on voirn'est qu’un emblème Sc expression métaphorique réelle , avec cettedifférence, que la devise n’est qu’un emblème plus claire, parcc quel’explkanon en est commencée par lame de l'emblémc, qui l’éclair-cit Sc la détermine, au lieu que l’embléme pure n est pas fi détermi-née , Sc que par l'embléme on n’a pas dessein de íe faire entendrequ’aux hajilcs & aux savans > qui sachant les propriétés physiques desêtres sensibles naturels, en savent faire facilement le rapport aux cho-ies morales > œconomiques & politiques; ainsi les savans s’expliquentd’une maniéré cachée entre eux à la vûë méme, Sc en présence despersonnes communes Sc ignorantes. II me vient dans l’csprit une pen-sée qui me paroit curieuse à résoudre & á éclaircir , je ne suis pas sûrd’y réussir touc à-faíti mais je présume de mon attention , que je fe-rai quelque découverte dans le sujet obscur que je médite; un Gou-vttneur de Province vint rapporter ancre fois à un Monarque de f Asieson Maître, qu’il y avoir un grand danger de soulèvement Sc de ré-bellion dans cette Province ; le Monarque fans parler autrementque par des signes entta dans son jardin > &' abbatit les têtes ks plusélevées des pavots, qui étoient en grand nombre dans une allée deson jardin : le Gouverneur qui vit la fantaisie Asiatique de son Maî-tre de ne vouloir répondre autrement, fait son adoration, & incessam-ment s’en va exécuter l’ordre de son Maître > en siisont décapiterles principaux chefs de la rébellion ; ce qui fut auprès du Prince re-gardé comme une marque de la haute intelligence, & de la profon-de politique de son M.nlstre. Je fuis tenté ducroire qu’il faut rédui-re l’acte de ce Prince à l’efpece & nature de l'embléme : car cet ac-te est court, Sc se soit sentir sur des tètes de pavots, qui dans l’occasiond'alors ont une signification toute déterminée : aussi le Gouverneurn’hcsita point, parce qu’il ne cîoutoít pas de fintention du Prince dansune occasion aussi urgente, où une action oiseuse seroit hors de pro-pos. Quelqu’un dira que l’embléme est une peinture; mais je pour-rai repartir que faction réelle signifie autant que les attitudes depeinture, qui signifient beaucoup, Sc que fà signification ne vientque du rapport de l’atrjtude de la personne peinte, à l’acte Sc conte-nance dc la personne réelle. Je voudrois fortifier cet estai, parce qneles Précepteurs de l’éloquence disent fort positivement, que dans !'élo-quence il y a deux expressions également nécesiàires ; la significa-tion & expression de la parole , & celle de faction & geste de l’ora-teur. II faut un peu plus de méditation que celle que j’ai à présent;mais il me semble que la question & dissertation est un peu dégrossie,

& qu’il sera facile en insistant un peu sor cette recherche, de trouverle vrai ou le faux de mon opinion Sc de mon pressentiment ; maisavant de finit notre combinaison, il soudroít ici amener en comparai-son avec l’embléme, ce qu’on appelle énigme, Sc voir la différenceentre l’embléme & l’enigme. II me semble que l’embléme doit êtresimple , & d’cne courte expression en peinture ; mais l’enigme doitêtre sort composée, soit qu’elle soie peinte , soit q u elle soit expriméepar un discours & description figurée. L’embléme ressemble à un tro-pe particulier > ou à une très-fìmple métaphore, & Fenigme est unemblème on métaphore emblématique fort composée Sc prolongée,rour faire court, comme failégotie est une métaphore continué ; ain-si fenigme est un emblème continuée fort composée & complexe ;îc dis que l’enigme est complexe, ou plutôt obscure & compliquée, àcause de soldeur.té qui s’y trouve rn la considérant d’une premiersvue, Sc cette obscurité est plus ou moins grande par rapport à lagrande ou petite capacité Sc étendue de l’imagination de ceux donton veut éprouve! l’espric & l’habiiitc. L’embléme outre cela a pouf

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but d'instruire un esprit capable d’une médiocre attention ; mais l’enig.me n’a point d’autre but, que d’cptouver la capacité des gens d’cf.prit. Il est vrai qu’elle instruit fur la fin; mais ce n’est que ceux qu!ont mérité par le travail pénible de leur attention » d’avoir part àquelque secret important dans la Physique > morale ou politique ; carnous ne parlons point ici des enigmes vaines & ridicules, qui confitlent à obscurcir des fuiets communs & inutiles, & qui sont connusde tout le monde par leur évidence sensible. Les enigmes impor-tances enferment les hiéroglyphes gravés & figurés, qui regardent leschoses divines seulement; mais outre cela les enigmes regardent lesmystères de la nature, les secrets sacrés, Sc incommunicables au com-mun de la politique : les enigmes Bourgeois font des pures bagatel-les & amusemens oiseux. Les sables mythologiques des Ancienscroient de l’elpece des enigmes précieux & imporrans. Revenonsaprès cette excursion à l’étymologie de ce mot science ou art héral-dique , c’est la science des Hérauts; car c'étoicnt des Anciens Officiersdes Rois, pour annoncer les grâces & marques honorables du blason,dont les Grands Princes honoroieni les Chevaliers Sc leurs familles.Le Héraut étoit un ancien Officier, dont nous allons parler.

HÉRAUT. Officier de guerre Sc de cérémonie. qui étoit autre-fois en grande considération. Sc qui avoir plusieurs belles fonctions ,droits Sc privilèges ; ion principal emploi ctoit de composer ou dedresser des armoiries > généalogies, Sc des preuves de noblesse. LesHérauts étoient Surincend.tn> des aunes, & Conservateurs des honneursde la guerre, donc le blason est un symbole. Ils avoient droit aussid ote; les armoiries à ceux qui méritoienr d’être dégradés de nobles,se pour leur lâcheté, rrahiton & félonie, ils avoient le pouvoir dereprendre les vices des nobles mal vivans, de les cliallex des joutes &tournois, ils reccvoient Sc verifioient les preuves du nom Sc des ar-mes des Chevaliers, Sc faisoient prendre leurs quartiers dans leurs li-vres armoriaux & cartulaires de Chevalerie, donr ifs étoient les Gar-diens, & comme Notaires & Greffiers Ils avoicnc droit aufli d’ôternon-seuleraent ses armoiries à ceux qui meritoient dégradation ; ma sde corriger tous les abus .Sc usurpations des couronnes, casques, tim-bres Sc supports, &connoi(Iòienc les différends entre ses nobles pourleurs blasons, pour l’amiquicé de leurs races & prééminences, Sc mê-me la Courses a quelquefois mandés, pour avoir leui avis furies dif-férends de cette nature qui y étoient pendans, on les consultoit alorsfur les points Sc cas d’honn-ur armoriai, comme on conlulteroit àprésent á Rome fut les cérémonies , les Officiers qui composent laCongréga ion des Rites, ou comme on consulte les Experts & Jurésdans divers arts, avant que les Juges osent entreprendre d’en rien dé-cider. Cette capacité Sc habilité des Hérauts étoient comme unecspece d’érudition armoriait > fore tare & fort importante dans cesteins de vieille Chevalerie, fur laquelle ks Princes & les Juges se dé-chargeoient pour s’en remettre à ces Jurisconsultes héraldiques Sc ro-manesques. Ils alloient méme dans les Provinces, pour faire enquê-tes fur la noblesse, Sc avoient droit de se faire ouvrir routes les bi-bliothèques , Sc de se faite communiquer tous les vieux titres des ar-chives du Royaume, toutes les Nations convenoient alors en ce point,que les Hérauts autoient feutrée en toutes les Cours respectivement,pour y annoncer la guerre ou la paix , Sc leurs personnes n’éroientpas moins sacrées Sc inviolables que celsesdes Ambassadeurs. II étoitaussi de leur charge daller publier les joutes Sc tournois,de convierà y venir ; de signifier ks cartels, de marquer le champ , ks lices ,ks lieux de duel , faire les cris pour appeller rant fasiaillant que letenant. Dans la guerre ils avertissoient les Clvevaliers & Capitainesdu jour qu’on donneroit la bataille, où ils assistaient en haut appareildevant le grand étendant, & dans le choc ils se retiroient en un lieuélevé, pour voir ceux qui autoient le plus vaillamment combattu , Scen faire le rapfort au Roi. Ils faisoient le dénombrement des morts;relevoienr ks enseignes abbatués & croisées, redemaadoienr les pri-. sonniers, sommoient les places de se rendre, Sc dans les capitulationsmarchoient devant le Gouverneur de la Ville > pour assurer fa per-sonne contre ks Soldats victorieux ; ils croient les principaux Juges dupartage des dépouilles des vaincus, Sc des récompenses militaires. Ilspublioient les victoires, & en portoienr les nouvelles cn Pais étranegérs & lointains . se contentant pour cela quelquefois daller fur ksfrontières, pour prononcer à haute voix dans f air limitrophe ks ora-cles de fa commission. Ils publioient la convocation des États Géné-raux, Sc y assistoienr pour empêcher la confusion Sc les différends furles préséances, ils déclaroient les Fêtes de la célébration des Ordres deGhevalerie, & s’y rrouvoient vêtus du nom & des marques de l’Or-dre , ils afíìstoient aux mariages des Rois , & souvent en faisoient lapremiere demande, comme aussi aux festins Royaux, qui se faisoientaux grandes Fêtes de farinée, quand k Roi tenoit Cour pleniere oùils appelloient à haute voix le Grand-Maître, 1e Grand-Pannetìer , 1cGrand-Boutellíer, pour venir faire leur charge; ifs faisoient auffi ks cé-rémonies des Rois, Sc enfermoient dans le tombeau toutes leurs mar-ques d’honneur comme Sceptre, Couronne, main de Justice; jamaisOfficiers n’ont eu rant d’occupations Sc fonctions que ceux-ci. Ce quela fable nous dit de Mercure à l'égard des Dieux, fur tout de Jupi-ter , sc doit entendre de ces Hérauts : c’ctoienc chea les Rois Sc ksGrands Pfinccs des vrais Metcuresailés, quidifoient tout, qui faisoienttout du moins représentativement, Sc qui se trouvoient par tout, Scen tout rems, c’est-a-dire, paix Sc en guerre, ils étoient dans leurs fonc-tions Sc exercices actuels , extrêmement respectés Sc autôrifés, Sc ilétoit bien nécessaire que cela fut ainsi, puisque tout ce qu’ils faisoientSc difoient étoit de la parc du Roi, dont ils étoient la voix Scies or-ganes conlàcrés ; en France il y a trente Hérauts, fous le titre de Bour-gogne, Normandie, Sce. Lc premier qui est Roi d’Armes se nommeMont-joye St. Denis; il met une Couronne Royale fur ses fleurs delis. Ces Rois d’Armcs ne fervent que dans les grandes cérémoniescomme au sacre des Rois, aux pompes funèbres des Rois, des Rei-nes > des Princes du Sang, ou à leur mariage, &c. Le Roi d’Armes Siles Hócauts d’armes soqt revêtus aux cérémonies de leurs «irtes d’ar-

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