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enfans > le dernier est la nuë volonté , quand un homme déclare qu'iìiie veut point être héritier. On donnoit anciennement cent jours pouri'e porter héritier, & aujourd’hui on ne donnne que quarante jours, quine courent que du jour que les Créanciers l’ont tait ordonner ; carTaddition d’hérédité est nécessairement requise pour la validité d’unTestament. On crée en France des Curateurs aux hérédités vacantes,celui qui s'est immiscé dans l’hérédité est obligé de pa icr les dettes d’undéfunt} mais un héritier bénéficiaire ne les paie que jusques à la con-currence des forces de l'hérédité : outre ce sens il y en a un autre qui scdit d’un privilège, d’un dtoit que le Roi donne pour rendre héréditaireune charge ou un autre dioit qui ne l’étoic pas de fa nature. Le Roia fait des Édits pour donner l'hérédité à plusieurs charges , celles deSécrétasse du Roi le possèdent en hérédité} il y a eû aullì plusieurs Éditspour des confirmations discrédité. Du mot hérédité vient héréditaire-,par exemple on distingue les biens de i’Empereur cn Terres ou PaisHéréditaires, qui lui appartiennent par íuccJlìon de sesAncctres, Sc enceux dont il jouit comnte Empereur par élection. La Couronne de Fran-ce n est point héréditaire, mais successive agnatique ; ainli les filles enfont exclues. Le Roiaume de Dannemarc a été long-rems électif,mais depuis Tannée 1660, il est devenu héréditaire. Les Politiques spé-culatifs font fort occupés dans leur précieuse oisiveté , à réíòudre plu-sieurs problèmes po iniques , Sc entre autres si la Roïauté héréditaireest meilleure que sélective ; mais les politiques pratiques Sc réels fontde cet avis, qu’il n’est pas expédient Sc avantageux de r n changerdans la forme desGouvernemens établis : le point principal de la sa-gesse étant de s’occuper á faire, & tirer le meilleur ulàgc qu’il est pol-libk > de ce qui est établi par la divine Providence. Lorg-terns avantnos réflexions, le chef-d'œuvre de la prudence œconomique Apoliti-que , c’est de bien user de ce qui est : car il y a toûjours un pat!âge,mais quelquefois un peu caché, du bien au mieux. La grande affaireest de le trouver ; mais les esprits inquiets & remuans n ont ni la pa-tience, ni Tattention, ni la pénétration néceflaire pour cela. A 1 égardfle Tétymologie de cc mot, il vient de hereditas de heres ,cui apparem-ment vient de burent , du verbe harere être arttaché; en t.set l'hériticrtient & luccéde immédiatement au défunt, & lins interruption le re-présente personnellement & civilement : on peut dire également que lemort saisit le vif, Sc se transporte en lui moralement & juridiquementparlant} & que le vif s'artache Sc s’actrochc au défunt ipfi adhiret , Scre fait avccluiqu’une seule personne, puisque la substance ou les biensdu défunt ne font pas un ícul moment lans leur légitime possesseur.}'«;ft.HfRiTAGE & Héritiers.
HÉRISSON. Terme de messianique. C'cstdit Mr, Furetiere aprèsMr. Félibien > une roue dentelée de plusieurs chevilles de bois ou ali-clions, qui sont fichés dans la circonférence d’une roue lelon !a direc-tion de son plan ; lorsque les alichons sont fichés perpendiculairementí rr la rouë , cela s'appelle un rouet Sc non pas un hérisson. Quand ilfaut remettre des alichons , ou ces dents aux rouets ou aux hérissons,on nomme cela rechausser. Hcriilon lé dit aussi parmi les Menuisiersd’un morceau de bois de cinq ou six pieds de long, à deux ou troisbranches,pour faire égoucer la vaisselle après qu’on la lavée ; dans kmonde ce hérisson s’appelle un égoutoir, mais ceux qui veulent parlerdans ks termes de Fart disent un hérisson. Hérisson est aussi une pic-cc dccharpenterie > & une machine & construction servant de défense,q son mec aux passages pour lërvir dc barrières Sc particulièrement àl’tr.ttée des Villes. L est une poutre garnie de doux, dont la pointe esten dehors , Sc qui tourne fur des pivots , ou perpendiessahement ouhorizontalement. Hérisson vient du verbe hénjfer , qui vient de hirju-tum ejfe, être hérissé ou hérissonne} c’est une piece de charpenterie Scd. fortification toute hérissée & hériilònnée de piquans de set ou debois, garnis des pointes acérées.
HÉRITAGES, Sondes terres & les bâtimens. Ils font tenus en ro-ture ou en fief, ou en tram ale u : au premier cas ils doivent ks cens Scsent sujets aux lots Sc ventes: au second cas ils sont chaigés de droitsSeigneuriaux, comme des quints, requints, reliefs, Scc. & au troisièmecas ilsTont libres. Les héritages propres , acquis par contrat , par unpatent de côté & ligne collatérale lui sont acquêts Sc propres, naissanta íës enfans ; Arrêt du 6 Février 164.7 , du Frefne , Itv. s• chap, 6. Laraison pourquoi on appelle plus particulièrement héritages, les tondsdes terres & maisons i c’est parte que ce font des biens qui se conser-vent davantage dans les familles, Sc qu’on laisse á ses hériciers. Un desgrandi bénéfices du Jubilé ehez les Juifs, étoit k retour des fonds Schéritages à leurs maures : eulfent-ils changé de maîtres cent fois , foiequ'ils eussent été aliénés pat vente ou pat don, comme remarque Mai-monides. Le bien vaut mieux, disent les bons œconomes, en hérita-ges , prez, vignes, te, tes, bois, qu’en rentes , en otììces > f n billets quiíbnt sujets aux banqueroutes ou aux suppressions ; mais ks biens im-meubles dans les beioins de T'État font-ils assurés à l’égard des nou-velles impositions. On appelle bail d'héritages , des maisons ou terresaliénées à rente perpétuelle,ou à longues années.
HÉRITIERS. Sont ceux qui succèdent aux droits universels dudéfunt, & qui entrent en fa cause, en son lieu & place en son droit, àl’effet de pouvoir disposer en maîtres des biens dc la succession ;& c’cltcette nouvelle qualité de maître qui la fait appelier heres quasi alterherus. En Fiance il n'y a point d’hcritiers nécessaires i suivant cette ma*xírne > n’est héritier qui ne veut : mais suivant une autre régie, le mort'saisit le vif; il s’enfuit que 1 e plus proche parent du défunt est obligéde soutenir les charges de la succession, à moins qu’il ne renonce ouqu’il n’accepte que fous bénéfice d’invenraire; c’cst ce qu’on appelle hé-ritier bénéficiaire, qui est celui qui accepte une succession en vertu deslettres du Prince, qui lui permettent dc prendre une succession, de fai-re acte d'héritier fans être tenu des dettes, que jusques à la concurren-ce du bien délaissé, à la charge d’en faire inventaire : on appelle un hé-ritier fidei-Commiliaire , celui qui est institué héritier pour rendre lasuccession à un autre : on ne reconnoit donc que deux forces d'héri-tiets} savoir, Thcritic t présomptif, qui devient héritier pur Sc simple,en s'emparant de l’hérédité, pour en avoir le profit, & en soutenir lesTord» I .
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charges ! & Théritíer par bénéfice d’inventaire, îequeí aussi bich queThéntier simple représente la personne du défunt 1 avec cette différen-ce que Tun est tenu des dettes , quoiqu’elks excctknc ks biens de lasuccession ; au lieu que l’autre n’en est tenu j comme disent nos Coutu-mes , que jusques à la concurrence de ce qu’il amende, c’cst-a-dite, iproportion du profit qu’il en retire, ratione émolument!. Ce mot amen-der lignifie changer fa condition de mal en bien Sc de bien en mieux ;il vient du Latin emendare de menda défaut ,emtndare signifiant lé mé-liorer ) ainsi si l’héritage n’est pas capable de rendre la condition deThéritier,& meilleure Sc profitable,cette forte d’héritier bénéficiaire*n’est point obligé d’cntrcr dans ks charges de l’hérédité, qu’a propor-tion de l’amendement& émolument qu’ii en reçoit. Héritier présomp-tif , est celui qui est habile à lé porter héritier, Sc qui a un droit for-mé a Tappréheníion de la succession d’un défunt : ce sont des maximesen Droit, nul ne peut être en ligne directe héritier & donataire toucensemble) tn ligne collatérale tout au contraire,mais on ne peut êtrehéritier & légataire, ces qualités sont incompatibles ; on établie aussipour maxime , que Théntier ne peut venir contre le fait du défunt ;tant les volontés des mourans Sc des morts sont sacrées & inviolablespat soi; & certainement ce n’est pas une petite satisfaction a Thom-me de s’imaginer qu’après fa mort mcme.il reste dans le domaine d«l'on bien, puiíqu’i! est maître de le mettre , & le faite passer entre ksmains & possession de ceux qu’il aime Sc qui 1 e représentent : cette ré-gie cependant que l’héritier ne peut venir contre le fait du défunt, n’alieu que quand l’acte est contre le droit public & contre ks bonnesmœurs ; car il n’est pas juste que Tautorité publique favorise ce qui luiest opposé , & ce que cette même autorité , soit Loi ou Coutume aétabli, comme plus conforme au bien public. Voilà Tordre Sc la bien-séance , la sûreté du bien public Sc une favorable disposition envers ksCicoïens favorct ampliandi odia rejhingenda. Mais il y a ceci encore deconlidétaole dans cette vigueur, qu’on donne aux dispositions & Jàitsdes défunts ; c’cst qu'ils ont plus de soin de leurs asilaires Sc de leursemplois,étmc animés par là a pourvoir à leurs avantages propres , Scà Tavancage de ceux qu’ils aiinent légitimement;déplus ils soncdanSla vie civile plus innocens & jilus irréprochables, de peur de n'encou-rir la disgrâce desLoix, à leur dommage & au dommage de leur pos-térité, parens & amis. Hors la Coutume de Paris , Théntier simple enligne directe exclut son cohéritier qui sc veut porter héritier par bé-néfice d inventaire. L’héritier se peut instituer par Contrat de mariage,comme par Testament ; cette liberté paroit bien légitime , puisqu’unhomme juste doit pouvoir user de sa liberté en tout tems ; d’aillcurscette disposition n’est autre qu’unTestament anticipé; enfin cette sot-te d’insti ution d’héritier par Contrat de mariage est une disposition,par laquelle les deux consors elperent ou jugent qu'ils rendront leurcommune condition plus avantageuse; or il est permis de prendre entout tems ks moïens ks plus propres ne mine Ujo , pour rendre íà con-dition Sc celle de ceux qu’on aime la meilleure qu’il est possible. Lesenfans qui se íont portés hér,tiers de leurs pere homicide , fans vou-loir le rendre parties contre k meurtrier pout la poursuite du crimed’homicide, quoiqu interpellés á ce faite, ont été juges indignes de hsuccession du pere. Mr. Leuét lettre H. ». s. où il observe , qu’il sautqu’il y ait charge contre Tacculë ; autrement l’héritier n’est point tenudc se rendre pa.tie. II est fort ordinaire parmi les Espagnols, de frusstrer leurs plus proches parens de sommes considérables & même deleur héritage légitime, en faveur de TÉglilë Sc des Convens ; ce qu’onappelle dans k Raïs laisser son ame héritière,cette tolérance n’est pasreglée , puiíqu’d est dangereux que ks familles ne tombent en déca-dence & pauvreté à h chargé du public, que ks Corps Ecclésiastiques8 cReligieux ne deviennent mondains, profanes Sc superbes ; & n'âb-sorbent enfin le bien du public , en absorbant celui des particuliers.De plus, qu’elle idec donne-r-on par la de la pieté , de faire croire aupeuple que les richesses sont un inoïen qui contribue à se procurerune plus grande assurance de salut î de là naicroit la confiance d’un pé-cheur à persévérer dans (es péchez impunément, aïant dc quoi pourappaifer & suspendre la Justice divine par les prières & suffrages desPrêtres > bien & richement bénéficiés. Sc de là naîtroit dans le cœurdes pauvres lin sentiment de tristesse bien amere.
HERMAPHRODITE. En Droit c’est un phénomène fort em-barrassant. Les Romains regatdoien: ces personnes ambiguës commedes monstres, dont la rencontre étoit funeste Sc dc mauvais présage;à Athènes Sc à Rome on ks prccipitoir dans la mer, comme témoi-gne Alexander ab Alexandre». Les Interprètes du Dtoit les plus équi-tables , n’ofant pas punir comme crime une mauvaise disposition SCconformation naturelle & purement organique , qui n’a pas été en laliberté de l’homme, ont prétendu que telles personnes doivent choi-' sir nécessairement & indispenfablement un sexe à Tcxclusion totale deTautre, Sc ce sexe doit ctre celui qui prévaut. Ces Interprètes rappor-tent un Arrêt du Parlement de Paris , par lequel une créature qui avoirviole cette Loi fut condamnée à être brûlée pout cela. Les Grecs ont ap-pelle cette monstrueuse espece androgyne-, les Poètes disent qu’Hcrma-pluodice étoit un fils de Mercure Sc de Vénus , & qu’il sc trouva unipar un lien indossoluble avec la Nymphe Salmacis ; la fable est écriteî pat Ovide, & expliquée mythologiquement pat Natalis Cornes. Ce mot| vient du Grec hernie! > Mercure & d 'aphrodite Venus. Dans f Histoire de l'A-caAémte Roïaic des Sciences de 1711 lest dit que les limaçons, les mou-les , les vers de terre & quelques autres infectes sont hermaphroditesaïar.t les deux sexes. Mr. Poupard de T Académie Roiale des Sciences aécrit amplement fur les insectes hermaphrodites. Les Rabbins ks plusalambiqués & rêveurs, ce sont allé imaginer qu’Adam a été créé her-maphrodite. Platon avoir quelque idée semblable, Sc pat cette suppo-sition il vouloir donner une raison fabuleuse de Tamour, dont sont sus-ceptibles deux personnes de divers sexes , & que ce plaisir étoit com-me une joye commune de deux parties imparfaites , qui se trouventenfin réunies en leur tout. On fêta lurpris de voir Mr. Descartcs, par-ler dans 1 esprit de ce Platonisme ridicule ; car parlant de la nature deTamour Sc de la génération, il dit a peu près que cet amour est un
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