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étte icgardce par ce grand homme , comme capable d’ânéantir dansîa sociecc civile, tout íentiment de justice & de vertu. Cicéron íèm-fele avoir égard dans ce qu’il allure, des mauvais e&ts de l’impieté,aux opinions funestes au genre humain 6c à la société, que tenoitÉpicure ; car par son impiété n'aïanr pas voulu admettre la providen-ce divine , il n’a rien lailìé de la justice que le nom. C’cst le senti-ment que Grotius a des opinions d'Épicure , & il cite pour appuïcrson jugement contre l’jmpietc d’Épicure , ces paroles de D/ogcneLaërce. Épicure , dit Laërce , diíoit que la justice ne naílïoit que«Tune convention mutuelle, quelle ne durequ’autant que dure l’inte-rét commun des uns & des autres, & qu’on ne s’abslientde faire malà quelqu'un, que par la crainte du châtiment > ce sont les propres pa-roles de Diogene Laërce, que Grotius cite mot à mot dans 1 e livrez. du Traité intitulé du droit de la guerre & de la faix, chas. zo. art. 44.
F. 4. Pat où il paroit videmment. 1. Que c’est en vain qu’ohvoudroitdisculper Épicure, comme quelques-uns prétendent le faire. i. Quelojdnion de Cicéron est très véritable > qui fait dépendre la justiccdéîa j.itté, 8t u respect envers Dieu , juste j amateur & protecteur de larature, &delasocktéhumaine, }. Que selon Grotius l’impieté consisteà nier cette divine providence, & confequemment à ôter dans les hom-mes, Sc les sociétés humaines toute idée. & tout íentiment de íïnceieScvéritable justice : ce qui sape le fondement & la sûreté de toutes lesLoix de U société civile & humaine. Aristote a bien vù cet enchaî-nement entre l’impieté & l’injustice; car parlant au y. livre de sa Po-litique , chap. 11. des qualités d’unbonRoi ,il dit, que le Peuple crain-dra bien moins d’étre traité injustement d un Prince , qu'il croira êtrecraignant Dieu , que d un autre qu’il soupçonnera d'être impie D’où ilS'cníuii que selon cette maxime, pratique d’Arístote, un Prince im-pie n aíîuie pas a (k z les Peuples de ! équité de son gouvernementp éscnt Sc à venir , qu’il excite leur défiance contre lui , commer ayant po nt de caution & garenrie du contrat tacite qui est entreun Roi & ion Peuple. Le Peuple a donné caution au Prince de fa fi-délité, en le soumettant à des Loix pénales, & au pouvoir absoluda Prince; mais où est la lûreté, la caution Si la garentie du Prin-ce en f.veur du Peuple, íi la pieté & le respect pour la providencede Dieu fur les hommes, & la société civile est bannie de son ame ;(Julien liíro p. de placitis Hippocratis ó* Platonts, cité par Grotius ,au chap. zo. du 2. livre déja nommé > après avoir dit qu’on agi-toit de son rems plusieurs questions fur le monde Sc la nature di-vine, qui n’étoient d’aucun usage pour les mœurs, il rcconnoit quecelle de la providence est d’une très-grande utilité, tant pour acqué-rir les vertus particulières , que pour acquérir les vertus publiques.Homère dans ÏOdyffée , livre 6 . & 9. n’a pas ignoré ceci, en oppo-sant aux hommes farouches & injustes, ceux qui ont lame religieuse& remplie de la crainte de Dieu. Justin relevé par cet endroit avecraison, la justice de la Nation Juive . au-deslùs de toutes les cspecesdc justice des autres Nations, par cela seulement, que leur Jurispru-dence étoit mclce dc religion, en un mot, que l’homme n’y étoitpoint Monarque > mais que Dieu étoit le vrai Monarque & Roi desJuifs , c’cst ce qui fait que l’on doit appeller le Gouvernement Ju-daïque une véritable Théocratie. En effet la Loi de Dieu & nond’homme mortel est la Loi des Juifs , & la Jurisprudence de toutesles Nations est contenue abondamment, purement & saintement dansle Décalogue ; faisons-en l’eXpériencc fur le sujet du préient articlepieté 6c impiété. Pour réussir dans mon dessein, Sc pour pénétrer áfond cette matière, il faut remarquer que Ia vraie religion , qui a étécommune à tous les tems, est appuïée ( comme fur quatre colom-bes , ) sor quatre principales maximes, dont la premiere est qu’il y aun Dieu , & qu’il n’y en a qu’un. La féconde, que Dieu n’est rien decc que nous voyons; mais quelque chose de plus sublime. La troisiè-me , que ce même Dieu est le Créateur de toutes les choses qui sonthors de lui-même. La quatrième, que Dieu a soin des choses humai-nes , Sc qu’il en est un Juge très-équitable. Aussi ces quarte chefssont expliqués par autant de préceptes du Décalogue , ou Loi desJuifs, source de toute Jurisprudence humaine.
Premieremení l’unitc de Dieu y est clairement établie.
En second lieu, sa nature invisible en ce qu’il est défendu de le re-présenter par aucune image.
P'nilon Juif disoit que c’est une chose profane, défaite par la pein-ture & la sculpture. le portrait de celui qui est. Diodote de Sicile par-lant de Moïse, dit qu’il avoir ordonné de ne faire aucune représenta-tion de Dieu, patte qu’il savoir bien qu’il n’étoit point compris sousaucune figure. Les Juifs, dit Tacite, connoissent Dieu spirituellement,& n’en reconnoiísent qu’un , tenant pour profanes ceux qui cn sontdes matières sujettes à corruption, Sc sous des ressemblances humai-nes, comme sont les figures des Dieux. Aussi Plutarquc rend raisonpourquoi Numa avoir oté des Temples les simulacres des Dieux, endisant qu’on ne peut concevoir Dieu que pat la pensée.
Le troisième précepte désigne la connoissance & le soin que Dieuprend des choses humaines > Sc même des pensées ; car c’est fur cefondement que le ferment est appuyé. L'on prend Dieu à témoin , &l’on invoque íà vengeance, pour punir celui qui fera de mauvaise foi.Ce qui marque en même-tems & la justice & la Puill'an.e de Dieu.
Le quatrième faic voir l'origine de l’Univers, & que c’cst Dieu quien est l’Auteur, puisque c’cst en mémoire de cette création, que leSabath fut autrefois institué & sanctifié, même par-deísus les autrescérémonies. Nous voïons en effet que íì quelqu’un péchoit contre lesautres observations , comme étoit celle qui regardoic les viandesdéfendues, la peine de la Loi étoit arbicr^re; mais que celui qui violoitte Sabath étoit puni de mort, parce que de violer le Sabath , c’est se-lon son institution nier que le monde a étc créé de la marnée Dieu,Sc en même-tems nier fa bonté, fâ fagefle, son éternité , (á puissan-ce, que Ja création du Monde établit tacitement, Degas notionsfpé-
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culatives ®n passé âux notions actives, comme que Dieu doit étrèhonoré , aimé, íervi & obéi. C’est pourquoi Aristote dans ses Topi-ques, dit qu’il ne faut pas fe servir de preuves pour convaincre unhomme qui nietoit qu'il faut honorer Dieu , & aimer scs p.rc Scmete; mais qu’il faut le mettre à la raison pat le châtiment, II ditencore dans le même Traité cn un autre endroit, qu’il y a cert incschoscs qui ne pallènr pout honnêtes qu’en certains Pais; mais qued’honorer Dieu, c'cst un sentiment quiregfie en tous lieux. Ot onpeut prouver indubitablement & démonstrativement la vérité deces notions , que nous avons appellécs spéculatives, Si les prouvermême par des raisons naturelles , parmi lesquelles c’en est urebien forte Si bien puissante, dc faire réflexion fur ce que les sens noasmontrent, qu'il y a des choses qui ont été faites, St que les cho-ses faites nous conduisent néceflairement à quctque chose qui n’estpoint fait. Mais parce que tous ne comprennent pas cette ra.fon,
& autres semblables, il solfie de conlidérer que de tout tems &dans tous les Pais du monde, à l’exception d’un très petit nombre,tous les hommes font généralement demeuréd’accord de ces notions,de forte que ce consentement si uniforme dans une si grande diversitéde Loix & d’opinions, fait aísez voir que la trauition en est venue despremiers hommes jufqu’á nous , (âns avoir jamais pû être solide-ment réfutée; ce qui suffit méme lans aucune preuve pour en établirla foi. DiondePrufc, selon Grotius, a joint ensemble les deux consi-dérations, cn diiant que la croyance , c’est à-dire, la persuasion quenous avons de ces notions de pieté, tant spéculatives , que pia:j-ques , peut être appellée innée & acquise. Innée est tirée des preu-ves de ia raison, qui nous est innée & acquise , comme étant venuepar tradition humaine & immémoriale, qui doit être référée enfiná Dieu même. Plucarque Rappelle une ancienne conviction plus cer-taine qu’aucune raison qu’on peut jamais imaginer ou apporter ,
Sc quelle est le fondement général de la pieté. Aristote l’cxprimecn ccs termes dans le Traité de cailo , livre troifiéme. Tous lethommes (dit il ) font persuadés qu'il y a des- Dieux , ce que Platon d.tau Traité de hgibus , livre dixième. Ctceron, de natura Deorum, parle ain-si, il y a eu & il y a même encore des Philosophes, qui croient’queDieu ( ou selon leur langage ) les Dieux n’ont aucun soin des choieshumaines ; 01 si cette opinion étoit véritable, il ne pourra y avoir nijustice, ni probité dans le monde ; car toutes ces vertus &ces vérités sedoivent rapporter purement Se uniquement á une Divinité immortel-le. Épitecte dit pareillement que le fondement de la pieté est d’avoirdes bons sentimens des Dieux, c’est-à-dire, de croire , & qu’il y ena, & qu’ils gouvernent toutes choses avec justice & sagesse. Plutar-que dit datìs le livre des notions générales , qu’on détruit celle qui est:convenable à Dieu, si l’on n’admer la providence ; car il ne faut pa*concevoir, dit il, ni sc mettre dans l'esprit qu'il y ait un Dieu ,qui soit seulement immortel Sc bienheureux; mais il faut croire qu’ilaime les hommes , qu’il a foin d eux , & quïl kur fait du bien.Lactance dit : quel honneur ert-on obligé de rendre á Dieu , s’il nefait aucun bien à ceux qui le servent, Sc quelle crainte peut-otìavoir de lui, s’il ne punit pas ceux qui le méprisent ? Ce qui faicque le Jurisconsulte Pomponius, t. veluti de justifia, & í«tï met leculte de Dieu dans le droit des gens. Socrate dans Xenophon, ditque le culte de Dieu est une Loi qui a autorité parmi tous leshommes, ce que Cicéron assure de même. Et Dion de Fruste, ova-tions 41. appelle le culte des Dieux, & h pieté naturelle une per-suasion, dont généralement tous les hommes sont convaincus , lesBarbares aussi bien que les Grecs , comme étant naturelle Sc essen-tielle à tous ceux qui ont l’ufage de la raison , Se un peu après ilajoute que c’est une forte créance, qui subsiste sans interruption, Scqu’on trouve avoir également commencé & continué fans relâcheparmi toutes les Nations du monde. Le libertinage d’esprit, & peut-ccre du corps, quoique quelques Auteurs les en aïant purgés , oncété la véritable cause , pour laquelle ils furent chassés autrefois detontes les Villes bien disciplinées. Voyez Grotius du droit de la guer-re & de la paix à l'article 4». du chap. zo. du livre z. où il dé-cide avec beaucoup de raison 8c dc justice de grandes Sc importantesquestions, qu’il est utile de voir dans Grotius même. Parmi lesquel-les est dans ledit article 4s. du zo. chap. Cette décision, que la guerreest injuste contre ceux qui refusent d’embrallër la Religion Chrétienne;mais dans l’article suivant , il décide que la guerre est juste contreceux qui persécutent avec cruauté les Chrétiens, seulement á causede la Religion ; dans le 50. article il déclare que la guerre n’estpoint juste contre ceux qui ont de fausses opinions contre le viajsens de la Loi divine, ce qu’il faic voir clairement par des autorité*& des exemples , Sc dans l’atticle f z. il est d avis qu’on peut faite laguerre à ceux qui sont impies envers leurs Dieux , qu’i’.s croientctre tels.
IMPOSER.Imposition. Sont des termes de Droit, bien expli-qués dans Grotius du droit de la paix & dt la guerre , où il décide beau-coup de points importans sor cette matière ; pat exemple, il propose cet-te question, si l’on peut imposer des droits sor Ia mer. C’est au premierUvre du même Traité, chap. 3. article 34. sor quoi il dit son kncirmnttouchant la Jurisdiction, qu’on peut prétendre sor la mer; savoir, quela Jurisdiction sur une portion de la mer s’acquierc de la même ma-niéré que les autres Juridictions, c’est-à-dire , par le moyen des per-sonnes , & par le moyen du territo're ; par le moyen des personnes, com-me quand une flotte ou armée de mer sc trouve en quelque heu de lamer où elle est la plus forte. Cette Narion armée, dc quelque Paysquelle soit partie, a fans doute selon la Loi & le droit du plus sot t, telleJurisdiction sor cet endroit dc la mer, qu’elle trouvera lui être néces-saire. II n’y a rien en ceci de nouveau sur la mer, ni de différent <fela Jurisdiction qu’une armée Françoise, par exemple, se pourroit don-ner par sa supériorité sor un endroit dc la mer d’Eipagne. Ce qnipeucporter cette flotte marchande pallagere, ou d’une autre destination, àí’abstsnjr dc tel exercice & effet de sa force majeure, ce ne peut être
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