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O D E.

«ernme le papier brûle , l’esprir d'urine, Passa - fœtida, &c. La rai-son cse ccs phénomènes est très-diffìcile, Sc cependant très-importantepour connoitre de qucile façon les odorans agissenr dans notre corps.Quelques Médecins croycnt que les odeurs douces frottant les nerfsqui viennent aux membranes du nez , déterminent le cours des es-prits > ce qui fait que ne coulant pas si abondamment dans les autresparties, elles demeurent privées de mouvement & de sentiment : âucontrait e les odeurs fortes causant ( discnt-ils ) des mouvemens violensdans les parties du nez , font que les esprits font repoussez vers lecerveau , Sc qu’ainsi ils coulent vers les parties & les font agir. Lesodeurs font des effets tout contraires quand on les met proche de lamatrice , car les douces dilatant les pores de cette partie , font queles humeurs acres en sortent Sc que les esprits y coulent ; mais lesodeurs fortes fournissent des particules acres irritent encore cette par-tie , & la faisan t contracter empêchent le cours des esprits. On tiredes corps odorans , des esprits , des souffres & des sels. Si les souf-fres font grossiers & chargez d’alcalis volatils , il fe fait une odeurtres-puante & très-mauvaise : au contraire , si les sels volatils fontfixez pat quelques acides des souffres, lodeur est assez agréable Sc aro-matique : c’cst poiîrquoi en distillant l’esprit de vin avec l'huile devitriol , il se fait une odeur charmante qui parfume toute la cham-bre •• la même chose arrive fi vous mêlez l'esprit dc vin à l’esprit deliitrc. Mais si les souffres qu’on mêle aux acides ne font pas volatils,il ne se fait pas des odeurs à beaucoup près si agréables : ainsi deuxpatries d’huile de térébenthine avec de l’huile de vitriol donnent par ladistillation une liqueur claire , d'odeur & de souffre. 11 semble mêmeque les mauvaise odeurs peuvent se changer en aromatique : ainsi plu-sieurs corps qui étant flairez de prés donnent Je très-mauvaises odeurs,«n donneur de fort agréables de loin. Plusieurs corps dc mauvaiseedetir deviennent aromatiques par fermentation : le raisin en deve-nant vin , acquiert une bonne odeur qu’il n'avoit pas. L'on remarquememe que des corps aromatiques qui ont été dépouillez de leurodeur , la reprennent dans des lieux très-fétides , comme M. Bojledit qu’il arrive an muse. Les mixtes qui abondent en odeurs fortes ,ont donc pour l'ordinaire des alkalis volatils mêlez avec des souffresgrossiers. C'est par cette raison qu’ils peuvent adoucir les humeursacres , & par conséquent fortifier les nerfs» Ceux qui ont des odeursdouces , n’ont pas cout-à-faít les mêmes proprictez ; mais commelis ont des patries subtiles, quoique pas touc-à-fait si agitées, ils pouf-fent par insensible transpiration , & dissipent les parties acres qtì'ilsne peuvent pas embarrasser.

Les odeurs nous faisant connoîtte la quantité & la qualité des souf-fres qui entrent dans la composition du médicament, nous en pou-vons déduire quantité d'effets spécifiques , & l’on peut dire que tou-tes les herbes nervales & la plupart des pectorales n’onr pû être dé-couvertes que pat-là. L’on connoît aussi ( quoique plus difficilement)les sels qui composent un corps , pat les odeurs > mais pour cela ilfaut avoir recours à différentes expériences & à différens mélanges.Si dans les saveurs on trouve des acides ocultes , l’on peut dire qu’ily a aussi des odeuss ocultes : ainsi certains bois , comme celui qu’onappelle lignum 'viu , ne rendent aucune odeur , même étant brûlez ,& ils en rendent une très-agréable quand on les remue & qu’on lescoupe au-tour. Le sel atmoniac, ni au feu, ni ctant pilé, ne rend an-cune odeur , si ce n’est après qu’on la mêlé avec la chaux ou avecl’huile de tartre.

Odeurs far rapport à la propreté & à la délicatesse.

Pa^ rapport à ce but nous devons faire ici le dénombrement engénéral des drogues odorantes. En voici Jes principales, dont vousaurez la connoiísence particulière cn cherchant chacune dc ces droguesdans leur ordre alphabétique.

Les drogues principales qui (ont odorantes pár elles-mêmes, oudonc on se sert dans leur préparation , font l’ambre gris , l’ambte«oir , le muse pur , les vessies de musc, la civette de Hollande , cel-le d’Angleterrc , le benjoin commun , le plus beau benjoin , le sto-rax liquide , le storax sec, le baume du Pérou , le calamus, le lou-cher , la carrelle . le girofle , les muscades , I’iris , la coriandre . lelabdanum , le macanès , l’amidon , le bois dc santal citrin, le bois deroses , le bois de Sainte Lucie , l’esprit de vin , l’elsence de girofle ,l’essence de carrelle du Havre , l’cflcrtce de carrelle de Hollande > l’hui-lc de ben , l'huile d’amandes douces , l’huile d’olive , la gomme ara-bique , la gomme adragant, le cachou , le sucre blanc > la cire blan-che , le corail . le fyrop de griottes , l’orcanet , le savon de Genes.Notez que toutes les choses ci-dessus nommées se trouvent chez lesÉpiciers & les Droguistes , dans toutes les bonnes Villes, sor-toutdans les grandes Villes marchandes en Hollande , en Angleterre , enFrance , en Espagne , &c. Outre ces drogues , les fleurs fournissentdes eaux , des extraits . &c. dc très-agréable odeur. Parmi les fleurs ,les plus odorantes & les plus propres à la production des odeurs na-turelles & artificielles , font les suivantes : les roses communes , lestoícs musquées , les roses de provins, les jacintes, les violettes, lesjonquilles , les narcisses , les fleurs d’orange , les fleurs de jasmin, lestubéreuses, les caries. On doit ici donUtr fur les odeurs des fleurs unavis en général , qui consiste à déclarer qu’il n’y a que la fleur d’o-range & celle de rose , de laquelle oh puisse faire de l’eau. Plusieursonr voulu extraire l’odeur du jafmih & h’y ont pas réussi ; la raison«n est aisée à trouver .- c’est qu’il faut que ce soit une fleur qui ait ducorps pout pouvoir produire de l’eau , autrement il faut que ce soitdes fleurs qui sortent d’un arbre aromatique , comme le romarin ouíe myrte , defquels on peut employer les feuilles , qui ont beaucoupde force pout aider à la fleur. Remarquez aussi qu’en frottant dansvotre main une fleur d’orange ou une rose, vous trouverez qu’elle sen-tira plus fort qu'auparavant ; mais au contraire , si vous voulez fairela même chose avec une fleur de jasmin ou de tubéreuse , bien loinde communiquer son odeur , elle se réduira en fumier & en boue, St

o b è. j $

sentira tnàuvâis. C’est à ces différentes constitutions des fleurs & au-tres corps , qu’on doit prendre garde póur réussit danJ le dessein qu’ofca d’avoji de bonnes odeurs.

Tondre odorante de fleur S or ange.

Dans une caisse où il y âura vingt-cinq livres de poudre d’amidon ivous y mêlerez une livre de fleurs d’orange ; Vous ferez ensortc qu’el-les soient éga'emcnt mises par-cour , & vous aurez foin de la remuerau moins deux fois le jour pour empêcher qu’clles ne s’échauffcnt s& au bout de vingt-quatre hdfcres vous lasserez vos fleurs & en remet-trez de fraîches en même quantité , & vous ferez ainsi pendant troisjours. Si l’odeur ne vous en paroi t pas assez forte , vous en pourrezremettre encore une fois. II faut toujours tenir la caisse fermée, auífibien quand les fleurs y sont, que loifqu’elles n’y font plus.

Tornade odorate pour rafraîchir le teint & ôter les rougeurs du vifagte

II faut prendre une demi-livre de panne de porc mâle j & la met-tre tremper dans l’eau pendant plusieurs jours, la changeant souvensd’eau j & lorsque vous aurez bien fait blanchir cette panne, vous lamettrez dans un pot de terre neuf vernifé , avec deux pommes doreinette coupées pat morceaux fans péler , & une once des quatre se-mences froides pilées. Vous mettrez le pot devant le feu, & ferez cui-re ladite pomade l’efpace d'un quart d’heure : ensuite vous la retirerezdu feu , & vous y mêlerez une once d’huile d’amandes douces ; puisvous la passerez par un linge bien ferré, & laisserez tomber la colaturccn eau claire : vous remuerez la pommade ít l’eau avec une fpatulède bois , jufqu’à ce qu’elle soit prise & congelée dans l’eau.

Cachou odorant pootr tenir k la bouche.

Vous pilerez quatre onces de cachou , & dix grains de musc , en-semble dans le mortier , Sc les passerez au tamis de crin , tepilant cèqui ne fera pas passé > & le repassent. Vous ferez ensuite chauffer lccul du petit mortier & le bout de son pilon , & délayerez pat la cha-leur dudit mortier dix huit grains d’ambrt , & gros comme une gros-se noix de gomme adragant qui aura été détrempée avec de l’eau dcfleur d’orange ; & délayant ainsi 1e tout ensemble, vous y mettrez peuà peu votre poudre de cachou : vous la mêlerez bien & longtems ,afin que l’ambre soit étendu également par tout ; Sc se pâte étant bieófaite, vous formerez votre cachou. Or pout 1e former, vous cn pren-drez un morceau gros comme une noix dans se main , 6c le serezpointu par le bout , & vous en prendrez une petite miette à 1a fois »que Vous tordrez avec deux doigts ; Sc enfin vous le rendrez commede petites crottes dc souris : & pour empêcher qu’il ne s attache àvos doigts cn le formant , vous le frotterez un peu ávec de l'esscncede fleur d'oraftge.

Chocolat odorant ét de bon goût.

It faut prendre vingt livres de cacao , qu’il faut brûler comme îécassé , dix livres dc sucre , quarte onces de canellc , cinquante vanil-les. II y cn a qui ajoutent à cela demi-once de poivre d inde , qui est1c poivre rouge , & une dragme dc musc. On peut faite aussi de bonchocolat odorant, lorsque fur vingt livres de cacao vous mettrez vingtlivres de sucre , Sc pour chaque livre de cacao une vanille & demie :pour vingt-cinq livres de chocolat on peut mettre jufqu’à quarte grosde poivre rouge, ce qui lc rendra plus piquant, demi-livre dc cand-ie , & quatre onces & un gros dc musc.' On propose encore cette der-niere maniéré , qui est la plus agréable , la voici : Prenez dix livresde ca ao , cinquante vanilles , six onces de canellc, deux gros de poi-vie rouge, douze livres de sucre, de musc & d'ambre gris, de chacun10 grains.

Oìstlets odorans , Tajlilles de roses.

Vous pilerez 8c passerez au tamis dc crin une livre du marc de l’eaiid’ange ; étant réduit cn poudre vous le mettrez dans le mortier, yajoutant une poignée de feuilles de roses fraîchement cueillies, Sc uneétudiée de gomme adragant détrempée avec de l’eau de roses ; vouspilerez le tout ensemble assez longtems pour bien former 1a pâte ,vous l’applatirez avec un rouleau , & la couperez avec un couteau partablettes , comme vous voudrez. Pour faire les osselets odorans, vousen piendtez des morceaux que vous roulerez dans les mains commeun bout de bougie , longs comme le doigt , aufquels vous ferez unbout un peu large pour le faire tenir debout , & les mettez secher.Ces sottes de pastilles s’allument comme une chandelle , brûlent jusequ'à la fin fans s'éteindre , 6c produisent un fumée d’une nés-bonneodeur.

Chapelets (j> Médailles odorantes'.

Prenez dc la poudre fine à la Maréchale , & en faites une pâte avecde 1a gomme adragant Sc arabique , détrempée avec de l’eau de mille-fleurs : fi votre pâte sc trouvent trop molle , vous y ajouterez de lapoudre, & fi elle se trouvoit trop ferme ou qu’elle ne se pût lier, vousy mettrez de 1a gomme. II faut un peu frotter les moules avec dél’essence de fleurs , afin que la pâte ne s’y attache pas. Cette pâte estcouleur de cassé. Ou bien prenez du parfum à parfumer les autrespoudres, Sc en faites une pâte avec de la gomme qui aura été détrem-pée avec de l’eau de fleurs d'orange, dans laquelle Vous aurez mis ustfilet d’essence d’ambre. Cette pâte sera blanche , & erl y ajoûtanc duvermillon , vous la ferez aussi rouge que vous voudrez ; fi pour lafaire jaune òu blonde » il faut ajoûter de l’ocre jaune passé bien fin.Remarquez qu’il fêta aisé de rendre toutes ces fortes de pâtes d’auflìbonne & d'aussi force odeur que l’on voudra , en augmentant Tim-bre » le muse & 1a civette, soit dans les poudres . ou dans les eauxavec lesquelles on détrempe la gomme.

C iij iachtí