;r O C C. O C T* O C U. ODE*
Lorsque ia matière qui fait l’obstruction est entíerement endurcie 1& dégénéré en schirre , c’est inutilement que vous tenterez de la Ab-soudre. On doit alors s’appliquer uniquement a vuider les txcrémensretenus , à prévenir les désordres qu’iís pourroient faire dans les par-ties & dans le sang , & á rétablir celui-ci dans son état naturel.
Les légers purgatifs . les dclayans , les diurétiques tempérez, sonttrès-propres á remplir cette indication. ( L'Auteur de ce Traité con-seille fort de mettre ces derniers remèdes en uíage, Sc entre plusieursobservations qu’il fait fur la pratique pour guérir les obstructions ,j’en recuillerai ici une des principales. )
On se sert ( scion lui } avec succès -, des opiates calybées , lorsquele sang a encore des cruditez : car quoique ccs opiates soient inutilespour dissoudre les matières pétrifiées , elles délayent du moins cellesqui font encore molles , & par conséquent elles diminuent pourtantl.s obstructions , Sc préviennent leur accroissement. Que si le sang achangé de nature , & que de cet état de crudité qui a été la source desobstructions, il soit passé dans un état de saumure, ce qui active assezsouvent par faction des excrémens rerenus ; les opiates caìybécs sonttréf-nuisibles , parce qu’elles achèvent de détruire la partie fulphureu-íe & balsamique du sang , qu’il est très important de rétablir.
Alors les légers purgatifs, les délayans & les incrassans font les seulsremèdes que vous pouvez mettre en usage > entr’autres , le lait Sc lebain conviennent parfaitement , & il ne faut pas craindre qu’ils con-tribuent à augmenter les obstructions : car, outre que le sang a chan-gé d état , le lait , qui est le remède contre lequel on crie davanta-ge > népaistk jamais le sang tandis qu’il ne se gâte point dans les pre-mières voyes. Vous ferez persuadé de cela , fi vous considérez que lelait est un sihyle parfaitement digéré , lequel par conséquent n’a pasbesoin de coction pour íe changer en sang : tout cc cju’on peut sou-haiter , c’est qu’il ne contracte aucune mauvaise qualité dans les voyespar lesquelles il est obligé de palier. Ainsi vous ne balancerez point àvous en servir dans les obstructions, lorsque le sang aura changé d’é-tat > & que les premières voyes ne seront plus farcies de cruditez :vous pouvez même les mettre en œuvre quoique l’estomac soit soi-ble , lorsque vous jugerez qu’il est absolument nécessaire pour réta-blir !a partie íulphureuse Sc balsamique du sang , pour éviter par-làque la matière trop endurcie ne puisse dégénérer en schirre , & quel-quefois mêtne en cancer.
O C C.
OCCULTE, se dit d’une ligne qu’on a de la peine à apperce-voir, & qu’on tire avec la pointe du compas ou avec du crayon demine de plomb > pour faire plusieurs opérations géométriques , pourdrelîêr des plans , des desseins de bâtimens , des fortifications, &c.& qu’on efface ensuite quand l’ouvrage est achevé.
O C T.
OCTOGONE. Voyez, Polygone.
OCTOSTYLE. Ce mor qui vient du Grec , signifie une ordon-nance de huit colomnes disposées fur une ligne droite . comme leTemple Pseudodiptere de Vitruve , Sc celui du Panthéon à Rome ; oufur une ligne circulaire , comme le Monoptere rond du Temple d’A-polson Pythien à Delphes , & tout autre tour de dôme ayant huit co-îomnes en son pourtour.
O C U.
O C U L A I-R E , verre oculaire. Dans la Dioptriquc on appelleoculaire. , le verre où l’œil s’applique pour voir les objets au traversde la lunette. On met d’ordinaire au foyer de ce verte, une soye quiserr de pinule pour dresser le rayon visuel. On appelle oculaire simpleou monocle > celui avec lequel on ne considère les objets qu’avec unseul œil. Les télescopes communs font de cette sotte. L’oculaire bino-cle ou double , est l’aiîemblage de deux oculaires dioptriques mono-cles de même Sc d égale puiílànce , montez fur sangle des deux axesde la vision.
OCULISTE , celui qui s’applique particulièrement à guérir lesmaladies.de la vstë , à ôter les rayes > les cataractes des yeux. On aun Traité fort complet des maladies des yeux, par M. Antoine Maîtreqean , Chirurgien du Roi de France , Sc il vient d’en paroìtre nouvel-lement un autre , par M. de S,. Yves. M. Taylor a donné au Public ,peu de teuis auparavant, un nouveau Traite sor le mcrne sojec ; sa-voir , sor les maladies de l’organe immédiat de la vue. Son Livre oùil explique les maladies de l'ail d’une mamerc particulière , n’a pasencore paru complet : il seroit à souhaiter qu’il eut !e loisir d’y mettrela derniere main. On m’a dit qu’il a donné enfin son Ouvrage com-plet cn Anglois , Langue dans laquelle il s’expliquc plus facilement.
ODE.
ODEUR, ou Senteur. C’est fimpreffïon que font sor le nezcertaines petites particules qui s’cxhalent continuellement des corpsodorans. Le souffre ( disent les Chymistcs ) est le fondement desodeurs > comme lc sel des faveurs , & le mercure des couleurs. M.Cire w , Sécrétasse dc la Société Royale d’Angleterre , a écrit fur lesodeurs des choses très-curicuses, qu’il a reconnu par les diverses expé-riences qu’il a fait , dont voici quelques-unes.
i. Expérience , par laquelle il parole qu’on peut faire une substanced’une odeur forte Sc urineusc , du mélange de deux corps qui non tpoint d odeur. Prenez . dit cet Auteur, de bonne chaux vive Sc du selarmoniac , frottez-lcs & les broyez par cette action f un contre f au-tre , vous sentirez aussi-côt cette odeur forte & mineuse s’clever de cemélange, qui vous fera même verser des larmes. Tout cela n’eii qu unefset de f évaporation des particules du sel volatil huileux.
ODE-
a. Expérience , pat laquelle on peut donner une odeur très-fotte àun corps qui n’en a point , en y ajoûtant seulement de l’eati commu-ne. Si vous dissolvez quelque peu de camphre avec de fesprit de vi-triol , il s’en fera un mélange qui ne rendra aucune odeur ; mais sivous versez fur ce mélange une bonne quantité d’eau claire , le cam-phre quittera auíli-tôt le dissolvant qui en avoir séparé toutes les par-ties , íc reprendra son odeur qu'il avoir perdue , & plus sorte mêmeque celle qu'il avoir auparavant , à cause de la chaleur qui procèdede cette opération.
3. Expérience , par laquelle il paroît que deux corps > dont f un n aaucune odeur, & l’autrc en a une qui n'est aucunement agréable, mê-lez ensemble rendent une odeur de muse. L’Auteur fit cette expérien-ce en jettant une bonne quantité de petites perles toutes entieres dansf esprit de vitiiol ; faction de cet acide qui dissout ces petits corpsétant modérée en partie par la foiblesse du dissolvant , Sc cn pausepar la résistance des perles à cause qu’elles sont entieres , la dissolu-tion ne s’en fait pas promptement , car il faut quelques heures pourcela ; ,mais en approchant de teins en rems le nez de f orifice du ver-re où íc faisoit cette dissolution , il sentit une odeur dc muse, qued'autres purent aussi observer.
4. Expérience , par laquelle il paroîr qu’on peut donner à d espritde vin une odeur uès-agréable & aromatique , en y ajoutant d’uneliqueur dont le peu d’odcur quelle a n’est nullement agréable. J’aipris ( dit-il ) de bon esprit de vitiiol bleu , & ayant versé peu à peufur cctre liqueur un égal poids d’esprit de vin bien rectifié, & laisséce mélange en digestion pendant trois semaines ; quand ensuite de ce-la‘je suis venu à distiller ce mélange > il a rendu Sc produit une liqueursi subtile, qu’encore que nous la distillassions dans de grands vaisseauxexactement lutez , elle ne laissoit pas néanmoins de pénétrer les join-tures des vaisseaux , Sc de remplir mon laboratoire d’un tel parfum ,que chacun en étoit étonné. De-là nous pouvons apprendre combiences particules spiritueuses Sc inflammables que les Chymistes appellentlc souffre végétal du vin » font capables d’exalter le souffre minéral ,dont on ne peut douter qu’il n’y aie bonne quantité dans fesprit dcvitriol > & combien même ces mélanges qu’on fait par digestion sontcapables de changer la contexture des corps dont on les compose , &dont ils changent par conséquent les odeurs > soit que ces corps soienttirez d’entre les végétaux , soit qu’ils lc soient d’entre les minéraux.
y. Expérience, par laquelle il paroît qu’on peut augmenter les bon-nes odeurs par la composition. C’est une chose connue á tous les Par-fumeurs , que f ambre gris , quoiqu’estimé le meilleur Sc le plus ri-che de tous les parfums que nous ayons, ne rend néamoins, lorsqu’ilest seul, qùune odeur si foible , qu’à peine mérite-r’elle d’être nom-mée agréable. Mais si on mêle avec un peu de cet ambre une quan-tité de musc en certaine proportion , cette bonne odeur qui étoitcomme emprisonnée , se manifeste aussi-tôt Sc augmente merveilleu-sement. Ce n’est donc pas tant, comme on le croît communément,f abondance des ingrédiens les plus précieux , qu’une juste proportion& mélange > qui fait le parfum le plus agréable , le plus exquis & lcplus durable. L’Auteur dit avoir fait fur cela diverses expériences , Scil a observé qu’une beaucoup moindre quantité de musc & d’ambrcque n’en employent ordinairement des Parfumeurs ignorant, a pro-duit des parfums qui à cause de leur odeur croient préférez à d’autresoù le musc & f ambre avoient été employez en plus grande quantité.Je ne rapporterai point ici toutes les diverse» proportions & mélan-ges qui ont le mieux réussi ,.suivant les desseins de M. Gmv. II suffirad'cn communiquer une qui pourra en faire découvrir encore de meil-leures.
Prenez huit parties d’arobre gris , deux de muse & une de civette 3méiez-les bien exactement ensemble, & vous aurez fans manquer unebonne composition , avec laquelle vous pourrez merveilleusementparfumer le benjoin , lc storax , les fleurs, Sec. pour en faire despares, des pastilles, des parfums, des pomades , &ç. Quelques Da-mes de la Cour en Angleterre , curieuses de parfums , font un secretde mcler une certaine proportion dc vinaigre avec des choses odoran-tes , pour en augmenter & conserver plus longtems la bonne odeur.
Odeur remarquable dune ejfence que fait M. Grew.
II prend talle quantité de bon muse qu’il lui plaît, & fans le ré-duire en poudre , il verse seulement dessus environ la hauteur d’uatravers de doigt d’espric de vin bien rectifié > il le laisse ensuite dansle verre bien bouché cn digestion à froid . Sc au bout de quelquesjours cet esprit aura fait une dissolution des parties les plus subtiles dumusc , & acquis une especc de teinture. Voici sur cela une chose di-gne de remarque : c’est que si vous examinez f odeur de cette premie-rs essence ou teinture toute seule , vous ne la trouverez ni forte niagréable , & à peine pourta-t’on s’imaginer qu’elle contienne dumusc. Cependant si vous en versez une seule goutte dans une chopi-ne ou une pinte de vin d’Eípagae, ou de quelqu’autre bon vin, tousce vin prendra d’abord une telle odeur de muse , que le goût & fo-liotât de ceux qui en goûteront s’en trouveront Merveilleusement par-fumez. Ce qui a toujours paru surprenant à mes amis , dit-il , quivoyoient la grande disproportion qu’il y avoir entre ce vin & la li-queur qui venoit de lui communiquer cette admirable odeur.
Odeurs , far rapport aux Remèdes & à la Médecine.
Outre que les odeurs montrent les principes dont un mixte estcomposé , on peut dire qu’elles peuvent d’elles-mêmes altérer d’unefaçon puissante les dispositions du corps dans les personnes, qui étantfossiles, ont les esprits subtils & mobiles. Cela se remarque particu-lièrement dans les femmes qui sont sujettes aux passions hystériques ;car en flairant la moindre fleur elles tombent dans des pertes de mou-vement & de sentiment ; & l’un des meilleurs remèdes qu’on puifleapporter à cet accident , est de l«ur faire sentir des odeurs sortes,
comme