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10 O P H- O P I.

minéral. le nitre rafiné . & plusieurs autres qui agiffeírt en resserrantles pores , Se en coagulant les matières qui en fermentant ont causéTinflammation. Cependant ces remèdes font un mauvais effet dansquelques occasions : ils diminuent d abord 1 inflammation , mais Cou-vent la font durer plus longcems. Ainsi on ne s’en doit jamais servirquand cette indisposition a été produite en Hiver . ou par un ventfroid , ou dans un tempérament extrêmement phlegmatique : maisbien dans les autres rencontres, à savoir , quand le mal est venu pardes sels acres, ce qu’on peut connoìtre par la démangeaison , l'âcretédes larmes, quand la fumée ou le feu ont produit cet effet en rendantle ressort de la partie plus foiblc.

Quand l’abondance du sang produit Tinflammation, ou quand ilest retenu par quelques esprits acides; après avoir purgé & saigné >Hippocrate n’ordonne point de répercussifs > mais il ordonne avec rai-son le vin, & même le vin pur, afin de ranimer te de donner aller demouvement au sang pour qu’il puisse entraîner ces humeurs par lacirculation.

4. Mais lotfqu’on s’apperçoit que le sang est grossier, & que le ma-lade est pituiteux, il faut se setvir intérieurement d’absorbans, & desremèdes qui donnent de la liquidité au sang, tels que font ses sopori-fiques , pourvu qu’ils n’excitent qu’unc fermentation modérée dans leshum uts. Les absorbans agissent en se chargeant des acides quils ren-contrent, & les autres qui font fermenter donnent au sang sa fluiditéconvenable.

s. Les taches qu’on voit à la cornée, venant d’un épanchement dequelque matière crasse , ne peuvent ctre guéries que par de bons ré-solutifs , comme Tinfulîon de crocus metallorum , d’alocs , de sucrecandi dillous.

6. Les rayes ou cataractes ayant la même cause , ont aussi les mê-mes remèdes, Sc outre ceux-là , tous ceux qui peuvent un peu sub-tiliser cette hiyneur, & racler Sc enlever des parties de cette excrois-sance ; comme l’huile de semence de lin , qu'on tire par distillation,l’eau d'écrevisses, la tutic en poudre. &c.

7. A l’égard des ulcérés des yeux , ils doivent être mondifiés, dé-tergés & deslèchcs. On peut employer les résolutifs > parce qu’ils sechargent des acides. II faut pourtant prendre garde de ne pas irriter,à cause de la sensibilité des parties, ni mettre des adoucissons, tels quele soit & les choses grasses Sc butyreuses, qui empêchent la transpira-tion Sc la modification de l’œil : mais Ton peut user d’une décoctiond’aigremoine, de racine d’iris de Florence, de 1 men. e de fenouil, ouTon ajoute un peu dc tutie préparée, ou de pompholyx ou d’antimoi-ne crud. Tous ces remèdes absorbant les acides, empêchent la viíci-dicc de ces matières. Ainsi Tulcere n’ayant plus ces matières visqueu-ses aigres qui Tentretiennent, peut facilement se guérir, comme Tex-périence nous le fait connoìtre.

8. A l’égard des piayes qui arrivent aux yeux , l’on se sert ordinai-rement de choses dont Tesset est fort*,ambigu & incertain. On 1 e lèttd’adouciísons > tels que peuvent être le sang de pigeon chaud , le laitde femme , où Ton dissout quelquefois tant soit peu d'encens mâle.Tout cela adoucit à la vérité dans le moment où Ton s’en sert ; maisl'on peut dite que ce qui fait qu’on employé ces remèdes, c’est qu'onn’cn a point d’autres: car si on se servoit des répercussifs, on craint lamoirifìcation de la partie malade : si on sc servoit des résolutifs , oncraint Tinflammation qui en peut arriver par accident , contre notreattente & intention : si on se servoit des soppuratifs, on craint unetrop grande perte tie substance,& une trop grande fonts des humeursdr Tocil ; mente étant onctueux , ils ne peuvent po nt servir à cettepartie, par les raisons que nous avons déja dites. Au reste, Ton peutdite que le sang & le soit venant à fermenter & à se corrompre dansla playe , h la peuvent entretenir , & même y attirer des fluxions,le lait s’aigriisont & le sang se pourrissent.

O P I.

[ O PI A T H. Voyez, cer Article dans le Dictionnaire (Economi-que , Sc y ajoutez ce qui soit.

Opiate confortative.

II faut prendre de la conserve de feuilles d’absinthc, des conservesliquides dc fleurs d'œillet,dc rose & de romarin.de chacune une once;d’ambre gris un scrupule,deux gros de poudre aromatique rosée, sixgouttes d'huile distillée dc canclle, &, autant d’huilc de gerofle aussidistillée. Formes de tout cela selon l'art une opiate dc consiftence rc-<qmfe , en y mêlant le fyrop de Kermes. II en faut donner pendantquinze jours , soir & matin apiès le repas , la grosseur d une grossenoisette, & 1c malade doit boire par dellùs un doigt de vin d’Elpagneou d’Aíicante. Cette opiate est souveraine pour rétablir les forcesperdues, pour rétablir la chaleur naturelle, contre le flux de ventre Scta íoiblesle de Testomac.]

OPINIONS. En matière criminelle , lorsque les opinions'sontpartagées , on prend le parti le plus doux. Jn crimìnalibus enim hu-tnsmier interpretatìo ateipienda efl. vide Régulas suris. En matière ci-vile , le procès est départi en une autre Chambre , si c’est au Parle-ment ; Si dans les autres Tribunaux , k Juge en appelle un ou plu-sieurs autres de nombre impart. Voyez. Cbarondas fur U Code Henri ,liv. z. tit. 16. Le mot opinion cn matière de Pratique & dans les Ju-eemens , marque ks scntimens de ceux qui composent une Assem-blée ctabiie pour juger & décider sor les diss.ren ; s qui surviennententre les Citoy-ns & Plaideurs. La maxime ci-dessus énoncée en ma-tière criminelle , est fondée fur le principe, Odia funt rejìringenda. Cequi est odieux Sc contraire à Thumanicé ; c'est-à-dire , à Tamour dc lafcìiciié humaine , doit erre restraint, Sc réduit amant qu’il est possi-b e , fans blesser la justice, ni laisser ks crimes impunis. Tout hom-me 'est fossile , Lc n’agit pas toujours par un piincipe ue malice Lé de

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màlignité ; il faut dans ces occasions que ks Juges fassent tout ce quiest possible en faveur de la foibleík innocente, de peur que dans unetrop grande sévérité on ne sévisse contre soi-mcine & contre notrecommune nature. C’est pourquoi , sans pourtant s’avciigkr , il fauttant qu’il se peur interpréter favorablement , & supposer tout cc quipeut ctre supposé vraisemblablement en faveur des acculés. Maislorsque ses crimes sont manifestes, prouvé? & confessés , il faut dansce cas pratiquer la Loi & la mettre a exécution, quelque ièvere qu’cl-le paroisse : il n’y a que le Législateur Sc le Prince qui puisse com-muer Lé adoucir la peine légitime, en suspendre Texécution, ou fairegrâce au criminel , parce qu’il est lui seul la Loi vivante , & qu’onsuppose dans le Prince un discernement plus parfait qu’on ne doitsupposer dans toutes les personnes particulières > qui ne doiventpoint s’écarter de Tefprit & du jugement de la Loi : cette Loi estî’efprit commun Sé public de la Nation toute ent.eie , dont le Lé-gislateur Sc le Prince ont été animés dans so premiere constitutionde cette Société nationale.

OPltJM, suc épaissi du pavot. Vopium Sc 1 c meconium sont deuxsucs qui sortent du pavot Franc. Le meconium est se soc exprime detoute la plante , filtré & épaissi > Sé Yopium est se soc qui découle delui-méme des têtes du pavot par de légeres ouvertures Sc incisionsqu’on y fait lorfqu’elles sont mures , lequel sc desséchant Lé se coagu-lant par la chaleur du soleil, devient noirâtre. 11 y a trois sortes d’o-pium, le blanc , le noir Sc le jaune , qui peuvent être tous mis en usage.Le noir pourtant est le plus usité. L’opium est un remède très-nécef-sairc en Médecine , dont plusieurs Savans ont écrit, W racler us , Frcita-gius . Hartmcmnus , Sala , Doringius , le Chancelier Bacon. Cc dernierdans son Hiflotre de la vie & de la mort , dit beaucoup de belles cho-ses touchant Topium & ses facultés. Hartman en parle fort exacte-ment , & Doringius fort au long. Ces trois derniers méritent dettelûs. La maniéré de ramasser Topium est rapportée par Schroder , quia raison de dire que nous n’avons que le meconium , encore bien so-phistiqué & rempli d’ordures. Ce qui poire à penser que nous serionsbeaucoup mieux de nous servir ,'c notre opium ( à limitation deGjuercetan , ) c’est-à-dire , du soc de notre pavot , préparé de la ma-niéré que Schroder nous enseigne en Tartide 2.37. de la premiere Clas-se, sor 1 e mot Papaver jativum.

Les scntimens font partagés touchant l’usàge dc Topium , qui estestimé par les uns , Sé blâmé par les autres. Zwelpher dans fa Phar-macopée Royale , pag. 1 sj. St soiv. fait un grand catalogue des Auteursqui rejettent Topium , & un fort petit de ceux qui se reçoivent. Lesmodernes néanmoins depuis f latents estiment beaucoup Topium; caril rapporte une infinité d’cxemples de Tutilité de cette drogue , ce-ci-lui a beaucoup dc modernes dans son paiti, & spéciakmnc Syl-vius de le Boé, qui mêle Topium à tous les remèdes dans toutes sortesde cas. Quoíqu’il en soit, c’est un très-bon remède, lorsqu’il est bienemployé & bien préparé, II agit par son sel volatil acre huilieux, enquoi consiste sa vertu narcotique anodine. C’est de-lâ qu'il reçoitla vertu d’arrêcer cous les mouveinens déréglés des esprits , leseffervescences & 1e flux , tant du sang que des autres humeurs.De cet.e vertu générale dérivent tous les autres effets particuliers,comme se sommeil & la cessation de la douleur , puisque ses veil-les s’ensoivent du trouble des esprits , ou de [effervescence des hu-meurs. A raison de cette vertu générale , Topium est un fébrifugeuniversel, propres aux fièvres continues, intermittentes, bénignesSc malignes. Brenddius dans fa Considération & Consultation 104..dit avoir guéri plusieurs fièvres ardentes , tant bégnignes que mali-gnes , par 1 e moyen du Ludanum. L’opium excelle dans les fièvresmalignes en qualité de sudorifique , puisque 1e point principal detoute la cure consiste dans une louable & légitime soeur : témoinWaìleus dans son livre de la Méthode de guérir , où il dit que Topiumfait la base de la thériaque , qui en reçoit sa vertu spécifique Sc su-dorifique. Voyez aussi Hartman , fur lopium , theereme í. L’opiuinconvient sor-tout dans les fièvres où les ma'ades font inquiets , setourmentent dans le lit , & où les forces diminuent ; ce qui sesempêche de dormir & de soer : car dès qu’on leuc a donne deTopium , ses inquiétudes Sc ses mouvemens cessent , puis le som-meil Lé la sueur s’ensoivent. De ce que Topium modéré les efferves-cences des humeurs > il est aise de conclurre qu’il convient aux hé-morrhagies, soit du nez , des hémorrhoïdes ou de la matrice , Léaux flux des humeurs , soit diarrhée , cholera-morbus ou dysente-rie. II est pareillement spécifique ( Lé la thériaque à cause dc lui )dans les soperpurgations , qui s’ensoivent des remèdes trop violcns.Sc dans ses flux de sang Lé d’humeurs , même epidémiques. L’opiumest salutaire pour prévenir 1e paroxysme du mal hypochondriaque,Sc particulièrement la suffocation de matrice & les assauts épilepti-ques , en y ajoutant le camphre á Tégard des deux dernieres affec-tions. Bartholin , Cent. s. Hìst. ss. rapporte Texempk d’une fureurutérine guérie par 1 e moyen de Topium > qui est recommandé parRtviere contre la nicme maladie. II appaisc ses douleurs de la sciati-que , de la tête , Sc généralement toutes les douleurs , en modérantle mouvement déréglé des esprits. Rumehus donne dans la podagreles pi,Iules suivantes , qu’il appelle vent amies , furge & utnbula ; lesvoici : Prenez de la masse des pillules asoephangines . deux dragmes 1laudanum opiatum , demi-dragme > mêlez le tout pour en faite le*pillules requises. Quoique Van Helmont nous ait fait prendre gardeque la qualité narcotique Sc stupéfiante de Topium cause des songesturbukns . ce qui est assez ordinaire ; cependant il ne faut pas pourcela refuser Topium à ces sortes de malades qui ont des dispositions ìla mélarichoiie : il suffira pour éviter touc inconvénient > qu’il soitbien préparé Sc donné à propos. On peut voir sor la matière de To-pium & de ses vertus , les Modernes , Pomet , Histoire des drogues.Dictionnaire pharmaceutique de Ltmery. Le Traité des médicamens deTauvry » & autres Auteurs rcccns.

[OPIUM. Extrait d'opium. Voyez, Extrait.

Opium.

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