OUT*
G U TIL S. Ce root s’entend dc tous ies instrumens méchaniquesqui fervent à ['exécution manuelle Mes ouvrages , coin me équerres,régies d’Appareilleur, marteaux, ciseaux,scies, tarières,&c. On doitdistinguer ces deux mots , outils Sc tnstrumens, Instrument est un motqui comprend 1 outil, c’est-à-dire, qu'il a une signification plus éten-due qu ‘outil : car instrument comprend tout ce que l’on employé pourvenir a bout de quelque ouvrage; & en particulier il signifie un moyendont on se sert pour faire quelque opération subtile , comme quandon l’appliqwc dans l'Astroftomie pratique aux divers instrumens donton s’y sert: au lieu que les instrumens particuliers qu’on appelle ou.tils . font ceux qui servent aux ouvriers Sc aux ouvrages plus grossiers,qu’on appelle instrumens méchaniques ou outils , comme les outils duMaçon, du Charpentier, du Menuisier, duJStriurier, du Cordonnier,Sc autres semblables. Le mot à’instrument vient à'instruere , moyenpour faite un ouvrage sensible. composé, & où il y a de l’art. II est ap-pcllé instrument , pa'rcc que l’ouvricr en doit être garni ( ìnstruBus ) pourfaire cet ouvrage composé de plusieurs parties ou pièces exactementassemblées. L'outll est nu instrument dont on sc sert avec une certaineroutine, fur l’exetnple des maîtres dc ces ouvrages grossiers, lans aucu-ne autre instruction. Outil, quast utile > vel utile, ab ut t n do, parcc qu’ons'c n sei t fans beaucoup de régies & dc réflexion. Voyez Félibien , quia parlé de presque tous ces outils ou Instrumens des Artisans. Instru-ment , au reste , différé de machine > en cc que l’ir.strumcnt est unmoyen pour faire & construire une machine , & que la machine estla fin & le bue des opérations de l’ouvricr qui se sert de ces instru-mens pour produire une machine. On peur pourtant dire que l'onle sert des machines comme des moyens Sc d’instmmens pour fairedes édifices,&c. en ce cas il faudroit se retrancher à dire,ouela ma-chine est un instrument très compose & dun plus grand appareilqu’un instrument ordinaire. J’ai cru devoir comparer ces trois mots,
& en dire assez'distinctcment Sc assez prédícmcnt la différence , Scdans quel sens on peut se servir de l’un pour l’autte. Du Cange ditque dans la basse Latinité on a dit ettilia.c n la même signification dumot outil : cependant je ne c;ois pas que Je mot outil ( quidutile adfabrkandum ) vienne de cet ancien mot, puisque 1 étymologie ci-dessùs apportée est manifeste : mais atillia a pu venir de tait s , rel,atteler ou étaler, c’est á-dire, que le mot afteien qui a signifie autre-fois outil, vient de ce que l’on choisit parmi divers outils , celui qmest<e/,& propre à tel ouvrage: en esté r de cet atilta ou attlé ,eft ve-nu le mot d’attelier , ou lieu où sont tous ces outils, & le verbe ate-ler ( des chevaux ) qui signifie joindre ensemble dc tels chevaux, c’est*a-di c, de relie grandeur , hauteur & force, comme la décence & laíu.ihic Se demandent.
OUTRAGE, injustice excessive, injure atroce > offense outrée enparoles ou en actions & rraitemeta. L outrage ne fe trouve pas seu-lement dans les injustices Sc injures; mais encore dans les actions dejustice & de juste vengeance, lorsque l’on passé certaines bornes oud’huroanité , ou de quelque rcípectable bienséance; comme de traî-ner au supplice un criminel comme si c’étoit une bctc & non un hom-me , en qui les autres hommes doivent reconnortre leur communenature ; ou de prendre une personne encore respectable par là famil-le ,lors méme quelle s’est rendue digne de blâme & de punition;demaltraiter avec des paroles insultantes , un malheureux condamné àune punition légitime & convenable. Toutes ces choses sont des ou-trages, par cette régie de Droit. Summum jus est jumma injuria. „ Un„ droit trop levers devient une injure. " II n est pas seulement dela bi -n séance publique & universelle , nuis il est de la justj-c & derhumanirc , que ceux qui punissent les trimes des Citoyens , fassentconnoìrre au public , & au malheureux qui s’est rendu criminel paríà faute ou fa malice, que c’est avec compassion pour leur malheurque l’on sc prête au juste Sc nécessaire ministère du châtiment, quela Loi a décerné contre tous ceux qui sosie coupables de tels crimes.Quoique outrage ait irsie signification vague, à savoir, ce qui est ou-tre la régie > cependant ce mot signifie tout mal qui se lait contreun homme innocent oû criminel, soit en paroles, soit en actions outraitcmens.loisque ces paroles & ces actions (ont excessives, & qusel-lcs font tout à là sois, & cruelles & superflues pour l’cxercice de lajuste Sc légitime vengeance contre lc crime d’un homme prévenu Scconvaincu.
L’outrage est bien plus grand dans l’offensc ou injure faite à uninnocent ; mais fi c’est un homme revêtu de dignité ou d’un caractère jrespectable , la moindre offense. ou en paroles ou en actions est u nOutrage. Un Ambassadeur n est pas seulement outragé lorsqu’nn bru-tal ! offense en sa personne,mais aussi par la moindre marque de mé-pris Sc d’iníuitc ; comme léroit dc lui tirer Ic chapeau de la tête. &le terrer à terre & soulet aux pieds. Ce n’est pas la grièveté de lapeine Sc de la douleur faire à cetie personne, ou innocente ou respec-table; c’est le suprême degré dc cette innocence Sc de certe dignité,qui aggrave l’offcnse. Ce mot vient d ‘ultra, Sc du verbe agere, entantqu’il signifie tout cc qui fê dit Sc íê fait outre & contre, Scc.
OUTRE, peau de bouc , qui étant encore garnie de son poil,cousue 8c préparée d’une certaine façon > sert comme dc baril pourrenfermer les liqucuis, asm <!e pouvoir les transporter avec plus de fa-cilité. On sap; e'.Ie aussi simplement bouc. En Espagne on met le vindans des outres pour le transporter. En France on s’en sert très or-dinairement pour les huiles. Le mot d'outre vient do uter utris , motLatin de même signification. II faut faire quelque préparation auxoutres > avant que de s’en servir aux usages ci-dcslùs mentionnés,fans quoi ils comtnuniqueroient quelque mauvaise odeur ou goûtaux liqueurs qu’ils comtendroienr. Outre se dit des mêmes peauxtie bouc qu’on emplit de vent, qui sirvent de grosses calebasses. EnOrient on ne passe la plupart des grandes rivières que fut des ou-tres. On ne navige fur l'Euphrate qu’avcc des radeaux portes fur d es
° l O U T R E M E R. Voyez cet Article dans le Dictionnaire (Ëconami-çue , Sc y ajoutez ce qui fuit.
OUT. O U V.
Four faire de t Outremer aujft beau que celui du Levant.
Faites rougir dans un creuset du lapis le plus brun que vous pour-rez trouver ; jettez-le deux ou trois fois dans du vinaigre ; étant cal-ciné, broycz-le dans un mortier ,1e plus subtilement que vous pour-rez; passez cette poudre , 8c broycz-la fur le porphyre > avec partieségales d’efprit de vin & d’huile de lin, qu’il faut faire digérer ensem-ble auparavant dans un matras. Ayez soin de les bien agiter, avant
3 ue de les verser sur votre poudre de lapis , & quand vous aurez té-uic le touc en poudre impalpable, il faudra l'incorporer avec le ci-ment, dont voici la composition.
Prenez deux onces d’huile de lin > ttois onces de térébenthine deVenise, demi-oncc dc mastic , deux onces d’asla-fcctida, deux oncesde colophont, demi-oncc de cite, trois onces de résine. Faites bouil-lir le tout dans un pot plombé , pendant un quart d’hcure ; puis lepassez par un linge , le faisant ceuler dans de l’eau claire ; rctirez-ledc l’eau, 8c prenez une partie de ce ciment & une partie de votre la-pis broyé, 8c l’incorporez ensemble dans une terrine plombée ; puisjetiez par dessus de i’eau nette 8c chaude , & laissez reposer pendantun quart-d'heure. Ensuite agitez la matière avec une spatule dc bois,& dans un quarc-d’heure vous verrez l’eau route azurée. Versez cetteeau dans une terrine plombée; reversez d’autre eau chaude surjvotrematière, 8e continuez à faire comme la première sois.jusqu’à cc quei’eau ne paroisse plus teinte, Eniuite évaporez toutes ces eaux quevous avez mêlées ensemble, il vous restera un outremer parfaitementbeau.
Voyez dans l’article dc la M i g u a t u R E » vous y trouverez 1,maniéré d'employec l’outremer. ]
. o u V.
OUVERTURE. Terme d'Architecture : c’e st un vuide ou unebaye dans un mur , laquelle sc fait pour servir dc passage ou pourdonner du jour dans un bâtiment. C’est aussi une Fraction causée dansune muraille,par mal-façon ou caducité. C’est encore le commence-ment de la fouille d’un tertein pour une tranchée, rigole ou fonda»tion. On appelle ouverture d'angle, d'hémicycle, Scc, ce qui fait la lar-geur d’un angle , d’un hémicycle. En général , ouverture c’est unefente, un trou, un espace vuide dans ce qui est continu > dans ce quiétoit d’ailleurs plein ou dos de toutes parts. Ce mot fe dit des bâti-mens bien percés & bien éclairés, où il y a de belles fenêtres , desportes & d'autres ouvertures bien disposées Sc pratiquées. Les ou-vertures & fenétrages des Anciens croient d’une autre façon que lesmodernes, sor rout Italiques : elles étoient petites, maigres, & tropuniformes. Les ouvertures à la moderne font plus amples , mais lesbâcimens ou murs s’en trouvent souvent plus affoiblis & moins soli-des, au lieu que ceux des Amiens étoient plus durables, & avoientd'autant plus de solidité qu’ils avoient peu d’agrcmenr. Toute leurressource étoit dans lc grand usage des colomnes.qui donnoientauxédifices des ouvertures a leur guise.quoique le dedans en fût obscurSc fans gayeté.
En termes de Mâtine, on appelle ouverture , Un petit Détroit entredeux terres ou rivages fort élevées. C’est aussi l’eípace entre deuxmontagnes ou éminences ; mais pour avoir lc nom d’ouverturc,cecespace ne doit point être vaste & à perte de vue.
A l’égard de l’ouverrure des lignes, dont on a fait mention ci-de-vant, elle fe mtsure non par la hauteur Sc longueur des lignes quiles enferment , mais par leur distance réciproque. La premiere mesurepour juger d’un angle grand ou petit, c’est 1 étendue d'un arc ou quaitde cercle compris entre deux signes qui partent dun méme point:cette ouverture fair ou uh angle droit, dont l’arc est de ?o degrés,c’est-à-dice, un quait de cercle; ou un angle aigu, qui est moins ou-vert que lc droit > ou un angle obtus , qui est plus ouvert.
Ouverture, en termes de Palais, a diverses applications & usa-ges. Pat exemple, on appelle ouverture de fief,un fief vaquant : cetteouventtre de fief artiste quand il y a mutation de Seigneur ou de Vas-sal : elle dure jusques à ce que l’héritier ou successeur air fait la foi Schommage , & on appelle ce fief ouvert. Ouverture de rachat > se ditqtiand !c cas est arrivé, où le rachat est dû au Seigneur. Et quand leJuge a jugé que la saison étoit devenue propre a la vendange , onappelle certe permission , ïouvtrture des vendanges. On appelle aussiau Palais ouvertures de requête civile , les moyens fur leíquels elle estfondée. On dic aussi qu’il y a ouverture à la Régalé , quand un Évêqueest décédé , & lorsqu’il y a quelque Bénéfice du Diocèse qui n’est pasrempli dc droit ou de fait. On appelle aussi ouvertures, les avis &expédient qu’on trouve dans les jugemens , dans les affaites , Sc quien avancent le succès. Voseverture du Farkment, est cette solcmnicéqu on fait au commencement de cette assemblée publique. On ditaussi en parlant de la Paulette , qu’elle est ouverte depuis le i j Dé-cembre jusques au i s Janvier, c’est-à-dire, qu’alors il y a un Bureauouvert pour y recevoir ce droit que payent les Officiers pour assurerleurs Charges : c’est ce que ne doivent pas manquer de taire les per-sonnes de famille qui se trouvent revêtus d'Offices & Charges consi-dérables ; l’avarice insensée de ceux qui sont négligens , est souventruineuse à des familles considérables. On dit aussi en parlant des ren-tes de la Ville, que le Bureau est ouvert, que le quartier est puvert,quand on a commencé à payer en public un quartier de ces rentes.On dit qu’une succession est ouverte au profit de quelqu’un , pourdire qu’il est en état dc la recueillit. On dit que le Fief est ouvert enfaveur du Seigneur faute de droits non payés, ou <Jes devoirs nontendus par le Vassal , pour dite que dans ces sottes d occasions , leSeigneur est en droit de jouir du Fief de son Vassal. Foyer. Fief &
V assa r. On dic aussi ouverture de fiAeicemmis ou substitution. VoyezSubstitution 8t Eidsicqmmis.
OU-