8§ PAN.
plusieurs eaux, jusqu'à ce qn’on sente au goût qu’else s’est dépouil-lée de tous ses sels. La matière qui se réduit en poudre, est la fa-meuse Panacée nitreuse, â laquelle on attribue tant de vertus.
Propriété ou vertus de la Panacée universelle.
La Panacée nitreuse absorbe les acides, dissout les glaires, Sc lesévacué par les selles, fans causer aucune tranchée; elle aide à la trans-piration , & convient dans toutes les maladies chroniques causées parle vice des acides, ou par toutes lottes d’obstructions des intestins ;elle excite la transpiration, provoque les mois, guérit la jaunisse, Scles maladies de la peau; elle est spécifique pour le scorbut.
La dose en est depuis une ckmi-dragmc, jusqu’à deux dragmes.II faut en user pendant plusieurs jours de fuite, pour s’appercevoirde son esset ; parce qu’elle agit peu à peu, & sans aucune violence.On la prend, ou dans un lait d'amandes fort clair, ou dans une eauminérale. Si on aime mieux la prendre dans une tasse de thé, on ypeut me.ttre un peu de sucre. On la prend le matin à jeun, ou leloir deux heures avant le repas. Toutes sortes de personnes en peu-vent faire usage, même les femmes enceintes. ]
PANACHE, portion trangulaire de voûte, qui aide à porter laTour d’un Dôme. Voyoz Pendentif.
Panache de sculpture , ornement déplumés d’autruçhc, qu’on peutquelquefois substituer à la place des feuilles d’un chapiteau composé,& qu’on a introduit dans le chapiteau d’Ordtc François.
[ PANADE. Voyez Régime de vivre pour les enfant.
P A N A G E. Voyez Bois.
PANARIS, ou mal d'avanture. C’estun mal qui vient au boutda doigt, St qui cause une douleur très sensible.
Remede pour le Panaris.
Aussi tôt que vous serez attaqué de ce mal, trempez votre doigtà plusieurs reprises, dans l’eau bouillante. Si vous avez des cendresde sarment, faites-en une lessive , Sc trempez-/ souvent votte doigt:ee remede est éprouvé.
Pour appaiser la douleur du Panar 'tt.
Mêlez de l’huile de violettes avec du blanc d’ccuf, & appliquez cemélange fur le Panaris. Voyez Mal davanture, Onglée. ]
Garengeot , dans fa Chirurgie complété Sc dans son Traité des Opéra-tions de Chirurgie , définit le Panaris, un amas ou épanchcnicnt dequelque matière qui occupe ordinairement l’extrémitc du doigt, quicommence le plus souvent par une petite élévation dure, sans grandedouleur & fans aucun changement de couleur ,* mais qui dans la fuites’enflâme, devient fort rouge, & cause des accídens plus ou moinsfâcheux, suivant les parties qui renferment l’épanchemcnt. Voyez leTraité des Opérations de cet Auteur, où il traite jusques à 4 efpecesde panaris. Dionis, dans un semblable Traité des Opérations de Chi-rurgie , soutient qu’il est impossible, que la quantité de matière quel’on voie sortir des panaris, puisse ctre contenue entre los & lepérioste, cet espace n’ayant pas deux lignes de largeur.- elle est tou-jours , selon lui, entre la peau & le périoste , Sc toute l’extrémitédu doigt en est abbreuvée ; & si l’on trouve souvent l’os découvert ,c’est que non seulement le périoste a été rongé par l’âcreté de la ma-tière, mais encore les ligamens qui attachent l’os de la troisièmephalange à la seconde, ce qui fait que ce dernier os tombe par sup-puration. Un remede infaillible pour le guérir, est de lui donnerouverture, soit par la pointe de la lancette, ou quelque onguent;& puis tremper le doigt dans une lessive de cendres de sarment; ilcn sort des glaires & des morves, qui font le propre excrément dela membrane altérée, & une suppuration impropre d’une partie qu’onne croit pas y être sujette. Le panaris est un mal très dangereux ,& si douloureux qu’il rend les malades comme insensés, ne pouvantreposer ni sc tenir en place. 11 ressemble a ce qu’on appelle mal d'a-vanture, parce que le mal d’avanture ordinaire vient d’une cause exter-ne, comme pat une piquure d’aiguille, ou d’épine; au lieu que lepanaris vient d’une cause interne. Rivicre dans ses Observations Mé-dicales rapporte, que de mettre le doigt malade dans l’orcilk d’unchat, guérit un panaris en deux heures.
Le sentiment d'Etmuller fur le Panaris est rapporté en abrégé parle Docteur Allen. Selon lui ( dit Mr. Allen ) c’est une tumeur qui vientd'otdinaire aux extrémités des doigts, c’est à dire aux dernieres arti-cles , fans pourtant prétendre que les autre* cn soient exempts. Quel-quefois ce mal est vague, Sc passe d’un doigt a un autre, de manié-ré qu’un premier doigt étant guéri, le doigt voisin sc trouve atteintdu même mal, jusques à ce que tous les doigts en ayent été succes-sivement (& même conjointement ) attaqués. La douleur en est quel-quefois si grande, qu’elle sc communique à coût le bras. Cette tu-meur est causée par une humeur acre & très corrosive, qui attaquele périoste & les tendons qui y sont attachés. Elle est bien tôt suivied’une inflammation qui tend á former un abscès; mais la!gangrensy survient le plus souvent, avant qu’elle puisse suppurer. A l’égardde la cure, le même Auteur dit, que plutôt l’humeur parvient à sàmaturité, & moins il y a de danger que l’os ne se carie : c'est doncpour l’avancer, que quelques uns" y appliquent la fiente. qui appaiseplus promptement la douleur Sc résout la tumeur. Mais quand le pa-naris a jetcé dc plus profondes racines , il faut en faire i’ouverturc,qui est une voye de guérison sure : elle sc fait même jusques à l’os.II faut après l'incifìon faire appliquer sor le doigt la théatique dissoutedans l’cspric de vin. II remarque , que cette sorte de tumeur appelléepanaris vient aussi au pied. Cette maladie est rrés fâcheuse; ellearrive sur-coute aux pouces des pieds, & tourmente ses malades patde très cruelles douleurs. Ce mal n’est cn rien diffèrent de l’eípecede panaris qui attaque les doigts de U main, mais il est bien plus
P A N.
dangereux, étant bien-tôt suivi de la gangrené, du sphacele, enfin dc lamort du malade. Ce panaris est produit par la même cause ,&doit êtretraité de même. Quand les accídens augmentent à un certain exccs, leplus court Sc le plus fur remede est de couper le doigt.
II y a, outre la diversité de ces deux lieux & de ces deux panaris,deux efpeces en général, savoir, un panaris bénin, & un panarismalin. Celui de la premiers eípece suppure aisément, & la matièreblanche Sc louable qu’il contient ayant Ion issue libre, il est bien-tôtguéri. L’autre espece est un mal très dangereux, & ne guéri gueresqu'aprcs une incision faite presque jusques à l’os. Ce mal ressembleassez aux engelures qui attaquent ses mains Sc ses pieds durant
I Hiver: les parties affligées dc ces engelures 1 e gonflent, Sc de blan-ches qu’elles étoient elles deviennent bleuâtres, elles causent aussiune grande démangeaison, Sc sont fort douloureuses; mais elles scdissipent après 1e froid, tantôt avec ulcération, tontôt fans ulcération.Après les remede* généraux, on frotte ses parties malades avec l’huisedc pétrole, qui sert de remede tant pour préserver que pour guérir.On loue beaucoup, l’onguent rosat, avec l’huise dc térébenthine &1e suc dc rave.
Mr. Le Clerc, dans sà Medecine aisée , nous apprend des remedesfort simples. Pour résoudre, dit-íl, 1 c panaris, mettez dessus des or-dures de l’oreille, avec lesquelles vous mêlerez un peu d’huile d’a-veline : ou bien, envelopez le doigt avec de l’excrement humain. Sila tumeur nc sc résout point, il la faut ouvrir par 1e bout du doigtavec une lancette, & la faite suppurer avec quelque onguent appro-prié. A l'cgard des engelures, pour les prévenir il faut frotter lapartie avec de la térébenthine ou du fiel de bœuf: ses raves dessé-chées, pilées & appliquées fur la partie, sont fort bonnes, aussi-bienque leur décoction, pour guérir ces rumeurs. Lorsque ses mêmestumeurs sont ulcérées, prenez une rave, crcuscz-la, versez dedansde l'huile rosat, faites cuire le tout sous ses cendres chaudes, expri-mez la rave, Sc oignez la partie avec cette expression.
L’Auteur de la Medecine & Chirurgie des Pauvres fuit, dans la gué-rison du panaris, ses méthodes de Garengeot Sc de Le Clerc. 11 ditqu’il faut donner ouverture au panaris par la pointe de la lancette,ou par quelque onguent tel que celui ci, qui est un excellent reme-de. Pienez beurre frais, sain doux dc porc, suif dc mouton, cireblanche, licharge dor, dc chacun une once ; huile d’olive, deuxonces faites fondre la cire & ses graisses avec l’huile , & mêlez peuà peu la litharge en poudre déliée dans la fusion, en remuant ; ô-tez de dessus 1e feu, & remuez jusques à ce que l’onguent soit froid.
II est excellent fur 1e panaris, ses frondes, ses abscès, & pour toutesles rumeurs qu’on veut faire mûrir, amollir , suppurer Sc percer.11 est aussi specifique aux duretés des mammelses. On appelle com-munément cet onguent dans l’Hôrel-Dicu de Paris, Vonguent de laMere Thecle , Religieuse de cet Hôpital, qui en est l’inventrice. No-tre charitable Auteur est d’avis > ayant ouvert le panaris, d’y appli-quer l’herbe appellée en Latin Cariophyllata, après lavoir pilée, par-ée qu’elle a réussi cn plusieurs occasions. Tirez, dir-il, un ver deterre dans un endroit humide, comme fous une goutiere, entortil-lez-le tout vivant autour du doigt, arrêtez-l’y avec un linge, & l’ylaissez jusques à ce qu’il y meure, ce qui arrive au bout d’une heure,dit ’fean Baptise Porta , qui assure ne connoicrc point de remedemeilleur pour dissiper la tumeur & la douleur. Cette guérison sym-pathyque est rapportée fort sérieusement par l’Auteur nommé ci-def-sus. II rapporte dans 1c çnéme endroit, que ses habicans de Pille deJava n’ont point de remede plus efficace pour le panaris, que detremper á diverses reprises dans l'eau bouillante le doigt malade.- re-mede que Mr. Homíerg né dans cette Use assure avoir éprouvé furlui-mcme.
Pour amortir se panaris, tenez votre doigt pendant un miscreredans l’efpríc de vitriol ou de souphre, 1c plus chaud que vous lepourrez souffrir.
Voici un onguent excellent, éprouvé par le même Auteur charita-ble. Prenez beurre fiais de Mai, ou autre non lavé, quatre onces;cire jaune neuve en morceaux, une once & demie; grand diachylutn,ou même du commun, deux onces Sc demie; & poix résiné en pou-dre, une once Sc demie. Ayant fait fondre se beurre à petit feu dansune terrine, faites fondre aussi fans bouillir, cn remuant toujoursavec une spatule de bois, ses autres drogues lune après l’autre, dans1 ordre marqué ci-dessus, enferre que le tout soie bien incorporé en-semble : retirez le vaisseau du feu & continuez de remuer avec laspatule jusques à ce que l’onguent soit froid, que vous conserverezpour vous en servir Hans la cure du panaris. II est encore bon pourla guérison des playes, des ulcérés même ses plus vieux des jambes,aux brûlures Sc aux apostumes.
II y a tiois sortes de panaris, à la peau , â la chair, & à Pos.Ceux qui viennent fous le périoste, s’ils sont négligés, causent mor-tification à la partie, qu’il saut ouvrir promptement en long, Sc cou-per le périoste. L’on connoit que la matière est maligne, par unepetite tache violette qui paroic fur la peau, & il faut alors appliquerdes remedes fans délai.
Comme il n’est point parlé du tout du Panaris dans se Dictionnai-re (Economique des dernieres Editions, & que ce mal est fort fâ-cheux, j’ai cru devoir en parler ici.
Quant â l’étymologiede ce mot, Du Cange 1 e fait venir de Parony -chyum, qu’on trouve dans Apulée, Sc qui vient du Grec; car parasignifie proche, Sc onyx signifie ongle, mal près de l’ongle, étant unabscès qui se forme a la racine des ongles.
[ PAMCHIMAGOGUES. Voyez Remedes. ]
PANDECTES Sc Digese, sont la même chose. Digese est líterme le plus commun , fur-tour dans ses citations.
PANETERIE, lieu & partie d’un Palais. C’est dans le Palaisd’un Prince > 1 e lieu où l’on distribue se pain. & qui est ordinairementsua rez de chaussée, Sc accompagné d’une Aide,
P A-