MOUT ET ELOGE DE BOYLE. l6gi. 221
Fesprit 8c à l’aggrandir. Autant il étoit dé-gagé de toutes les petites pratiques religieu-ses , autant étoit il attaché à celles de toutesles vertus auxquelles on reconnuìt le vé-ritable disciple 8c l’ami de Jésus-Christ.
II n’imita jamais ces philosophes où ceschrétiens qui croyent devoir affecter unegravité, un íerieux continuel, par lesquelsils semblent vouloir s’attirer les regards 8c laconsidération des autres hommes, qu’il nerechercha jamais ; mais auíïi fa gaieté étoittoujours décente, 8c ne laiíloit point voirun homme léger ou inconséquent ; 8c sa joietelle que peut la donner la conscience deson innocence sans accès ni éclat. Exemptde passions, il jouiíìoit d'un calme continuel,8c poíïédoit son ame en patience, ayant beau-coup de maux corporels à supporter. IIavoit toute la tendresse que donne un bon.naturel, 8c toute la douceur de Famitié. Lamisère du genre humain Faffectoit vivement;mais les grandes idées qu’il s’étoit faites deDieu par la contemplation continuelle deses ouvrages, le consoloit 8c avoit mis dansson cœur un festin de joie continuelle.