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ou trois personnes ensemble, pour entreprendre íedéfrichement de quelque nouvelle habitation, lorsquel'on ne se sent pas assez riche & assez fort pour le fai-re tout seul.
AMATHYSTE. Voyez, Ametiste.
AMATIR. Rendre mat ; ôter le poli a for , ouà f argent.
. De l’or mat, c'est de l'or qui n’est point poli.
On dit plus ordinairement de P argent blanchi, &blanchir de l’argent, qu’argent mat, & amatir del’argent.
AMAZONE. Tabac d’Amazone. Voyez. Tabac.
. -j- AMBIA. Cest un Bitume liquide, jaune, dontl’odeur approche de celle du Tacamahaca. 11 couled’une fontaine située aux environs de la mer dans lesIndes. II est résolutif, fortifiant, adoucissant ; il gué-rit les dartres, la gratelle ; on s'en sert pour les hu-meurs froides ; il ales mêmes propriétés que les Gom-mes de Caragne & de Tacamahaca. * Lemery Dic-tionnaire des Drogues.
AMBOUTI, & EMBOUTIR. Voyez. Embouti,& Emboutir.
AMBOUTISSOIR. Morceau de fer carré & creux,don,t les /Serruriers & les Clouders fe servent pourformer la tête des clous a champignon. Voyez Clous
A DEUX POINTES.
* AMBRE-GRIS, en Latin Ambra grifea, Am-larum cineraceum , est une substance qui tient duê suif, grasse, solide, legére, de couleur de cendre ,& variée comme le marbre, semée de petites tachesblanches, qui coule des entrailles de la terre com-me le bitume, qui fe condense dans le sein de lamer, & qui nage sur sa superficie, ou que l’on trou-ve sur les bords de la mer où les flots Pont jetté.
Les lieux où il y en a le plus communément,sont,cette partie de la côte d’Afrique, & des Istes voisines,qui s’étendent depuis celle de Mozambique, jusqu’ala mer rouge ; Piste Sainte-Marie, & celle de DiegoRuis près de Madagascar ; Piste Maurice, qui n’enest pas fort éloignée ; & la côte au dei'a du Cap deBonne-Espérance.
L’Ambre-gris des Indes Orientales est ordinaire-ment jetté fur les côtes des Istes Barmud’es, dans leDétroit de Bahama, & dans les Istes Simbales, quitiennent preíque a la Péninsule de Jucatan. L’on entrouve aussi sur quelques côtes de la Méditerranée.
Kcemf ffer , dans son Hift. du Japon , dit, que l’onen trouve fur les Côtes de Satzuma , & fur cellesdes Istes de Riuku , dans le Japon. II en vient uneplus grande quantité des Côtes de Khumano , c’est-a-dire , des Côtes Méridionales de Kijnokuni, d’Is-je., & de quelques Provinces voisines de ce Royau-me.
Mr. Neumanny cité ci-après, dit, qu’il en vientaussi des Istes Molucques, des Istes de Sumatra Oc-cidentales , de Piste de Bornéo & du Cap Comorinproche Malabar ; des Côtes d’Ethiopie, lesquellesdepuis Sofala jusqu’a Brama sont très riches en Am-bre-gris.
Les Indiens des Istes Simbales le vont pêcher ourecueillir d’une maniéré assez curieuse.
Quand la mer a été agitée d’une tempête, & qu’ily a apparence que PAmbre-gris aura été jetté a lacôte, ces Indiens, Tributaires des Espagnols, ycourent, pour prévenir certains oiseaux qui le man-gent , & qui en sont fort friands. Us vont contre levent, jusqu’a ce qu’ils sentent l’odeur de P Ambre,qui étant récent, en exhale beaucoup ; & lorsqu’ilsle perdent, ils retournent fur leurs pas, & ainsi ledécouvrent enfin fur le fable ; & souvent même lesoiseaux qui y sont appellés par l’odeur, le leur mon-trent, en piquant où il est.
II y a de deux sortes d’Ambre : l’un est de couleurde cendre, l’autre noir : On regarde comme le plusexcellent celui qui est de couleur de cendre , net,odoriférant, léger, & qui étant percé avec une ai-
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gui lie chaude rend un soc gras & odoriférant. Lenoir est peu estimé, parce qu’il est rempli de terre& de limon, ou même falsifié, comme quelquesuns le pensent.
Les Auteurs ne conviennent pas de ce que c’estque P Ambre gris. Les uns disent que c’est la fienteou les excrémens des oiseaux ; d’autres que c’est lesperme ou les éjections d’une sorte de baleine :quelques-uns prétendent que c’est une résine qui dé-coule des arbres, ou une espèce de camphre ; quel-ques autres assurent qu’il est composé d’écume dé lamer, qui s’est durcie, avec de la cire & du mieldigérés & cuits par le Soleil & le sel marin : maisprésentement on ne peut douter que ce ne soit unesorte de bitume qui sort du sein de la terre, & se ré-pand dans le fond de la mer, qui est mol & liqui-de dans les commencemens, & qui ensuite s’épais-sit & se durcit ; car au milieu des morceaux d’Àm-bre on trouve différentes choses , comme de petitespierres, des coquillages, des os d’animaux, des becs& des oncles d’oiseaux, des rayons d’abeilles en-core remplis de cire, & d’autres choses de cette sor-te , qui n’auroient pu être envelopées dans cette ma-tière, si elle n’avoit été molle & gluante pendantquelque tems, comme le bitume.
La plus grosse piéce d’Ambre-gris dont on ait eujusqu’ici connoissance , est celle qui fut apportée enHollande sor la fin du 17 e . siécle. Elle étoit presqueronde , de plus de 2 pieds de diamètre, & du poidsde 182 livres. Le Duc de Toscane en avoit offert50 mille écus. On la voyoit encore dans la maisondes Indes Orientales d’Amsterdam en 1697. où l'É-diteur de ce Dictionnaire , qui avoit accompagnéaux Conférences de Ryfwick le Ministre de 8. A. 8.Monseigneur le Duc de Mantoue, la vit, la toucha,& í’examina long-tems; & a ce qu’il croit, avec as-sez d’exactitude, pour être persuadé que le morceauétoit naturellement de ce volume, & n’avoit pointété formé de plusieurs morceaux d’Ambre-gris unisensemble.
C’est sans doute la même piéce d’Ambre-gris,dont parle Kxmpfer, qui pesoit i8>p livres de Hol-lande : elle fut vendue par le Roi de Tidor a la Com-pagnie Hollandoise des Indes Orientales pour le prixde onze mille Rixdalers : elle étoit d’une couleurgrisâtre, & d’une fort bonne espèce. Sa figure neressembloit pas mal a une tortue dont on a coupé latête & la queue. Voyez Valentini Musœum Musœor. lib.3. c. 28.
Les plus grosses pièces d’Ambre-gris qu’on eûtvues jusqu’aiors,& qu’on regardoit cependant commeprodigieuses, n’avoient pas passé 40 livres.
L’Ambre-gris doit être choisi bien net, bien sec,leger, en beaux morceaux, de couleur toute grise audehors, & d un gris marqueté de petites taches noi-res en dedans , d’une odeur douce & agréable ; &sor tout prendre garde s’il n’est point sophistiqué, &mêlé de gomme , ou autres drogues, avec lesquellesil est assez facile de le contrefaire. 11 faut éviter celuiqui est humide , mollasse , sale.
L’Ambre-gris sert aux Parfumeurs dans leurs par-fums , aux Médecins dans quelques remèdes, & auxConfiíseurs dans plusieurs sortes de confitures & dra-gées. 11 entre aussi dans la composition du chocolat.
On en fait des extraits, des essences , & des tein-tures. La meilleure essence d’Ambre-gris vient deHollande , & de Portugal.
Kxmpffer observe qu’il y a plusieurs fortes d’Am-bre-gris , selon la diversité des veines souterraines oùil est produit. Certaines espèces sont particulières acertains pays ; si bien que des personnes habiles, a-près y avoir regardé attentivement, sont en état deconjecturer quelles sont les côtes où il a été trouvé.U y a de l’Ambre-gris qui reslemble au bitume gros-sier, ou a i’ Asphalte , ou au Naphthe noir desséché Zpar conséquent plus ou moins noir & pesant, & d’n-
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