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Tome 1.
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ios> AMANDES.

se font avec des amandes douces ou amères, &quelques autres ingrédiens ; on dira seulement quecelle d’amandes amères est la meilleure.

Le Sr. Pomet. a donné dans son Histoire des Dro-gues, une manière d’exprimer I’huile d’amandesdouces, qui paroît être la plus aisée, & qui doitcoûter moins de peine & de dépense que toutes lesautres. Comme c’est une espèce de recepte généralepour toutes les huiles qu’on voudroit tirer des grai-nes , semences, fruits, &c. on a crû que le Lecteurne seroit pas fâché de la trouver dans ce Dictionnai-re. Elle est a l’article général des Huiles. Voyez. Hui-le d’Amande douce. Consultez Lemery Ditdion.des Drogues.

ì Quoi qu’en dise ici l’Auteur, il est bon de faireconnoître l’arbre qui produit les amandes, tant pourgarder Tordre qui caractérise les Plantes qui se trou-vent répandues dans ce Dictionnaire, que pour enmarquer des particularités ignorées sur-tout de làplûpart des habitans du Nord, qui n’en ont jamaisvû que le fruit.

L’Amandier est un arbre d’une grosseur médio-cre , qui croît au midi de l’Europe le plus commu-nément , parce qu’il aime un peu la chaleur pourfleurir avant le Printems. Les pais voisins de la merMéditerranée, font ceux qui lui font les plus pro-pres , comme l’Espagne, le Languedoc, la Proven-ce & l’Italie. Les feuilles & les fleurs qu’il donne ,font fort semblables a celles du pêcher.

Les Amandes ont été très estimées de tout tems,íur-tout des Grecs. Les douces font fort nourrissan-tes, & adoucissent très bien les humeurs ; aussi ellesfont pectorales, & procurent aisément le sommeil.Galien les a cru peu propres a nourrir ; cependantl’expérience a montré que le lait qu’on en tire estexcellent pour les gens maigres & les étiques. LesItaliens font de leur huile une panacée dans toutesles maladies où il y a de Pirritation dans les parties,& de l’acreté dans les fluides du corps; ce qui s’é-tend a un grand nombre de maux ; c’est ce qu’onpeut voir dans Baglivi. Le marc qui reste après Tex-pression de l’huile, est très propre a décrasser & aadoucir les mains.

L’huile d’Amandes douces doit être fraîchementtirée pour en user intérieurement ; & faite sans feuelle adoucit davantage. Elle est excellente dans lapleurésie, & dans la douleur des reins.

Les Amandes vertes, dans le tems que leur écor-ce est encore tendre, se confissent ; & cette confi-ture est très agréable.

Les Amandes amères ont été connues longtemsavant les douces. On ne connoissoit pas celles-cik Rome du tems de Caton ; Elles n’y furent appor-tées que par les Grecs ; c’est de la qu’elles y prirentle nom de Noix de Gréce. Plutarque a écrit que cel-les qui font amères , font un préservatif contre l’y-vresse, ce qu’aparemment il a tiré'de Diofcoride ;mais on n’a pas trouvé de nôtre tems que cela soitvrai. Enfin quelques Auteurs ont prétendu quellesfont Un poison mortel aux Chats, aux Poules &aux Renards ; ce qui est encore tiré de Diofcoride& de Matthiole.

L’Amandier donne fur son tronc, ou sur ses gros-ses branches, une gomme qui est adstringente, & quiadoucit par fa viscosité les tranchées dans la Dissen-terie, & la guérit même, selon Diofcoride. Quel-ques-uns la font prendre dissoute dans une infusionde vulnéraires pour ce mal. Schroder l’estimoit bon-ne au calcul, en l’appliquant fur la partie, ou ré-gion de la vessie, étendue fur du taffetas.

Le genre d’Amandier apartient a la XXI e . Clas-se de Mr. Tournefort , laquelle renferme les Arbresà fleurs pentap étales , ou rosacées, fous lequel fontrangées 5. espèces. Son nom en Latin est Amygda-lus. * MSS. de Mr. Garcin.

Les Amandes de toutes sortes payent en France lei

AMAN. AMAT. na

droits de sortie sur le pied de fruits secs , cest-d-dire >12 fols du cent pesant.

Les droits d’entrée font de 15 fols pour les Amandesnon cassées, & 18 fols pour les Amandes douces & amè-res de toutes sortes , aujs le cent pesant.

Commerce des Amandes à Amsterdam.

Les différentes fortes d'Amandes dont on faitcommerce a Amsterdam, font des Amandes amères,des Amandes douces longues, des Amandes de Va-lence en Espagne, des Amandes de Provence, & dèsAmandes de Barbarie.

Les iòô livres d’Amandes amères se vendent 9 fl.I a 10 fl.;leur tare se régie suivant la grosseur des bal-les. Celles depuis x J o jusqu’a 200 livres donnent 4liv. & celles de 40O a 5sOO livres 6 livres de tare parballe; si elles *sont en futailles, elles se tarent aupoids. La déduction pour le bon poids est de 3 pour100, & celle pour le promt payement d’un pour 100.

Les amandes douces longues valent 40 fl. les 100livres ; la tare est comme aux amandes amères.

Le prix des amandes de Valence est de L3 florinsles 100 livres; la tare de 6 livres par cabas.

Les amandes de Provence ne valent que 12 fl. les100 livres ; la tare de 6 liv. par cabas.

Les amandes de Barbarie se vendent 15 fl. les lôolivres ; la tare, depuis 10 a 16 livres par cabas, selonqu’ils font grands ou petits ; la déduction pour lebon poids 2 pour cent, & autant pour le promtpayement k ces quatre fortes d’amandes.

Amandes. C’est aussi un fruit qui sert de basse mon»noie dans plusieurs endroits des Indes Orientales ,particulièrement où les Cauris , ces petites coquillesqui viennent des Maldives , n’ont point de cours.

Ces Amandes croissent dans les déserts du Roy-aume de Lar, autrement dans la Caramanie déser-té ; d’où elles font transportées a Ormus, Isle duGolphe Persique, autrefois occupée par les Portu-gais , & que les Persans ont repris fur eux Pan 1622,avec le secours des Anglois. C est d’Ormus que cesAmandes se répandent dans une grande partie de$Indes.

La bonne *ou mauvaise récolté de ce fruit en aug-mente ou fait baisser la valeur. Année commune ondonne 40 ou 44 Amandes pour un pécha , petitemonnoie de cuivre, qui, suivant les lieux, vauttantôt 10, & tantôt 11 deniers, monnoie de France.

Ce fruit est si' amer, qu’il n’est pas possible d’ertmanger; & «Bailleurs la coquille en est si dure , quepourl’une &l’autre raison, cette"monnoie esta cou-vert de la friandise des enfans, qui fans cela ne man»queroient pas d’en faire une grande consommation.

Amandes. Les Lapidaires & Miroitiers appellentaussi Amandes, les morceaux de cristal de roche, oude cristal fondu, qu’ils ont taillés au rouet, d’une fi-gure approchante de ce fruit. On s’en sert dans lamonture des lustres de cristal, a en faire des pen-dans qu’on mêle avec les boules.

AMARANTE. Couleur qui tire fur le pourpre ;c’est une des nuances du rouge. On l’appelle ainsi ,parce qu’elle imite la couleur de la fleur qu’on nom-me Amarante. Voyez Couleur , & Teinture.

AMARQUE, autrement BOUE'E, ou BALI-SE. Terme de Marine. & de commerce de mer.C’est une marque ou signal que l’on met aux en-droits dangereux pour la navigation, afin d’avertirles vaisseaux qui font route, de s’en éloigner. On sesert ordinairement, ou de.tonneauxflotans , ou demâts élevés a l’endroit qu’il faut éviter. Voyez Ba-lise, & Boue’e.

AMASSETTE. Morceau de bois, de corne , oude cuir , dont les Peintres & les Epiciers se servent *pour ramasser les couleurs, quand on les broyé fur lapierre a broyer. Voyez Couleurs servant àla peinture.

AMATELOTER. On dit aux Iíles Françoisesde i’Amerique, s'amateloter , pour dire s’associer deux

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