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Tome 1.
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ï 17 AMBRE

que FAmbre-gris est une espèce particulière de Suc-cin & seule de ce genre ; en faisant cette analyse ilfaut être très exact a ôter de FAmbre-gris toutes leschoses étrangères.

Plusieurs Auteurs en ont écrit,& chacun différem-ment. Denys , Monconis , Porne t, Lemery , & presquetous les François croyent que f Ambre-gris est uneproduction d’Abeilles ; Lemery croît même d’avoirtrouvé de la cire dans la solution ou essence de s Am-bre-gris ; quoique ce précipité , dont il parle , soitblanc, gluant, & ressemblant a du suis ou a du talc,cen’étoit autre chose qu un véritable Ambre-gris pu-rifié & réduit, & cpson peut derechef dissoudre dansson premier dissolvant, ou dans l’esprit de vin trèsrectifié, ce qui ne se peut faire auffi facilement & to-talement avec de la cire.

Il y a de neuf sortes d’Ambre-gris ; sçavoir i. decendré, 2. de blanchâtre, 3. de jaunâtre, 4. de noirâ-tre, 5. de lisse, comme étant couvert de peau, 6. detout brun,7. de rayé, 8. de marbré,& 9. de tout noir.

II y a de l’Ambre-gris qui n’a jamais été avalé pardes animaux,& il y en a auffi qui a été avalé & man-gé par des animaux, & ensuite rejetté dans la mer ,ou trouvé dans leurs corps. Cette dernière forte estla moindre, & retient presque toujours quelque mau-vaise odeur du domicile animal ; a cause de cela ilest très aisé a distinguer du bon Ambre-gris. Celuiqui est tout noir ou tout blanc ne vaut rien non plus,de même que celui qui est lisse, uniforme & troppur, qui est ordinairement falsifié ou entièrement ar-tificiel & composé : au contraire le gris cendré, rayé& marbré de taches blanchâtres , noirâtres ou jaunâ-tres, est le meilleur : il est même quelquefois cou-vert d’une croûte noire au dehors,ou il se trouve desbecs d’oiseaux, des morceaux d’os de seiche, des ar-rêtes & autres choses semblables. 11 faut pourtanttoujours choisir le plus pur, autant qu’ilest possible ;& observer, que le meilleur Ambre-gris est quel-quefois mêlé de semblables impuretés.

L’Ambre-gris paye en France les droits d’entrée furle pied de 8 francs la livre.

Commerce de ï Ambre-gris à Atnjîerdan.

On vend â Amsterdam deux sortes d’Ambre, sça-voir l'Ambre gris & F Ambre noir.

L’Ambre-gris se vend depuis 8 jusqu’a 16 fl. Fon-ce; la déduction du prompt payement est d’un pour100.

En 1748. Novembre 9 flor. § Fonce.

Le prix de F Ambre noir, est depuis 5 jusqu’a 8 fl.même déduction du prompt payement qu’au gris.

* Ambre jaune , ou Karabé , & Succin , que l’onnomme en Latin Succinum , Amharum citrinum, estune substance bitumineuse, dure, aride, fragile,trans-parente , tantôt jaune ou citrine, tantôt blanchâtre,tantôt brune ; d’un goût de bitume, & un peu as-tringent ; d'une odeur agréable & de bitume lors-qu’on l’échaufe; inflammable, & qui étant échauféepar le frottement attire les pailles & les fétus.

11 y a eu différons sentimens íur l’origine du suc-cin ; on ne peut douter présentement que ce ne soitun íuc bitumineux & fossile, né dans les entraillesde la terre, qui est d’abord liquide, & qui s’épaiffitensuite en une substance solide & dure. Dans la Pro-vence on en tire des montagnes auprès de la villede Sisteron vers la tour de Bévonce, non loin duvillage appellé Salignac. On en tire auffi de la ter-re dans la Marche d’Ancone près de la ville de cenom , auffi bien que dans le Duché, de Spoìete ap-pellé l’Ombrie, dans le territoire de Catane& d’A-grigente en Sicile. Mais tout ce succin est brun &moins pur. Le meilleur se trouve dans la Prusse, oùjl y en a de deux fortes, l’un que l’on retire de la ter-re, l’autre que l’on ramasse sur les bords de la mer;mais ils ne font pas différons quant à l’espéce.Hartmnn, qui a fait une histoire exacte du succin,

-GRIS. n 8

ne sait pas de difficulté d'asturer que toutes lés terresde la Prusse & de la Poméranie font remplies de suc-cin ; puisque souvent on en trouve une grande quan-tité dans des endroits fort éloignés de la mer, lori-qu’on laboure la terre ou qu’on la creuse pour diffé-rons usages : mais les principales mines de succinsont situées dans cette partie du bord de la mer dePrusse que l’on appelle le bord de Sndavie. Du riva-ge de la mer s’éiévent des collines formées d’unecertaine terre corticale, de forte qu’elle tessemble kdes tas d’écorces d’arbre. Les écorces extérieuresfont sèches & cendrées ; celles qui font dans Finté-rieur font molles, noires & bitumineuses. Sous cesécorces il y a une couche d’une certaine substanceligneuse , ou plutôt d’une substance qui ressemble %du bois, non composée , comme le bois végétal,de grand nombre de fibres entortillées, & entrelas-sées les unes dans les autres de différentes manières,mais de différentes lames plates & droites, placéesles unes fur les autres ; c’est ce qu’on appelle boisfossile : Mr. Hartman la regarde comme la matricedu succin, puisqu on en trouve une grande quantitédans ses veines , & que l’on trouve rarement du suc-cin fans bois fojjile. II faut remarquer en passant, quedans plusieurs endroits, d'où l’on tire le succin, ontrouve auffi du bois fossile, la pierre de Linx, & desminéraux vitrioliques.

Le succin, que l’on ramasse sur le bord de la mer ,vient des collines qui en renferment, que la mer adétruites & renversées avec la terre, & qui est en-suite jetté ça & la par les flots.

L’Ambre jaune est un Bitume minéral qui con-tient ï° de l’huile, 2 0 de Peau, 3 0 de la terre , & 4*du sel, acide de sa nature & du genre des sels vitrio-liques : ces 4 ingrédients font si intimément mêlés .ensemble, qu’aucun dissolvant, ou menstrue ordinai-re , n’est capable de dissoudre entièrement ce lien ,ni même de le bien & notablement extraire , par-ce que Fingrédient huileux y domine , & sait pres-que dans la proportion du mixte les | & d’ailleurscette huile n’est pas de nature végétale, mais miné-rale ou bitumineuse.

Les Hollandois vendent pour Ambre jaune ou suc-cin une Gomme-Résine végétale, qui vient d’Amé-rique; on Fappelle Gomme de Loock .- quand elle estseule, cnla peut éprouver aisément, & connoîtreque c’est un faux succin, en quatre manières : i°.eile a beaucoup moins d’électricité que le véritablasuccin : 2 0 . elle se découvre en brûlant par l’odeurqui n’est nullement celle du véritable succin: 3°. el-le se dissout dans l’espritde vin en plus grande quan-tité que le véritable succin : & 4 0 . ce faux succin( Succinum fpurinm ) ne donne point de sel volatilpar la distillation. Mais si cette Gomme de Loock oufaux succin, est mêlée avec du véritable sitccin, enmorceaux d’égale grandeur, il est très difficile de ladistinguer : & c’est de cette façon qu’on la vend or-dinairement. Ceux qui veulent être informés a fondde l’anaiyse chymique de l’Ambre jaune, peuventavoir recours a la leçon publique fur le succin deMr. Neumann , imprimée à Berlin en 1730. en Al-lemand , d’où ces deux §. sont tirés.

II y a de trois fortes de succin; le citrin ou le jau-ne , le blanc & le brun. On ne convient pas de l’es-péce qu’on doit choisir pour l’usage de la Médeci-ne ; les uns préfèrent le citrin, d’autres le blanc jcelui-ci a plus de sel volatil, celui-la a plus d’huile :le succin se dissout dans l’esprit de vin, & dans l’hui-le d’Aspic, de Lavande & de Lin, quoique plus dif-ficilement.

On croît que quelques Allemans ont le secretd’amollir l’Ambre jaune ; & de quelque façon que.lachose arrive, il y a apparence que ces animaux con-servés dans F Ambre , peuvent être d’agréables illu-sions de Fart, plutôt que Fouvrage de la Nature.■ Voyez le SpeBacle de la Nature cité ci-après.

ï,’ Ambre