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AMBRE.JAUNE,
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L’Ambre s’emploie a plusieurs sortes d’ouvragesprécieux & délicats : il semble cependant qu’on n’enfait plus en France la même estime qu’autreíois,fur tout pour les colliers , qui de la Cour ont passéaux enfans & aux servantes.
II a toujours conservé son prix en Autriche, enAllemagne , en Poiogne, en Hongrie, & en quel-ques endroits d’Italie. C’est de Poiogne & de Hon-grie que vient l’Ambre le mieux travaillé, & oùaussi il se vend le plus cher.
Les Nations les plus Orientales de l’Asie, & furtout les Japonnois, donnent un plus grand prix del’Ambre jaune que de l’Ambre gris; ils l’estimentmême davantage que les Pierres précieuses, si l’onen excepte les coraux, dont ils ne font que peu oupoint d’usage. Mais de toutes les différentes sortesd’Ambre, le jaune transparent, qui est si commun& si peu estimé des Habitans de PEurope, est celuiqu’iis achètent a plus haut prix, k cause de sa per-fection & de Pantiquité qu’ils lui attribuent. Ilsméprisent toutes les autres espèces d’Ambre. C’estce que nous aprenons de Kœmpffer cité ci-devant.
On contrefait le succin avec la térébenthine &du coton, ou avec des jaunes d’œufs & de la gom-me Arabique ; d’autres vendent a fa place de la gom-me de Copal.
On tire de l'Ambre jaune une teinture, un es-prit , un sel volatil, & une huile ; cette huile sert afaire du vernis d’esprit de vin.
Nous ajouterons fur V Ambre jaune ce qu’en ditMr. d’Audiffiret dans fa Géographie Historique , im-primée en 1694. Tom. I. p. 441.
11 se recueille sur les côtes de la Prusse une gran-de quantité d’Ambre jaune : on le va chercher dansles flots & dans les sables ; & ceux qui en font letrafic achètent la permission de le tirer de la mer,de ceux a qui le Roi de Pologne & l’Electeur deBrandebourg afferment ce droit, qui étoit autre-fois considérable. Les Romains firent beaucoup d’é-tat de cette précieuse matière. On lit dans Pline deschoses fort curieuses lk-dessus ; & du tems de i’Em-pereur Domitien il fut résolu dans le Sénat, qu’onferoit la guerre aux Pruthénes, par la feule raisonqu’ils avoient de PAmbre ; mais ces Peuples ache-tèrent la Paix en offrant k cet Empereur de lui endonner autant qu’ii voudroit, fans venir pour celatroubler leur repos. La piété des Chrétiens, qui enfaisoiènt des figures- de Saints, des Chapeiets, &autres ouvrages de cette sorte, en avoit augmenté leprix ; mais depuis que cette piété est diminuée, &qu’on ne s’en sert plus dans les Eglises que pour unornement, il ne s’en débite pas le tiers de ce qu’on envendoit auparavant. On n’en employé aujourd’huiqu’a des usages profanes, & on le travaille avec tantde propreté & de délicatesse, qu’on en fait des piè-ces fort estimées.
Ceux qui ont recherché avec application la natu-re & la cause de l’Ambre, ont eu des opinions diffé-rentes. II y en a qui veulent que ce soit une liqueurqui se forme sur les rochers & for les arbres de la merBaltique, qu’elle se congèle en coulant, & que tom-bant dans la mer, elle s’y durcit, d’où elle est rejettéesor les rivages. Quelques-uns croyent que c’est uneécume de la mer, qui ilote for la surface des eaux;d’autres enfin soutiennent, & cette opinion, dit Mr.d A udijsret , me paroit plus plausible & plus confor-me a la vérité, que l’Ambre est une espèce de poixfossile, dont les veines sont cachées au fond de lamer; qu’elle s’endurcit par la longueur du teins, &que par Pagitation continuelle des eaux elle est por-tée sor le rivage. Jusqu’ici on s’étoit imaginé qu’onn’en trouvoit qu’en Prusse; mais il est certain qu’onen recueille aussi en Suede, for les côtes de Pille deBiorkoo ou Biorka, & dans le Lac Meler, qui estentre les Provinces cPUplande & de-Sudennanie.
Le Carabe ? ou la Foudre d’Ambre,suivant le Tarifde la Douane de Lion de 1632 , paye du quintal ì'js.Z. den. d’ancienne taxation ; 1 /. 9 den. pour la nou-velle reapreciation ; 1 6 s. pour les anciens quatre pourcent, & 8 f pour la dernière réapréciation.
Le Carabe est aujjì du nombre des drogues Ù mar-chandises , qui par C Arrêt du 15 Aoust 1ÓÒ5 , doiventpayer vingt pour cent de leur valeur .
En France les droits d 1 entrée de P Ambre jaune ouCarabe , font de trois livres le cent pesant : & ceux del huile <FAmbre 10 liv. du cent pesant.
L’Ambre jaune , travaillé ou poli, valoit a Alepen Avril 1734. Poqúe de 400 Drachmes, ( tare de10 a 20. ) 10 a 40 Piastres , & ensuite 20 k 50 ; &le brut en rot de 600 Drachmes valoit dans le mê-me tems 14 a 18 piastres.
Ambre Liquide, que l’on nomme aussi Li-quid-ambar. Voyez Baume.
Ambre des Indes.
Extrait dune Lettre de Mr. Sendelius D odeur eíiMédecine à Elbing, à Mr. Jean Phil. Breynius Docteurdans la même Faculté à Dantzig , fur un Ambre desIndes, écrite en 1722. tiré de la Bibliothèque Gernian,
T. V. p. I2i.
Cet Ambre n’est connu en Europe que depuisquelques années ; & il y fut apporté par les Hollan-dois du Roïaume de Bénin, qui fait partie de la Gui-née. Mr. Breyn ayant reçu de cet Ambre, en en-voya a Mr. Sendelius , pour l’examiner & pour lecomparer avec celui de Prusse. Voici a peu près ceque ses Observations offrent de plus intéressant.
Cet Ambre qu’on trouve en abondance dans leRoïaume de Bénin , est une preuve que ce Païs, aussibien que la Prusse, est fort chargé de ce bitume,a moins qu’on ne veuille que ce soit une produc-tion végétale ; ce que l’Auteur ne voudroit pascontester, sor-tout a ceux qui n’en ont point vû.Tous ìes morceaux de cet Ambre ne sont pas d’uneégale beauté. II y en a dont ì’éclat & la -transpa-rence imitent celle du Crystal ou du. Diamant,pour peu qu’on ôte la croûte, ou les parties lesplus grossières. II y en a d’autres, au contraire,qui sont parsemés en tout ou en partie, de petitsnuages qui les obscurcissent, & dans lesquels on dis-tingue de petits animaux, dont les uns ressemblenta nos Insectes, & les autres sent particuliers auPaïs où l’on recueiste cet Ambre. Enfin il y en ad’autres, qu’on peut appeller impurs, parce qu’ilsont des parties terrestres , quoique plus ou moins ;parmi ces derniers il y en a qui ont leurs lamescouchées les unes sor les autres: ce qui fait croireque ce nouvel Ambre, de même que celui de Prusse ,a été liquide avant de se durcir. Cet Ambre, lorsqu’on le frotte, mais fur tout quand on le brûle',répand une odeur qui annonce un sel volatil trèssubtil. Cette odeur qui égale celle du meilleur Mas-tic , pour 11e pas dire qui la surpasse, est fort infé-rieure, pour l’agrément, k celle de l’Ambre de Prus-se; mais si cet Ambre lui cède a cet égard, il peutle lui disputer pour ce qui regarde sa vertu attrac-tive. Quant a la dureté , qui est une des principa-les qualités de l’Ambre, & celle qui lui donne rangparmi les Pierreries, il résulte des Expériences deMr. Sendelius , que celui-ci n’est pas d’une consis-tance fort solide? 11 ajoute, que l’eau dans laquel-le on plonge l’Ambre de Prusse, lorsqu’en le tra-vaillant il vient a s’échaufer, ce qu’il fait pourtantfuis s’amollir , n’est sor celui-ci d’aucune efficace,& ne saurcit en empêcher , rii en prévenir la ruptu-re. II faudroit donc, pour rendre cet Ambre d’unusage plus étendu, lui donner un degré de duretéqu’il n’a point. Mais tous les moyens que Mr. Sen-delius a imaginés pour cela ne lui ont point réussi ;& il panche a croire que cet Ambre n’est qu’un com-posé de gomme & de résine. L’expériencea m’me
confir-