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Tome 1.
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zsz AMIA. AMID.

A l’Amiïble , ou Amiablement. Ds concert,& avec douceur. Tout s’est passé a l’amiable entreces deux Associés. Ces Marchands feront bien, pouréviter les fraix, de finir leur affaire amiablement.

AMIANTE , ou AMIANTHE. Pierre qui n’estguéres connue que de nom, & qui pourtant est trèscélébré par la vertu que Pline & plusieurs Ancienslui ont donnée, de pouvoir être filée , & de pro-duire un fil incombustible, ou une toile qu’on nom-me Asbeíle , qui résiste au feu.

Quelques-uns la confondent avec l 'Alun de plume ,qui, en effet, a quelques parties filandreuses , maisqui ne se peuvent réduire en fil, & qui d’ailleurs feconsument au feu.

D’autres prétendent que ce n’est que du plâtrebrûlé , du verre cuit, ou la pierre spéculasse , qu’onhomme ordinairement Talc.

D’autres enfin croyent que c’est un arbre , a l’é-corce duquel, battue & filee, ils attribuent la mêmevertu qu’a l’Amiante des Anciens. Voyez Alun deîlume & Asbeste.

-{- Corneille Le Bruyn , dans ses Voyages au Levant,ÎTotn. 11 . p. §12. dit, que c’est dans Piste de Chypreque fe trouve cette pierre, dont on dit qu’étoientfaits les sacs des Anciens, où l’on mettoit les mortsavant que de les brûler, afin cPen conserver les cen-dres. Car comme le feu ne confumoit point cettetoile , mais qu’il ne faifoit que la nettoyer & lablanchir, la cendre s’y pouvoit fort bien conserver,pour être mise ensuite dans des Urnes. On en fai-foit aussi du papier, qui avoit cette propriété, quelors qu’on Vouloit effacer ce qui étoit écrit dessus ,il ne faíoit que le jetter au feu, d’où on le retiroitfort net. Mais la maniéré de faire cette toile & cepapier est perdue. La couleur de cette pierre estun verd obscur qui est un peu luisant. Quand onla tire en fils, elle ressemble a du coton , & Iorf-qu’on la passe au feu, non seulement elle n’en estpas consumée, mais elle ne fe gâte point du tout, nine perd rien de fa substance. Un Membre de l’Aca-démie des Belles-Lettres a fait en 171Ç. une Disser-tation fur ce sujet, qui ne laisse rien a defírer.

-j- Grew dans fa Cosmologie Sacrée ( en Anglois )"a observe que l’Amiante est pleine de fils parallèles,comme les étoffes de foie; & qu’il semble que leDiamant , P Amiante & le Talc , a cause de leurdureté, & parce que le feu ne les peut pas endom-mager , font composés de particules terrestres, oupierreuses, proprement dites, & qu’on peut re-cueillir de la, que ces corps étant de figures régu-lières , ils font composés d’Atomes réguliers. VoyezBiblioth. choisie de Le Clerc, Tom. I. p. 26 y. M.Lancifi, dans Mercati Metallotheca Vaticana , don-ne une raison Physique de l’incombustibilité de l’A-miante, disant que la contexture des particules decette Pierre, laisse glisser les molécules de la flam-me a travers leurs pores, ce qui fait que le feu ne"peut la réduire en cendres. Voyez Biblioth. Italique\Tom. I. p. 138.

-j- Lemery , dans son Dictionnaire des Drogues t ditque l’Amiante fe trouve dans la Vallée de Camp anaux Pyrénées, dans des carrières ; qu’il y croît enmaniéré de plante fur des marbriers jufqu’a la hau-teur d’envsson deux pieds ; & que si on l’expofe auSoleil par le miroir ardent, elle fe mettra en fusion■ dans le mOment, & qu’il s’en fera un verre.

AMIDON. C’est une fécule, ou résidu, qui fetrouve au fbnd des tonneaux, où les Amidonniersont mis tremper dans de l’eau des recoupes de fro-ment : & c’est de cette fécule, lorfqu’elle est sépa-rée d’avec le son -, dont ils forment des espèces depains , qu’ils font sécher au four , ou au Soleil, &qu’ils réduisent ensuite en petits morceaux , telsqu’on les vend a Paris.

Ceux qui veulent avoir de bel Amidon, ne fecontentent pas d#s recoupes, mais y employent mi«

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me le plus beau grain de froment j & c’est de lamanière de faire cet Amidon, dont on pariera a lafin de cet article.

L’Amidon sert a faire de lá colle, de l’empoisblanc, & de l’empois bleu ; celui - ci en y ajoutantde l’émail. On s’en sert aussi a faire de la poudre kmettre fur les cheveux ; & les Teinturiers , qui en.employent beaucoup, le mettent au nombre desdrogues ouingrédiens non colorans, parce que delui-même il ne peut produire aucune couleur.

Le meilleur Amidon est celui qui est blanc , ten-dre , friable, ou facile a mettre en poudre, en grosmorceaux, & séché au Soleil ; celui qui a été séchéau four , étant plus gris & plus dur.

L’Amidon dont on fe fervoit autrefois en Fran-ce, venoit de Flandres; mais présentement il s’enfait une si prodigieuse quantité, & de si excellentk Paris, que non seulement cette grande Ville n’apas besoin d’en faire venir d’ailleurs, mais mêmequ’on |y en fkít un commerce incroyable dans lesProvinces du Royaume, & dans les Pais étrangers.

L! Amidon paye en France les droits ct entrée fur lepied, de 14 fols le cent pesant, & pour ceux de sortie12 fols.

L’Amidon fe vend k Amsterdam 8 fl. t a Y fl. les100 liv. On fait la tare des barils. Les déductions dubon poids & du promt payement, font de 2 pourcent pour chacun.

Amidon de racine. Outre l’Amidon qui fe faitavec les recoupes du froment, l’on a découvertdans le commencement du XVIII e . siécle la racined’une plante, dont on en peut faire de très bon, &qui est propre aux mêmes usages que l’ancien Ami-don. La plante a presque autant de noms, qu’il y ade différehs endroits en France où elle fe trouve.:Les plus communs font , l 'Arum , t Epile fie , leChoux à la Serpente, l ’Herbe à Prêtre, le Pied deVeau , le Tants , le Sara , l ’Aron , Barbaaron , &c.Les lieux où elle abonde le plus, font les bois, leshaies, les lieux marécageux & sombres, & pres-que toutes les terres incultes.

La racine Amidonniére, si l’on ose risquer cenouveau terme , n’a point de grosseur fixe ; & elleest plus forte ou plus menue, suivant la qualité desterres. Elle est blanche, ferme, fans coton, mor-dicante a la langue, & couverte d’une pellicule noi-râtre. La feuille est plus longue que large, tachéed’un peu de blanc. Sa tige haute d’un pied ou en-viron, & d’une couleur rougeâtre, pousse un épi as-sez semblable k celui du Mays, ou blé de Turquie,& produit ordinairement plus de cent grains , quipeuvent se semer, & qui multiplient abondammentpar la culture.

Cette plante, au contraire des autres, se sècheen Eté , & n’est verte qu’en Hiver ; mais ce qui estd’une grande commodité, c’est que la racine biènnettoyée, & mise en monceau, se conserve aisé-ment , pourvû qu’on ait soin de la remuer de temsen tems.

Cette nouvelle découverte a fait naître commeun nouveau Corps d’Amidonniers ; le Sr. Vaudreuils’étant fait accorder le Privilège exclusif de la fa-brique de cet Amidon de racine pendant 20 ans ,pour lui, ses héritiers, successeurs, & ayans-caufe.Mais afin que cette exclusion ne soit point préjudi-ciable au commerce de l’ancien Amidon , non seu-lement il a été expressément porté par les Arrêtsdu Conseil, & Lettres Patentes, qu’il sera loisiblek tous sujets de S. M. T. G. de fabriquer des Ami-dons de recoupes; mais encore, qu’en cas que lafabrique des Amidons de racines vînt k cesser pen-dant un an, le Privilège seroit, pour cela seul,éteint & supprimé. L’Arrêt du Conseil est du 20Novembre 1714. les lettres Patentes de Confirmationdu 20 Janvier 1716. & ^Enregistrement au Parle-ment du 20 Mars ensuivant.

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