1 2 1 AMB. AME.
La description que le P. Labat a faite de cetteFiante, ne répond pas bien a fa nature j car fatige, qui croît effectivement de la hauteur qu’en don-ne ce Père, est d’une fermeté suffisante pour se te-nir droite , sans avoir besoin de s’apuyer aucune-ment : Aussi on ne la voit jamais dans les Indes,environner ni s’attacher a aucun arbre, ni tomberni remper a terre, comme le dit ce même Père.
Mademoiselle Sibille Merlan en a donné une ex-cellente figure, dans fa Dissertation fur les Infectesde Surinam, dont les parties font dans leurs gran-deurs naturelles. C’est à la page 42. Les curieuxpourront s’y satisfaire.
AMBULANT. Commis Ambulant. CourtierAmbulant. Voyez Commis & Courtier.
AME , qu’on nomme aussi NOYAU. Terme deFondeurs de grands ouvrages. C’est la masse deterre , ou de plâtre , qui sert a former les figuresqu’on jette en bronze, ou en autre métail, & furlaquelle se travaille ce qu’on appelle la Cire. O11dit auffi dans le même sens, F Ame d’un canon, d’unmortier, d’une cloche. Voyez Fondeurs.
Ame. L’on appelle l’Ame d’un rouleau de tabac,le bâton autour duquel le tabac cordé est monté.Quelques-uns disent /’ Essieu. Voyez Farticle du Ta-bac , où il est parlé de la maniéré de le filer & demonter les rouleaux ou ro Iles.
Ame. Se dit auffi des petites feuilles de Tabac,dont on remplit le dedans de ce qu’on nomme auxIsles Andouilles de Tabac. Voyez Andouille.
AMENAGE. Terme de Voiturier, qui signifiequelquefois Voiture, & quelquefois la peine de celuiqui amène , ou le prix qu’on lui donne. Dans lepremier sens, on dit; L’amenage des marchandises11e se peut faire par charroi dans les pais de mon-tagnes ; & dans le second, on dit : J’ai tant payépar piécepour Famé nage de mon vin. Voyez Voi-ture.
AMENAGER. Terme d’exploitation & de com-merce de bois.
Aménager un Arbre, c’est le débiter, soit en boisde charpente ou autrement.
L’artiçle 4 du Titre XVII de l’Ordonnance de1669. fur le fait des Eaux & Forêts , défend de ré-server ni façonner les bois chablis, fous prétextede les aménager ou débiter dans un autre tems auprofit du Roi.
AMENDABLE. Ce qui peut s’amender, fe cor-riger , être réparé. Ce terme est très commun dansles Statuts des Corps & Communautés des Arts &Métiers , & se dit des ouvrages saisis par les Jurés ,qui font en état d’être rendus meilleurs, & qui. pourcela ne font pas sujets a confiscation. A Paris, c’està la Chambre de Police que se juge si une besogneest amendable ou non.
ê Amendable , s’entend auffi des Artisans qui mé-ritent d’être mis a l’amende , pour avoir contrevenuà leurs Statuts & Réglemens.
AMENDER un ouvrage. C’est en corriger la dé-fectuosité. ' Les Réglemens pour les Manufacturesde Lainerie portent : Que les draps & étoffes de lai-ne , qui ne pourront être amendés , seront coupéspar morceaux de deux aunes de long , quelquefoisfans amende , & quelquefois fans préjudice de l’a-mende. Voyez Reglemens.
Parmi les Artisans, les besognes saisies par lesJurés , qui ne peuvent être amendées, font sujettesa confiscation. Voyez leurs Statuts.
Amender. Diminuer de prix. Les pluies ontfait amender les avoines & le foin. Quelques-unsdisent‘R amender.
AMER DE BOEUF. Les Maîtres Fripiers Dé-tacheurs appellent ainsi le fiel de cet animal, dontils se servent pour enlever les taches de dessus lesétoffes.
Diction, de Commerce. Tom. I.
' AME. AMI. 123
C’est auffi dans cet Amer que se trouve une pierrejaunâtre, dont les Peintres en miniature fe ferventpour faire quelques nuances de jaune. O111’appel-le communément Pierre de fiel. Voyez cet ar-ticle , & celui du Boeuf.
AMETHYSTE , ou AMETISTE , que quelques-uns appellent auffi AMATHISTE. Pierre précieu-se de couleur violette, tirant sur le pourpre ou surle rouge : Elle est belle , luisante, transparente. I!y en a de plusieurs espèces ; les unes font blanches,les autres rouges, les autres violettes. II s’en trou-ve dans toutes les parties du monde.
Les Ametistes Orientales font de toutes les plusestimées ; les moindres font celles de l’Iste de Ma-dagascar ; celles de Cartagéne & d’Allemagne tien-, nent le milieu. L’Auvergne en fournit auffi ; maison ne les considère guéres plus que les factices,dont il est parlé a la fin de cet article. La maniéréde les tailler, ajoute a la beauté de la couleur , &par conséquent au prix de la pierre. Les couleurssatinées ou veloutées ont la préférence.
L’Ametiste n’est pas extrêmement dure ; & ilsuffit, pour la tailler, d’une roué de plomb imbibéede poudre d’émeril détrempée avec de Peau. Elle sepolit sur une roue d’étain avec le tripoli. L’ongrave aisément sur l’Ametiste, soit en relief, soiten creux. L’on se sert pour cela d’une machine ap-pellée Touret , qu’on fait tourner avec le pied , &qui par son mouvement fait agir de petits instrumensde fer, ou de cuivre , auxquels on présente la pier-re d’une main.
II est surprenant combien les Anciens ont attribuéde vertus a l’Ametiste. Arijlote & Pline ont donnéauffi-bien que les autres dans le fabuleux ; & outrela force de desenyvrer, dont sa couleur assez vineuselui a sans doute attiré la chimérique propriété , onl’a crû encore propre â chasser les pensées désagréa-bles , a attirer la confiance & Festime des Princes ,a rendre heureux, & même a dissiper les orages &la grêle.
On contrefait les Ametistes avec du verre, au-quel on donne la couleur convenable. II s’en estfait en France de si belles vers l’an 1690. qu’on pou-voir aisément y être trompé , a moins d’ôter la pier-re du chaton. ( Dans les Transactions Philosophi-ques de la Société Royale de Londres, de 1668. n.38. art. 2, on voit t extrait dune Lettre écrite de Hol-, lande fur la maniéré de contrefaire ÍAmetifte. )
Les Ametiftes payent en France les droits c?entréefur le pied de 5. livres le cent pesant.
AMI. Celui qui aime. On le dit également decelui qui est aimé. Ce terme a plusieurs significa-tions dans le commerce, que l’on va expliquer.
On dit en proverbe dans le négoce : Les bonscomptes font les bons amis ; pour signifier, qu’onen vit mieux ensemble , quand on n’a plus d’intérêta démêler, & qu’on fe paye exactement.
Ami , signifie , en fait de négoce, un Correspon-dant , une personne avec laquelle on est en liaison& commerce d’affaire. Mon Ami de Nantes m’adonné nouvelle de l’arrivée des vaisseaux de laCompagnie. J’ai fait cette affaire, cette négocia-tion pour compte d’Ami.
Ami , est auffi en usage dans les polices d’assuran*ces ; & lorsqu’on ne veut pas y paroître fous sonnom, il suffit que le Correspondant déclare qu’ilassure pour compte d’Ami. Voyez Assurance.
AMIABLE. On appelle Amiable Compositeur,celui qui fait l’offîce d’ami, pour accommoder deuxNégocians qui ont des contestations ou des procèsensemble. II est différent de F Arbitre, en ce quepour concilier & rapprocher les esprits, il retranchesouvent quelque chose du droit de chaque partie 5ce que l’Arbitre , qui remplit la fonction de Juge,semble n’avoir pas la liberté de faire. Voyez Arbi-tre.
F A l’Am
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