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initiation générale, au choix du Fabriquant, cellede toutes les sortes de foies propres, dont le prixlui est le plus avantageux.
4 0 . Mais ces mêmes Fabriquans, non contensde cette prétendue exclusion, veulent de plus assu- .jettir toutes les Fabriques du Royaume a 11e se ser-vir que des soies ouvrées & montées en poil, & destrames, & de ne les doubler qu’au rouet.
Dans tous les Réglemens qui ont été faits juf-qu’a ce jour, on n’a jamais jugé a propos de donneraucune Loi fur la préparation des foies : On a lais-sé a l’habileté du Fabriquant le soin d’accommo-der ses foies. L’intention du Conseil n’a jamais étéd’adopter une méthode au préjudice d’une autre, furtout quand il n’y a aucun vice a la méthode qu’onveut proscrire. Nous n’avons garde de condamnerla méthode des Fabriquans de Paris, ce n’est pas cedont il est question ; mais ils ne diront pas qu’il n’ya uniquement que la leur qui soit bonne , sans enapporter aucune preuve, & fans nommer celles quiméritent d’être condamnées.
Tous les Fabriquans du Languedoc, au lieu d’em*ploier des poils, employent les foies toutes grézes, 'les font dévider, doubler a la main, & monter aumoulin de l’ovaie. Cette méthode, moins dispen-dieuse que celle des Fabriquans de Paris, outre laraison d’œconomie, en a une de consommation. LesBas dont la consommation est la plus considérable,font les Bas en grisailles mélangées, qui forment dif-férais tigrages. Le point essentiel dans ces Bas mé-langés est d’éviter les barres. Or la méthode dont ilsse servent, réussit mieux & coute moins que touteautre. Les Fabriquans de Paris n’en disconviendrontpas, tandis que la plupart d’entr’eux, tirent pourleurs Bas en grisailles des foies du Languedoc tou-tes teintes, préparées & montées a l’ovale. Ce faitne fera pas contesté, puisque leurs propres Let-tres , & leurs Comptes avec les Marchands duLanguedoc en fournissent les preuves les moins équi-voques. *
Nous osons même avancer que les foies grézesfont plus propres a éviter le défaut des barres, queles poils : Et fans cette raison, qui balance le dé-faut de la bourre & du coton, que poussent cer-tains Bas fabricpiés avec des foies grézes, il faudroitdonner la préférence aux foies montées en poil ;mais toute compensation faite, nous ne croyonspoint qu’on fût bien fondé d’interdire aux manu-factures de Bas du Languedoc, dans la préparationde leurs foies, une méthode dont elles font & onttoûjours été en possession, & avec laquelle ellesfont allées de progrès en progrès.
On remarq'ue fur VArticle VI. que non seulementl’on devroit exclure des manufactures de Bas ceuxqui employent de i’huile dans cette fabrique, maisque de plus il faudroit les punir sévèrement, & com-me des voleurs, parce que la contravention est vo-lontaire , de la part des Ouvriers.
Quant k VArticle VIL de l’Arrêt de 1700. &aux III. & IV. de celui de 1717. qui font les mê-mes, on observe que la question touchant la fabri-cation des Bas noirs, est d’autant plus importante,qu’elle divise toutes les fabriques, & qu’elle a donnélieu a plusieurs contestations. Chacune en raisonnesuivant son intérêt particulier, & prétend faire va-loir ses raisons , fans rendre justice a celles de sonadversaire.
Les Fabriquans de Paris observent l’ancienne mé-thode de ne teindre leurs Bas en noir qu’après qu’ilsont été travaillés & levés de dessus les métiers.
Les Fabriquans de Lyon ont obtenu, fur leur re-présentation, l’exceotion portée par l’Arrêt de 1717.en vertu de laquelle ils font faire leurs Bas avec dela foie auparavant teinte en noir.
Les Fabriquans du Languedoc fe font servis & fefervent, depuis leurs premiers établissemens, de cet-
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te dernière méthode, fondés . entr’autres raisons,fur íe goût & la demande des étrangers.
Si les Bas pour être faits avec de la foie aupa-ravant teinte en noir font défectueux, pourquoi ac-corder cette permission aux uns, & cette toléranceaux autres l Si au contraire ils ne le font pas, quel-le raison y auroit-il de les proscrire ?
La teinture du noir employée indistinctement auxdeux méthodes, & supposée conforme, comme elledoit l’être, au Règlement des Teinturiers pour lenoir, ne les affectera pas plus l’une que l’autre, l’im-preffion des Drogues produira le même effet.
Òn trouvera plutôt en faveur de la dernière mé-thode , en suspendant les aprêts, que les Bas enfont plus beaux, & le noir plus vif, & plus uni.La qualité n’en souffre pas non plus. L’on peut s’enconvaincre par des expériences aussi faciles que dé-cisives , en faisant fabriquer des Bas de l’une & del’autre façon fur deux métiers d’une même jauge, &avec la même nature des foies aprêtées avec unégal nombre de brins ; mais en observant que ces ex-périences soient faites respectivement par chacunede ces Fabriques qui fe fervent des deux méthodesdifférentes. L’Auteur de ce Mémoire ose soutenir d’a-vance qu’il ne s’en suivra aucune défectuosité nidans l’une, ni dans l’autre, & que* les Bas noirsfaits avec de la foie auparavant teinte en noir, nepèchent ordinairement que quand la teinture est in-fidèle & surchargée ; mais en ce ca°s c’est fur cetteinfidélité que doit tomber la sévérité du Règlement,& non sur la méthode.
Les Fabriquans du Languedoc justifient encoreleur méthode, par la grande raison de leur consom-mation ; elle est établie cette consommation , & s’estaccrue dans ce goût-la j bien plus , ils ont éprouvé& éprouvent tous les jours que l’Etranger ne s’ac-commoderoit pas de Bas fabriqués avec de la foieblanche , & ensuite teinte en noir, ce qu’il appelleBas r éteints , lesquels il apprécie 12 a 15 pour centmoins que les Bas fabriqués avec de la foie noire ,dans la crainte, assez bien fondée , que par cette se-conde teinture , on n’ait voulu cacher les défautssecrets de ces Bas, rebuts ordinaires du magasin.
On a apporté des Certificats authentiques de cefait, d’AUemagne & d’Efpagne, où cette consom-mation a lieu.
Toutes ces raisons ont parû d’un si grand poids ,que le Conseil a l’occasion de deux saisies de Bas fa-briqués avec de la foie noire, faites a Lyon contredeux Marchands fabriquans de la Ville de Nifmes,en a ordonné récemment par un Arrêt du 14 e . Juin1738. la main levée , & a rendu commune a laditeville de Nifmes l’exception portée en faveur de laville de Lyon par l’Arrêt de 1717. S. M. leur per-mettant en conséquence, de fabriquer des Bas &autres ouvrages de foie noire , avec des foies teintesen noir , avant qu’elies soient mises en oeuvre, kcondition que, conformément audit Arrêt, la mar-que de la ville de Nifmes, & de l’ouvrier qui lesaura fabriqués, y fera attachée, & que la doublu-re du bord ou de l’entrée des Bas ainsi fabriqués,fera de foie blanche.
Nous estimons donc que VArt. VII e . de l’Arrêt ds1700. & les Articles III & IV de celui de 1717. de-mandent d’être réformés dans un nouveau règlementgénéral , & qu en laisiant la liberté du choix entreles deux méthodes, on fe contente d’ufer de sévé-rité, tant contre le Fabriquant que contre le Tein-turier , a l’égard des foies & ouvrages de foie dontla teinture en noir fe trouvera surchargée, & con-traire aux Réglemens des Teinturiers pour le noir.
Les Marchands Bonnetiers de Paris , dans leurMémoire, ou Projet de Règlement général, refor-ment entièrement l 'Article VIII de l'Arrêt de 1700.fans en alléguer aucune raison valable , comme fila fabrication, conforme a cet Article, renfermoit
quelque