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Tome 1.
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3 6y BAS.

quelque vice essentiel. Ils prétendent que les ouvra-ges faits de foie ou poil mêlé avec ia lame, ne puis-sent- a l’avenir être faits que fur des métiers montésen 22 plombs a z aiguilles, & qu’on ne puisse yemployer moins de ç brins, savoir 4 brins de foieSc un de laine , de coton, ou de fil, ou 2 brins delaine & 3 a 4 brins de foie , suivant la qualité de lafoie , du poil, ou de la lajne.

Leur intention de réformer Sc d 1 augmenter la jau-ge & les brins prescrits par cet Article , & de vou-loir ainsi perfectionner cette qualité de Bas & ouvra-ges au métier, est louable ; mais ils doivent faireréflexion que la fabrication , dans le goût qu’ils laproposent, a sa consommation particulière, de mê-me,que celle prescrite par le Règlement ; ensortequ’ils tombent dans le même inconvénient que sil’on vouloit assujettir les Draps de Lodéve, & deLimoux, au même degré de perfection que lesDraps d’Elbeuf, & d’Abbeville ; cependant si l'onvenoit a redresser cet Article du Règlement , il se-roit plus expédient de prendre un juste milieu entrel’ancienne jauge & brins prescrits , & celle qu’onvoudroit introduire.

Mr. Brutté , Auteur d’un Projet de Règlementprésenté a Mrs. les Députés du Commerce, sembleavoir embrassé ce parti ; il a de plus judicieusementdistingué , a l’occasion de cet Article, lesBas appel-lés poil des Indes , Trame de Perse, poil de chèvre , &les Bas & ouvrages au métier de pur coton , & de purfil. qui lui ont fourni la matière des Articles 4, í, 6,

7 & 8 de son Projet. On est sur ces Articles dumême sentiment que lui ; mais il a omis les Bas defleuret ou de filoselíe, qui doivent être commisdans un Règlement général, en conformité de l’Ar-rêt du 6 e . Mars 1719.

I] Article IX. doit subsister en entier.

Par les contestations survenues en différens tems ,P.Article X. a donné lieu a plusieurs Arrêts du Con-seil, raportés ci-dessus, qui règlent la fabricationdes Bas de laine & d’estame a deux fils, de laquelleles Languedociens jouissent, & en retirent les fruits,par l’accroissement progressif de cette partie de leurcommerce chez l’étranger.

Les Fabriquans de Paris , qui se sont toujours é-levés, & s’élèvent encore aujourd’hui contre cettefabrication, Sc dont les vues rélatives a leur propreintérêt, se bornent a la sphère de leur consomma-tion , combattent faiblement leurs adversaires. Onleur oppose i°. Que les laines originaires du Roy-aume , qu’on employé aux Bas h deux fils , font fi-lées trop gros pour pouvoir en admettre trois brinsdans la jauge prescrite. 2°. Que là consommationétrangère, a l’égard de laquelle il faut considérer*qu’indépendamment du bas prix, qui les fait recher-cher, i’usage dans les pais chauds en est préféré aceux de 3 fils. 4 0 . L’exemple de nos voisins, aussiattentifs que les François au bien de leurs Manu-factures , s'ils voyoient que la fabrication des Bas a2 fils fût préjudiciable a celle a 3 fils , ne man-queroient pas de Pinterdire , ce qu’ils n’ont gardede faire. 4°. Les progrès & la prospérité actuelle decette fabrique , puisque si les abus 6 c les préjudicesqu’on craignoit, avoient eu leur effet, onauroit dûs’attendre au déclin & au dépérissement de cette Ma-nufacture , au lieu qu’elle est allée toûjours en s’ac-croifiant & se multipliant.

Les personnes qui font au fait de ce Commercefçavent que les Espagnols, qui s’accommodent desBas a 2 fils, & qui en font des envois considérablesaux Indes Occidentales,ne s’accommoderoient pasde ceux à 3 fils ; & qu’a défaut de la France ilsfe pourvoiroient ailleurs ; d’où l’on peut com-prendre quel tort infini il résulteroit de les suppri-mer. 5.0. Quand on interdit il y a 40 ans les Bask 2 fils, en ne permettant que ceux k 3 fils, l’Arti-cle X e . du Règlement de 1700. n’eut en vûe queBillion. de Commerce. Tom. I.

BAS. zyâ

de favoriser le tricot3 aujourd’hui cette raisonnésubsiste plus.

On réformera donc fans doute cet Article, & l’onvoudra bien étendre a toutes les fabriques du Royau-me, ia permission particulière accordée aux Fabri-quans du Languedoc de faire des Bas k 2 fils, &ce en conformité des Réglemens du 12 e Juiliet 1717.& 22 e . Novemb. 1720. en y ajoûtant que lés Bas nepuissent être faits fur des métiers d’une jauge au dessusde 22 plombs a 2 aiguilles, ni au dessous de 18plombs k 2 aiguilles; Sc qu’a l’égard des ou.ragesde castor il soit défendu d’employer du poil delapin.

Les Articles XI e . au XVIII e . doivent être suivislittéralement.

L’examen de P Article XIX e . est d’une grandeimportance. M. Brutté a. eu raison, dans f Article 23 e .de son Projet de Règlement, de défendre sous derigoureuses peines les fausses marques ; mais il n’a pasremédié a tous les inconvéniens; c’est-a-dire , ques’il est défendu, comme il l’entend, de marqueraucun Bas de fabrique étrangère, & même du Roy-aume , du plomb de Paris, il doit être également dé-fendu de soustraire les plombs de ce<f fabriques é-trangéres & du Royaume, pour y substituer celui déParis.

Sans parler des abus qui fe commettent k cet é-gard , il faudroit y remédier , en obligeant chaqueFabriquant, de mettre au haut du Bas Te nom de faVille, en Lettres majuscules, travaillées fur le mé-tier en mailles.

De cette façon le nom de la Ville devenant inu-tile au plomb, il faut a fa place, sur-tout k l’égarddes Bas de foie, mettre le poids de chaque pairede Bas, & de l’autre côté le nom du Maître.

Par ce moyen, le public 8 c 1 étranger ne sauroientêtre trompés, < 5 c le fabriquant honnête homme enrecevra plus d’utilité qu’on ne pense.

II est encore a propos de ne laisser point indéter-miné , comme il l’a été jufqu’a piéíent , le poidsde ce petit plomb. que certains Fabriquans font plusgros & plus pesant que de raison ; ce qui va, néfut-ce que d’un gros de trop , a l’affaiblissement desBas ; a la faveur de cette ruse, ils éludent d’autantla régie du poids.

On n’a rien observé sur les Articles XX à XXXI.L’importance de lá manutention de l’ArticleXXXII e . se fait d’autant plus sentir d’elle-même,que c’est par sa négligence que l’irdustrie Françoi-se a passé chez i’Étranger. Cet Article mériteroitd’être étendu ; & l’on doit, fans aucune restriction*adopter ce qui est ajouté Sc contenu a cet égarddans l’Article 23 du Projet de Règlement des Gar-des de la Bonneterie de Paris.

Les derniers Articles n’éxigent aucune remarquéparticulière. Ici finit le Mémoire de M. Caftanet.

f LETTR.ES PATENTES DU ROI,

Portant nouveau Règlement pour la fabrique des Bas& autres ouvrages de Bonneterie au métier, quise font dans le Royaume.

Données a Versailles le 16 Juillet 1743.

I. Les Bas 6 c les grands ouvrages de Bonnéterièau métier, appellés d "’Eflame, qui fe font en laihacommune tirée k l’étaim, ne pourront être fabri-qués qu’en trois fils au moins, fur des métiers mon-tés depuis la jauge la plus basse, jusqu’a celle dévingt plombs portant chacun deux aiguilles : les lai-nes destinées a la fabrication defdits Bas Sc ouvra-ges , seront tirées k l’étaim, fans qu’il puisse y êtreemployé aucunes laines d’agnelins , peignons,morines & autres de pareille qualité: le tout a peinéde confiscation, tant defdits Bas Sc ouvrages, qué

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