i
3P7 BATE. BATI.
Ville de Paris, a leur mariage , a la naissance dèsDauphins, & autres pareilles occasions, font fur larivière de Seine, ordinairement devant les Galleriesdu Château du Louvre , ces joûtes & ces jeux defoie, qui valent aux vainqueurs quelques privilè-ges , que le Roi, s’il y est présent, ou les Prévôtdes Marchands & Echevins, en son nom , ont cou-tume de leur accorder.
BATIMENT. Terme de Marine , qui signifietoutes sortes de vaisseaux & navires, depuis le pluspetit jusqu’au plus grandi qui ne font point armésen guerre. Beaucoup de Marins cependant l’attri-buent également aux vaisseaux de guerre, & auxnavires Marchands ; quoique, selon d’autres, assezimproprement. Voyez. Navire Marchand.
Bâtiment Marchand. Signifie toutes espècesde navires ou vaisseaux, grands ou petits, fervansà transporter des marchandises d’un lieu a un autre.Voyez, Navire , & Vaisseau.
BATIR, oi# BASSETIR. Terme de Chapelier ,qui signifie apprêter & façonner le feutre d’un cha-peau fur le bassin, pour en former les quatre capa-des & après qu’elles ont été bien marchées , &bien feutrées , on les joint ensemble , pour en for-mer une espèce de chausse a hypocras, dont, aprèsqu’elle a été foulée , on dresse le chapeau fur uneíorme avec i’avaìoire , la pièce , & le choque. VoyezChapeau', & Chapelier.
Bâtir. Terme de Tailleur, de Couturière , & deTapissier. II fe dit de l’assembiage que ces Ouvriers& Ouvrières font des pièces d’un habit, ou tapisse-rie, qu’ils ont coupés, en les cousant a grands pointsavec de gros fil, avant de les coudre a demeure avecde la foie.
On appelle le Bâti d’un habit, d’une robe dechambre, d’un meuble, le gros fil qui a servi a lesbâtir, & joindre ensemble, particulièrement s’il Va-git de í’étoffe de dessus , & de la doublure. Ainsil’on dit, Otez le Bâti de ce juste-au-corps, de cettejupe ; pour dire, Otez le fil avec lequel ils ont étéassemblés.
BATISTE. Nom qu’on donne a une forte detoile de lin, très-fine, & très-blanche, qui fe fabri-que a Valenciennes, Cambray, Arras, Bapaume,Vervins, Peronne , S. Quentin , Noyon , & autresendroits des Provinces de Hainault , Cambresis ,Artois & Picardie.
II y a de trois fortes de Batistes ; les unes claires,les autres moins claires, & les autres beaucoup plusfortes , qu’on appelle Batistes Ilollandées, parce qu’el-les approchent de la qualité des toiles de Hollande}étant, comme elles, très serrées , & très unies.
Les deux premières espèces fe font pour l’ordinai-re en Artois, en Picardie , & dans le Cambresis.Leurs largeurs accoutumées font de | & de | &demi. Les plus claires fe mettent ordinairement pardemi-pièces de 6 aunes, & les autres par demi-pié-ces de 7 aunes.
A l’égard des Hollandées , qui fe manufacturentpresque toutes a Valenciennes, & aux environs, el-les font en pièces de 12 a 17 aunes de long , lur |de large, le tout mesure de Paris.
II faut observer, que quoique les Ouvriers fas-sent les Batistes claires, de 12 à 15 aunes ; néan-moins les Courtiers, qui les vendent fur les lieux ,font dans lissage de les réduire toutes fur le pied, de 12 aunes ; c’est-a-dire , qu’ils coupent de chaquepièce ce qui peut excéder les 12 aunes ; & cespièces de 12 aunes font encore coupées le plussouvent en deux , pour en faire des demi-piécesde 6 aunes.
Quand les morceaux, qui ont été coupés de cespièces , font de deux aunes juste, on les nommeCoupons , & fe vendent ainsi par morceaux; maislorsqu’ils ont moins de deux aunes, on les joint en-semble bout a bout avec du fil, & en cet estât ils
BATI. BATAI. zz>S
font vendus fur le pied de faune courante.
Les Batistes font envoyées des lieux où elles fefabriquent, en petits paquets carrés, couverts d’unpapier brun battu, liés d’une ficelle. Chacun de cespaquets est, ou d’une pièce entière, ou de deux de-mi-piéces jointes ensemble ; enforte néanmoins quechaque demi-piéce ait son envelope particulière.
Les Coupons & les morceaux font aussi empaque-tés , de même que les pièces & demi-piéces ; & cespaquets ainsi disposés, font renfermés dans des espè-ces de caisses de bois blanc , faites exprès, dont lesplanches font réunies ensemble, par le moyen depetites chevilles de bois, au lieu de clouds.
Les Batistes fervent a faire des fichus, Ou mou-choirs de col, des garnitures de tête , & d’autreschoses semblables pour les femmes. On en fait aussi ,
des surplis, des rochets, des rabats, des manchet-tes , des cravattes, &c. à l’ufage des Ecclésiastiques& des gens du monde.
II y a une autre forte de toile de Batiste écrue, alaquelle on donne le nom de Toile d’ortie. Voyez,
Toile, à P endroit oh il eji parlé de celle de Picardie .
Les toiles de Batijle , oh façon de Batiste , de Gand ,
Cambray , ó* autres semblables, payent en France , lapièce de 15 aunes , 8 liv. de droits <P entrée, suivantP Arrêt du 22 Mars 1692.; & ne peuvent entrer parmer , que par le Port de Rouen ; éf par terre, que parla Ville de Lyon.
BATMAN, ou BATTEMANT. Poids de Tur-quie.
II y a de deux fortes de Batman. L’un est com-posé de 6 ocos , chaque oco pesant 3 livres | de Pa-ris , ou la livre est de 16 onces; enforte que ce pre-mier Batman pèse 22 § livres.
L’autre est pareillement composé de 6 ocos;mais chacun de ces ocos ne pèse que 17 onces, quiest le í du premier ; de maniéré que ce dernier Bat-man ne fait que 7 livres xo onces.
Le quintal, qui est aussi un poids de Turquie *pèse trente Batmans. Voyez Quintal , és Ocos.
Batman, ou Man. Est aussi un poids de Perse. IIy en a de deux fortes, ainsi qu’en Turquie: f un ,qui est le poids de Roi, fe nomme Batman de Cha-hi, ou Cheray : & l’autre s’appelle Batman de Tau-ris, du nom d’une des principales Villes de Perse.
Celui de Chahi sert a peser , tant les choies né-cessaires à la vie, que les charges des Bêtes de som-me. II pèse 12 livres & demie de Paris, d’Amster-dam &c. où la livre est de 16 onces; enforte quedeux de ces Batmans font 25 livres de Paris.
Celui de Tauris, qu’on ne met en usage que pourles marchandises de négoce, pèse 6 livres \, qui estmoitié moins que celui de Chahi ; de maniéré qu’iìen faut 4 pour faire 27 livres de Paris.
Pour réduire les Batmans de Tauris en livres deParis, il faut fe servir de la régie de trois, & dire :
Si 4 Batmans de Tauris font 27 livres de Paris -,combien tant de Batmans feront-ils de livres ?
Et au contraire, pour réduire les livres de Parisen Batmans de Tauris, il faut, en fe servant de lamême régie, dire : Si 27 livres font 4 Batmans ,combien tant de livres feront-elles de Batmans X
La même régie peut servir pour faire la réductiondes Batmans de Chahi en livres de Paris, & des li-vres de Paris en Batmans de Chahi.
Le Chevalier Chardin ne fait pas les deux Bat-mans de Perse aussi forts que Tavernier , des re-lations duquel on a tiré une partie de ce qu’on envient de dire. Selon le premier , le Batman du petitpoids, ou de Tauris , ne pèse que 7 livres 14 on-ces de Paris ; & le Chahy , ou Cheray, c’est-a-di-re, le Batman de Roi, seulement ií livres 12 on-ces.
Les divisions du Batman de Tauris, en ne le pre-nant qu’a 7 livres 14 onces, comme fait le Cheva-lier Chardin , font le ratel, qui en est la 6 e . partie 5
R 4 quì