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Tome 1.
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■ î9 s BATEAU.

lité des marchandises qui font dessus.

On peut lire fur ces matières du commerce pareau, les chapitres 1, 2, 3,4 & 16 de ladite Or-donnance ; ou bien les Articles de ce Dictionnaire ,dans lesquels il est parlé des Voitures & Voiturierspar eau; despertuis, du débaciage & Débacleurs ;des Maîtres des ponts , des garres, des Chableurs,des trains de Bateaux, & autres semblables, qu’ontrouvera dans leur ordre alphabétique.

Bateaux de Poste. Ce font des Bateaux éta-blis fur la rivière de Loire pour la commodité duPublic. Us font longs & étroits, & font une trèsgrande diligence. II y en a aussi fur le Rhône, quivont ordinairement de Lyon a Avignon en 24 heu-res. Voyez, Coches & Postes.

-j- Bateaux de Hollande. 11 y a des Ba-teaux dans presque toutes les sept Provinces-Unies,qui fervent de voitures publiques , qui partent tou-tes les heures du jour.de chaque Ville , & transpor-tent les voyageurs très commodément d’un lieu dansun autre', & à très peu de fraix : Ils font longs,étroits, & couverts , & peuvent contenir près de 60personnes ; il ne faut que deux hommes pour lesconduire, & un seul cheval. II y en a aussi quipartent a une certaine heure de la nuit; on y ades chambres très commodes, de manière qu’unVoyageur qui a envie de fe transporter, par exem-ple , d’Amíterdam h la Haye , prend une place dansune de ces chambres, & même toute la chambres’il veut payer, s’embarque k 8 heures du soir , ytrouve son lit, & il est mr d’arriver le lendemainà la Haye. II y a peu de Païs où l’on voyage pluscommodément que dans celui - la. Voyez. Vais-seaux Routiers.

Bateaux des Selles. Ce font k Paris de grandsBateaux plats & couverts, qui ont le long de cha-que bord, des bancs, ou espèces de tables, fur les-quels les blanchisseuses lavent leur linge, moyen-nant un certain droit qu’elles payent aux Proprié-taires des Bateaux. Ils ont ordinairement deux pe-tites roues k aîles, qui tournant au cours de la ri-vière , vuident Peau dont ils fe remplissent. Un bat-toir de bois est le seul instrument dont les Blanchis-seuses fe fervent. Voyez. Battoir.

Bateaux Maires. Terme de Gabelle. On ap-pelle ainsi les principaux Bateaux destinés k la voi-ture des sels. L’Ordonnance veut, que le péage dusel soit seulement levé sur les Bateaux Maires, &non fur les allèges, tirots & fous-tirots. Voyez. Sel,ou Gabelle.

On appelle Aïs de Bateau , les bois qui viennentde la démolition des vieux Bateaux , dont les Me-nuisiers fe fervent dans plusieurs de leurs ouvrages,où il n’est pas besoin de bois neuf. Le commerce deces ais est très considérable k Paris. Voyez Ais.

Les Bateaux neufs payent en France les droits eTen-trée & de sortie sur le pied de ^ o sols la piéce.

Bateau, en termes de Sellier-Carossier. Signi-fie Passembiage de bois de menuiserie , qui fait lecorps d’un carosse, íur lequel on cloue les garnitu-res de cuir & d’étoffe, tant par dedans, que par de-hors. Voyez Carosse.

BATËLE'E. Charge d’un bateau, ce qu’il con-tient de marchandises. On dit, Une Batelée de50 muids de bled, de 6 milliers de foin; pourdire, qu’un bateau de bled, ou de foin, est char-gé de cette quantité de l’une ou de l’autre mar-chandise.

f BATELIER. Celui qui conduit un bateau. Onle dit plus ordinairement des Maîtres Passeurs d’eaude Paris. Les autres Bateliers, qui font chargés dela conduite des foncets, chalands, coches d’eau, &autres grands bateaux destinés au transport des mar-chandises, s’a ipellent communément Mariniers, ouCompapnons de rivière. Voyez Voiturier pareau. Voyez auffi Compagnons de riviere.

BATELIER. 35*

Les Maîtres Bateliers , ou Passeurs d’eau de Paris,y ont toujours formé une espèce de Corps ôz Com-munauté, qui avoit ses. Officiers, ses Statuts, fa Con-frérie , ses Privilèges & ses Aprentifs ; n’étant pasnéanmoins du nombre des grandes Communautésdes Arts & Métiers, & n’ayant point été érigés encorps de Jurande.

Les dépenses des longues guerres , qui ont durépresque autant que le Régne de Louis XIV, ayantobligé k chercher des fonds extraordinaires dans lacréation de divers offices , il s’en fit une fur la findu XVII e . siécle, des Maîtres Bateliers de Paris, fousle nom d’Officiers Passeurs, qui furent réduits aunombre de vingt.

Ces Offices font héréditaires ; mais les Passeursprennent toujours leurs Lettres du Prévôt des Mar-chands ; prêtent serment entre ses mains ; & font te-nus, comme auparavant, d’observer & exécuter lesOrdonnances de la Ville.

Deux Syndics ont foin des affaires de ce nouveauCorps, & doivent fe trouver journellement, l’un auPort S. Paul, & l’autre au Port 8. Nicolas, pourveiller k ce que le Public soit bien servi, & les Or-donnances , ou Statuts, régulièrement observés.

Les Veuves jouissent des Offices, & des'Priviiégesqui y font attachés , & ont part k la bourse commu-ne ; y ayant dans chacun defdits Ports, un Maître ,& un Bureau établi, pour faire la recette, & rendrecompte chaque jour des deniers reçûs.

Les principaux Statuts de cette Communauté , (sil’on peut appeller de la forte quelques articles deRèglement, qui leur ont été donnés par les Prévôtdes Marchands & Echevins, a la jurifdiction & po-lice defquels ils font soumis ) font contenus dans lesquatre derniers articles du J® chapitre de*l’Ordon-nance de la Ville de 1672. dont on a parlé ci-dessus.

Le i cr de ces quatre articles, qui est le 7 e du chapi-tre , ordonne : Qu’aucun ne fera reçu au métier deMaître Passeur d’eau, qu’il n’ait fait aprentissage chezun Maître pendant deux ans , & qu’il n’ait fait ex-périence devant les Maîtres ; ce qui doit être attestépar lefdits Maîtres, aux Prévôt des Marchands &Echevins, lors de la réception de l’Aprentif k Maî-trise.

Le 2 e enjoint aux Maîtres Passeurs , d’avoir desflettes garnies de leurs avirons & crocs en nombresuffisant, aux endroits désignés parles Prévôt desMarchands & Echevins, pour passer ceux qui feprésentent depuis le soleil levant jusqu’au couchant 5avec défenses de passer la nuit, a peine d’amende 5pour le payement de laquelle, leurs flettes serontsaisies , &, s’il est ordonné, vendues.

Le 3 e régie a cinq le nombre des passagers, suffi-sant , pour que les Bateliers les passent, fans en at-tendre davantage ; leur défendant d’exiger d’autresdroits , ou salaires, que ceux qui leur font attribuéspar les Prévôt des Marchands & Echevins, a peinede concussion.

Enfin , le dernier de ces 4 Articles déclare lesMaîtres Bateliers, Passeurs d’eau , responsables detoutes les pertes & exactions arrivées dans leurs ba-teaux , conduits par leurs Compagnons & Garçons j& les condamne solidairement avec eux, k la resti-tution des choses perdues, & au payement des amen-des encourues.

Outre ces Réglemens généraux, qui regardent leservice du Public, le Corps des Bateliers en a d’au-tres particuliers, concernant la police qui doit s’ob-server entr’eux ; pour l’observation defquels ils ontprésentement leurs Syndics. Us ont aussi une Con-frérie , dont le Patron est S. Nicolas ; & des Maîtres,ou Administrateurs , pour en avoir foin.

Ce font ces Bateliers Maîtres Officiers Passeurs-d’eau, qui dans les grândes réjouissances,. commeaux entrées solemnelles des Rois & Reines dans la1 Ville