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Tome 1.
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que parmi les Arabes & les nouveaux Grecs. Maisils nous en ont laissé des descriptions il défectueu-ses , non seulement de ces racines , mais encore desautres remèdes simples, que Ton ne peut rien éta-blir de certain fur ce sujet. De la vient cette grandeobscurité & cette ignorance de la matière médicale.De la viennent aussi ces sentimens si différens desAuteurs. Rien n’a cause' une si grande diversité desentimens que l’origine de ces racines. Les unscroyent que le Behen blanc est une racine du LychnisJylvefiris : d’autres croyent que c’est la racine del’Angélique, du Chardon; Roland, celle de la Zedoaireou du Panais sauvage.. Pour le Behen rouge, lesuns croyent que c’est la racine du Lìmonìum mari-timum ; d’autres que c’est celle de ta Valérianesauvage, delaBistorte, de la Tormentille, du Ga-lion On ne pouvoit dissiper une si grande obscuritéqu’en cherchant parmi les Arabes s’ils avoient reçupar tradition quelque connoissance de ces choses.Et en effet Rauvolfius , qui a voyagé dans ces pais ,a vu au pie du mont Liban le Behen blanc, queles Arabes appellent Behmen Abiad : il l’a dépeint ,& en a fait la description. Mr. Tournefort a aportéde l’Orient des graines de cette plante, & les a se-mées dans le Jardin du Roi a Paris ; il l’a inféréedans le Corollaire de ses Institutions , fous le nomde Jacée Orientale. Dans la fuite Mr. Vaillant ayantfait la comparaison de cette Plante avec la descrip-tion de Rauvolfius, a reconnu que c’étoit le BehmenAbiad des Arabes.

La racine du Behen blanc est longue , noueuse ,fans chevelu -, elle s’étend de côté & d’autre commela Réglisse, a laquelle elle ressemble par fa figure &fa grosseur ; mais elle est plutôt blanche que jaune.De la racine s’éléve une tige unique, de la hauteurd’une coudée; a la partie inférieure de laquellenaissent de grandes feuilles, longues, épaisses, sem-blables a cehe de la Patience , soutenues par de lon-gues queues. Ces feuilles ont vers leur base quatredécou pures , deux de chaque côté ; mais les feuillesqui naissent de la partie supérieure de la tige , l’em-brtssent sans queue , comme dans la Percerèuille or-dinaire , & le Maceron de Crète : le sommet de cet-te tige se partage en plusieurs rameaux garnis depetites feuilles, qui portent chacun une fleur , com-posée de plusieurs fleurons , profondément décou-pés , jaunes, posés fur un embryon, & renfermésdans un calyce écailleux , fans épines , jaune. Cetembryon se change dans la fuite en une semence ai-grettée.

Comme il -n’y a rien de certain parmi les Auteursfur le Behen rouge , nous ne parlerons point- de sonorigine, jusqu’a cé que nous en soyons mieux instruits.

Le Ben blanc & rouge , paye en France de droitsd’entrée 2 liv. du cent pesant.

Behen. Fruit &c. Voyez Ben.

* BE1D. Plante qui croît en Egypte , près duvillage de la Matarée. Les Egyptiens la nommentOfjar , d’où est venu le nom qu’on donne a sonfruit Beidelsar , en Arabe, Oeuf de OJj'ar ; en LatinApocynum. Cette plante pousse beaucoup de raci-nes , d’où sortent plusieurs branches & rejetions de

5 ou 6 pieds de haut. Ses feuilles, qui font 2 à 2,font larges, fort épaisses, & se terminent en ova-le. Quand elles sont encore tendres , il en fort uneespèce de lait, qui se caille a la chaleur. Ses fleurs,de couleur de safran, tirant sur le rouge, crois-sent par faisceaux au bout des branches, où ellesfont attachées a de longues queues ; & où elles for-ment une espèce de couronne tournée vers b. ter-re. Les abeilles recueillent fur ces fleurs, de la ci-re , & d'excellent miel. Une espèce de coton, plusdoux que la foie , couvre fa semence & son fruit,

6 sert a faire des matelas & des coussins ; on l’ap-peile Ouatte ou Guette. II ne faut pas oublier , quele lait qui distille des feuilles de cette admirable

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plante, est propre a courroyer les cuirs, & qu’ila diverses propriétés & usages dans la Médecine;comme de servir de dépilatoire, pour faire tomberle poil ; & de guérir la teigne, te galle, & autrespetites tumeurs, qui fe forment fur la peau. Lesfeuilles cuites dans l’eau, ou même crues, appli-quées fur les humeurs froides , les dissipent par tran-spiration. On a vû a Paris, dans quelques jardinsde Curieux, des plantes de Beid ; mais on n’en apû conserver l’espéce, la graine y germant, & yfleurissant, mais fans y porter de fruit. On faitaussi en France quelque commerce de son coton :toutefois ce qu’on en apporte du Levant, n’est pasconsidérable, & est plus pour la curiosité que pourl’ufage. Voyez Lemery a l’Article Apocynum.

BEIGE. Ser^e Beige. C’est le nom que les Poite-vins donnent a une forte de serge, noire, grise,ou tanee , que d’autres appellent Serge de couleurde brebis, ou Serge naturelle; parce que la laine,dont elle a été fabriquée, n’a reçù aucune teintu-re., ayant été employée, soit pour la chaîne, soitpour la trême, toute telle qu’elle a été levée dedessus le mouton, ou la brebis. Les Beiges doiventêtre composées de 38 a 39 portées au moins, &les portées chacune de 20 fils. Voyez Serge.

BELANDRE, ou PALANDRE. Petit bâtimentde mer, du port d’environ 80 tonneaux , qui sertau transport des marchandises. C’est une espèce deheu, qui fe conduit par 4 ou ? hommes seulement,& qui a son appareil de mâts & de voiles, toutsemblable a celui des heus.

BELCHITTE. Laine Belchitte. C’est une des for-tes de laines que les Marchands de Bayonne tirentd’Espagne. Voyez l’Article général du Commerce ,où il est parlé de celui de cette Ville. Voyez aujjiLaines d’Espagne.

BELEDIN. Nom qu’on donne a une efpéce decoton filé. Cette Marchandise est de médiocre qua-lité ; ce qui la rend de peu de débit en France. Voy.Coton.

* BELELACS. Etoffes de foie en maniéré de taf-fetas, qui fe fabriquent a Bengale. Leur aunageest de 40 cobidos de long fur 2 de large, â raisonde i| Cobido pour une aune d’Amsterdam. Les An-glais qui font le négoce de Madras aux Manilles,y en envoyent beaucoup.

* BELËMNITES , ou Pierre de Lynx ; en Latin,Lapis Lynch , sive Daflylus Idceus. C’est une pierrelongue, & grosse k peu près comme le doigt, quel-quefois plus, & quelquefois moins, ronde, poin-tue , ou en forme piramidale, représentant le boutou le fer d une flèche : il s’en trouve de différen-tes couleurs, tantôt blanches , tantôt grises , tantôtbrunes : on la tire ordinairement de Candie, maisil y en a aussi dans les Alpes, & en plusieurs en-droits de la France , de la Suisse , & de l’Al-lemagne; il s’en trouve même aux environs deParis dans les terres fabloneufes ; il y en a de deuxespèces, une qui étant mise fur le feu, rend uneodeur de bitume, & l’autre n’y jette aucune odeur.La première est apparemment ce que les Anciensappelioient Lyncurius , & qu’ils croyoient faussementêtre une efpéce de Succinum , qui fe formoit de su-rine de linx coagulée.

La Belemnite étant cassée, on trouve dans faconcavité, qui paroi t de couleur de corne, un peude terre sèche, grise, sans goût ni odeur.

- La Belemnite est véritablement une pierre fos-sile, qui approche de la nature du Talc par sonpoids & fa couleur. Sa forme extérieure l’a faitprendre, par quelques-uns, pour une dent d’animalqui s’est pétrifiée ; & fa couleur intérieure, par quel-ques autres, pour une corne pétrifiée de même. Mr.JVoodw'ard a bien démontré qu’ils fe «rompoient. El-les font fort communes & fe trouvent par-tout, par-ticulièrement dans certains petits ruisseaux & ra-vines