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443 BIERE.
Sr épaissit le sang : .2°. elle est grossière, parce qu’ona employé beaucoup de grain. Cette Bière étantchargée de beaucoup de particules farineuses, n’estpoint propre a délayer le chyle ; elle ne convientpoint a ceux qui usent d’alimens focculens, ouqui boivent duyin ; une boisson légére leur con-vient beaucoup mieux : mais elle convient a ceuxqui ont l’esto.maç foible, qui mangent peu ; car elleaide la digestion , elle nourrit & engraisse consi-dérablement.
Pour ce qui est de son âge, la Bière qui est bienclarifiée, for-tout celle qui est légére, est la meil-leure ; car quoiqu’elle nourrisse peu, elle se distri-bue cependant facilement : mais celle qui est nou-velle., trouble & épaisse, augmente les inconvéniensdont nous avons parlé. Celle qui est vieille &commence a s’aigrir, est contraire aux nerfs, al’estomac, a la matrice, aux reins & a la vessie.
La Bière qui est faite de grain seulement, est dou-ce ; & le houblon la rend amére. La première nour-rit beaucoup ; cependant elle ne passe pas bienpar les urines , & elle produit des obstructions.La seconde échauffe davantage, & elle lève lesobstructions: elle porte plus à la tête, enyvre,& cause l’assoupissement.
La Bière contracte encore différentes qualités ,suivant les choses qu’on y mêle quand elle fermen-te. Ainsi en Hollande on fait de la Bière avec des,aromates : on l’appelíe communément Bottelbier ,c'est-a-dire, Bière en bouteille. On en remplit desbouteilles, tandis qu’eìle fermente encore; & quandon les débouche, elle s’échape toute en écume. Elleest sort venteuse, & quelques-uns la regardent com-me dangereuse ; cependant elle n’est pas a rejettes ;& pourvu qu’on en prenne a propos avec mo-dération , elle fortifie l’estomac ; & on la dit utiledans la paralysie. On fait plusieurs espèces de Biè-res médicinales : en Angleterre , celle où l’on metde la Bourrache est fort usitée; on y mêle encoredu Chardon-beni, du Scordium, des racines deGentiane, d’Aunée, d’Angélique , & mille autreschoses qui lui donnent des saveurs & des vertusdifférentes.
On pourroit encore ajouter a ces différentesBières celles qui fe tir. -1 des pais ou des villes oùon la fait : elles sont infinies. Ainsi l’on estime beau-coup la Bière d’Angleterre. La plus excellente d’Al-lemagne est celle de Brunswick, & en France cellequi se fait dans le fauxbourg 8. Marceau a Paris,& qu’on appelle Bière des Gobelins.
Les droits de sortie se payent en France sur le piedde 2 6s le tonneau de Bière , & ceux d?entrée à raisonde 12 s. le hambourg , ou baril : & celle dé Angleterre10 J. la bouteille.
Ce s droits sont réglés par le Tarif de 1664. A fê-
f ard des droits de la vente en gros & en détail, ceux duuitième, de ïaugmentation du quatrième , de la sub-vention , du contrôle , & c. ils le font par f Ordonnancedes Ay des de 1680. * .
Par l’article 1. du titre de cette Ordonnance , con-cernant les droits fur la Bière , le droit de contrôle, quife léve fur chaque muid de Bière , mesure de Paris ,qui fe façonne dans toutes les brasseries du Royaume ,ejl de 37 f 6 den. pour la Ville & Fauxbourgs de Pa-ris , & feulement de 3 O f pour les autres Villes, Bourgs& Paroisses.
Le 6 e article du même titre régie le droit de gros ,au 20 e du prix de la vente, de quelque qualité que soitla Bière, c’efi-à- dire , blanche , petite, ou double ; &celui du 8 e , à 8 f. par muid, dans tous les endroitsoìi le gros Û le 8 e du vin mt lieu ; à la réserve de laVille & Fauxbourgs de Paris , qui en font déchargésparle p e article , aujfi-bien que du droit réglé, & de lasubvention & augmentation pour la vente en détail.
Par le 8 e article , le droit réglé , qui se paye pour lavente en détail, à pot, ou à assiette, est fixé à z liv.
BIE. B I L.
10s. par muid, ,pour être payé dans tous les lieux oùce droit a lieu pour le vin.
Enfin le 10 e article ordonne le payement du 4 e pa-risis , du fol & fix deniers, & du droit de subventionréglé à 13 s. 6 den. par muid, par-tout aujfi où cesdroits fe payent fur le vin.
. On appelle Levure de Bière , f écume de la Biè-re , qui sort par le bondo n. Voyez. Levure.
BIEVRE. Animal amphibie, plus connu feus lenom de Castor. Voyez Castor.
BIEZ. Canal qui renferme & conduit des eauxdans quelque élévation, pour les faire tomber furla roue d’un moulin, & la faire tourner.
BIGARADE. Sorte d’orange aigre, quia fur lapeau diverses excrefcences en pointes. Son princi-pal usage est d’être servie for les tables délicates,pour manger avec diverses fortes de mets, dont el-le relève le goût. Ce sont les Epiciers, les Fruitiers& Regratiers, qui en font a Paris le négoce. VoyezOrançe.
BIGORNE. Espèce d’enclume, dont le milieuest large , & aboutit en pointe par un bout, & quel-quefois par tous les deux. Ces pointes, ou becs,fervent k battre le fer a chaud , pour le tourner enrond. Les grandes Bigornes fe font & fe vendentcomme les enclumes. Voyez Enclume.
BIGORNEAU, ou BIGORNE D’ETABLI. C’estune petite Bigorne, carrée d’un bout, large au mi-lieu , & pointue par l’autre bout. Elle a par dessousun pivot , pour la faire tenir for l’établi. LeBigorneau sert a arrondir les petites pièces. Ce sontles Quincailliers qui les vendent.
BIGORNER. Contourner & arrondir du fer forune bigorne.
BIGOT, en Italien Bigontia. Mesure pour les.li-quides , dont on 1e sert a Venise, Le Bigot est la4 e partie de l’amphora, & la moitié de la botte. IIfaut 4 quartes, ou quartoni, pour le bigot, ôc 4tifchaufera pour la quarte.
BIJON, ou BIGEON. Sorte de térébenthine, quiest regardée comme une espèce de baume blanc. Cebaume coule naturellement, & fans incision, pen-dant les grandes chaleurs, des sapins, des pins , ôcdes meléses, qui fe trouvent dans le bois de Pilâtreen Forest. Voyez Terebenthine.
BIJOU. Se dit de toutes les petites curiosités, quiornent une chambre , ou un cabinet, même de cel-les dont les femmes fe servent pour fe parer.
BIJOUTERIE. C’est la profession de ceux quifont négoce de bijoux, & de pierres précieuses;mais en ce sens, Bijouterie n’est pas en usage ; ilfaut dire , Jouaillerie; le terme de Bijouterie ne pou-vant passer, qu’en lui donnant un sens plus géné-ral, & plus étendu qu a Jouaillerie : Ainsi Bijoute-rie fera le commerce de totites sortes de petites cu-riosités , qui servent k orner, ou les personnes, oules appartemens.
BIJOUTIER. Celui qui fait commerce de tou-tes sortes de bijoux & de curiosités. A Paris, cesont les Merciers, & les Orfèvres, en qualité deMarchands Jouuilliers, qui font ce commerce.
BI 18 . Poids & mesure tout ensemble, dont onse sert sur la côte de Coromandei, aux Indes Orien-tales. C’est la 8 e partie du man. Un Biis contient yceirs , & un ceir 24 tols. Voyez Man.
BILAN. Livre dont les Marchands , Négocians,& Banquiers, fe servent pour écrire leurs dettes ac-tives & passives; c’est-'a-dire, ce qui leur est dû,& ce qu’ils doivent.
Ce livre, qui est du nombre de ceux qu’on ap-pelle Livres d’aides, ou Livres auxiliaires , fe tiensen débit & crédit, ainsi que le grand livre. On luidonne divers autres noms : les uns le nomment Li-vre des échéances; les autres, Livre des mois, oudes payemens ; & d’autres Rappellent Carnet. Voy.Livre des Echéances.
Au tre-