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Tome 1.
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445 B IL A. BILL;

Autrefois les Marchands, Négocians, & Ban-quiers de la Ville de Lyon, portoient fur la placedu Change, un petit livre, qu’ils appeiloient Bilandes acceptations , fur lequel ils ecrivoient toutes lèsLettres de change qui étoient tirées fur eux, a me-sure qu’elles leur étoient présentées.

Leur acceptation n étoit autre chose, que de met-tre une croix à côté de la Lettre qu’ils avoient en-régiítfée dans leur Bilan , qui signiíìoit, Accepte ;& s’ils vouloient délibérer fur l’acceptation, ils met-toient un V, qui vouloir dire Vûe ; & s’ils ne vou-loient pas l’accepter, ils mettoient S. P. qui ílgni-fioit, Sons protefi ; c’étoit a dire, que celui qui enétoit le Porteur , la devoir faire protester dans troisjours après le payement échu, qui étoit le 3 e . dumois suivant : mais à présent les acceptations se sontpar écrit , suivant l’Article 3 du Règlement de laplace du Change de Lyon du 2 Juin 1667. Voyez.Acceptation.

On appelle k Lyon , I’Entrée St l’Ouverture duBilan, le 6 e . jour du mois des payemens, jusqu’audernier jour duquel mois inclusivement, on sait levirement des parties j chaque Négociant écrivantde son côté sur son Bilan les parties qui ont été vi-rées ; en forte que st après le mois expiré il se sai-son quelques viremens départies, ils demeureraientmus , suivant l’Article 4 du Règlement déja rap-porté.

Le Bilan, que les Négocians portent fur la placedu Change de Lyon , pour le virement des parties,est un petit livre, qu’011 appelle quelquefois Car-net : il se tient en débit St crédit.’

Ceux qui veulent virer partie , s’adressent k ceuxa qui ils doivent quelque somme, & leur proposentd’en faire virement, en leur donnant pour Débi-teurs une ou plusieurs personnes qui leur doiventsemblable somme ; la chose résolue,ils en font men-tion réciproquement fur leur Bilan ; & dans le mo-ment les parties font censées virées, St demeurentaux risques de ceux qui les ont acceptées. C’est decette maniéré que se font les payemens j & a la findu mois ceux qui doivent plus qu’ii ne leur est dû ,payent en argent comptant aux Porteurs de Lettres,ce qu’ils doivent.

Si un Banquier, Marchand, ou Négociant, quiest dans l’habitude de porter Bilan fur la place, nes’y trouvoit pas, ou autre personne pour lui, dansles tems ordinaires des payemens, il ferait réputéavoir Lit faillite : ainsi il est de conséquence de nes’en pas dispenser, a moins d’une raison essentielleSt connue.

Lorsqu un Marchand, ou Négociant, a fait fail-lite, & qu’il veut s’accommoder avec ses Créanciers,il doit leur présenter son Bilan , c’est-a-dire , unétat au vrai de ses affaires.

Bilan. Est encore la solde du grand livre, oud’un compte particulier, ou de la clôture d’un in-ventaire ; mais. en ce sens, le terme de Bilan n’estpas si propre que celui de Balance. Voyez Balance.

BILBOQUET. Petit instrument, dont les Do-reurs se servent, pour appliquer leur or. II est longde quelques pouces, plat par dessous, St arrondi pardessus, pour le pouvoir tenir a la main. Le côtéqui est plat, est garni de quelque étoffe de laine trèsdouce, fur laquelle se met l’or qu’on a coupé, pourle placer. Voyez. Dorure a l’huile, & en dé -trempe.

Bilboquet. C’est aussi un petit morceau de bois,vu de terre cuite, de figure cylindrique , un peumoins gros au milieu qu aux deux bouts, duquel lesPerruquiers se servent pour friser les cheveux, qui nele sont pas naturellement. Voyez. Cheveux.

BILLE. Ancien mot François, qui signifie unbâton, dont quelques Ouvriers St Artisans ont con-servé l’nsage, pour exprimer plusieurs fortes de bâ-tons , qu’ils employeur pour travailler a divers ou-

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vrages de leurs arts Sc métiers. Voyez lès Articlessu iv ans.

Bille. Les Chatnoifeurs & lès Maroquiniers ap-pellent Bille un morceau de fer, ou de bois, rond,gros, St long k volonté, mais ordinairement d’utlpouce St demi de diamètre, & de 18 pouces délongueur, qui leur sert k tordre les peaux, pour enfaire sortir toute Peau, la graisse, ou la gomme 4qui peuvent y être, & que .ces Ouvriers employentdans les préparations de leurs cuirs. Voyez Chamois.

Bille. C’est aussi un bâton rond, de 2 k 3 piedsde long ; Pune des extrémités duquel a une efpécède pointe un peu arrondie , dont les Emballeurs fsfervent k ferrer les cordes de lèurs balles St ballots.Voyez Emballer.

C’est encore ìe bâton, dont les Messagers, Voi-turiers St Muletiers fe fervent pour serrer les char-ges de leurs chevaux St mulets.

Bille. Se dit pareillement d’un petit morceau dèbois, en forme de longue cheville , dont les Voitu»riers par eau fe fervent pour attacher la corde dèleurs bateaux k Panneau du palonnier, ou palonneau,comme d’autres Pappellent , où tiennent les traits dèleurs chevaux.

Bille. On appelle Bol en Bille, ou Brouillamini jdu Bol lavé, purifié, & réduit en pâte , dont on for-me ensuite des bâtons plats, de la longueur St gros*seur du doigt. Voyez Bot.-, ó" Bol d’Arménie.

Bille d’acier. Morceau d’acier quarté , qu’onappelle ordinairement Acier Soret, Clamecy, & Li-mousin. Voyez Acier.

Bille. Terme de boulanger, particulièrement enusage dans les Boulangeries où l’on fait le biscuitde mer. C’est ce qu’on appelle plus ordinairementun Rouleau qui sert a applatir la pâte : le milieude la bille est plus gros que ses extrémités, ce quien quelque forte le différencie du rouleau dont làgrosseur est égale d’un bout a l’autre. Voyez Bis-cuit.

BilleR la BATE. C’est l’applatir avec la Bille.On bille aussi les galettes de biscuit pour les ren-dre plattes. Voyez comme dessus.

BILLER. Serrer avec une bille la corde d’une bal-le , ou d’un ballot, ou la charge d’un mulet ou che-val. Voyez Emballer.

Biller. Se dit aussi de la façon que les Chamoi-seurs & Maroquiniers donnent a leurs peaux, enles tordant avec la bille. Voyez Chamois.

Biller. Est encore un terme de Voiturier pareau, qui signifie , attacher avec la bille, a une cour-be de chevaux, la corde qui ferra tirer les bateauxfur les rivières. Débiller, c’est détacher la corde ,ôter la bille qui l’arrête au palonneau. Voyez ci-dessus.

BILLET, en terme de Commerce. Signifie unécrit succinct, fait sous signature privée, pár lequelune personne s’oblige envers une autre k faire quel-que payement dans un certain tems, moyennant unécertaine valeur reçue.

II y a de plusieurs espèces de Billets, dont lesMarchands, Banquiers, St Négocians, se serventdans le commerce, lesquels opèrent divers effets.

Les uns sont causés pour valeur reçue en Lettresde change ; les autres portent promesse d’en four-nir j d’autres font conçùs pour argent prêté, & d’au-tres pour marchandises vendues ; mais de ces diver-ses sortes de Billets, il n’y en a que deux qui soientréputés Billets de change, & qui ayent les mêmesprivilèges que les Lettres de change z les autres n’é-tànt regardés que comme de simples promesses, quicependant peuvent être négociées , ainsi que les Bil-lets de change, pourvû qu’ils soient payables a or-dre, ou au porteur.

C’est l’útilité que les Négocians ont trouvée dansle commerce des Lettres de change, qui a donnélieu k toutas ces sortes ds Billets, pour la facilité

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