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Tome 1.
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47 i BLANCHI.

sorte que la flamme passe par dessus la poêle. Lespièces suffisamment recuites, & ensuite refroidies ,se mettent succeiflvement bouillir dans deux autrespoêles semblables , qui font de cuivre , qu’on nom-me Bouilloirs , dans lesquelles il y a de i’eau , du selcommun, & du tartre de Montpellier, ou gravel-les. En'ìn , quand elles ont été essorées de cettepremière eau dans un crible de cuivre, on jettedessus du sablon, & de l’eau fraîche, après quoion les essuya avec des torchons , quand elles fontbien sèches.

L’autre méthode de donner le Blanchiment, con-siste a mettre les 'flaons, & les pièces d’Orfévrerie ,après qu'elles ont été recuites, dans un grand vais-seau rempli d'eau commune , & de quelques oncesd'eau forte ; mais avec différentes proportions pourl’or, & pour l’argent. Pour l’or, il faut 8 oncesd’eau forte, & pour l’argent, seulement 6 onces vpar chaque seau d'eau. On ne fe sert plus gué.resde ce Blanchiment, parce que lesfraix en font plusgrands, & que l’eau forte diminue quelque chosedu poids de l’argent. Les Ouvriers l’appeilent Ti-re-poil, a cause qu’il semble tirer au dehors ceque les métaux ont de plus vif. Voyez Mon-noyage.

Blanchiment. Se dit aussi de Pattelier où se blan-chissent les flaons dans les Hôtels des Monnoies, &l’orfévrerie chez les Orfèvres.

BLANCHIR. Faire devenir blanche, ou rendreblanche une chose qui ne l’étoit pas parfaitement,ou qui ne l’étoit point du tout. Ainsi l’on dit, Blan-chir de la toile, de la cire, du fer en feuille, de lafoie, des étoffes de laine , &c. pour dire, leurdonner le blanc, leur faire prendre le blanc.

Les différentes manières de blanchir la cire, & lefer en feuille, font expliquées aux Articles de cire ,& de fer blanc. Al’égard de la façon de blanchirles foies , les toiles, & les étoffes de laine , ellesseront expliquées en cet article ; n’y ayant pointd’endroit dans ce Dictionnaire, où l’on puisse le fai-re plus commodément.

Maniéré de blanchir la soie.

La foie encore toute écrue est mise dans une po-che , ou sac de toile claire, qu’on jette dans unechaudière , remplie d’eau de rivière bouillante, danslaquelle on a fait fondre de bon savon de Gènes,ou de Toulon.

Après qu’on a fait bouillir la foie dans cette eaul’efpace de 2 a 3 heures, & que le sac, où elle a étérenfermée , y a été retourné , & remué plusieurs fois,on la retire pour la battre, & la laver dans l’eaufroide ; & quand elle a été ainsi bien lavée & bat-tue , on la tord légèrement, puis on la rejette uneseconde fois dans la chaudière pleine d’eau froide,mêlée de savon, & d’un peu d’indigo.

C’est cet indigo qui donne l’œil bleuâtre qu’on re-marque ordinairement dans les foies blanches.

Après que la foie a été tirée de cette secondechaudière, on la tord bien fort avec une cheville debois, pour en exprimer toute l’eau & le savon ;ensuite on la secoue pour la détordre , & en sépa-rer les brins ; & on la met suspendue en Pair dansune espèce d’étuve faite exprès , qu’on appelle unSouphroir, a cause. du souphre qu’on y brûle.

C’est la vapeur de ce minéral, qui achève de don-ner le dernier degré de blancheur a la soie.

Manière de blanchir les étoffes de laine.

II y a trois façons de blanchir les étoffes delaine.

La première fe fait avec l’eau & le savon ; laseconde, avec la vapeur du souphre ; & la troisiè-me , avec la craye, l’indigo , & la vapeur du sou-phre.

BLANCHIR. 472

Blanchiment au savon & a t eau.

Après que les étoffes font sorties du moulin àfoulon, on les met dans de Peau de savon un peu chau-de , dans laquelle on les foule de nouveau a forcede bras, fur une fouloire de bois j ce qui achèvede leur donner le blanchiment, que le moulin afoulon n’avoit fait que commencer.

Quand les étoffes ont été suffisamment foulées àbras dans cette eau de savon, on les lave dans Peauclaire, & on les fait sécher.

Cette façon de blanchir les étoffes de laine, estcelle qu’on appelle la naturelle.

Blanchiment au souphre.

On commence par bien laver & dégorger lesétoffes dans l’eau de rivière , puis on les met sécherfur des perches ; & lorsqu’elles font a demi sèches,on les étend dans une manière d’étuve bien fermée ,dans laquelle on fait brûler du souphre, dont la va-peur venant as’étendre, s’attache petit a petit furtoute l’étoffe ; ce qui lui donne ce beau blanchi-ment , qu’on appelle communément Blanchiment afleur , ou Blanchiment de Paris ; parce que c’est aParis où il s’en fait le plus de cette forte.

Blanchiment avec la craye , P indigo , & le souphre.

Lorsque les étoffes ont été bien lavées, & dégor-gées dans Peau claire , 011 les jette dans un bacquetrempli d’eau froide , dans laquelle on a fait détrem-per de la craye avec un peu d’indigo ; & après queces étoffes ont été bien maniées & agitées dans cet-te eau, on les en retire , pour leá laver de nouveaudans une eau pure & claire, au sortir de laquelleon les fait sécher a demi sur les perches, puis onles met dans l’étuve , pour leur faire prendre la va-peur.du souphre ; ce qui achève de les blanchir par-faitement.

Ce blanchiment, qui n’est pas le meilleur, quoi-qu’assez agréable k la vûe, fe nomme Blanchimentde Beauvais Z parce que ce sont les Beauvaisins, quiles premiers ont trouvé cette manière de blanchirles étoffes de laine.

II faut remarquer, que quand une étoffe de lai-ne a un fois reçu la vapeur du souphre, il est trèsdifficile de pouvoir lui faire prendre une belle tein-ture , a moins que ce ne soit le noir, ou le bleu.

Les Marchands Teinturiers en laine peuvent blan-chir toutes sortes de toiles de lin, coton, chanvre,fils, camelots, serges , ratines , étamines neuves Scvieilles, même les bas d’estame. Règlement du moisd Août 1669. art. 55.

Manière de blanchir les toiles de Un fines ; Û la f a-f on de les apprêter, suivant qu! il se pratique en Picar-die, particulièrement du coté de St. Quentin.

Après que les toiles ont été levées de dessus 1 @métier , étant encore toutes écrues , on les mettremper dans Peau claire l’espace d’un jour ; & aprèsqu’elîes y ont été bien lavées , & nettoyées de tou-tes leurs ordures, on les en retire, pour les jetterdans un cuvier rempli d’une lessive froide, qui adéja servi.

Au sortir de cette lessive , on les lave de nou-veau dans Peau claire, puis on les étend fur un pré,où elles sont arrosées de tems en tems avec de Peauclaire, qui est dans de petits canaux le long du pré,par le moyen des escopes , ou pèles de bois, creu-ses , k longs manches, que les Hollandois, qu’onprétend en être les inventeurs, nomment Gieter. .

Apres que les toiles ont resté fur le pré un cer-tain tems, on les fait passer par une lessive neuve,qu’on fait couler toute chaude , de même que leslessives ordinaires ; & cette lessive est composée dif-féremment, suivant l’état dans lequel fe trouventles toiles.

Au