485 BLE'. BLEU.
Ble' Meteil. Voyez. Meteil.
Ble' barbu , en Latin Melica. Espèce de millet,dont les tiges s’élévent a la hauteur de huit a neufpieds. Voyez. Millet.
Ble' Locular , autrement Froment Locar,Froment rouge, & plus communément Speau-tre. Espèce d’orge, dont le grain est menu, &d’un rouge-brun.
Ble’ Seigle. Voyez. Seigle.
BLEREAU. Voyez Blaireau.
BLEU. Ce qui est de couleur bleue, c’est-à-di-re, de couleur d’azur.
Le Bleu est une des cinq couleurs simples, & ma-trices , dont les Teinturiers se,servent pour la com-position des autres.
Le Bleu des Teinturiers se fait avec le pastel,qui croît dans le haut Languedoc; le vouede , oupetit pastel, qui vient de Normandie ; & l’indigo ,qu’on apporte des Indes. ■
De ces trois drogues, le pastel est la meilleure, &la plus nécessaire a la teinture. Le vouede, quoiquemoindre en qualité, en force, & en substance, faitaussi une assez bonne couleur : mais l’indigo ne faitqu’une fausse couleur, qu’on peut néanmoins em-ployer , si l’òn n’en mêle pas au-delà de 6 livres furchaque grosse balle de pastel, & si l’on ne l’employe,qu’après être apprêté dans la bonne cuve, & dansJes deux premiers réchaux : aussi est—il défendu del’employer autrement qu’avec le pastel, & fans êtreapprêté avec la cendre gravelée.
Le vouede, qui a fort peu de substance, nepeut être employé seul, ni corriger le défaut de l’in-digo , à moins qu’il ne soit aidé du pastel ; maissi on l’employe seul avec l’indigo , il ne faut gué-res plus d’une livre d’indigo fur un cent pesant devouede.
Quelques Teinturiers, pour augmenter la couleurdu Bleu, se servent du bois d’Inde, Brésil, & Or-seille; mais l’Ordonnance de 1669. art. ç. leur adéfendu de s’en servir, & d’en avoir chez eux.
Le Bleu se peut aviver, en passant l’étoffe, aprèsêtre teinte & bien lavée, sur de l’eau tiède; & ils’avive encore beaucoup mieux , en faisant fouler.l’étoffe teinte avec du savon fondu, & la faisant en-suite bien dégorger.
Les Bleus Turquins, & áu dessus, s’avivent, enles passant fur un bouillon, & ensuite sur un coche-ni liage ; mais les Bleus célestes , & au dessous, gri-seroient, 6c perdroient leurs couleurs, si on les ypassoit.
Les nuances du Bleu font, Bleu blanc, Bleu nais-sant , Bleu pâle, Bleu mourant , Bleu mignon ,Bleu céleste , Bleu Reine, Bleu Turquin, Bleu deRoi, Fleur de Guéde, Bleu Pers, Aldego , & Bleud’Enfer.
Les étoffes qu’on teint en Bleu, se font de blancen Bleu, fans autre préparation que celle qu’ellesreçoivent du foulon.
Afin de fçavoir si le fond , ou pied de Bleu, a étéeffectivement donné aux étoffes, les Teinturiers fonttenus de laisser au bout de chaque pièce, une rosebleue de la grandeur d’un écu d’argent. Règlementde 1669. art. 54.
Le chef-d’œuvre des Teinturiers du bon teint,consiste à tirer la teinture bleue du pastel, depuis lanuance la plus brune jusqu’à la plus claire, & rap-pliquer fur les étoffes de draperie. Règlement dë166p. art. J O.
Le Bleu ne manque jamais, si la couleur en estbonne. Voyez. Couleur.
Le Bleu des Peintres est différent, suivant les dif-férentes espèces de peinture, où l’on veut travailler.L’outremer, les cendres bleues & l’émail s’era-ployent également en huile, a fresque, en détrem-pe, & en miniature. Ces trois fortes de Bleus, donton tra te à leur Article particulier, font naturels , siDiction, de Commerce. Tom. I»
BLEU. M
l’on en excepte l’émail, qui tient presque autant dél’art que de la nature. II y a aussi un outremer, quiest tout factice, dont on donne la recette a son Ar-ticle. L’inde, ou indigo préparé, est encore unécouleur bleue, dont on se sert en huile, 6c en mi-niature. Voyez. Indigo.
Ce sont les Marchands Droguistes-Epiciers , quivendent ces sortes de couleurs, soit en poudre ;soit broyées à l’huile.
Le Bleu des Peintres-Emailleurs, & des Peintresfur verre, se prépare par celix mêmes qui les em-ployeur , chacun ayant fa maniéré de le faire. Voyez.PEINTRE, & Peinture sur Email et sur Verre.
On appelle Azur de Hollande , l’émail qui se pré-pare à Amsterdam, 6c en quelques autres endroitsdes Provinces-Unies. II est plus propre pour lélinge, que pour la peinture.
Bleu de Tour.nesol. C’est un Bleu propre àpeindre fur le bois, qui se fait avec la graine décette plante. On employé quatre onces de tourne-sol , qu’on fait bouillir pendant une heure dans troischopines d’eau, où l’on a auparavant éteint de lachaux vive. Voyez. Tournesol.
Bleu de Flandre. C’est un Bleu tirant fur leverd , qu on réemployé guéres que dans les passa-ges. On l’appelle autrement Cendre verte. VoyezCendre.
Bleu. Les Curandiers , ou Blanchisseurs de toilesfines, disent, donner le Bleu à une toile ; pour si-gnifier, la faire passer dans une eau , où ils ont faitdissoudre un peu d’amidon , avec de l’émail , ou a-zur de Hollande. On donne ordinairement deuxBleus aux batistes ; l’un, qui est le Bleu du blan-chiment, par les Curandiers ; 6c l’autre , le Bleu dél’apprêt, par les Marchands. Voyez. Blanchir, okil est parlé de la manière de blanchir les toiles de linfines à S. Quentin, ÚS autres lieux de Picardie.
Bleu. On se sert aussi de Bleu dans le blanchi-ment des foies, pour leur donner cet œil bleuâtre ,qui en relève la blancheur 6c l’éclat. Le Bleu desfoies se donne k froid dans une cuve d’eau claire ;où l’on a détrempé un peu de savon 6c d’indigo.Voyez. Blanchir , où Von traite du blanchiment desfoies.
f Le Bleu de Prusse , ou de Berlin , passe ,selon quelques-uns , pour aussi bon que l’Outremer ,dans la Peinture, soit en huile , soit en détrempé.La composition de ce Bleu a été tenue secrette, juf-qu’k ce que le célèbre Mr. Jean Woodw'ard l’a décou-verte 6c rendue publique dans les Transactions Philo-sophiques de la Société Royale de Londres, Janvier &Fevrier T724. n. 381. La préparation de ce Bleu sefait , avec une lessive de sang de Bœuf, une dissolu-tion d’Alun, 6c une dissolution de Vitriol, châcunédans une quantité requise. On mêle ces trois li-queurs ensemble, qui d’abord fermentent considé-rablement. Après avoir été suffisamment agitées dansdes vases , on coule le mélange qui est trouble, 6îde la couleur de verd de montagne. II reste fur lélinge par lequel il a filtré , une Fécule verdâtrequ’on amasse pour la mettre dans une petite terri-ne neuve ; puis on verse dessus de bon esprit dé sel,la quantité qu’il en faut; 6c sur le champ la matièrese change en un très beau Bleu , lequel il faut bienremuer en plein air, pour en augmenter la vivacité.On laisse reposer cette matière une nuit pour la mê-me raison , puis on la lave plusieurs fois avec beau-coup d’eau de pluie, en laissant reposer chaque foisla Fécule qui tombe au fond de l’eau, 6c on sé-pare celle-ci, en la versant par inclination. Ces lo-tions se réitèrent, jusqu’à ce que l’eau reste insipide,& la Fécule fans aucune acrimonie. Puis on la faitsécher , 6c 011 la garde pour Tissage.
La lessive de sang de Boeuf se fait, i°. en le met-tant sécher pour le réduire en poudre, 2 0 . en le cal-cinant avec autant de sel Alkali fixe, fait de parties
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