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Tome 1.
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Les magasins de Dantzick font si vastes , & toù-jours si bien remplis , qu’en certaines années on en-lève de cette feule Ville jusqu’a 800000 tonneauxde Blé : aussi les Marchands de Dantzick ont-ils unprivilège excmsis pour tous les Blés de Pologne quientrent dans leur Ville, n’y ayant queux qui lespuissent acheter : mais pour rendre la chose a peuprès égaie entre le Vendeur & PAcheteur, les Dant-zickois font tenus de prendre tous les Blés, quiarrivent chez eux, à quelque quantité qu’ils puis-sent monter, suivant le prix fixé par le Tarif duMagistrat.

C’est aussi dans ce Port si fameux, que les Fran-çois vont, dans les terris de disette, chercher, ainsique les autres Nations, les Blés qui leur manquent,& dont, dans P abondance , ils ont coûtume de se-courir leurs, voisins.

-f- Les Magasins d’Amsterdam ne font pas moinsconsidérables que -ceux de Dantzick ; il y a peu deVi les où il fe fasse un plus grand commerce de grains,y ayant mûrie une Bourse séparée, où s’assemblenttous les jours plusieurs milliers de marchands, quine négocient qu’en grains ; cette Bourse n’a rien decommun avec la Bourse générale, dont elle est éloi-gnée d’un quart de lieue.

Le Blé est fort abondant & a fort bon compte ala Chine, pirce qu’on préféré le ris pour le pain;car pour 18 fols, AitGemel. Careri, un homme en apour se nourrir un mois.

On peut voir au sujet des Blés du Nord , ce qu on endit à P Article général du Commerce , à f endroit où ilefl parlé de celui de Dantzick , & de la Mer Baltique.

Ce font les Provençaux, qui font le plus grandcommerce des Blés de Barbarie, qu’ils portent en-suite dans plusieurs Ports d’Italie , & particulière-ment a Genes; d’où après ils fe répandent k Rome,& dans les principales Villes de l’Etat Ecclésiasti-que, du Royaume de Naj^es, & même du Duchéde Milan.

Le Bastion de France, & des Ports de la Caste ,du Cap de Rose, de Bonne, & de Col, qui en dé-pendent , sont les lieux d’où l’on tire la plus grandequantité de Blés ; les Maures Auleddalis, gens la-borieux , qui habitent assez avant dans les terres,les conduisant jufqu’à la mer , pour les vendre auxFrançois. ■

La mesure , dont ils se servent pour ce commer-ce , s’appelle Gautte , & contient environ 30 bois-seaux. Le prix des Blés se fait avec eux au commen-cement de la récolté ; & chaque mesure s’achétedepuis une piastre jusqu’a deux , qui se revend aGenes depuis 2 piastres |, jusqu’a 3 piastres j aumoins ; mais a la mesure Génoise, qui est d’uncinquième plus petite que celle des Maures ; ensor-te que c’est encore un bénéfice de 20 pour cent pourle Vendeur.

On peut traiter avec les Maures du Bastion deFrance, & de ses dépendances, environ ço millemesures de froment, & beaucoup plus d’orge, &d’autres grains ; outre ce qu’on en peut tirer des au-tres Ports de cette Côte.

L’Auteur du Parfait Négociant , qui parle de cenégoce des Blés de Barbarie, dans le Chapitre 9 duLivre s de la seconde Partie de son Ouvrage , y ajou-te quelques maximes, ou observations, tant fur lecommerce des Blés en général, que fur celui quis’en fait au Bastion de France par les Provençaux,dont le Lecteur ne fera pas fâché de trouver ici unextrait.

II fait d’abord remarquer le risque qu’il y a de secharger de cette marchandise, qui ne pouvant guè-re apporter de profits considérables , que dans destems de disette , & n’arrivant que trop souvent tarddans les Ports , pour lesquels on a chargé , h causedes fortunes de mer , qui peuvent retarder le voya-ge , quand même on éviteroit cesses ^des Corsaires,

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est plus propre a ruiner un Marchand qu a l’enri-chir. II croit néanmoins , qu’en observant quel-ques principales maximes, & faisant ce commerceavec prudence, il peut réussir , & n’être pas in-fructueux.

II veut i°. Qu’on ait une parfaite connoifiàncede la qualité des Blés , des , lieux où ils croissent,& de ceux d’où on les tire ; j les uns étant de meil-leure garde que les autres , & donnant plus de fa-rine.

2°. Qu’on sache toutes les différences & les pro-portions des mesures auxquelles on les achète, d'a-vec celles auxquelles on les doit vendre , pour tâ-cher d’v trouver quelque bénéfice.

3 0 . Qu’on ait des lieux propres & bien secs poufla garde des Blés qu’on a achetés , a cause de la né-cessité où l’on est souvent de les garder plusieurs an-nées ; n y ayant pas grand profit, a moins que cene soit dans des occ ssions rares & extraordinaires ,de les vendre, comme on dit, d’une main a l’autre.

4 0 . Si ce font des Blés du Bastion de France ,de les acheter au commencement de la récolté, &,lorsqu’elle est abondante ; étant toûjours considéra-blement à meilleur marché dans ces tems-la.

50. D’avoir des Correspondans íùrs & attentifs kGenes, a Rome, «Sedans les principales Villes d’Ita-lie, où particuliérerpent se fait la consommation desBlés de cette Echelle, pour être averti à tems de larareté & du prix des Blés, afin de n’y en envoyerqu’k propos.

6°. Enfin, que pour le transport de ces Blés , onles place avec grand foin dans les endroits les plussecs des vaisseaux, & les moins exposés a i’eau dela mer, pour éviter qu’ils ne soient emmarinés , ouqu’ils ne germent ; ce qui cause des déchets considé-rables , & même quelquefois la perte entière de lacargaison d’un vaisseau.

Commerce des Blés à Amsterdam .

U se fait k Amsterdam un très grand commerce detoutes sortes de Blés, particulièrement de froment,de seigle & de blé sarasin. On né parlera ici que dunégoce du blé sarasin, renvoyant les deux autres àleurs articles suivant l’ordre alphabétique. Voyez.Froment & Seigle.

II se vend k Amsterdam diverses sortes de Sarasin,entre autres ceux du haut païs, ceux d’Amersfort,ceux du Goyland, ceux du Brabant & ceux deFlandre.

Tous ces Blés sarasins fe vendent au last : le prixdu sarasin du haut pais, d’Amersfort & de Goyland,est depuis 14 jusqu’a 15 1.de gros le last: la dédu-ction pour le promt payement est d’un pour cent.

Le prix de celui de Brabant & de Flandre , est de14 jusqu’k 16 liv. de gros : déduction comme lesautres. Voyez s Article des Grains.

On trouvera dans f Article général des Mesures ,& dans les Articles particuliers de ce DiClionnaire, ottfont expliqués les rapports quelles ont les unes aux au-tres , de quoi ne rien ignorer de ce que M. Savarydemande dans fa seconde Observation ; & Von peutvoir les cinq autres , plus au long expliqués , à F endroitcité de son Parfait Négociant.

Valeur des Mesures du Bled.

Le Muid contient 12 Setiers ou 12 quarterons.

Le Setier 12 Boisseaux.

Le Boisseau 4 Quarts.

Le Quart 4 Litrons.

BLE de Turquie, qu’on nomme autrementMays. Voyez M AYS.

Ble' NoiR , ou Ble' Sarasin. Plante , dont lesfleurs font rouges, & la graine noire. Quelques-uns distinguent ces deux Blés.

On appelle Pet’ts Ble’s, les grains qu’en sèmeen France au mois de Mars, comme l’erge, l’avoi-ne , les pois, les vesces , &c. Voyez ces Articles,

Ble’

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