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Tome 1.
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tire» & dont jl se fait un très grand négoc?.

Il y a en France des Marchands fort riches , quine font d’autre commerce que de Bœufs, soit pourle tirage, soit ppur la boucherie. Les premiers lesachetent tout jeunes , & les vendent aux Labou-reurs & aux Voituriers. Les autres les vont cher-cher dans les Provinces, où ils font engraissés, pourles faire conduire ensuite dans les foires & marchésdes Villes & Bourgs du Royaume, où ils les ven-dent aux Bouchers, qui les tuent, pour en débi-ter la chair a la livre, ou a la main, dans leursétaux. particuliers, ou dans les boucheries publi-ques.

Avant que de passer aux diverses marchandisesqu’on tire du Bœuf, on va donner ici quelques avis,dont les Marchands de Bœufs peuvent avoir besoinpour leur commerce.

Les Bœufs ne vivent ordinairement que jufqu’a14 ans. A trois ans ils font propres a tirer ; & a dix ilfaut les retirer du chariot, ou ds la charrue, pourles mettre a l’engrais.

L’âge des Bœufs, auílì-bien que sage des che-vaux , se connoit aux dents. A 10 mois, ils jettentleurs premières dents de devant , & en poussentd'autres plus larges , & moins blanches. A 18 mois,une autre partie de leurs dents de lait tombe enco-re , & le reste dans les 18 mois qui suivent; en sor-te qu’a 3 ans toutes leurs dents font égales, & qu’ilsne marquent plus. Quelques-uns croyent qu’on peutvoir aussi l’âge du Bœuf fur fes cornes , & que cha-que anneau qui se forme a leur extrémité, indiquechacune de leurs années; mais bien des Marchandsde Bœufs très habiles ». estiment cette connoissancëmoins sure que céste dès dents, & ne s’y fient gué-rfes.

Les B œufs destinés au tirage , doivent être faci-les k manier, d’une taille médiocre, & raisonna-blement chargés de graisse.

Quoiqu’il y ait des Bœufs excellons de tout poil,les Marchands y doivent néanmoins faire atten-tion. .

Le poil doux , luisant & épais est une bonne mar-que : le poil rare » mal-uni &rude, en est au con-traire une mauvaise.

Le Bœuf, sous poil tout noir, est lourd & non-chalant ; mais c’est un signe de vigueur, s’il a quel-que blancheur aux pieds ou a la tête.

Le poil rouge est le meilleur; cette couleur dé-notant du feu & de l’ardeur : on estime le bay a peuprès de même : du blanc aux extrémités ne gâte rien»ni a l’une, ni a i’autre couleur.

Les Bœufs, fous poil brun, font médiocres, leurardeur ne durant pas long-tems ; le poil mouchetéest encore moins bon; le blanc & le gris ne valentrien; en récompense, ce sont les meilleurs pour en-graisser , a la réserve du poil gris , qui ne réussit pasmême k l’engrais.

-j- Les Bœufs d’Egypte font d’une grande beauté;& il y en a de tels que le pinceau ne sçauroit re-présenter rien de plus flateur. Toutes les mêmesmarquetures qúi sé voyent d’un côté, se trouventégalement de l’autre. La chair de cet animal est ad-mirable , sur-toiit dans la verdure. Ellé ne le cédépas én bonté a celle des Bœufs de Hongrie, ni aaucune autre. Élie a même cela de plus excellent ,qu’elle est extrêmement nourrissante. C’est ce qu’endit M. Màillèt dans fa Description de F Egypte.

Engrais des Bœufs.

On piet ordinairement a l’engrais les Bœufs quiont servi au tirage, d’où on les tire communémenta l’âge de 10 ans : on en engraisse néanmoins quel-quefois de beaucoup plus jeunes, soit de ceux qui seruinent de bonne heure au harnois, soit de ceuxqui n’y ont jamais été propres. Les vieux ne ^en-graissent jamais bien.

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Tant que les Boeufs sont a l’engrais, on ne doitaucunement- les faire travailler, & l’on ne peùt eilprendre un trop grand soin , soit pour les envoyeraux pâturages pendant l’été » soit pour leur nourri-ture pendant l’hiver.

En quelque tems qu’on veuille engraisser lesBœufs, il faut, les huit premiers jours, leur donner jsoir & matin, un seau d’eau, échauffée au soleil, oiit u die fur le feu, dans laquelle on aura jetté troispicotins de farine d’orge , fans avoir été blutée, &qu’on aura laissé reposer quelque tems: observant dëne leur donner d’abord que Beau blanche ; & de leurréserver le reste pour le soir.

En été, c’est-à-dire , depuis le mois de Mai jusequ’a la S. Martin, il faut les envoyer aux pâtu-rages après que la rosée est tombée , les ramener asétable pendant la grande chaleur, & ensuite les re-mettre aux herbages jusqu’au soir, ne leur épargnantpendant la nuit, ni la litière » ni les herbes nouvelle-ment cueillies.

En hiver, ce qui s’entend depuis la S. Martinjofquùu mois de Mai, il faut les renfermer danssétable, les y tenir chaudement, leur donner du foinautant qu’ils en veulent, pendant le jour & la huit ;& le soir, leur faire des pelotes de farine de seigle ;d’orge, ou d’avoine, paitrie avec de l’eau tiède &du sel. Dans le tems des raves, on peut leur endonner de fraîches ; & dans la saison des vendan-ges , du marc de raisins, mêlé avec trois picotins déson, le tout dans de l’eau chaude.

Marchandises propres au Commerce , que F on tire daBœuf.

La chair de Bœuf se sale , pour la pouvoir transeporter plus facilement, fans se corrompre , dans lespais où eile peut être vendue avec avantage.

Les Marchands des différens ports du Royaume »particulièrement ceux de S. Malo & de Nantes enBretagne, en font des cargaisons considérables ;pour la Martinique, & autres Isles Françoises del’Amerique : ils la tirent presque toute d 3 Irlande »d’où elle leur est envoyée par barils, ordinairementdu poids de 200 livres.

Les peaux de Bœufs , qu’on appelle autrementcuirs, se vendent en poil ; c’est-à-dire, ou verdsou salés , ou secs & fans poil ; ce qui comprendles cuirs tanés, ceux apprêtés a la façon de Hongrie;& ceux passés en huile, k la maniéré des Bustes.

Outre les cuirs de Bœuf qui sont du cru de Fran-ce , on en apporte de secs, en poil, de presque tousles lieux où lès François vont négocier, tant dansPOrient que dans 1 Occident, sur-tout des Indes ;du Peròu, de Barbarie, de Madagascar, du Cap ver d;du Sénégal, de Moscovie, & d’Irlande.

Les Marchands de Rouen, entr’autres, font ungrand négoce de Ceux de Barbarie , & de S. Dò-mingue, qui leur sont apportés par les vaisseauxFrançois qui reviennent des Indes Occidentales.

Ii se fait aussi un grand négoce de peaux de Bœufsà Constantinople, d’où les François, Anglois, &Hollandois en tirent, année commune, jhfqu’aíoooò. Elles sont de trois sortes. Les unes, quisont les meilleures, s’appellent les premiers Couteaux,ce sont celles des abbatis qui se font depuis Juin jusequ’a Novembre. Les secondes sont les Paftremens,qu’on léve de dessus les bêtes en Novembre & Dé-cembre. Les troisièmes se nomment Acrcmens , qúiViennent de la Mer noire, & qui, pour la bonté;approchent des premiers Couteaux. Voyez, leurs Ar-ticles , & celui des Cuirs.

Les os de Bœufs s’employent par les Tourneurs»Tabletiers, Couteliers, & Patenostriers, dans leursdifférens ouvrages. On les brûle aussi; pour fairece qu’on appelle du noir d’os , qui sert a la peintu-re, & a faire l’encre pour imprimer eu taille-dou-ce. Voyez Os, Û Noir d’Allemagne.

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