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Tome 1.
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495 BOEUF.

Des rognures des peaux, des cartilages , des pieds',ëc des nerfs bien bouillis , & dissous dans Peau,se fait la colle forte , soit celle qu o n fabrique enFrance, soit celle d’Angleterre, ou de Flandre.Voyez Colle forte.

Le poil de leur queue, le plus long, après avoirété cordé & bouilli pour le friser , fournit une par-tie du crin que les Tapissiers & autres Ouvriersemployent ; & du poil court, on en fait de la bour-re , dont on remboure plusieurs meubles de peu deconséquence, des selles pour monter a cheval, desbasts de mulets &c. 11 se consomme aussi beaucoupde poil de Bœuf a Rouen, & a Ebeuf en Norman-die, pour les Manufactures de Tapisseries qu’onnomme Bergames. Voyez Crin , & Bourre.

La corne de Bœuf , soit de la tête, soit despieds, s’amollit par le feu, & fe prépare pour quan-tité d’ouvrages, comme peignes, tabatières, lan-ternes , écritoires de poche, étuis a cure^-dents ; elleest encore d’un usage absoiu pour la trempe de di-vers outils ; on en parlera en son lieu.

Le nerf qui se tire de la partie génitale du Bœuf,étant sec & prénaré en maniéré de filasse, s’era-ploye par les Selliers , & faiseurs de battoirs de jeude paume, qui l’achètent des Marchands Quin-cailliers. Voyez Nerf de Boeuf.

Les boyaux de Bœuf bien dégraissés & préparés,Rappellent Baudruche ; ils fervent a faire des mou-les nour battre l’or & l’argent, pour le réduire enfeuilles propres a la dorure. Voyez Baudruche.

On tire aussi des graisses du Bœuf, un suif assezbon pour faire de la chandéìe , ou pour préparercertains cuirs. Le meilleur est celui qu’on nous ap-porte d’Irlar.de. Voyez Suif.

Enfin , jusques dans le cœur, & dans la vessie desBœufs, ou plutôt dans la vésicule de leur fiel, ontrouve quelque chose d’utile au commerce. Le cœurfournit un cartilage assez semblable à celui qu’on ti-re du cœur de cerf : on l’appelle, Os de cœur deBœuf, & on le substitue quelquefois a celui du cerf,quoique peut-être mal à propos.

Le fiel même du Bœuf sert aux Détacheurs, &k plusieurs autres Artisans, qui s’en fervent a di-vers usages.

Pour la vessie, ou vésicule du fiel, elle renfermetrès souvent une pierre de la grosseur & de la fi-gure d’un jaune d’œuf, mollasse, & par écailles,comme le bézoard; aussi en porte-t-elle quelquefoisle nom , mais plus ordinairement celui de Pierre defiel. Voyez Fiel.

Les Bœufs , gras , ou maigres , venant en France ,des pais étrangers , payent de droits dentrée 3 liv. lapiéce ; &- ceux de même qualité, venant des Provincesdu Royaume ou les Aydes n ont point de cours , seule-ment 20 sols.

Les Bœufs & langues salées , de toutes sortes , payent<|0 fols du cent pesant de droits d’entrée.

Les droits de sortie pour toutes sortes de Bœufs gras ,petits, ou maigres )sont de 2 liv. io fia piéce.

-f Par Arrêt du z i Janvier 1738. tous les hejliauxgénéralement ont été exemtés des droits dêentrée , aujfibien que de ceux de sortie, lorsqu ils vont dans lesProvinces réputées étrangères. Ce même Arrêt renou-velle les défenses de transporter des Bestiaux hors duRoyaume, à peine de confiscation & de 3000 livres$ amende.

On ne met point ici les droits d’entrée ou desortie que payent les cuirs , & autres marchandi-ses qui proviennent du Bœuf, ou Taureau. On lespeut voir dans les divers Articles qui ont été in-diqués.

Commerce du Bœuf salé à Amsterdam.

Le Bœuf salé se vend k Amsterdam par barils; lebaril se Vend depuis 10 jufqu’k 12 florins la dé-duction pour le promt payement est d’un pour cent.

BOE. B OI. 496

Boeuf sale’ d’Irlande.

Par Arrêt du 29 Juin 1688. il fut établi un droitde 5 liv. par cent pesant, lur les Bœuís salés venantd’Irlande : mais par un second Arrêt du 7 Décem-bre de la même année, & un autre du 20 Mai 1704.ladite marchandise entrant dans le Royaume par lesports du Havre, de Nantes, de S. Malo, de laRochelle, de Bourdeaux & de Brest , & qui y estdéclarée pour les Ifles Françoifes de TAmerique, estdéchargée .dudit droit, en observant néanmoins lesprécautions ordonnées par lefdits Arrêts.

Boeuf marin. Voyez Cheval marin. .

BOHE’E. The’ Bohe’e, ou Boe. Voyez The’.

BOIE. Efpéce de revêche, qui se fabrique parles Sajetteurs - Drapans d’Amiens. II y en a de zlargeurs les larges, qui ont | de large , fur 20 au-nes \ de long: les moyennes, qui ont moins de |fur la même longueur : & les petites, qui n’ont quedemi-aune, fur 20 aunes de long. Voyez Sayet-teur-Drafant . & Reveche.

BOILIAMINI. Poyez Bol d’Armente.

BOIQUETEAU, ou BOQUETEAU. Terme d’ex«ploitation & de marchandise de bois. C’est un pe-tit canton de bois planté en futaye ou en taillis ,qui n’excéde pas la quantité de 50 arpens. Le Boi-queteau est moindre que le buisson, comme le buis-son est moindre que la forêt.

BOIRE. Donner pour boire aux Ouvriers, c’estleur donner quelque gracieuseté par-deisus leur sa-laire , ou le prix dont 011 est convenu pour leur ou-vrage.

Boire le vin du marché. C’est quand le vendeur& l’acheteur boivent ensemble en considération dumarché qu’ils ont fait. Ce terme & cette coutumene sont guéres d’ufage que parmi les petites gens,& le peuple de la campagne.

Boire. On dit, en terme de couture, Menerboire une étoffe , Mener boire de la toile ; lorsquede deux lisières, de toile ou d’étoffe, qu’c n jointensemble avec l’aiguille, il y en a une cousue pluslâche que l’autre, ensorte qu’elle plisse un peu.

Boire. Les Papetiers, & les Maîtres Ecrivainsdisent, que du papier boit, lorsque faute d’être suffi-samment colé, l’encre s’y étend ou pénétre a tra-vers. Voyez Papier.

BOIS. Substance solide, qui forme la tige & lesbranches des arbres ; qui reçoit fa nourriture, &prend son accroissement de l’humide radical, ou sucde la terre.

Les nouveaux Physiciens, aidés de leurs micro-scopes , (efpéce de lunettes inconnues aux Anciens )ont remarqué que le Bois , malgré cette solidité qu’ilsemble avoir, n’est cependant qu’un amas infini defilamens, ou plutôt de canaux creux, dont les unsmontent, & se disposent en maniéré d’un cerclepresque parfait, & les autres passent de la circonfé-rence au centre, en sorte qu’ils se croisent, en s’eri-trelassant les uns dans les autres; ce qui sort k fa-ciliter la'nutrition des arbres, & a faire monter, &redescendre, par une efpéce de circulation, la sève'destinée a les nourrir, & a les faire croître.

11 y a une infinité d’efpéces de Bois, distinguéespar leur nature, leurs qualités, leurs propriétés , &leurs vertus ; aussi-bien que par leurs usages , leursdéfauts, leurs tailles, leurs façons, leurs mesures,leurs voitures. Mais dans un Dictionnaire de Com-merce , il suffira de parler de ceux qui y ont rap-port , & dont quelques Marchands font un négoceconsidérable.

La plûpart des Bois tirent leurs noms des ar-bres même , ou des lieux d’où ils viennent, ou deschoses k quoi ils peuvent être propres ; & ils so di-stinguent encore suivant Pétât auquel ils se trou-vent naturellement dans les bois & forêts. La plusgrande partie en va être ici expliquée dans un or-dre alphabétique, & l’on pourra trouver l’autre dans

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