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8zz CHANVRE.
vrages de Corderie , sur-tout dans las ArsenauxRoyaux, pour en fabriquer les cables, funins & au-tres sortes de cordages propres a l’armement & a lamanœuvre des vaisseaux.
Les Provinces de France, où il s’en cultive da-vantage , font la Basse Normandie , la Bretagne, laPicardie, aux environs de Noyon ; la Champagne ,le Soissonnois , la Bourgogne ; ( ce Chanvre ess undes meilleurs ; ) le Perche : le Bas Dauphine, sur-tout dans te Viennois, & le Haut Valentinois : leLyonnois, dans la plaine, du côté de la Saône : lePoitou, autour de la Ville de Poitiers : l’Anjou, leMaine, le Nivernois, 1e Berry , autour de Bour-ges : le Gâtinois, & l’Auvergne. Cette derniereen est íi abondante , particulièrement dans cette par-tie si belle , &si féconde, qu’on appelle laLimagne,qu’elle en peut feule fournir assez pour les armemensles plus considérables des flottes Françoises ; ce quiarriva en 1690. & 1691. que les Arsenaux de Ma-rine , de Brest, de Rochefort & du Havre , en ti-rèrent toutes leurs provisions, fans que pour celail manquât de cordages pour les bateaux des riviè-res de la Province , ou qui en font voisines , com-me l’Allier & la Loire ; en ayant même fourni aNantes pour les vaisseaux Marchands, qui s’y équi-pèrent ces années-lh. Les Chanvres de Bourges, &du Gâtinois, font ceux dont il vient la plus grandequantité a Paris.
On pomroit tirer quantité de Chanvre d’Italie,& du Nord : mais les François, qui en ont suffisam-ment chez eux , ne font guéres ce commerce pourleur propre compte, que dans la nécessité, & dans descas extraordinaires. Pour les Hollandois & Anglois,dont le pais n’en produit qu’une très petite quantité ,à proportion de ce qu’il leur en faut pour leurs flot-tes & leurs vaisseaux Marchands, ils en enlèventbeaucoup tous les ans de plusieurs lieux d’Italie : &dans les Pais du Nord, ils en tirent de Riga, de Kô-nigsberg, de Nerva, de Courlande, & de Mosco-vie. Le meilleur est celui d’Italie; il en vient par-ticulièrement beaucoup & en perfection aux environsde Bologne, qui fournit de quoi travailler a ungrand nombre de Tisserans : La République de Ve-nise enlève autant qu’elle peut les Chanvres Bolo-nais , parce qu’une longue expérience l’a assurée deleur bonté; elle en fait tous les cordages de sesBâtimens : celui de Riga fuit ; & après, celui deRussie.
Les Marchands Epiciers - Droguistes de la Villede Paris, font le négoce des.Chanvres crus & enmasse; les Cordiers, & les Filaffiers, celui des Chan-vres affinés, & prêts à filer.
II fait aussi une partie du négoce de ces Marchandsdu Corps de la Mercerie, qui font le commerce dufer. Ceux-ci tirent leur Chanvre de Champagne& de Bourgogne, en gros paquets, ou bottes, dupoids environ de 150 livres chacune. Ces bottessont composées de plusieurs autres petits paquets,qu’on appelle Liasses. Comme ce Chanvre est tresgros , il se vend aux Cordiers, pour faire de la fi-celle, des cordes, & des sangles.
Chanvre cru, ou, comme quelques - uns di-sent , escru. C’est du Chanvre qui n’a eu que fapremière façon. On l’appelle aussi Chanvre enmasse.
Far le Tarif de 1664. il paye de droits de sortie Iliv. 10. s. le cent pesant , Ù ct entrée 8 /.
Chanvre prêt a filer. C’est celui qui a re-çu ses derniers apprêts, qui a passé par les peignesles plus fins, & qui est mis en cordons.
11 paye 50 s de sortie , & 10 s. dentrée.
Chanvre serance’. C’est le même que le Chan-vre prêt a filer; le non-ferancé, le Chanvre crù ,& en masse.
> Chanvre affine'. C’est le plus beau, & le plusfin de tous ; celui qui a reçu le plus de façons. On
CHANVRE.
l’appelle simplement de ïAffinage.
Usant remarquer , que tous les Chanvres du crû duRoyaume , rien peuvent sortir , pour aller à VEtran-ger , qu avec permission ; cette marchandise ayant étémise par i article 6 du titre 8 de ï Ordonnance de l68j.au nombre des marchandises de contrebande, pour lasortie hors de France.
Le négoce des Chanvres étant un des plus consi*dérables qui se fasse en France, & s’en consommantune très grande quantité dans le Royaume, soit pourles fils & les toiles qu’on en fabrique, soit pour lescorderies de la Marine, & les autres ouvrages desCordiers ; la Compagnie Françoise des Indes , quidepuis son établissement a eu, pour ainsi dire, uneattention universelle pour tout ce qui peut faire fleu-rir le Commerce, n’a pas non plus oublié la culture& le trafic d’une plante si nécessaire.
Les Directeurs de cette Compagnie croyant utileà l’Etat, de supprimer la Ferme du Tabac, & de ren-dre cette marchandise commune & commerçable,proposèrent dans l’Assemblée générale tenue au moisde Déc. 1719. en présence de á S. A. R. MonseigneurPhilippe Duc d’Orleans, Régent du Royaume,d’abolir toutes les plantations de tabac dans le Roy-aume , & d’y substituer des Chanvres, que la Com-pagnie prendroit a raison de 33 liv. le quintal, ( cequi est 6 sols 6 den. la liv. ) a condition d’en four-nir au Roi k ce prix pour fa Marine.
Cette proposition ayant été agréée, il sot rendule 29 du même mois de Décembre un Arrêt duConseil d’Etat du Roi, par lequel S.M. ordonne,i°. Que le commerce du Chanvre dans l’intérieurdu Royaume, seroit libre. 2 0 . Fait défenses de lefaire sortir, & de l’envoyer a l’Etranger, a peine deconfiscation , & de 10000 liv. d’amende. 3°. Permeta la Compagnie des Indes, d’établir des magasins,& le prix des Chanvres. 4 0 . Et décharge ceux quiy seront portés, de tous droits de Fermes , Octrois,Péages, & autres, fans aucune exception. Voulanten outre, que dans cette vue les magasins, & lesprix des Chanvres soient établis ; Savoir , deux enBretagne ; l’un a Nantes, où le Chanvre seroit re-çù a raison de 33 liv. le quintal ; l’autre au Port-Louis , où il seroit payé sur le pied de 3 5 liv. U11autre magasin a Rouen, pour les Chanvres de Nor-mandie, desquels le prix seroit de 33 liv. aussi lequintal : Un a Tonneins, pour la Guyenne & leLanguedoc, au même prix qu’à Rouen : Un k Va-lence, pour le Dauphine au prix de 30 liv. Un kMaringue, & un autre a Clermont, pour l’Auver-gne , où le quintal de Chanvre fe payeroit pareille-ment 30 liv. Enfin , cinq autres magasins : savoir ,k Auxerre , pour la Bourgogne ; a la Charité , pourle Nivernois ; a Moulins , pour le Bourbonnois ;a Châtelleraut, pour le Poitou ; & a Saumur, pourl’Anjou ; dans lesquels les Chanvres seroient aussipayés k raison de 30 liv. par quintal , le tout poidsde marc.
La proposition faite par la Compagnie des Indespour la culture & le commerce des Chanvres dans leRoyaume, n ayant pas eu dans la fuite tout le suc-cès qu’on en avoit espéré, il fut donné dans l’année1722. deux Arrêts du Conseil pour rétablir les chosesfur le pied qu’elles étoient avant l’Arrêt du 19 Dé-cembre 1719.
Par le premier de ces Arrêts qui est du 29 Mai, &qui n est proprement qu’un Arrêt préparatoire, S.M. révoqué celui de 1719. & permet a tous sesSujets de faire sortir pour les Etrangers, les Chan-vres , tant ceux du crù du Royaume , que ceux quiauroient été tirés des païs étrangers, en payant lesdroits ordonnés a la sortie du Royaume.
Comme l’intention de S. M. dans ce premier Arrêtavoit été de décharger la Compagnie des Indes desengagemens qu’elle avoit pris d’établir dans les Pro-vinces du Royaume, des magasins pour y déposer
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