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ne double futaille. Voyez, P Article de la Poudre;
CHAPEAU. Couverture, ou habillement de tê-te, que font les Chapeliers, avec du poil, de la lai-ne, ou autres semblables matières cardées , feutrées& foulées avec la lie de vin détrempée dans seauchaude. La forme du Chapeau est ronde, auffi-bienque son bord, qui est plus ou moins grand. Il sert.aux hommes, pour fe garantir du soleil, de la pluye,& des autres injures du tems. C’est aussi une espè-ce d’ornement, qui n’est guère en usage que par-mi les Européens Occidentaux. II s’en fait de plu-sieurs couleurs & façons ; de noirs, de gris, deblancs, & quelquefois de rouges pour les Cardinaux,& de jaunes pour les Juifs ; les uns a poil, & lesautres ras , & fans poil.
Les Chapeaux de Castor , qui font les plus beaux*les plus fins, & les plus obérs de tous, font faitsdu poil de l’animal appellé Castor, ou Bièvre, donton a ôté les plus grands poils. Pour qu’ils soientbons, il faut y employer deux tiers de poil gras , &un tiers de maigre , ou sec , bien cardés ensemble *sans mélange d’aucunes autres étoffes.
La Manufacture des Chapeaux de Castor est trèsconsidérable en FranCe, & fur-tout a Paris,. d’où ils’en fait des envois, non seulement dans toutes lesProvinces du Royaume , mais encore dans les Paysétrangers, particulièrement en Espagne, & dans lesIndes Espagnoles par la voie de Cadix. Ceux de-stinés pour l’ËÍ'pagne, & les Indes , font ordinaire-ment noirs ou gris, de forme plate, que quelques-uns appellent, quoiqu’improprement, Forme quar-rêe , doublés eu dedans de satin de différentes cou-leurs; comme bleu, rouge, violet, verd, &c.
11 fe fabrique aussi en Angleterre beaucoup deChapeaux de Castor, qui sont très beaux, & fortestimés ; mais la bonté des nôtres , jointe aux grosdroits d’entrée, qu on fait payer aux Chapeaux d’Án-gleterre, quand ils viennent en France, fait quenous n’en tirons que très rarement ; ce qui ne peutêtre qu’avantageux a nos Chapeliers, & a la Com-pagnie i qui fait le commerce des Castors du Cana-da. Voyez Castor.
Les Chaoeaux nommés Demi-castors, qui étoientautrefois défendus en France , mais dont la fabriquey est permise depuis l’année 1706. ne sont autresque des Chapeaux de Vigogne, dans la compositiondefquels on fait entrer une partie de poil de castor ,plus ou moins forte, suivant que le Chapelier lesveut rendre bons, & approchans de la qualité desvéritables & purs Castors.
Les Chapeaux v qu’on nomme Vigognes, ou Dau-phins , & quelquefois Loutres, sont feulement com-posés de poil de lapin, & de laine de vigogne ; carpour du poil de loutre, il n’y en entre point dutout, étanfd’une qualité h ne pouvoir fe feutrer avecles autres poils. Ainsi c’est un abus de donner à cesChapeaux le nom de Loutres.
Les Chapeaux, de Caudebec font faits de lained’agnelins, de ploc * ou duvet d’autruche , ou depoil de chameau. Ils ont pris leur nom de la petiteville de Caudebec en Normandie, où ont été fabri-qués les premiers Chapeaux de cette sorte. II s’y enfait encore en assez grande quantité, auffi-bien qu’aBollebec, Falaize, Dieppe, &c. mais Rouen est lelieu où il s’en fabrique le plus. Voyez h la fin de cetArticle.
On faisoit autrefois certains Chapeaux gris, qu’onnommoit Breda , qui étoient tout de pure laine demouton ; mais ils étoient si pefans, & si désagréa-bles a la vue , que la mode & l’ufage s’en sont abso-lument perdus.
Le poil de lièvre étoit anciennement d’un grandsecours pour la fabrique des Chapeaux ; & il s’y em-ployoit même avec beaucoup de succès -. cependantil a été absolument défendu, par raport au commer-ce du castor du Canada, dont il empêchoit effective-la consommation^
CHA-PEAU. 8|8
Ce qu’on appelloiti autrefois Chapeaux des septsortes, n’étoient que des vigognes communs, aux-quels on donnoit ce nom.
Un Chapeau en blanc , est un Chapeau fabriqué ,auquel il ne manque que la teinture & i’apprêt. Tousles Chapeliers , qui sont Maîtres, ont la faculté deteindre eux-mêmes leurs Chapeaux ; mais pour for-dinaire ce sont de certains Maîtres Chapeliers, qui neRattachent uniquement qu’k cette teinture.
On appelle un Chapeau ras , celui qui a été flam-bé , où poncé, pour en ôter les plus longs poils: &un Chapeau a poil, celui auquel il n’a été donné au-cune de ces façons ; ensorte que tout son poil lui estresté.
Lorsque la matière , ou l’étoffe destinée pour fai-re les Chapeaux , a été entièrement foulée & prépa-rée , & qu’elle est en état d’être mise en forme, on luidonne le nom de Feutre ; & c’est ce qui, fans doute, adonné lieu de dire quelquefois un Feutre, au lieu d’unChapeau.
Dresser un Chapeau, c’est mettre le feutre en for-me. Voyez Forme.
Donner de l’apprêt a un Chapeau , c’est y mettrede la colle , ou de la gomme fondue dans l’eau ?pour le rendre plus ferme. C’est la dernière façonque les Chapeliers donnent aux Chapeaux. Voyez Ap-prêt.
Garnir un Chapeau, c’est y coudre Une coëffe endedans.
11 y a en France cinq Tarifs, ou Arrêts du Con-seil, suivant lesquels se payent les droits £ entrée & dèsortie du Royaume , pour les différentes sortes de Cha-peaux', savoir , le Tarif de 1664 & ^ es Arrêts du 14Août 1688. du 3 Juillet 1692. du 2 Avril 1702. & du18 Avril 1734.
Par ces Tarifs & Arrêts , les Chameaux de Castorpayent d’entrée 20 liv. la pièce ; les dem'vCafiors 8 liv.les Vigognes & demi- Vigognes 18 liv. la douzaines& les Chapeaux de feutre, de toutes sortes de laines,poils & façons, 12 livres aujfila douzaine.
Les droits de sortie sont de 6 liv. par douzaine dêCastors, pour les demi- (las or s , Vigognes, demi-Vigo-gnes , ceux de poil commun 20 fols , & 30 f du centpesant pour ceux de feutre , & le double s ils font desti-nés pour les Provinces réputées étrangères.
Fabrique des Chapeaux.
Ón a dit ci-deffus, qu’on faisoit des Chapeauxdu poil, ou de la laine de différens animaux ; en-tfautres, du poil de castor, de lièvre, de lapin,de chameau, du ploc ou duvet d’autruche ; & pourles laines, de celles de vigogne, d’agnelin, & damouton : mais comme quelque matière qu’on em-ployé à la fabrique d’un Chapeau, la façon en està peu près la même, ort fe contentera de parler icide celle des Chapeaux de castor, comme les plusprécieux; & ceux où il peut y avoir quelque ap-prêt , qu’on fe dilpenfe de donner aux autres, démoindre conséquence.
On ne dira rien ici de l’animal nommé Castor, quifournit une si riche pelleterie aux Fourreurs, & unpoil si doux & si maniable aux Chapeliers ; en ayanttraité amplement dans un Article particulier, & enson ordre alphabétique.
II faut remarquer feulement, que la peau de cetanimal amphibie a deux fortes de poil ; l’un long,ferme, lustré, & assez rare, qui fait la beauté defa fourrure, mais ce qui est inutile aux Chapeliers :l’autre court, épais & doux, qui est la matière desChapeaux.
Pour arracher l’un de ces poils, & pour couperl’autre, les Chapeliers, ou plutôt les femmes qu’ilsemployent a cet ouvrage , fe fervent de deux cou-teaux ; l’un grand, en forme de tranchoir de Cor-donnier, pour tirer le grand poil ; l’autre petit, faitcomme une serpette de Vendangeur, a la réserve