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Tome 1.
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décrits & expliqués k leur propre Árticle , selon Tor-dre alphabétique.

Le Chapeau dressé, & hors de dessus fa forme , semet sécher a Tétuve, pour être ensuite ponce avecla pierre de ponce, ou robé avec la peau de chienmarin ; ce qu’on fait depuis quelques années en Fran-ce , a l’imitation des Chapeliers d’Angleterre : cettefaçon a la peau les rendant plus fins , que celle ala ponce.

Le Chapeau en cet état se garde, pour être misk la teinture, lorsque le Chapelier le trouve a pro-pos : mais quand on veut Ty mettre , il faut de nou-veau en remplir la tête de fa forme de bois ; le ser-rer de sa ficelle, qu’on place avec l’avaloire & lechoque ; & Testauper avec la piéce : il faut de plusle cogner fur le billot, pour mieux en faire la for-me.

On a coutume aussi, avant de le mettre dans lachaudière, pour mieux faire prendre la teinture, dele tirer légèrement au carier , c’est-a-dire, avec unepetite carde très fine, mais fans manche, qui en faitun peu sortir le poil. Ce carier est fait en forme dedécrotoire , de 7 pouces de long fur z de lar-ge- ■

La chaudière des Chapeliers-Teinturiers est tresgrande; & ii y en a où il peut tenir jusqu’k 12 dou-zaines de chapeaux , montés fur leur forme de bois.

La teinture est composée de bois d’Inde , de noixde galle, de couperose, & de verd-de-gris.

Le Chapeau y ayant bouilli quelque tems, on Penretire, pour le laisser teindre k froid; ce qu’on faitk plusieurs reprises , aux uns plus qu’aux autres ; se-lon que les Chapeaux ont de la peine a prendre lateinture ; y ayant des étoffes, qui ne la mordentpas si facilement que d’autres.

La teinture achevée, le Chapeau se relave avecde l’eau claire, se frotte avec des brosses de poil,ou foie de sanglier, & se remet k Tétuve, pour lesécher.

Quand il est bien sec, on lui donne un lustre avecde l’eau claire, pour le préparer a i’aprêt.

On appelle Aprêt , la colle que T Ouvrier met auChapeau, pour raffermir : & Aprêter , la manièrede la lui donner. Cette colle se compose , & se faitsuivant le caprice.de l’Ouvrier ; & c’est auffi de sa-fantaisie que dépend le plus ou le moins qu’il luien met.

L’apret est très difficile a bien donner k un Cha-peau : il se met avec une brosse de poil de sanglier;& quand le Chapeau est encolé , on le met sur uneplaque de fer, ou de cuivre, tout-k-fait semblablek celle k bâtir, sous laquelle est pareillement un four-neau , où Ton allume un feu médiocre de charbon.

Quand le Chapeau est suffisamment chaud, on fra-pe doucement sur les bords du Chapeau avec le platde la main, pour incorporer Taprêt dans le feutre ;ensorte qu’il n’en paroisse point ni dessus, ni dessous,& qu on n’y voye que du poil.

Lorsque Taprêt est bien incorporé, on se sert en-core du carie t , mais légèrement ; après quoi on lais-se sécher le Chapeau, pour, quand il est sec, l’ab-battre sur le bassin, c’est-h-dire, en applatir les bords,& y faire ce qu’on appelle le Cul du Chapeau.

Ces deux façons se donnent sur le bassin échaufféconsidérablement ; mais où Ton met d’abord unefeuille de papier, & par dessus le papier, une toile :& pour empêcher encore que le Chapeau ne se brû-le , on arrose la toile d’eau claire, qu’on y jette avecun goupillon.

Quand la toile a une moiteur assez chaude, on yplace le Chapeau k plat sur ses bords, le chargeanttout autour de formes de bois ; & ensuite, pouren abbattre les plis, on le tourne de différons sensfur la platine ; entraînant tout ensemble la toile &le papier k chaque tour qu’on lui fait faire.

Pour faire le cul, il ne faut que renverser le Cha-Diclioin . de Commerce. Tom. L

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peau saiis-dessus-dessouS, & le tourner fur fa for-me, comme on Ta tourné fur ses bords. On com-prend assez qu’il faut qu’il y ait une forme de boisdans la tête du Chapeau.

Toutes ces façons finies, qui donnent la perfe-ction au Chapeau, on le brosse , & on le lustre ;ordinairement avec de seau claire & pure, quelque-fois avec de Teau de galle ; puis on l’arrondit avecdes ciseaux; ce qu’on appelle Arrondir íarrêté £unChapeau ; & on le garnit d’une coeftè de tabis, oude treillis.

Chaque fois qu’on veùt nettoyer un Chapeau ,pour le montrer k T Acheteur, qui le marchande ,après qu’on Ta brossé avec des brosses ordinaires, on,le pare avec une pelote ou peloton de tripe blanche ;ce qu’on appelle aussi Lustrer un Chapeau ; mais alorsce lustre est sec, & non pas liquide.

Depuis quelque tems les Chapeliers de Paris fefont accoutumés de passer , ou repasser leurs Cha-peaux , pour les finir, avec un fer , ou carreau, toutsemblable au fer dont les blanchisseuses fe fervent ;pour repasser leur linge, k la réserve qu’il est plusépais, & un peu plus grand. Cette façon leur don-ne un œil plus agréable, & plus noir.

Mémoire sur la Fabrique & le Commèrce des Chapeauxà Caudebec , dr esté en 1720.

La Communauté des Chapeliers de Caudebec estencore composée d’environ x 7 Maîtres, dont il n yen a pourtant que 3 ou 4 qui travaillent pour leurcompte; le reste qui n’a pas le moyen de tenir bou-tique , & de fabriquer pour foi, foutant les chapeauxdans les atteliers des autres.

Les arçons où l’on prépare l’étoffe propre k cetteManufacture font au nombre de 97, <k cette fabri-que occupe en tout 400 personnes ; ce qui fait envi-ron le quart des habitans.

Les fabriquans achètent les laines de Vigogne &de Ségovie k Rouen ; mais comme ils n’employentordinairement que des laines Françoises, its ont cou-tume de les tirer de Champagne, de Bourgogne &fur-tout de la Sologne , d’où elles leur viennent endroiture pour la plupart.

Ils ont voulu faire des Chapeaux de laine de Vigo-gne pure , mais ils n’y ont pas réussi, & ils avouentque ce n’est pas leur fait ; outre que les Chapeliersde Paris s’y font opposés. La raison qui leur avcitfait entreprendre cette nouvelle Manufacture, .'toitl’assortissement de leurs Chapeaux pour i’Espagne, oùil faut ordinairement 10 douzaines de Vigogne , fur170 douzaines de Caudebecs.

La cause de la diminution de leur Manufacture ,vient de ce qu’on fait k Rouen & a Paris beaucoupplus de Chapeaux de cette forte qu’autrefois ; qu’ils’est même établi des Chapeliers k Bolbee & auHavres où il n’y en avoit point auparavant, & quetous les Chapeaux qui fe fabriquent dans ces diffé-rentes Villes fe vendent fous le nom de Chapeauxde Caudebec, quoiqu’ils soient beaucoup moins é-toffés que ceux qui font de véritable fabrique de cet-te Ville, & que d’aiileurs il y ait plus d’apprêt > quiest un défaut considérable & essentiel.

II fe fait k Rouen, année commune, environ iocoódouzaines de Chapeaux, & autant aux environs;Bolbee & le Havre en fournissent beaucoup moins ,mais cependant presque autant que Caudebec , cù ils’en peut faire par an 4000 douzaines , dont les neufdixièmes font de pure laine de France ; & c’est feu-lement a ceux-la qu’on doit donner le nom de Cau-debec.

Les fabriquans de cette Ville ont tenté d’établirle commerce de leurs Chapeaux en Portugal, & de-puis 1717. ils en ont envoyé k Lisbonne jusqivkdouzaines par an, fur lesquels les profits, ent été de20 fols par piéce, plus qu’il s ne les vendent ordinai-rement aux Marchands de Paris ; mais comme ce

CHAPEAU.