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Tome 1.
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CHARRON.

CHARRON.

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simple expérience, 5 c même sans fraix.

Ce font les Jurés, & les anciens Bacheliers, quidonnent le chef-d’œuvre a l’Aspirant : tous les Maî-tres peuvent cependant y assister. S’il est trouvé ca-pable , il prête le serment, & reçoit ses Lettres ;mais seulement après avoir payé les droits des Offi-ciers du Chatelet, les vacations des Jurés & Bache-liers, & les droits de fa réception. Ces derniers fontréglés a 600 liv. mais de beaucoup augmentés , sur-tout pour les Maîtres fans qualité, depuis l’année1691.

Si au contraire f Aspirant ne s’acquite pas digne-ment de son chef-d’œuvre , il est renvoyé pour ser-vir encore les Maîtres pendant deux ans, pour êtreensuite reçu , s’il est alors reconnu capable.

Chaque Maître ne peut avoir qu’une feule bouti-que ouverte fur la rue : permis néanmoins a qui leveut, d’avoir de plus un chantier en tel lieu de laVille & Fauxbourgs, qu’il le trouve a propos.

Le nombre des Compagnons n’est pas limité : ilest fait pourtant défenses d’en suborner, en attirer,ni en prendre de ceux qui servent chez les autres Maî-tres, ou Veuves Maîtresses, fans leur congé.

Nul Maître ne peut travailler comme Privilégié ,ou ayant Lettres du Grand Prévôt; la Communau-té en ayant été de tout tems exemte. Elle est mêmedéchargée de toutes autres Lettres, qui s’accordentordinairement pour les joyeux avénemens, majori-tés , sacres, mariages, 5 cc. s’en étant rachetée parune finance de 3000 liv. payée au Roi le 27 Octobre1657.

Les Jurés peuvent faire leurs visites, non feule-ment dans les atteiiers & boutiques des Maîtres, maisencore fur les Ports où les bois de charronage arri-ment : mais les Maîtres qui ont passé par la Jurande,5 c les Veuves de Maîtres , font exemts d’en payer ledroit. ó

Tous les bois de charronage arrivans a Paris,pour le compte des Marchands Forains , soit pareau, soit par terre , doivent être déchargés fur lesPorts de I’enclos de la Ville, & y rester trois joursouvrables; ne pouvant en être enlevés avant six heu-res du matin en été , 5 c huit heures en hiver. NulMaître n’a non plus permission d’aller au-devant desMarchands Forains amenans marchandises pour Pa-ris, k peine d’amende, 5 c de confiscation : leur étantnéanmoins libre d’aller, ou envoyer acheter tous boisde charronage , tant fur pié , que coupés 5 c façon-nés , & les faire amener 5 c serrer dans leurs chan-tiers ; bien entendu pourtant, qu’ils ne soient desti-nés pour la provision de la Ville.

II est pareillement permis aux Maîtres Charrons,d’acheter , employer, fournir, faire , & faire fairetoutes choses nécessaires pour les couvertures, atte-lages & garnitures de carrosses, litières, coches, ca-lèches, 5 c autres attirails de leur art; n’y ayant qu’euxaussi, qui puissent louer toutes ces voitures, ou trainsfans chevaux pour les tirer ; a la réserve des Selliers,qui ont en cela la même faculté que les Charrons :les Maîtres de ces deux Communautés ayant «bail-leurs la liberté d’aller réciproquement travailler lesuns chez les autres , a cause de la convenance 5 cressemblance de leurs ouvrages.

Enfin, pour obvier aux abus, qui pourroient ar-river dans la façon des trains, & autres ouvragesneufs desdits Charrons , ils font tenus , à peined’amende arbitraire, de les marquer de leur marqueparticulière ; x même ceux qu’ils font faire par leursGarçons & Compagnons.

Les espèces de bois, qu’on employé pour le char-ronage , sont, le chêne, forme, le frêne , le hê-tre , le charme, 5 c le bouleau ; dont les uns ferventáux roues, moyeux, jantes, aissieux ; & les autres, auxtimons, trains 5 c brancards des litières , chaises deposte, berlines, 5 cc. Voyez, tous ces bois , Ú leurs usa-ges, à r Article générd des Bois, ou à leurs propres Ar-

ticles ; ou ci-après à P Article du Rois de Charron-nag'e.

Les outils dont se servent les Charrons , sont ,un Amorçoir , un Bâton k lever, une Bigorne , unBillot, une Boète k la graisse , une Chaîne a vis,une Chèvre pour scier le bois, 5 c une pour lever lederrière des carrosses; une Chambrière, une Chasse,deux Chenets , un Cintre, un Ciseau , un Ciseau kcolleter , un a froid, 5 c un k fendre des broches ;une grande Clé quarrée , 5 c d’autres petites ; uneCl aye , un Clouet, une Coignée , un Compas, unCopeau , un Cry , un Crochet , un Dévidoir, uneEilette, une Equerre de fer, 5 c une de bois ; unlong 5 c un petit Esterai, un Enrayoir, un faux Ef-trier, un faux Essieu, une Gouge quarrée, 5 c uneronde ; une Gemerande , un Gravoir, une Hoche,un Janquier ; un Lien a chevilles , des Limes, uneMasse , un Marteau, une Meule , un Maillet, uneMarmite a la poix, une Mesure k raye, une Mouil-lette, un Moyer, un Marche-pied , un Martinet ,une Manivelle, une Plaine , une Pierre k affiler, unePêle de bois , un Rivoir, un Réglet, un Rabot ,une Selle k jointe, une grande 5 c une petite Scie,un Sergent, une Serre, un Tarrier, un Terreau,une Tenaille , un grand 5 c un petit Treteau , unTemple, de la Terre glaise , une Vrille. La plupartde ces outils font expliqués à leurs Articles particuliers.

CHARRONAGE. U se dit également de la pro-fession du Charron , 5 c des ouvrages qu’il fait.

Bois de Charronage. C’est le bois cpi’employ-ent les Charrons. Ce bois est de deux sortes, par-ticulièrement pour le bois d’orme , dont se font lesprincipaux ouvrages de Charronage, savoir, le boisen grume, 5 c le bois de sciage.

Le bois en grume est celui qui est, ou en tron-çons , ou en billes, comme on dit en quelques en-droits , c’est-à-dire, qui n’est ni équarri, ni débitéavec la scie , 5 c qui a encore son écorce ; mais quipourtant est coupé de certaines longueurs convena-bles aux ouvrages que les Charrons en veulent faire.

Le bois de sciage est celui qui est débité avec lascie, 5 c réduit a des épaisseurs propres a d’autresouvrages de Charronage.

Des bois en grume on fait les moyeux, les ais-sieux , les emparions, les flèches, les jantes 5 c lesarmons. Les bois de sciage servent a faire les lis»soirs , les moutons, 5 c les timons.

Echantillons du Bois dé Orme en grume.

Les grumes des moyeux doivent être longues de6 piés & demi, 5 c de 10 pouces de diamètre aumoins, par le bout le plus menu. Celles dont lesdiamètres se trouvent depuis 12 jusqu k 16 pouces ,sont les plus estimées, parce qu’on s’en peut servirpour les plus grosses roues de charrettes.

Les aissieux en ^rume doivent être de 6 piés delongueur, ôc de 7 a 8 pouces de diamètre.

La longueur des empâtions est la même que celledes aissieux, 5 c le diamètre presque semblable, s’ilsne sont pas chantournés ; mais s’ils le sont, l’échan-tillon en peut être plus foible.

Les grumes pour les flèches doivent être de deuxsortes, selon qu’elles doivent servir, ou aux carros-ses , ou aux autres harnois. Celles des carrosses setirent depuis 10 jusqu’k 12 piés de long, & cellesdes autres depuis 12 jusqu’a 15 piés , fans nœuds ,5 c bien courbées.

Pour les jantes , qu’en Bourgogne on nommeChantres » les grumes doivent être coupées de 2 piés8 a 10 pouces, 5 c même de 3 piés, si leur champ-tourné est considérable.

Enfin, les grumes des armons doivent être dedeux sortes, suivant les différentes espèces d’armons;savoir, de 6 piés de long, ôc de 8 a 9 pouces dediamètre pour les armons simples ; ôc seulement de4 piés 5 c demi de long , mais de 9 k 10 pouces

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